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3. Les firmes multinationales jouent un rôle central dans la croissance de ces flux

Les firmes multinationales sont des acteurs majeurs de la mondialisation. Leur activité contribue fortement à la croissance du commerce international et des flux financiers.

Une firme multinationale est constituée d'une maison-mère et de filiales implantées à l'étranger. La CNUCED retient une définition large des firmes multinationales (FMN) : est considérée comme multinationale une firme qui contrôle au moins une filiale basée à l'étranger ; est considérée comme une filiale une entreprise dont la maison-mère détient au moins 10 % du capital. Sur la base de cette définition, la CNUCED dénombre, en 2002, environ 64.000 multinationales, disposant de 870.000 filiales, et qui emploient 54 millions de salariés à travers le monde. On ne recensait que 7.000 FMN vingt ans plus tôt.

Le commerce international est très lié à l'activité des FMN. On estime en effet qu'un tiers du commerce mondial de biens et services correspond à des échanges « intra-firmes » réalisés par des entreprises dépendant d'une même firme. Un autre tiers correspond aux ventes « extra-firmes » des FMN et de leurs filiales.

Au-delà, il importe de noter que le montant des ventes locales des filiales à l'étranger représente aujourd'hui le double de la valeur totale des exportations mondiales. Autrement dit, le commerce international, qui est pourtant un indicateur majeur de la mondialisation, est nettement moins important que la distribution locale de biens et services par les multinationales. Pour M. Charles-Albert Michalet, ce fait signifierait que nous serions passés d'une « configuration internationale » de la mondialisation à une « configuration multinationale »4(*). La « configuration internationale » se caractérisait par « la prédominance de la dimension des échanges de biens sur les autres dimensions de la mondialisation ». Elle aurait pris fin vers le milieu des années 1960, pour être remplacée par la « configuration multinationale », caractérisée par la place dominante occupée par la dimension des investissements directs à l'étranger effectués par des firmes industrielles et financières.

Apprécier la place réelle d'une nation dans la mondialisation implique donc de prendre en compte l'activité des FMN dont la maison-mère est basée dans ce pays. Si le lourd déficit de la balance des paiements américaine (près de 5 % du PIB) peut faire penser que la puissance commerciale des États-Unis est écornée, il ne saurait faire oublier que les ventes à l'étranger des filiales américaines représentent deux fois le montant des exportations américaines. Ces firmes multinationales, soumises à la juridiction de l'Etat américain, participent à l'influence des États-Unis dans le monde, et peuvent être un levier de la puissance américaine.


LES DIX PREMIÈRES MULTINATIONALES EN 2002

 

Rang

Société

Pays d'origine

Activité

Capitalisation boursière*

Ventes*

Salariés

 

1

General Electric

États-Unis

Conglomérat

372 089

130 685

315 000

2

Microsoft

États-Unis

Logiciels

326 639

28 365

50 500

3

Exxon Mobil

États-Unis

Pétrole

299 820

178 909

92 500

4

Wal-Mart Stores

États-Unis

Distribution

273 219

 
 

5

Citigroup

États-Unis

Finances

255 299

92 556

255 500

6

Pfizer

États-Unis

Pharmacie

249 020

32 373

98 000

7

Intel

États-Unis

Microprocesseurs

203 838

78 700

26 764

8

BP

Royaume-Uni

Pétrole

200 794

178 721

110 150

9

Johnson et Johnson

États-Unis

Produits domestiques

197 912

36 298

108 300

10

Royal Dutch Shell

Pays-Bas/ Royaume-Uni

Pétrole

189 913

179 431

111 000

* en millions de dollars

* 4 Cf. Charles-Albert Michalet, Qu'est-ce que la mondialisation ?, La Découverte, 2002 ; le compte rendu de l'audition de M. Michalet est publié en annexe.

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