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Les perspectives du retour au plein emploi

 

TABLEAU 4

BLEAU 4

FRANCE

Ecarts variantiels en % sauf (1) et (2)

Année

1

2

3

5

10

PIB

0

0

0,1

0,1

0,3

Consommation

0

0

0

0,1

0,2

Investissement privé non résidentiel

0

0,1

0,1

0,2

0,3

Exportations

0

0

0,1

0,3

0,9

Importations

0

0

0

0,1

0,4

Emploi -secteur privé

0

0

0

0,1

0,1

Taux de chômage (1)

0

0,1

0,1

0,1

0

NAIRU (1)

0

0

0

0

0

Produit potentiel

0

0,1

0,1

0,1

0,1

Stock de capital

0

0

0

0

0,1

Rapport capital-travail

0

0

0

0

0

Productivité apparente du capital

0

0

0,1

0,1

0,3

Productivité apparente du travail

0

0

0

0,1

0,3

Salaires nominaux

0

0

-0,1

-0,4

-1,3

Coût unitaire du travail

0

-0,1

-0,2

-0,5

-1,5

Prix à la consommation

0

-0,1

-0,2

-0,4

-1,3

Coin fiscal

0

0

0

0,1

0,2

Taux d'activité (1)*

0

0,3

0,3

0,3

0,5

Taux d'intérêt nominal à court terme (1)

0

0

0

0

-0,1

Taux d'intérêt nominal à long terme (1)

0

0

0

0

0

Balance courante (2)

0

0

0

0

0,1

Solde public (2)

0

0

0

0

0

 

(1) Ecarts en points (2) Ecarts en points de PIB (*) Population active/Population en âge de travailler

** Telles que définies dans les tableaux 2 et 3

Source : COE avec le modèle multinational OEF

3. Deux scénarios de cheminement vers le plein emploi en 2010 en situation de croissance plus riche en emplois

Nous présentons deux scénarios de cheminement vers le plein emploi en 2010 en supposant que le taux de chômage compatible avec le plein emploi serait proche de 5% à cette échéance. Les deux scénarios se différencient par les hypothèses démographiques qui sont intégrées et par la diminution du taux de chômage effectif constatée in fine :

- dans le scénario I.1 (tableaux 5 et 6), le taux de chômage est en retrait de près de 3 points en 2010 par rapport au compte de référence et le ralentissement de la population active contribue en partie à cette diminution.

- dans le scénario I.2 (tableau 7), le taux de chômage est en retrait de 2,5 points et une hypothèse de croissance du taux d'activité est introduite.

Dans les deux cas, la baisse du NAIRU accompagne la réduction du taux de chômage. Dans un premier temps, elle est imposée de façon identique dans les deux scénarios car les hypothèses sur l'évolution de la productivité sont, elles aussi, les mêmes ex ante. Cependant, compte tenu de la sensibilité de la formation des salaires et des prix au rapport entre le taux de chômage non inflationniste et le taux de chômage effectif, il est apparu intéressant de présenter une variante au scénario I.1 dans laquelle le NAIRU accuse une baisse plus importante en réponse au retrait lui même plus ample du taux de chômage (scénario I.1 B par rapport au scénario I.1 A).

Les deux scénarios (les scénarios I.1 A et scénario I.2, et plus encore le scénario I.1 A) se distinguent principalement par l'impact sur la croissance à long terme. Ainsi, le scénario I.2, intégrant une hausse du taux d'activité et, par répercussion, une hausse de la population active, apparaît comme plus performant. Les conclusions sont conformes à celles relevées précédemment dans la section 2.2.

