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2. La globalisation financière


a) La croissance spectaculaire des flux financiers

La croissance des flux financiers a été encore plus spectaculaire que celle des flux commerciaux. Les flux financiers ont atteint des niveaux sans commune mesure avec ceux des flux commerciaux.

Le FMI s'est livré, en 1997, à une analyse de l'évolution des transactions internationales sur titres entre 1975 et 1995. Les transactions internationales sur titres désignent le total des achats et des ventes d'actions et d'obligations entre résidents et non-résidents. Ces transactions sont effectuées sur les marchés boursiers. Le tableau suivant retrace une progression considérable, en vingt ans, du montant de ces transactions.


Poids des transactions internationales sur titres (a)

(en pourcentage du PIB)

 

1975

1980

1985

1990

1995

États-Unis

4,2

9,0

35

89

135

Japon

1,5

7,7

63

120

65

Allemagne

5,1

7,5

33

57

169

France

3,3

8,4*

21

54

180

Italie

0,9

1,1

4

27

253

Royaume-Uni

n.d.

n.d.

367

690

n.d.

Canada

3,3

9,6

27

64

195

* Chiffre de 1982

(a) Total des achats et ventes d'actions et d'obligations entre résidents et non-résidents

Source : FMI, World Economic Outlook, mai 1997.

Dans la plupart des pays développés, les échanges d'actions et d'obligations entre résidents et non-résidents représentent chaque année un montant supérieur au produit intérieur brut, alors qu'ils ne représentaient qu'une infime fraction du PIB au milieu des années 1970. La progression des échanges d'actions et d'obligations excède donc de très loin ce que la seule progression du PIB aurait permis de prévoir. Elle reflète une internationalisation croissante des marchés boursiers.

Les travaux de la CNUCED (Commission des Nations-Unies pour le Commerce et de Développement) attestent aussi d'une forte augmentation des transactions bancaires internationales. La valeur des transactions bancaires internationales est en effet passée de 6 % du PIB mondial en 1972 à près de 40 % à la fin des années 1990. Les banques sont ainsi un important acteur de la globalisation financière.

Mais c'est surtout la progression des transactions sur le marché des changes3(*) qui a été la plus spectaculaire. Le montant des transactions quotidiennes sur le marché des changes était évalué à 200 milliards de dollars en 1986 ; il était de 600 milliards en 1989 ; selon la dernière enquête disponible de la Banque des Règlements Internationaux (BRI), il était de 1.400 milliards de dollars en 1998, soit un montant cent fois supérieur aux sommes nécessaires pour financer les transactions sur biens et services. Cette déconnexion entre flux réels et flux financiers traduit l'existence d'importants mouvements spéculatifs, cause d'instabilité sur les marchés financiers.


* 3 Le marché des changes est celui où s'effectuent les opérations d'achat ou de vente de devises.

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