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Rapport n° 318 : Mission d'information au Bruneï et en Indonésie


M. Jacques CHAUMONT, Sénateur


Rapport d'information n° 318 - 1996/1997 - Commission des Finances

Table des matières







N° 318

SÉNAT

PREMIERE SESSION ORDINAIRE DE 1996-1997

Annexe auprocès-verbal de la séance du 22 avril 1997.

RAPPORT D'INFORMATION

FAIT

au nom de la commission des Finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation (1) sur la mission d'information effectuée au Bruneï et en Indonésie, du 23 au 30 mars 1996

Par M. Jacques CHAUMONT

sénateur

(1) Cette commission est composée de : MM. Christian Poncelet, président ; Jean Cluzel, Henri Collard, Roland du Luart, Jean-Pierre Masseret, Mme Marie-Claude Beaudeau, MM. Philippe Marini, vice-présidents ; Emmanuel Hamel, René Régnault, Alain Richard ; François Trucy, secrétaires  ; Alain Lambert, rapporteur général ; Philippe Adnot, Denis Badré, René Ballayer, Bernard Barbier, Jacques Baudot, Claude Belot, Mme Maryse Bergé-Lavigne, MM. Roger Besse, Maurice Blin, Joël Bourdin, Guy Cabanel, Auguste Cazalet, Michel Charasse, Jacques Chaumont, Yvon Collin, Jacques Delong, Yann Gaillard, Hubert Haenel, Jean-Philippe Lachenaud, Claude Lise, Paul Loridant, Marc Massion, Michel Mercier, Gérard Miquel, Michel Moreigne, Joseph Ostermann, Jacques Oudin, Maurice Schumann, Michel Sergent, Henri Torre, René Trégouët.

Indonésie - Bruneï - Rapports d'information.

INTRODUCTION

Mesdames, Messieurs,

Premier pays musulman de la planète, troisième puissance démographique d'Asie après la Chine et l'Inde, l'Indonésie cumule les records mondiaux en termes de ressources naturelles. Après avoir longtemps bénéficié d'une véritable rente pétrolière dont les rentes lui assurent la treizième position au soin de l'OPEP, elle est aujourd'hui premier exportateur de gaz naturel, 2ème extracteur d'or et d'étain, deuxième producteur de caoutchouc naturel et d'huile de palme, troisième récoltant pour le riz et le café, quatrième pour le cacao et le thé. Elle contrôle un espace maritime de 7,9 millions de km2 - un des plus importants du globe - et sa forêt est la troisième forêt tropicale du monde.

Résolument engagé à partir de 1983 dans la voie de l'industrialisation, le pays connait depuis 1989 des taux de croissance moyens supérieurs à 8 % et est devenu l'an dernier une des premières destinations de l'investissement international. Selon certaines projections économétriques, il devrait entrer dans les rangs des nouveaux pays industriels en l'an 2000, pourrait faire partie des sept pays les plus industrialisés en 2010 et être la cinquième puissance économique mondiale en 2020.

Il n'est donc pas surprenant, au vu de tels éléments, que d'aucuns fassent de l'Indonésie le premier dragon musulman du monde.

Cependant, en dépit et parfois à cause de ses brillants résultats actuels, l'économie indonésienne connait certaines difficultés conjoncturelles et des handicaps structurels qui amènent à nuancer ses atouts. Surtout, le pays traverse une phase délicate de sa vie politique : la question de la succession du Président Surharto, l'homme qui a fondé le régime en place, tend à se poser avec une acuité croissante.

L'avenir de l'Indonésie apparaît donc à la fois extrêmement prometteur et relativement fragile.

Ce sont de tels éléments et le fait que les actions de coopération avec l'Indonésie comptent actuellement parmi les plus importantes menées par le Gouvernement français, qui ont conduit votre rapporteur à juger utile d'effectuer une mission d'information dans ce pays. Cette démarche s'inscrit d'ailleurs logiquement dans le cadre du vaste programme d'investigation qu'il a entrepris depuis deux ans en Asie du sud-est, en sa double qualité de rapporteur spécial du budget des affaires étrangères et de représentant du Sénat au sein du conseil de surveillance de la Caisse française de développement.

L'objet de cette mission qui s'est déroulée du 22 au 30 mars 1996 était double. Il s'agissait, d'une part, de mieux cerner les atouts et les handicaps de l'Indonésie dans le contexte de mutation accélérée que connaît le continent asiatique et, d'autre part, d'évaluer, sur pièces et sur place, les modalités et l'impact des diverses formes de coopération que la France entretient avec ce partenaire privilégié.

Ladite mission a conduit votre rapporteur à faire une brève étape à Bruneï, le sultanat pétrolier de l'île de Bornéo, où les similitudes et les différences existant entre ce pays et l'Indonésie lui ont permis de mieux percevoir la spécificité de cette dernière.

I. DES ATOUTS IMPORTANTS MAIS CONTRASTÉS

L'Indonésie dispose d'atouts indéniables mais son immense potentiel économique comporte quelques faiblesses dont la connaissance est nécessaire.

A. LA SITUATION POLITIQUE

Avec 1,9 million de km², le territoire indonésien représente plus de la moitié de la superficie totale des pays de l'ASEAN (Association des Nations du Sud-Est asiatique) mais il est fragmenté en quelques 13.000 îles1(*).

Ces deux chiffres résument l'image que l'Indonésie donne le plus souvent d'elle-même : celle d'un "géant en pointillés".

1. Une diversité, source de dynamisme mais aussi de complexité

Que l'Indonésie soit "une terre de contrastes", bien peu sauraient en douter. Si cette formule galvaudée peut encore conserver de la pertinence, c'est bien quand elle s'applique à ce gigantesque cordon d'îles qui, commençant par côtoyer les rivages occidentaux de la Thaïlande, s'étend sur près du tiers de l'océan Pacifique jusqu'à la hauteur des côtes septentrionales de l'Australie orientale.

La diversité indonésienne est une évidence qui s'impose à tous ceux qui abordent ce pays. Elle est le fruit de la géographie et de l'histoire. Elle constitue une richesse car la conjonction au sein d'une même communauté humaine d'apports différents est un capital inestimable, dès lors que ces apports sont harmonisés et canalisés. Cependant une telle variété d'îles et de traditions aussi récemment rassemblées -à peine cinquante ans- en une seule Nation jaillie du cadre de l'Ancien Empire hollandais peut favoriser le développement de ferments de dispersion préjudiciables à l'unité de l'ensemble et à son dynamisme.

a) La bigarrure géographique

L'archipel indonésien est le plus vaste de la planète. Il s'étend sur 5.000 km d'est en ouest et sur environ 2.000 km du nord au sud.

Lors de l'entretien que votre rapporteur a eu avec lui, le Docteur Bacharuddin Jussuf Habibie, ministre d'Etat à la recherche et à la technologie, s'est plu à démontrer sur une mappemonde que cet immense chapelet d'îles couvrait l'espace qui sépare Brest de Bakou et Amsterdam de Naples et qu'il avait une largeur supérieure à celle des Etats-Unis.