Deux raisons principales expliquent cette différence entre les deux types de scénarios et, dès lors, l'avantage du scénario I.2 :

1) le PIB potentiel se trouve à un niveau plus élevé car l'emploi potentiel est lui aussi plus élevé du fait d'une population active plus dynamique (résultat de l'augmentation du taux d'activité). La croissance du stock de capital contribue également à ce résultat avec des flux d'investissement plus intensifs dans ce cas. Cependant, la productivité apparente du capital reste bien au-dessus du niveau du compte de référence et le rapport capital - travail est toujours favorable au facteur travail compte tenu des hypothèses imposées a priori sur le contenu en emplois de la croissance.

2) La boucle prix - salaires a un caractère désinflationniste favorisé par l'absence de tensions sur l'appareil productif (le PIB potentiel augmentant davantage que le PIB effectif) mais aussi par l'alignement des salaires nominaux sur le niveau de productivité du travail. Cette dernière est sur une tendance négative du fait de l'hypothèse imposée sur le contenu en emplois de la croissance. Sur le marché du travail, la réduction du taux de chômage est accompagnée par celle du NAIRU ce qui évite les tensions sur les salaires nominaux.

Le déclin du NAIRU est un élément important car il conditionne les résultats obtenus sur le plan de la désinflation. Il serait, en effet, possible d'envisager un scénario dans lequel le taux de chômage structurel ne pourrait être résorbé pour des raisons d'inadéquation de formations ou, sur un plan plus économique, par l'inadéquation, à un niveau de coût du travail donné, entre la demande de travail formulée par l'entreprise et l'offre faite par les salariés (d'où la légitimité d'une politique de l'emploi orientée vers la baisse du coût du travail non qualifié qui peut favoriser une telle convergence). Dans un tel scénario, les tensions inflationnistes, issues des pressions salariales qui émergeraient sur un marché du travail présentant des rigidités, viendraient détériorer les acquis observés sur les taux de croissance du PIB.

C'est ce que l'on constate dans le scénario I.1 A qui n'affiche pas de hausse du niveau du PIB effectif et présente un profil de PIB potentiel moins avantageux. La baisse de la population active contribue néanmoins à réduire de façon plus significative le taux de chômage. Les tensions qui se manifestent sur le marché du travail conduisent à des tensions salariales se diffusant, elles-mêmes, aux prix. La baisse de la productivité du travail accentue la pression sur les coûts unitaires ce qui explique en grande partie les retraits d'activité observés.

Il est clair que la dynamique des prix et des salaires est radicalement différente dans les deux scénarios (I.1 et I.2) et qu'elle s'explique, en grande partie, par la convergence plus marquée entre le taux de chômage et le NAIRU, dont les variations sont ici imposées dans des proportions identiques à celles des scénarios précédents. Si l'on suppose que ce rapport entre taux de chômage et NAIRU peut être transformé par une baisse plus accentué du chômage d'équilibre (du fait d'une baisse, elle aussi, plus marquée du chômage effectif ou d'une baisse plus accusée du coin fiscal initié par des décisions de politique économique) alors la formation des salaires et des prix se déroule différemment, donnant lieu à des pressions d'un autre ordre. Cet ajustement est pris en compte dans le scénario I.1 B présenté dans le tableau 6. Ce dernier met en évidence l'importance du déplacement du seuil que constitue le NAIRU. Si l'on surmonte les contraintes structurelles liées à une forte baisse du taux de chômage d'équilibre, les pressions nominales sur la croissance sont amoindries et l'on obtient, contrairement au scénario I.1 A, des surplus d'activité à long terme. La consommation reste pénalisée par des salaires réels en diminution (c'est l'effet productivité). En revanche, les autres composantes de la croissance ont une contribution positive. Le produit potentiel enregistre directement l'amélioration de l'emploi potentiel découlant de la baisse du NAIRU. Quoiqu'il en soit ce scénario garde des performances en termes de croissance à long terme inférieures à celles mises en évidence dans le scénario I.2.

La hausse du taux d'activité conserve, par conséquent, tout son intérêt dans un contexte d'évolution faible de la productivité du travail.

SCENARIO I - CROISSANCE PLUS RICHE EN EMPLOIS