Question de M. LE GLEUT Ronan (Français établis hors de France - Les Républicains) publiée le 15/06/2023

M. Ronan Le Gleut attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur la dégradation de l'enseignement de l'allemand dans le second degré.
En effet, le nombre d'élèves apprenant l'allemand connaît, depuis plusieurs années, une chute continue et ne concerne plus que 14 % des élèves français à la rentrée 2022 ( 2 points par rapport à 2019 ; 9 points par rapport à 1995). Alors que la réforme du collège devait permettre d'améliorer l'apprentissage des élèves, les résultats se font attendre. L'allemand LV1 est en voie d'extinction et concerne 2,7 % des élèves. Si les parcours bilangues ont été réintroduits, pour la 6e uniquement, en 2017, ces cursus mènent aujourd'hui à des situations disparates : aucun texte n'impose une répartition paritaire des 6h hebdomadaire entre les deux langues constitutives du parcours bilangue, la répartition inégale se faisant au détriment de l'allemand. Or, le recul quantitatif des heures d'allemand s'accompagne systématiquement d'un recul qualitatif de l'apprentissage.
La réforme du lycée a également entraîné des conséquences similaires, puisque l'enseignement des langues étrangères 1 et 2 (appelées désormais au lycée A et B) fait l'objet d'une enveloppe globalisée de 5h30 par semaine en classe de seconde, 4 heures au cycle terminal, dont pâtit là aussi l'allemand. L'entrée en seconde entretient donc une fracture, tandis que l'enseignement de spécialité LLCE (langues, littératures et cultures étrangères) n'a été choisi en Première et en Terminale pour l'année 2022 2023 pour l'allemand que par 200 élèves environ !
En cette année des 60 ans du traité de l'Élysée et alors que le plurilinguisme est une nécessité professionnelle, culturelle et économique pour la réussite de tous nos élèves, il est nécessaire de soutenir l'enseignement de l'allemand auprès des élèves français, qui auront de plus en plus d'opportunités pour étudier à l'étranger et intégrer un marché du travail européen.
En conséquence, il demande s'il est possible, à titre expérimental dans un premier temps, d'introduire le parcours bilangue à parité horaire de la 6e à la 3e. Par ailleurs, il souhaiterait également savoir s'il est envisageable d'aménager l'enseignement de spécialité LLCE au lycée pour l'étendre à deux langues et en faire un véritable outil d'apprentissage pour les lycéens afin de permettre un apprentissage approfondi de l'allemand et de l'anglais (mais aussi d'autres langues vivantes proposées), tout au long du parcours des élèves, en évitant une dispersion de moyens et des variations horaires d'une année sur l'autre.

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Transmise au Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse


Réponse du Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse publiée le 02/11/2023

L'enseignement de l'allemand en France constitue une priorité du ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse dans le cadre de la politique de développement de l'enseignement des langues vivantes. Parmi l'ensemble des leviers identifiés pour renforcer l'apprentissage de l'allemand, le ministère a appelé l'attention des recteurs d'académie sur la nécessité d'une mobilisation collective pour notamment augmenter l'offre des dispositifs bilangues en respectant la parité horaire entre les langues choisies, le plus souvent l'anglais et l'allemand (3 heures + 3 heures) en classe de sixième. Concernant la proposition de parcours bilangue allemand-anglais à parité horaire de la sixième jusqu'à la fin de la scolarité, elle dérogerait à l'horaire réglementaire à partir de la cinquième (trois heures pour la langue vivante 1, deux heures trente pour la langue vivante 2). À partir de la cinquième, les collèges peuvent néanmoins proposer depuis la rentrée 2017 un enseignement optionnel de langues et cultures européennes (LCE), s'appuyant sur l'une des langues vivantes étrangères étudiées, jusqu'à 2 heures hebdomadaires. Concernant l'enseignement de LLCER, il vise précisément la spécialisation dans une langue pour maximiser le temps d'exposition des élèves à la langue étudiée afin qu'ils parviennent progressivement à une maîtrise assurée de la langue et à une compréhension de la culture associée. L'ouverture à une deuxième langue dénaturerait l'objectif général de cet enseignement et réduirait en effet la capacité de choix de l'élève en termes d'orientation. Il n'est donc pas prévu à ce stade d'évolution de l'enseignement de spécialité LLCER vers deux langues vivantes.

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