Cette comparaison permet de mieux saisir son importance géostratégique : au coeur de l'Océan Indien, l'Indonésie est un trait d'union entre l'Extrême-Orient et le Moyen-Orient. Elle contrôle trois détroits permettant de passer de l'Océan Indien à la mer de Chine et au Pacifique (détroits de Malacca, Karimata et Macassar).

L'étendue du pays contribue à sa variété physique. Bien que les conditions climatiques soient assez homogènes2(*) et que, à l'exception de Kalimantan (Bornéo) et de l'Irian Jaya (Nouvelle-Guinée), les volcans forment presque partout la toile de fond des paysages, les contrastes sont d'importance entre les baies profondes du Sulawesi (Célèbes), les vallées forestières quasi impénétrables de l'Irian Jaya et la jungle urbaine de Jakarta.

Tout comme les sites, le peuplement est d'une grande hétérogénéité.

b) La mosaïque humaine

Forte d'une population de plus de 190 millions d'habitants -la quatrième du monde-, l'Indonésie compte quelques 360 groupes ethniques. La diversité du peuplement doit toutefois être nuancée par l'importance du groupe javanais (45 % de la population). Par ailleurs, les effets de cette pluralité -ainsi d'ailleurs que ceux du morcellement archipelagique- se trouvent atténués par le fait que près des deux tiers de la population et six des dix villes les plus importantes du pays sont concentrés sur la seule île de Java, c'est-à-dire sur 1/15è du territoire. Facteur indéniable de déséquilibres, cette dernière situation -qui est pour l'essentiel le résultat de la politique menée délibérément par l'ancien colonisateur- est aussi par certains aspects un puissant élément fédérateur.

Il n'en demeure pas moins que la "mosaïque ethnique" de l'Indonésie s'est révélée dans le passé la source de tensions sociales parfois violentes. Celles-ci se sont tout particulièrement exercées à l'encontre de la minorité chinoise qui occupe une place à part en raison de sa prépondérance économique. Ainsi, J. Chailley-Bert, dans l'ouvrage consacré à "Java et ses habitants" qu'il a publié en 1900, décrit l'âpreté au travail et l'importance du rôle économique de cette catégorie de la population en des termes qui n'ont pas toujours perdu de leur actualité. Il témoigne aussi des réactions peu amènes que la réussite de ses membres pouvait entraîner au sein des communautés autochtones et ce témoignage rappelle que derrière une tradition de consensus le pays peut être une terre de violences extrêmes.

Encore durement frappée en 1965-66, la minorité chinoise n'a, depuis cette date, été que très rarement et à une faible échelle l'exutoire des frustrations.

Aujourd'hui, on estime habituellement que les Chinois d'Indonésie qui représentent environ à 4 % de la population, détiennent près des trois quarts de la richesse nationale.

c) La richesse culturelle et religieuse

Presque chacune des îles de l'Indonésie possède son histoire et ses traditions propres. Les destinées de plusieurs d'entre elles se sont entrecroisées dans le passé et beaucoup ont connu avec une certaine synchronicité les grands mouvements de civilisation qui ont successivement imprimé leur empreinte dans la région : l'hindouisme, le bouddhisme, l'Islam, la colonisation hollandaise... Mais, l'histoire collective de l'archipel ne commence vraiment qu'avec l'indépendance arrachée au colonisateur hollandais en 1949, au terme d'une guerre de libération qui aura duré quatre ans.

On trouve un reflet de ce passé fragmenté dans le domaine linguistique. Quelque 300 langues et dialectes sont couramment parlés en Indonésie. La langue commune, le "bahasa indonesa" proche du malais et dont la pratique est désormais généralisée, n'a été imposée que depuis l'indépendance.

La religion est le dernier élément majeur de la diversité indonésienne. L'Indonésie est le plus grand pays musulman du monde par le nombre de pratiquants. Cependant, si 88 % des habitants embrassent la foi mahométane, l'Islam n'est pas une religion d'Etat et le pays compte 9 % de chrétiens, principalement protestants, mais aussi des hindouistes (2 %) qui composent la grande majorité de la population de Bali, ainsi que des bouddhistes qui sont en grand nombre dans la communauté d'origine chinoise.

Dans ce contexte, ce n'est pas la mosquée mais l'armée qui est le creuset de l'identité nationale et c'est l'Etat qui est le garant de l'unité du pays.

2. Une stabilité politique soumise prochainement à des échéances majeures

Aujourd'hui, la nation indonésienne s'incarne dans un homme, le Président Suharto, et vit sous le régime qu'il a lui-même fortement contribué à instituer après l'éviction du Président Soekarno et la tentative de coup d'Etat de 1965, attribuée aux communistes. Agé de 75 ans, le Président Suharto doit achever son sixième mandat en 1998. La question de sa succession tend donc à se poser avec une acuité croissante et à créer une relative incertitude sur l'évolution à moyen terme du pays.

a) Les fondements clefs d'un régime trentenaire

 Javanais d'origine, issu d'une modeste famille villageoise des environs de Yogjakarta, le Président Suharto a fait une rapide carrière militaire au service des Hollandais, des Japonais, puis de la révolution nationaliste. Projeté sur le devant de la scène politique en 1965, il a pris le pouvoir avec une grande fermeté -en n'hésitant pas à ordonner une sanglante répression contre le parti communiste indonésien- mais aussi avec beaucoup de patience et de prudence, mettant quatre ans pour écarter Soekarno et contrôler tous les rouages de l'Etat.

Disposant de larges prérogatives d'exception datant de l'état d'urgence décrété en 1965, il a établi un mode de gouvernement "à la javanaise" d'où le népotisme n'est pas absent mais où, de l'avis de la plupart des observateurs, prévaut la recherche de la synthèse entre des opinions ou des intérêts opposés et où les décisions sont arrêtées après un long processus de maturation et de discussion.

Autodidacte nationaliste, il a résolument engagé son pays dans la voie du développement économique en sachant choisir des ministres compétents, en décidant de faire appel aux experts de la Banque mondiale et du FMI, en recourant aux services de jeunes économistes indonésiens formés dans les meilleures universités américaines et dont les plans quinquennaux, mis en oeuvre depuis 1969, ont assuré une considérable élévation du niveau de vie. Le revenu moyen par habitant est passé de 80 dollars en 1971 à près de 1.000 dollars. L'espérance de vie a été portée de 44 ans en 1965 à 62 ans en 1995.

Au total, le régime présidentiel autoritaire -dit de l'Ordre nouveau- qu'a institué Suharto est un des plus stables d'Asie et sa légitimité semble continuer à ne guère être remise en cause par la majorité des Indonésiens.

Outre la personnalité du Président, ce régime repose sur deux piliers fondamentaux : l'armée et une philosophie unitaire de l'Etat, le "Pancasila".

 L'armée joue en Indonésie un rôle majeur qui ne se limite nullement aux fonctions militaires.

