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Se donner les moyens de l'excellence : la recherche polaire française à la veille de l'année polaire internationale

 

2. Le développement d'une mise en réseau des stations

Au-delà de coopérations bilatérales ou multilatérales ponctuelles ou sur quelques années, se pose la question de la mise en réseau des observatoires et des résultats des recherches dans les régions polaires.

Ce point paraît particulièrement d'actualité à la veille de l'année polaire internationale d'autant que plusieurs domaines de recherche sont déjà organisés au niveau mondial pour recueillir et mettre les données à disposition.

C'est le cas notamment de plusieurs réseaux géophysiques : sismique, magnétisme terrestre et spatial, suivi de la couche d'ozone.

L'idée de faire fonctionner en réseau les stations en Antarctique a aussi beaucoup progressé dans le domaine de l'analyse de l'atmosphère comme l'a montré récemment le programme Vorcore qui consistait à effectuer des mesures à partir d'un ballon tournant autour du continent au sein du vortex. Non seulement, les ballons ont été lancés à partir de McMurdo, base américaine qui a assuré leur mise en place en tout début de saison en priorité sur d'autres activités, mais ensuite les chercheurs français ont pu bénéficier du concours d'autres stations le long de la côte, qui ont lâché des ballons pour effectuer des mesures complémentaires au moment du passage de l'instrument français.

Ce concept peut-il s'étendre à d'autres domaines de recherche, notamment la biologie ?

Chaque pays a profité de sa position pour étudier les animaux qui se trouvaient sur ses possessions ou à la proximité de sa base créant une tradition nationale d'observation de certaines espèces. C'est le cas en France, où les chercheurs ont eu accès à une biodiversité très riche. L'exceptionnelle proximité de la base Dumont d'Urville avec une colonie de manchots empereurs est désormais connue du grand public, mais les possessions françaises offrent quasiment sans exception des conditions de travail hors du commun pour les biologistes. Un processus similaire peut être observé dans d'autres pays possédant des îles australes : Royaume-Uni (Géorgie et Sandwich du Sud), l'Australie (Macquarie), la Nouvelle-Zélande (Campbell, Auckland et Bounty) et l'Afrique du Sud (Prince Édouard et Marion).

Or, dans plusieurs cas, les espèces présentes sur une île ou dans une colonie côtière sont aussi présentes dans un autre lieu malgré les distances qui les séparent et leur caractère généralement philopatride. Il paraîtrait donc d'un grand intérêt, alors que plusieurs espèces risquent d'être menacées par le changement climatique, de mettre en place un réseau d'observation élargi aux principaux pays concernés.

Il faut rappeler ici que l'Antarctique est grand comme une fois et demie l'Europe, et n'est peuplé au maximum que de 5 000 chercheurs travaillant dans une cinquantaine de stations

La France devrait, si elle s'en donne les moyens, jouer un rôle important dans ce domaine puisqu'elle dispose sans doute de la base de données la plus ancienne (40-50 ans), la plus précise et la plus large en nombre d'espèces dans l'océan austral.

Ces réflexions pourraient s'étendre à l'océan arctique qui forme lui aussi une unité écologique assez homogène.