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Se donner les moyens de l'excellence : la recherche polaire française à la veille de l'année polaire internationale

 

11. Remédier au sous-financement de la logistique de la recherche en milieu polaire

S'il est impossible de chiffrer les moyens que la France consacre à la recherche en milieu polaire compte tenu de l'organisation de sa recherche, il est en revanche évident qu'elle ne consacre pas assez de moyens à la logistique polaire.

Aujourd'hui, d'institut polaire, l'IPEV est en passe devenir un institut majoritairement océanographique spécialisé dans les carottages de grande profondeur en raison du coût croissant du Marion Dufresne. Si cette évolution devait se confirmer, l'Institut perdrait progressivement sa spécificité polaire.

Le poids de ce navire océanographique, malgré le soutien important du ministère de la recherche, pèse sur l'ensemble du budget de l'IPEV. Il est aujourd'hui urgent de trouver une solution cohérente avec le rôle principal de l'IFREMER dans la gestion de la flotte scientifique française.

Ce fardeau empêche l'IPEV d'entamer la rénovation désormais urgente de la station Dumont d'Urville, dont un grand nombre de bâtiments sont très vétustes.

A cette occasion une réflexion scientifique et logistique de long terme doit être menée pour penser notre présence à Dumont d'Urville compte tenu de la mise en service de Concordia.

Il empêche enfin de prendre conscience que la France est le grand pays antarctique qui dispose des moyens logistiques les plus faibles, sans véritable brise-glace, et sans avion.

12. Définir une stratégie française de coopération européenne et internationale

Enfin, votre rapporteur estime indispensable la formulation d'une stratégie de coopération en Europe et au niveau international.

Une stratégie européenne est indispensable dans un domaine de recherche fondamentale particulièrement coûteux en logistique et se déployant sur de vastes zones. Elle l'est également parce que, isolés, les pays européens pèsent peu face aux grands du polaire que sont les Etats-Unis, la Russie et demain la Chine.

Si l'idée d'une agence européenne doit être abandonnée à moyen terme en raison de l'opposition de la Commission et du niveau actuel des coopérations, il est possible de formuler une stratégie en trois volets.

Le premier serait l'exploitation des synergies que l'on peut attendre des grands programmes européens (EPICA, DAMOCLES). Le deuxième serait la pleine prise en compte des contraintes et impératifs politiques, logistiques et scientifiques de nos principaux partenaires. Le troisième serait l'amplification de la dynamique italo-germano-française de coopération bipolaire en la maintenant ouverte à d'autres pays européens.

Votre rapporteur souhaite à cet égard que le nouveau Président de la République revienne sur la décision française de ne participer que marginalement au projet allemand de brise-glace européen l'Aurora Borealis.

Au niveau international, votre rapporteur estime que la France doit avoir deux grandes priorités. D'une part, il faut qu'elle donne la priorité à des relations structurées et pérennes dans le temps qui sont les plus susceptibles d'offrir d'importantes perspectives de collaboration en se focalisant sur les grands partenaires. D'autre part, il est souhaitable que la France puisse exercer son leadership dans les domaines où elle se situe au premier niveau mondial, on pense notamment à la glaciologie, à la biologie ou peut-être demain à l'astronomie.