Composée de professionnels mais de large assise populaire, modèle d'expression laïque de l'idée nationale, chargée de la sécurité extérieure et intérieure, assurant de nombreuses fonctions sociales, elle jouit, depuis la guerre d'indépendance, d'un grand prestige et offre des carrières attractives. De nombreux jeunes sont, de ce fait, désireux de s'y enrôler. Elle dispose ainsi des moyens de mener une politique sélective de recrutement qui lui permet de s'attacher les meilleurs éléments d'une génération et tend à conforter son image et ses positions.

Cette armée a été la principale bénéficiaire des confiscations d'avoirs néerlandais et d'avoirs britanniques qui ont été réalisées après l'indépendance pour les premières et lors de la campagne de confrontation avec la Malaisie pour les secondes. Gérant entre autres des plantations, des mines et des banques, elle détient d'importantes responsabilités économiques.

Le Président Soekarno avait été amené à lui reconnaître un pouvoir politique pour obtenir son soutien dans la mise à l'écart des partis pendant la période dite de "démocratie dirigée" qu'a connue le pays de 1957 à 1965. Les événements ayant suivi le coup d'Etat avorté de 1965 et la nomination du général Suharto à la présidence de la République ont conduit à un considérable élargissement de ce pouvoir.

Ainsi, en 1981, la plupart des postes de fonctionnaires au sein des ministères étaient occupés par des militaires : 89 % au ministère de l'Intérieur, 57 % au ministère de l'Information, à peu près autant au ministère des Affaires sociales, des Communications, des Affaires religieuses, 50 % à la Justice, aux Affaires étrangères, au ministère du Travail, de la Transmigration ; 21 gouverneurs de province sur 27, 16 des 18 secrétaires généraux, 11 des 17 inspecteurs généraux, 25 des 71 directeurs généraux3(*).

Actuellement, les forces armées continuent de veiller de près à l'exécution des décisions gouvernementales mais leur représentation au sein de l'administration a diminué en raison d'une politique visant à favoriser le recours à des technocrates civils. Leur influence économique s'est également quelque peu érodée sous l'effet de la montée en puissance des conglomérats privés sino-indonésiens. De même, leur prestige s'est sans doute affaibli car elles n'ont pas échappé à l'affairisme.

Le commandement militaire n'en demeure pas moins un acteur clef de l'avenir indonésien et une force politique de premier plan.

 Le "Pancasila", philosophie unitaire de l'Etat indonésien, repose sur cinq principes : nationalisme, humanitarisme, démocratie consensuelle, justice sociale et croyance en un seul dieu.

Ces principes qui traduisent les nécessités de l'équilibre politique qu'impose la devise nationale (l'unité dans la diversité) font du premier pays musulman du monde un Etat séculier où toutes les grandes religions sont reconnues au même titre que l'Islam.

 Parallèlement à l'affirmation de cette doctrine, le Président Suharto s'est attaché à assurer le respect des formes constitutionnelles en organisant des consultations électorales à intervalle régulier. Ainsi, tous les cinq ans, sont élus, à la proportionnelle sur des listes bloquées pouvant être présentées seulement par les trois partis autorisés4(*), 400 des 500 membres de la chambre des représentants, les 100 autres étant des militaires nommés par le Président de la République.

Ce sont les membres de la chambre des représentants et les 500 personnalités désignées par le Président de la République pour représenter les collectivités territoriales et les organisations socio-professionnelles qui composent l'Assemblée consultative du peuple. Cette dernière se réunit tous les cinq ans pour débattre du projet de plan quinquennal et élire le Président.

b) Un équilibre maintenu en dépit des troubles séparatistes

En trois endroits de l'archipel, l'Etat se trouve confronté à l'expression de revendications indépendantistes : à Aceh, en Irian Jaya et au Timor oriental.

 A Aceh, la partie nord de Sumatra où au cours des siècles la tutelle du pouvoir central a toujours été difficilement accepté, sévit une rébellion musulmane intégriste qui a été brutalement réprimée en 1990.

 En Irian Jaya (Nouvelle-Guinée occidentale), à l'autre extrémité du territoire indonésien, le mouvement de libération papou (OPM) -apparemment faiblement armé- continue à s'opposer à l'intégration décidée en 1969, à la suite d'un référendum d'autodétermination reconnu par l'ONU mais apparu douteux à certains. Ce mouvement a été durement réprimé. Il paraît aujourd'hui isolé dans sa lutte car la Papouasie -Nouvelle-Guinée où ses membres trouvaient refuge a signé, en novembre 1993, une série d'accords bilatéraux avec Jakarta.

 Au Timor oriental, devenu 27ème province de l'Indonésie en 1976, la situation apparaît préoccupante pour Jakarta. Elle est aussi assez complexe au plan du droit car les Nations Unies continuent à considérer cette partie de l'une des îles de la Sonde comme un territoire dont le Portugal est la puissance administrative et qui reste à décoloniser.

Ancienne colonie portugaise, la partie orientale de l'île de Timor s'est vue proposer par Lisbonne la décolonisation en 1974. Mais, dans une situation confuse, l'un des groupes politique timorais, le FRETILIN (front révolutionnaire pour un Timor-Est indépendant) a déclaré unilatéralement l'indépendance (28 novembre 1975). Moins de deux semaines plus tard, le 7 décembre, sous prétexte des tendances marxistes du FRETILIN, les troupes indonésiennes ont pénétré au Timor oriental. Dans les huit jours qui ont suivi, le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté, à l'unanimité, une résolution invitant l'Indonésie à se retirer.

Cependant, après une déclaration de l'Assemblée populaire locale -dont les membres avaient été désignés par le gouvernement- Jakarta décrétait, le 17 juillet 1976, l'intégration de Timor, la "27 ème province".

De 1975 à 1982, la question de Timor a été examinée par l'Assemblée générale de l'ONU au titre des territoires à décoloniser. Depuis 1982, il n'y a plus de majorité à l'Assemblée pour inscrire cette question sur l'agenda du comité de décolonisation.

Il convient de relever que l'annexion a été avalisée par la plupart des pays de la région. L'Union européenne ne l'a, elle, jamais reconnue. Le Portugal a rompu ses relations diplomatiques avec Jakarta en 1975 mais a engagé depuis 1984, sous l'égide du Secrétaire général de l'ONU, des négociations bilatérales avec l'Indonésie sur la situation de Timor.

Les violences perpétrées lors de l'annexion du territoire5(*) puis à Dili en 1991 ont créé parmi la population timoraise de profonds ressentiments qui ne semblent nullement en voie d'apaisement. Des incidents, dont certains entraînent mort d'hommes, continuent à se produire chaque année. Ils concourent à conforter la thèse de ceux qui affirment que, dans leur majorité, les Timorais refusent toujours le fait accompli et résistent aux pressions du pouvoir indonésien.

 Ces situations tendues -et tout particulièrement celle de Timor-Est- gênent indéniablement l'Indonésie au plan diplomatique.

