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Prospective du couple franco-allemand

22 juin 2011 : Prospective du couple franco-allemand ( rapport d'information )

C. UN CHOIX CONTRAINT PAR LA NÉCESSITÉ D'ÉQUILIBRER LE RÉGIME DE CROISSANCE ALLEMAND

Le niveau singulièrement élevé des importations allemandes est le résultat d'un choix stratégique des firmes destiné à élever leur compétitivité. Mais, il correspond aussi à une nécessité pour « boucler » le régime économique suivi par l'Allemagne.

Le rythme d'évolution des exportations allemandes excède de beaucoup les capacités du système productif allemand.

Croissance des exportations allemande et française 2001-2008
(en % du volume)

 

Allemagne

France

2001

6,4

2,6

2002

4,3

1,6

2003

2,5

- 1,3

2004

10,3

4,8

2005

7,7

2,9

2006

13,1

5,2

2007

7,6

2,3

2008

2,5

- 0,3

Source : Eurostat

Si la valeur ajoutée associée aux exportations suivait leur expansion, celle-ci impliquerait que la totalité du surplus de production soit réservée aux exportations et que la partie subsistant pour satisfaire la demande domestique s'érode rapidement, d'autant que le poids des exportations dans le PIB est déjà particulièrement élevé en Allemagne.

En outre, dans une telle hypothèse, les revenus générés par les exportations devraient être thésaurisés pour éviter une inflation par excès de demande sur l'offre.

Aussi bien du fait des contraintes de disponibilité des moyens de production (contraintes d'offre) que par la nécessité de limiter l'expansion et la demande domestique bien en-deçà du niveau potentiel des revenus liés aux exportations, l'Allemagne doit recourir à des importations.

Celles-ci permettent de desserrer, au moins partiellement, la contrainte de capacités de production que pourrait impliquer le rythme d'expansion des exportations.

La prise en compte des importations éclaire sur les raisons pour lesquelles il n'est pas possible de déduire directement des exportations les effets que celles-ci exercent sur l'activité économique des pays concernés.

Les importations de biens intermédiaires nécessaires aux exportations réduisent la valeur ajoutée dégagée en Allemagne par son activité exportatrice.

Mais, plutôt que d'être subi, cet effet est cohérent avec le choix d'un modèle de croissance par l'exportation, non seulement parce qu'il lève la contrainte physique de production, mais encore parce qu'il permet de maîtriser la progression du revenu distribuable du fait des excédents extérieurs allemands.

Cette mécanique recèle un paradoxe qui est inhérent aux stratégies privilégiant l'accumulation d'excédents extérieurs comme source principale de la croissance économique.