Allez au contenu, Allez à la navigation



Xynthia : les leçons d'une catastrophe (rapport d'étape)

 

2. Des dispositifs d'alerte rénovés

S'il est vrai qu'un phénomène ne peut être correctement géré que dans la mesure où il est suffisamment connu, mesuré et anticipé, alors les capacités scientifiques et techniques de prévision des submersions marines doivent être très largement renforcées.

Le risque maritime littoral d'origine météorologique n'est pas en effet aujourd'hui intégré dans le système de vigilance et d'alerte, basé sur le risque de tempête, plus facile à appréhender. Par ailleurs, il n'est pas communiqué par un vecteur de masse alors que, comme l'a démontré la tempête Xynthia, cette information est nécessaire auprès du grand public.

Aussi, il a été demandé à Météo-France par le Conseil supérieur de la météorologie, d'étudier, avec les partenaires concernés, la faisabilité de la prise en compte des risques maritimes littoraux d'origine météorologique dans le dispositif de vigilance météorologique. Ainsi qu'il a été indiqué à votre mission par le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, le travail de mise au point du nouveau dispositif est en cours.

D'autre part, de nombreux élus font observer que les alertes communiquées par la Préfecture n'ont souvent qu'un faible intérêt pratique. Elles peuvent annoncer un événement qui ne se réalise pas, reprendre purement ou simplement un avis de Météo France ou surtout ne pas comporter d'instruction précise et claire du type « évacuation » ou « interdiction de déplacement ».

L'objectif est dès lors de mettre en place un véritable système d'avertissement destiné aux autorités et aux populations, reposant sur :

- une prévision de hauteur d'eau, réalisée à partir de l'intégration des informations produites par le SHOM (marée) et Météo-France (vagues, surcotes), qui se substituera à la prévision actuelle de vagues et de surcote ;

- un avertissement explicite et lisible du niveau de risque à l'échelle du littoral d'un département ;

- des conseils de comportement proportionnés au niveau de risque annoncé.

L'intégration de ce nouveau phénomène dans la vigilance météo implique des développements informatiques qui seront réalisés d'ici début 2011, et une réflexion sur l'organisation interne de Météo-France pour le fonctionnement opérationnel de cette vigilance. La date actuellement visée pour la mise en oeuvre de ce dispositif est l'été 2011, après la phase de test au premier semestre 2011.

Ce nouveau système d'alerte suppose enfin que soit réglée la question de la responsabilité. A l'évidence, actuellement, les différents « informateurs » se refusent à prendre la responsabilité de donner des instructions précises aux maires ou aux populations concernées. Il convient de rappeler que l'État assume la responsabilité de la protection des populations et qu'il revient donc au préfet de donner ces instructions.

Les préconisations de la mission

- mettre en place un véritable système d'avertissement destiné aux autorités et aux populations, reposant sur :

 une prévision de hauteur d'eau, réalisée à partir de l'intégration des informations produites par le SHOM (marée) et Météo-France (vagues, surcotes), qui se substituera à la prévision actuelle de vagues et de surcote ;

 un avertissement explicite et lisible du niveau de risque à l'échelle du littoral d'un département, basé sur un code couleur, un pictogramme spécifique et une appréciation des conséquences possibles ;

 des conseils de comportement proportionnés au niveau de risque annoncé ;

- prévoir une proposition de programme détaillé pour le programme national Litto3D, sous la maîtrise d'ouvrage du secrétariat général de la mer avant fin 2010 ;

- prévoir dans les missions prioritaires affectées au BRGM, la réalisation d'une modélisation à l'échelle locale du risque de submersion marine au moyen d'une numérisation du phénomène de « jet-de-rive » ;

- rapprocher les différents organismes en charge de la prévision par une meilleure collaboration sur des programmes communs.