Cependant, elles ne semblent pas de nature à ébranler l'unité et la stabilité politique du pays. Les conflits qu'ont suscité les mouvements indépendantistes sont demeurés géographiquement cantonnés et n'ont pas troublé la vie de l'immense majorité des Indonésiens. Les interventions militaires auxquelles ils ont donné lieu ne paraissent pas avoir soulevé la moindre réticence au sein de l'armée. Enfin, les risques de débordement sur les terrains d'opération semblent improbables tant, à en croire les informations disponibles, les forces en présence sont disproportionnées.

Les possibilités d'agitation ponctuelles pouvant résulter d'un tel contexte ne sont certes pas négligeables mais, en définitive, la plus grande incertitude pesant sur l'avenir du pays se révèle celle relative à la succession de l'actuel Président de la République.

c) Une fragilisation liée aux perspectives de succession

 Le Président Suharto, dont l'autorité n'est pas sérieusement contestée, devrait se présenter à un septième mandat et être réélu en 1998. Cependant, force est de constater que, quoique le régime n'en paraisse pas menacé, l'Indonésie traverse actuellement une phase délicate de sa vie politique. Trois facteurs semblent expliquer les tensions actuellement perceptibles :

 L'émergence d'une classe moyenne issue du décollage économique, qui aspire à être associée aux décisions et tend à exprimer ses frustrations. Son influence grandissante a favorisé le développement d'un petit nombre d'associations intellectuelles, religieuses ou syndicales non reconnues mais tolérées. Il en résulte une montée en puissance des critiques, notamment la dénonciation de la corruption et de l'affairisme.

 Une certaine tension entre le Président et l'armée qui se fonde sur le refus de celle-ci de voir la religion prendre une place majeure dans les affaires intérieures, alors que le renforcement du poids des civils musulmans lors du dernier remaniement gouvernemental semble participer du souci du Président6(*) de conforter son assise populaire face aux militaires.

 Les craintes que peuvent inspirer aux minorités religieuses ainsi qu'aux familles contrôlant les grands groupes économiques certaines tendances à l'accentuation de l'islamisation de la société, lesdites tendances étant alimentées par le désarroi que créent le creusement des injustices sociales et, d'une manière plus générale, les changements qu'impulse la croissance économique.

L'intensification des luttes d'influence que suscite la préparation de la succession de Suharto attise d'autant plus ces tensions que l'autorité morale du Président s'est érodée au fil du temps et des scandales financiers ayant mis en cause les membres de sa famille.

En outre, celui-ci apparaît préoccupé d'assurer un avenir sécurisé à ses enfants. Ceux-ci ayant profité de leur position pour développer -parfois à l'abri de monopoles- de véritables empires dans le monde des affaires, cet élément n'est pas sans retombées politique et économique.

 C'est dans ce contexte qu'il faut situer les émeutes qui se sont produites à Jakarta, le 28 juillet dernier, et qui ont fait 4 morts ainsi que plusieurs dizaines de blessés et de disparus.

Ces événements ont été déclenchés par la prise de contrôle, soutenue par l'armée, du siège du PDI, un des deux partis minoritaires, par les partisans de son nouveau président. Celui-ci avait été désigné par les autorités à la veille de la campagne précédant les élections générales de juin 1997 pour remplacer la présidente en titre du PDI, Mme Megawi Soekarno Putri, fille aînée de l'ancien président Soekarno.

Les troubles que cette opération a engendrés, les plus graves depuis vingt ans, ont été durement et rapidement maîtrisés par l'armée et ne semblent avoir eu que de très faibles répercussions en province.

 D'aucuns y ont vu la preuve que le pouvoir en place contrôlait totalement la situation et que la stabilité du pays n'était pas menacée à court terme. D'autres y ont distingué la trace de ses difficultés à répondre à l'insatisfaction montante et se sont interrogés sur les effets à long terme d'une politique répressive.

Il semble clair qu'à terme relativement proche, l'Indonésie ne saurait, sans risques, faire l'impasse sur des réformes auxquelles aspirent une fraction croissante et de plus en plus influente de la population. Mais la plupart des observateurs sont persuadés que tous les principaux acteurs du jeu politique indonésien -à savoir la Présidence, l'armée, les organisations musulmanes et les grands groupes économiques contrôlés par la minorité chinoise- souhaitent prioritairement assurer la poursuite de la croissance et la confiance des investisseurs étrangers, garantes d'un avenir meilleur pour le pays.

Votre rapporteur estime en conséquence que, sauf ralentissement brutal et prolongé de la croissance de nature à aviver les contestations, pourront être dégagés, le moment venu, des compromis à même de permettre une transition graduelle qui ménagerait les équilibres existants. A défaut, les évolutions pourraient être heurtées et les questions que la communauté internationale s'autorise à se poser dans le domaine des droits de l'Homme pourraient devenir plus pressantes et affecter l'image de l'Indonésie.

De ce dernier point de vue, si les mouvements indépendantistes oeuvrant dans certaines régions de l'archipel ne semblent pas de nature à ébranler l'assise du pays, ils peuvent contrarier son affirmation sur la scène mondiale.

3. Une affirmation croissante sur la scène régionale et internationale 7(*)

Faire entendre davantage la voix de l'Indonésie dans l'enceinte internationale, était l'une des ambitions du Président Suharto. Nul ne saurait nier aujourd'hui qu'elle a été, dans une grande mesure, réalisée. Son pays a assumé la Présidence du Mouvement des Non-Alignés de 1992 à 1995 ; il a détenu celle de l'APEC8(*)en 1994 ; il a occupé un siège de membre non permanent au Conseil de Sécurité durant la période 1994-96. Cependant, les efforts déployés par Jakarta pour s'affirmer davantage sur ce plan se trouvent quelque peu minés par les questions relatives aux droits de l'Homme.

a) Un acteur influent dans la région

Puissance à la fois de l'Asie et du Pacifique par sa position stratégique, membre de l'ASEAN9(*) et de l'APEC, l'Indonésie est active sur la scène régionale où sa situation, sa taille et son poids démographique la placent aux premiers rangs.

L'ASEAN, dont elle abrite le siège et qu'elle a présidée d'août 95 à août 96, constitue pour elle un instrument d'influence privilégiée. Ainsi, lors de sa présidence, Jakarta a considérablement aidé la Birmanie à se réinsérer dans la région en obtenant son admission au statut d'observateur de l'ASEAN. Ce cadre lui a également permis de mettre en valeur ses talents de médiateur, notamment dans le conflit opposant le gouvernement philippin10(*) à des rebelles musulmans et qui a trouvé une solution grâce à son entremise.

Ses prises de position en faveur de l'intégration à terme de l'ensemble des pays de la péninsule indochinoise dans l'ASEAN sont appréciées dans les capitales concernées. Elles ont conforté une stature régionale qui a été tout particulièrement affirmée dans le contexte de la conférence de Paris sur le Cambodge, qu'elle co-présidait avec la France.

L'APEC est, elle aussi, une tribune assurant dans la zone un large retentissement des initiatives ou des concepts indonésiens. En novembre 1994, le sommet de Bogor, au cours duquel le Président Suharto s'est fait l'avocat du libéralisme et de la déréglementation, a constitué un point fort de la diplomatie du pays.

