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CONCLUSION

La politique européenne d'augmentation de l'effort de R&D conduit l'économie française à une évolution en deux phases. De 2002 à 2010, la France bénéficie de l'accroissement des dépenses de R&D, par le jeu du multiplicateur keynésien, mais la relance creuse son déficit extérieur vis-à-vis des pays non européens. Cette phase de maturation de la R&D est suivie d'une période de déploiement des effets de l'innovation qui se traduit par une demande soutenue et une meilleure compétitivité vis-à-vis des pays extérieurs à l'Union Européenne. Au sein de l'Union, la compétitivité de la France est d'abord améliorée, car elle réalise moins d'effort de recherche que la plupart de ses partenaires européens. Cependant, au cours de la seconde période, les pays les moins intensifs en R&D en 2002 ont rattrapé leur retard. Cela se traduit, dans ces pays, par des gains de productivité et de qualité des produits nettement supérieurs à ceux de la France. La France perd alors en compétitivité après 2010. La prépondérance des échanges intra européens sur les échanges extra européens explique que cette moindre compétitivité ne puisse être compensée par les gains réalisés hors de l'Europe. Les performances économiques françaises sont dès lors moins élevées que celles de ses partenaires européens.

Selon le scénario envisagé, la croissance du PIB français devrait se situer entre 6,1 et 11,1 % en 2030, soit 9 % en moyenne. Le surplus de croissance serait donc de l'ordre de 0,3 % par an en France, inférieur à la moyenne européenne de 0,5 % par an. Sur les dix millions d'emplois créés en Europe, un million le serait en France. Parmi eux, trois millions sont des emplois dans le domaine de la recherche en Europe et 350 000 le sont en France.

L'accroissement du PIB et de l'emploi est plus élevé lorsque le financement de la R&D est public, mais la portée de ce résultat est limitée puisque le modèle ne tient pas compte des effets négatifs des déficits publics sur les taux d'intérêt et sur les comportements des agents économiques.

Les hypothèses de modération salariale, concernant le partage des gains de productivité, sont favorables au PIB et à l'emploi. Cela est dû à de plus grands gains de compétitivité et à un effet de substitution favorable au travail.

Les résultats sectoriels sont contrastés. Ils dépendent essentiellement de l'intensité de R&D des secteurs. Ainsi, les secteurs des biens d'équipement et de la chimie sont très avantagés par leur fort contenu en R&D et l'importance de leurs exportations. Les secteurs des biens de consommation sont, quant à eux, tirés par la demande interne. En revanche, les secteurs des biens intermédiaires pâtissent des gains de productivité.

Les commandes publiques ont un rôle important à jouer pour mener l'Europe vers son objectif « d'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Si elles engendrent un accroissement initial des déficits public et extérieur, elles permettent une forte croissance accompagnée de créations d'emplois importantes, et ce en raison de multiplicateurs élevés. Outre l'effet de relance dû à l'accroissement des dépenses publiques, l'économie bénéficie de la concentration de l'effort supplémentaire de R&D sur des secteurs à haute technologie. En effet, ces secteurs profitent d'une meilleure productivité de la R&D tout en étant de gros émetteurs d'externalités de connaissance (knowledge spillovers) et de transferts de surplus (rent spillovers). De plus, une moindre croissance de la productivité dans les secteurs à forte intensité de main d'oeuvre, contrepartie de cette concentration sur les secteurs déjà très intensifs en R&D, permet une forte croissance de l'emploi.

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