Allez au contenu, Allez à la navigation



Se donner les moyens de l'excellence : la recherche polaire française à la veille de l'année polaire internationale

 

IV. OBSERVER LA TERRE, OBSERVER L'UNIVERS

Les régions polaires, et tout particulièrement l'Antarctique, sont des lieux extrêmement privilégiés pour l'observation de la terre et de l'espace.

A. LES OBSERVATOIRES DE LA TERRE ET DE LA HAUTE ATMOSPHÈRE

La France entretient dans les régions polaires plusieurs observatoires et mène des missions ponctuelles.

1. La sismologie

Les observations de sismologie sont menées par l'université de Strasbourg I, sous la direction de M. Michel Cara.

En terre Adélie depuis 40 ans, à Kerguelen depuis 1983, à Crozet et à Amsterdam, ces activités sont regroupées au sein d'un Observatoire de recherche en environnement (ORE).

L'objectif est l'observation à très large bande et grande dynamique des mouvements du sol. Ses observations sont effectuées en continu. Leur stabilité et leur homogénéité sont fondamentales pour leur utilité scientifique.

Les observatoires font partie d'un réseau international et les données recueillies sont mises à la disposition de la communauté scientifique mondiale.

Ces stations sont également très précieuses pour l'alerte avancée dans l'Océan indien en cas de raz-de-marée.

Le CEA y maintient également des observatoires dans le cadre du traité de non-prolifération nucléaire afin de détecter d'éventuels essais.

L'objectif est actuellement d'installer une station sismologique de niveau international à Concordia afin de compléter le réseau dans une zone sur laquelle très peu d'informations sont disponibles. Elle doit permettre de progresser dans la connaissance de la structure de la terre et des séismes. Une antenne de sismomètres y sera installée pour l'observation des phases sismologiques faiblement énergétiques. En effet, le Dôme C est particulièrement intéressant pour étudier la propagation des ondes sismiques sur l'axe Nord-Sud, car elle est plus rapide que sur un plan équatorial, ce qui s'explique par l'action du noyau de la Terre.

Il s'agirait aussi, en partenariat avec l'Australie et les Etats-Unis, dans le cadre du projet GAMSEIS, d'étudier le socle rocheux et notamment la chaîne montagneuse sous-glaciaire de Gamburtsev, car c'est peut-être à partir de cette zone que se sont développés les glaciers, il y a 25 à 30 millions d'années. Pour ce faire, les Australiens et les Américains déploieraient 25 stations sismiques autonomes qui seraient prolongées par une dizaine de stations vers Concordia. Elles devraient bien sûr être suffisamment peu consommatrices en énergie, pour fonctionner durant tout l'hiver, ce qui est techniquement très difficile. Elles pourraient donc disposer de petites éoliennes.