Ceci n'empêche pas que les relations de l'Indonésie avec les deux grandes puissances régionales, membres de l'APEC, la Chine et le Japon, demeurent teintées de réserves, voire de méfiance, même si les relations diplomatiques avec la Chine ont été rétablies en 1990 et même si le Japon11(*) est le premier donneur d'aide et le premier partenaire économique de Jakarta.

b) Un membre actif du Mouvement des Non-Alignés

Bien des indices le prouvent : l'Indonésie souhaite s'affirmer comme l'un des chefs de file du Tiers Monde.

Elle a voulu mettre à profit sa présidence du Mouvement des Non-Alignés (1992-1995) pour relancer le dialogue Nord-Sud, notamment sur les questions économiques et de développement et sensibiliser les pays riches à l'intérêt de leur contribution au développement d'une coopération Nord-Sud.

Elle a pris plusieurs initiatives en ce sens : demande d'invitation au sommet du G7 à Tokyo en tant que Président des Non-Alignés, proposition de diminution de 70 % des dettes accumulées par les pays les moins avancés... Ses tentatives n'ont toutefois guère été couronnées de succès.

c) Des handicaps découlant des questions relatives aux droits de l'homme

En dépit de son statut de pays non aligné, l'Indonésie est favorable au maintien d'une importante présence militaire américaine en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique, vraisemblablement en raison du frein aux ambitions des grandes puissances régionales qu'une telle présence paraît garantir implicitement. Les relations entre les deux pays n'en demeurent pas moins délicates, en grande partie à cause de la politique de Washington en matière de droits de l'Homme. Les violations dénoncées par les Etats-Unis en Aceh, en Irian Jaya et surtout au Timor oriental sont pour beaucoup à l'origine de ces difficultés. L'interdiction, en 1994, des trois hebdomadaires les plus lus en Indonésie et l'arrestation, la même année, du principal dirigeant d'un syndicat libre pèsent également sur les relations.

La question des droits de l'Homme perturbe aussi les relations avec les pays de l'Union Européenne, malgré leur place de deuxième donateur d'aide et de deuxième partenaire commercial. A cause de l'affaire de Timor, le Portugal a bloqué la signature par les Quinze d'un accord que les pays de l'ASEAN souhaitaient conclure.

Le souci de préserver l'image internationale du pays a entraîné, sous la pression du Ministère des Affaires étrangères, quelques évolutions positives sur le dossier timorais : retrait du commandement militaire spécial, ouverture du territoire aux organisations non gouvernementales, accès des journalistes étrangers à Timor-Est lors du sommet de l'APEC à Bogor. Cependant, l'élection de Mgr Belo et surtout de Ramos Horta, deux Timorais critiquant la politique de Jakarta, comme prix Nobel de la Paix a replacé la résistance timoraise sous les feux de l'actualité. Dans ce contexte nouveau, toute mesure qui ne serait pas acceptable internationalement ne pourrait que gêner davantage les relations de l'Indonésie avec les pays occidentaux.

B. LE CONTEXTE ECONOMIQUE

Dotée d'un sol fertile, d'un sous-sol riche en hydrocarbure et en minerais, contrôlant une zone maritime qui compte parmi les plus vastes et les plus facilement exploitables de la planète, l'Indonésie ne peut être inscrite sur la liste des pays défavorisés par la géologie.

Habilement mis en valeur, ces avantages naturels ont, tout comme son élan démographique, permis à l'archipel d'obtenir d'appréciables résultats économiques et lui ouvrent des perspectives non moins flatteuses.

Les actuelles tensions conjoncturelles, une certaine faiblesse du système financier, le retard de développement des infrastructures publiques et des pratiques administratives contestables constituent autant de faiblesses dont la correction est une condition de la réalisation des ambitions poursuivies.

1. D'immenses ressources naturelles

Il ne relève pas du cadre du présent rapport de se livrer à un inventaire exhaustif des richesses de l'Indonésie. Néanmoins, il ne saurait passer sous silence, ni son potentiel agricole12(*), ni son capital minier.

Pour ce faire, le rappel de quelques chiffres déjà cités en introduction est indispensable. Au plan mondial, l'Indonésie est le 3e producteur de riz et de café, le 2e producteur de caoutchouc naturel et d'huile de palme ; elle se classe au 4e rang pour la production de cacao et de thé. Elle dispose de réserves de cuivre, de manganèse, d'uranium et de phosphate ; les quantités d'or et d'étain extraites chaque année de son territoire sont les deuxièmes du monde par l'importance.

La sécheresse statistique de cette énumération ne peut toutefois donner qu'une image approximative des atouts naturels du pays. C'est pourquoi, il est proposé de la compléter par la projection d'un éclairage particulier sur trois secteurs : la forêt, le pétrole et le gaz naturel, la zone maritime.

a) La troisième forêt tropicale du monde

La forêt indonésienne s'étend sur 74 % de la surface du pays. Forêt naturelle et immense - selon la FAO, elle représente 109 millions d'hectares -, elle a justifié la création d'un ministère spécifique chargé de contrôler l'exploitation de cette ressource, très importante pour l'économie du pays.

La filière bois compte pour 3 % du produit national brut indonésien et mobilise 2,5 millions d'emplois directs auxquels il convient d'ajouter 1,2 million d'emplois liés aux industries d'aval comme la construction et l'ameublement.

L'exploitation de la forêt indonésienne est porteuse d'enjeux importants. Les produits forestiers sont, après le pétrole et ses dérivés, les plus importants contributeurs à l'excédent extérieur indonésien : les exportations sont, dans ce domaine, supérieurs de près de 45 fois aux importations. Globalement essentielle au pays, l'exploitation forestière représente, dans certaines régions, la seule activité économique. Au-delà, la forêt indonésienne est un enjeu écologique pour le monde entier. Elle est la troisième forêt tropicale du monde après celles du Brésil et du Zaïre et représente 50 % des forêts tropicales du sud-est asiatique et 10 % de l'ensemble des forêts tropicales terrestres.

Les autorités indonésiennes se sont attachées à développer les activités forestières les plus riches en valeur ajoutée, notamment en orientant les investissements en fonction des besoins.

Les exportations de produits bruts sont volontairement défavorisées de même que la production réalisée en dehors des besoins des industries de transformation. L'acquisition à l'étranger de machines forestières bénéficie de droits de douane réduits et il faut, à ce sujet, saluer les performances de Renault qui a su en profiter pour développer ses exportations de camions.

Les modalités d'exploitation de la forêt indonésienne favorisent les projets à moyen terme des investisseurs nationaux et étrangers : elle est propriété de l'Etat, mais celui-ci consent de façon pragmatique des concessions et des droits d'exportation dont ont su profiter avec un particulier à-propos les investisseurs japonais, américains et coréens.

b) Un fort potentiel énergétique

Si ce sont les recettes tirées de l'exploitation pétrolière qui ont "tiré" le développement indonésien au cours des années 70 et 80, les ventes de gaz naturel commencent désormais à en prendre le relais.

Membre de l'OPEP depuis 1982, l'Indonésie figure actuellement au 13e rang des pays producteurs de pétrole. Toutefois, ses réserves connues ont considérablement diminué au cours de la décennie écoulée ; elle pourrait devenir importateur net à l'horizon 2010-2020 13(*).

La part des recettes pétrolières dans le dernier budget a d'ores et déjà atteint le niveau le plus bas de tous les pays de l'OPEP.

En revanche, le pays est devenu un grand pays gazier qui se place au premier rang des exportateurs de gaz naturel et qui pourrait conserver une telle position s'il réussit à mener à bien l'exploitation à des coûts raisonnables du champ géant de Natuna - l'un des plus grands du monde - situé entre la péninsule malaise et l'île de Bornéo.

Le secteur des hydrocarbures est de la compétence de la société Pertamina. Il est ouvert aux sociétés étrangères, comme l'ensemble du domaine minier indonésien, sous forme de contrats de partage de production.

Total, présent dans le pays depuis 1968, est actuellement le cinquième producteur d'hydrocarbures de l'Indonésie. La croissance attendue de la production gazière des gisements sur lesquels il détient des permis d'extraction pourrait, à terme rapproché, le faire passer au premier rang.

c) Une zone maritime comptant parmi les plus vastes du globe

Le 14 novembre 1994 est une date digne de considération dans l'histoire indonésienne. Elle marque en effet l'entrée en vigueur de la convention maritime ratifiée sous l'autorité de l'ONU, qui reconnaît la souveraineté de l'Indonésie sur trois millions de km2 d'eaux territoriales supplémentaires, doublés de 3 millions de km2 de zones économiques exclusives.

Compte tenu de la faible immersion des fonds marins ainsi attribués, (moins de 55 mètres en moyenne) et de l'état actuel des technologies, leur mise en valeur est relativement facile.

Aussi, avec au total 7,9 millions de km2 sous son contrôle, l'Indonésie s'apparente-t-elle désormais aux grands détenteurs d'espaces maritimes, l'Australie, le Brésil, les Etats-Unis ou la Chine et est-elle un des mieux lotis.

2. Une vitalité démographique, élément de vigueur économique

En dépit d'une politique de planning familial mise en oeuvre dès 1967 et d'une division par deux du taux de fécondité au cours des 35 dernières années, la population indonésienne a doublé durant la même période et ne devrait pas se stabiliser avant 2035-205014(*).

Elle est la troisième d'Asie derrière celle de la Chine et de l'Inde. Jeune -un tiers a moins de 15 ans-, bien alphabétisée -le taux d'analphabétisme est de l'ordre de 15 %-, correctement scolarisée -100 % dans le primaire ; 38 % dans le secondaire-, elle constitue une chance pour l'avenir.

a) Un des premiers marchés intérieurs de la planète

Traditionnellement tirée par l'investissement et les exportations, l'économie indonésienne dispose d'un formidable "réservoir de croissance" avec un marché intérieur qui représentera, en l'an 2000, quelque 200 millions de consommateurs potentiels.

Certes, le revenu moyen est encore relativement bas, le salaire minimum garanti faible (1,5 dollar par jour) et les écarts de revenus considérables 15(*). Mais, d'une part, le nombre d'habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté a très fortement diminué depuis 1970. D'autre part, des études réalisées à Jakarta, en 1992, par la Banque mondiale mettent en évidence que dans cette ville 15 % des familles disposent de revenus supérieurs à 5.000 dollars par mois.

C'est pourquoi, même si l'Indonésie n'est pas susceptible d'entrer dans l'ère de la consommation de masse avant quelques temps, la demande intérieure devrait y jouer un rôle de plus en plus important dans les années à venir16(*).

b) Une réserve de main d'oeuvre encore inépuisée

En Malaisie, l'autre pays musulman de la région, on commence à assister à des phénomènes de délocalisation d'activité dus, pour l'essentiel, à la saturation du marché de l'emploi et aux perturbations que cela entraîne (rotation accélérée des personnels, tensions sur les salaires...).

Il est peu probable que l'Indonésie se trouve dans une telle situation.

D'abord la situation démographique des deux pays est très différente : le rapport numérique est de 1 à 20. Ensuite, la croissance de la population a, jusqu'à présent, été en permanence plus importante que la croissance d'emplois. De plus en plus de femmes cherchent par ailleurs à exercer un métier : le nombre de celles demeurant au foyer a diminué d'un quart entre 1970 et 1990. Enfin, les gains de productivité réalisés dans certains secteurs d'activité, telle l'agriculture, restent modérés et leur poursuite aura pour conséquence d'étendre le marché de la main d'oeuvre disponible.

Au cours de la décennie 1980, ces facteurs structurels ont eu pour effet que l'augmentation du nombre de demandeurs d'emplois a été, chaque année, supérieure de 1 % à celle de la population totale.

Comme il est vraisemblable que de telles tendances perdureront jusqu'à une date avancée du prochain siècle, l'Indonésie devrait conserver longtemps encore l'avantage que lui confère une main d'oeuvre abondante et bon marché.

3. Des résultats et des perspectives flatteurs

Après avoir reposé sur la rente pétrolière, la politique économique indonésienne s'est infléchie en 1983, à la suite du contre-choc pétrolier. Les réformes structurelles nécessaires à une industrialisation rapide ont été mises en oeuvre avec le recours aux investissements étrangers et une libéralisation progressive des échanges extérieurs. Leurs résultats d'aujourd'hui laissent augurer favorablement de l'avenir.

a) Les choix effectués

Le choix précoce d'une double ouverture, l'ouverture aux capitaux étrangers et l'ouverture au commerce international, a indéniablement joué un rôle déterminant dans le développement économique.

Près du quart des investissements autorisés dans l'archipel de 1967 à 1994 est d'origine étrangère et la part des exportations dans le produit intérieur brut atteint la même proportion.

 Dans le domaine des investissements cette stratégie a été engagée dès 1967. Elle a été substantiellement amplifiée en 1994 par un décret présidentiel qui a supprimé l'obligation de transférer à terme la majorité des parts du capital à un partenaire national. Ce décret a, par ailleurs, diminué un certain nombre de seuils financiers ou d'obligations juridiques à caractère contraignant.

Ce texte a ouvert à l'investissement international, par le biais de joint-ventures, des secteurs d'intérêt national tels que l'électricité, les télécommunications, les transports maritimes, ferroviaires et aériens, l'approvisionnement en eau potable et l'énergie nucléaire. Désormais, seuls demeurent fermés des secteurs comme le commerce de détail et la restauration. Les activités financières restent, quant à elles, encadrées.

Ces mesures ont d'ores et déjà assuré à l'Indonésie de devenir en 1996 l'une des premières destinations de l'investissement international17(*). Elles devraient lui permettre de bien résister à la concurrence que lui livrent aujourd'hui ses voisins asiatiques dans le drainage des capitaux.

De fait, l'Indonésie n'est plus le seul pays de sa taille à les rechercher dans la région. Le Viet-Nam, l'Inde et surtout la Chine se révèlent des rivaux redoutables au moment où la poursuite de son développement industriel lui impose des investissements massifs.

 Sa politique d'industrialisation qui engendre un besoin permanent d'équipements, sous-tend également le mouvement d'abaissement régulier tant des droits de douane que des barrières non tarifaires qu'elle a entrepris depuis 1985 et dont son ministre de l'Economie et des Finances a annoncé l'accélération en 1995. L'objectif final qui a ainsi été rendu public est, à l'horizon 2003, une réduction généralisée des tarifs douaniers entre 0 et 5 % pour tous les produits en provenance des autres pays de l'ASEAN, et entre 0 et 10 % pour les importations en provenance des pays extérieurs à cette zone.

Les résultats de cette volonté d'industrialisation et d'ouverture sont d'ores et déjà pour le moins encourageants.

b) Les résultats enregistrés


· 
Au plan macroéconomique,
la diversification de l'économie indonésienne entreprise il y a douze ans se révèle un succès. La part de l'industrie manufacturière dans le PNB est passé de 12 % en 1983 à 23 % en 1994.

Plus globalement, l'archipel connaît des taux de croissance que l'Europe n'a plus depuis longtemps puisque, pour la période 1989-1995, la progression annuelle moyenne du PNB a été supérieure à 8 % et qu'elle s'est établie à plus de 6 % pour l'ensemble de la décennie passée. Depuis 1995, l'Indonésie est d'ailleurs classée dans le groupe des pays intermédiaires par la Banque mondiale.

Cette croissance accélérée a creusé des inégalités sociales parfois criantes, mais elle a aussi permis une réduction sans précédent de la pauvreté : de 60 %, la fraction de la population en-dessous du seuil de pauvreté est passée à 15 % en une vingtaine d'années. Ceci constitue un succès considérable pour un pays qui comptait parmi les plus pauvres du monde dans les années 60.

 Au plan sectoriel, le volontarisme industriel a conduit, sous l'impulsion principale du Dr Bacharuddin Jussuf Habibie, ministre d'Etat à la recherche et à la technologie, à créer une entreprise nationale de construction aéronautique, l'usine IPTN à Bandung qui fabrique des appareils légers de 20 à 40 places (CN 225) ainsi que des hélicoptères sous licence. IPTN pourrait dans un avenir proche entreprendre la fabrication d'avions de 90 à 150 passagers (CN 250) et accroître ses contrats de sous-traitance.

Sa réussite apparaît moins flagrante que celle de l'industrie textile qui, moribonde il y a 20 ans, a exporté en moyenne annuelle pour quelque 5 milliards de dollars ces derniers temps.

Quoique ne pouvant pas encore élaborer certains produits intermédiaires, la pétrochimie permet à l'Indonésie de valoriser ses richesses pétrolières. Par ailleurs, ses usines sidérurgiques et ses laboratoires chimiques satisfont désormais à une partie de sa demande intérieure. Il en va de même pour la fabrication d'automobiles qui demeure toutefois, pour l'essentiel une activité d'assemblage.

Dans les services, les 4,5 millions de touristes qui ont visité le pays en 1995 lui ont rapporté 6 milliards de dollars. Ceci conduit les pouvoirs publics à faire étudier la possibilité d'aménagement de nouveaux sites touristiques d'une attractivité équivalente à celle de Bali ou Borobudur.

c) Les perspectives tracées

Selon les prévisions du 6e plan de développement indonésien, la croissance économique devrait se maintenir à un rythme supérieur à 7 % par an pour la période 1994-1999. Les institutions financières internationales jugent réalistes de tels objectifs.

Aussi, les projections des organismes économiques les plus sérieux tendent-elles vers les mêmes conclusions : si elle poursuit sur son élan, l'Indonésie devrait entrer dans les rangs des nouveaux pays industriels en l'an 2000, devenir membre du groupe des 7 pays les plus industrialisés en 2010 et la 5ème puissance économique mondiale en 2020.

Son potentiel est d'autant plus grand qu'elle est remarquablement bien intégrée à cette région de la planète qui tire la croissance mondiale vers le haut : l'Asie-Pacifique. Elle y participe, souvent en jouant un rôle majeur, à toutes les instances de coopération : APEC et surtout ASEAN/AFTA18(*).

La présence accrue de nos entreprises sur le sol indonésien présente en conséquence, un intérêt d'autant plus fort que ce cadre est de nature à devenir un pôle de convergence des petites et moyennes puissances d'Asie et qu'il pourrait, à terme, équilibrer la montée en puissance de la Chine et de l'Inde.

Il convient toutefois d'avoir présent à l'esprit que le développement économique du plus grand archipel du monde n'est pas sans connaître certaines fragilités.

4. Des faiblesses à ne pas négliger

En dépit et en partie à cause de ses brillants résultats, l'économie indonésienne connaît un certain nombre de difficultés conjoncturelles. Elle se trouve aussi confrontée à des handicaps structurels, parfois endémiques, dont la résorption impose des efforts non négligeables et une volonté déterminée.

a) Les risques de "surchauffe" et la vulnérabilité des comptes extérieurs

L'accélération de la croissance en 1994 et en 1995 a entraîné une surchauffe économique dont témoigne la monté de l'inflation. Contenue pour 1994 à 9,2 %, elle pourrait avoir dépassé 9,5 % en 1996. Or, les objectifs du plan en prévoyaient le plafonnement à 5 % par an.

Cet accroissement des prix nominaux supérieur à celui de ses partenaires commerciaux est de nature à poser, à terme, le problème de la compétitivité des exportations indonésiennes, qu'une dépréciation annuelle de 4 à 5 % de la roupie face au dollar ne saurait à elle seule suffire à assurer.

L'Indonésie se trouve engagée dans une course de vitesse entre les importations de biens d'équipements et la capacité de ces derniers à engendrer des exportations insuffisantes pour rembourser les dettes qu'ils ont générées. Ses actuelles exportations présentant une structure fragile19(*), la récente dégradation des comptes extérieurs -liée elle aussi à l'accélération de la croissance- peut rendre circonspect.

Le déficit des paiements courants a doublé entre 1994 et 1995 (plus de 6,5 milliards de dollars contre 3,3 milliards en 1994) sous le double impact d'une forte baisse de l'excédent commercial (due au fait que les exportations croissent bien plus lentement que les importations) et de l'aggravation du déficit des services (transport et assurance, rapatriement de dividendes liés aux investissements).

Dans ces conditions, certains esprits se demandent comment la croissance des exportations pourrait rapidement trouver un second souffle et être en mesure de couvrir des importations dopées par la consommation intérieure et les investissements productifs, à partir du moment où il n'est pas certain que ces derniers contribueront plus aux exportations qu'à la consommation intérieure.

Cependant, son niveau d'endettement extérieur relativement élevé (plus de 100 milliards de dollars) ne pose pas de difficultés20(*) à l'Indonésie pour financer ses déficits courants en raison d'un flux important de capitaux extérieurs, constitué pour une part croissante d'investissements directs à long terme mais également d'investissements à court terme, en augmentation forte.

b) Une certaine fragilité du système bancaire

Le gouvernement veille d'ailleurs à ce que le gonflement de la "bulle immobilière" javanaise qui affectent le bilan de nombreuses banques n'aboutisse pas à ébranler cette confiance internationale pour l'instant confortée par le fait que l'Indonésie n'a, sur son territoire, ni l'équivalent de l'Inspection des Finances, ni de la Direction du Trésor...

Il a notamment mis en place une politique de stabilisation de l'endettement privé avec création d'une commission des prêts "offshore" et imposition de plafonds pour les agents économiques ayant recours à l'emprunt.

Ceci vise à éviter que les difficultés rencontrées pour placer les programmes immobiliers résidentiels et commerciaux développés à Jakarta, qui ont amené à 20 % le taux de créances douteuses des banques publiques21(*), affectent la crédibilité du système bancaire dans son ensemble et conduisent à une crise financière grave.

c) Un déficit d'investissements structurants

 La réputation des cadres supérieurs indonésiens, dont beaucoup sont formés à l'étranger dans le cadre de la coopération internationale, est très bonne. Cependant, le pays manque de cadres intermédiaires, de techniciens et d'ouvriers qualifiés.

Il en résulte que les productions à forte valeur ajoutée se heurtent à des blocages liés à la compétence technique de la main d'oeuvre. Le niveau des quantités produites et leur qualité s'en trouvent affectés. Ceci constitue un handicap de productivité commun à nombre d'économies émergentes, mais gênant pour une stratégie de meilleure spécialisation internationale.

Une telle situation souligne un déficit d'investissement dans la formation technique et dans les cycles d'enseignement supérieur de courte durée. Elle peut être assez longue à résorber en raison des délais inhérents à la mise en place des filières correspondantes et à leurs effets sur le marché du travail.

 Pourtant, la principale hypothèque structurelle pesant sur la poursuite de la croissance et la réussite des politiques économiques menées semble bien être le goulot d'étranglement des infrastructures.

Un grand retard a été pris en ce domaine, qu'il s'agisse des télécommunications, des réseaux de transports urbains ou interurbains, des infrastructures portuaires et -dans une moindre mesure- aéroportuaires, de l'adduction d'eau et du traitement des déchets dans les villes grandes et moyennes.

L'exemple de la desserte en eau permet de prendre la dimension du problème : actuellement, moins de 30 % de la population urbaine a accès à un réseau de distribution d'eau dite propre et la distribution d'eau potable n'existe nulle part. A Jakarta -où la Lyonnaise des Eaux suit le projet de concession de la distribution d'eau de la moitié Ouest de la conurbation- le très large recours à des puits privés entraîne une diminution de la nappe phréatique, cause d'affaissements de terrain et de difficultés pour l'approvisionnement en eau de la capitale.

De telles difficultés doivent, en outre, être appréciées dans la perspective du formidable phénomène d'urbanisation que connaît l'Indonésie. On estime qu'aujourd'hui que 32 % de ses 192 millions d'habitants vivent dans les villes. Cette proportion devrait dépasser les 50 % en 2020, de sorte que les villes indonésiennes auront à accueillir annuellement plus de 3,5 millions nouveaux habitants dans les 20 prochaines années. Les projections à cet horizon font état d'une population urbaine de 155 millions d'habitants, avec 23 villes plus que millionnaires. C'est dire à quel point les problèmes d'aménagement urbain vont devenir cruciaux.

Au total, l'Indonésie est le pays de l'ASEAN dont les besoins en infrastructures publiques sont les plus importants : près de 200 milliards de dollars sur les 10 ans à venir.

Or, l'insuffisance d'équipements n'est pas seulement pénalisante pour la population, elle augmente aussi les coûts des entreprises, réduit leur efficacité et retarde les délais de livraison.

d) Les "péages non fiscaux" dans l'accès aux services administratifs

L'autre lourde entrave à l'essor économique indonésien est rarement évoquée dans les rapports officiels. A distance, elle appelle habituellement l'euphémisme policé ou l'allusion délicate.

Sur place, en revanche, elle est matière à anecdotes variées et à expressions imagées dont la pudeur fait toute la suavité. Il est vrai qu'elle est présente dans la vie quotidienne de chacun qu'il soit usager national du moindre service public -de l'hôpital au permis de conduire22(*)-, ou entrepreneur étranger à la recherche d'une autorisation administrative.

Cette réalité se trouve toutefois de plus en plus souvent stigmatisée par les économistes et les grands groupes industriels du pays. Ceux-ci estiment en effet que les "taxes non fiscales" exigées tant pour les procédures administratives normales que pour celles dérogatoires au droit constituent des "surcoûts invisibles" pouvant représenter des pourcentages nuisibles à l'économie du pays et constituer des obstacles importants à sa compétitivité.

Cette situation illustre le défi majeur que la préparation de son avenir économique lance à l'Indonésie : organiser la libéralisation interne qu'elle a si bien su conduire sur le plan de l'ouverture aux échanges internationaux de capitaux et de marchandises.

II. CONFORTER L'ACTION MULTIFORME DE LA FRANCE POUR ASSURER NOTRE PRÉSENCE DANS LA ZONE ÉMERGENTE DE L'ÉCONOMIE MONDIALE

A. LA FRANCE CONSACRE DES MOYENS PUBLICS IMPORTANTS À L'INDONÉSIE

1. Une aide financière importante : les protocoles avec l'Indonésie

(en millions de francs)

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Premier protocole
1996

Deuxième protocole
1996

Montant total

914,3

685

1.134

726,7

761,5

676,2

247

259,8

Objets(1)

. Centrale électrique
.Telecom
. Études aéroportu-
aires
. Centrale électrique
. Centrale diesel . Téléphone

. Couverture aérienne
. Bateau de recherche océanogra-
phique

. Divers . Divers . Aéroport UJUNG . Emetteur de télévision
. Système de pompage des eaux de Jakarta
. Sous-stations électriques
. Hôpitaux
. Pompage des eaux de Jakarta
(1) Les protocoles comportent toujours une rubrique "Divers"

La France consent par l'intermédiaire du ministère de l'économie et des finances des prêts aux États étrangers en voie de développement en vue de faciliter l'achat de biens d'équipement, de petits équipements, de produits semi-finis et de matières premières d'origine française ou de participer au financement de leurs plans de développement économique, culturel ou social.

Ces prêts font l'objet de protocoles signés avec les États concernés.

L'Indonésie est le pays d'Asie du sud-est avec lequel cette politique de financement est, par tradition, la plus active. Elle occupe d'ailleurs l'un des tout premiers rangs dans la hiérarchie des États étrangers au regard du volume des prêts consentis par la France.

La confiance manifestée par notre pays se révèle entièrement justifiée. L'Indonésie est un débiteur exemplaire qui rembourse intégralement ses engagements tant en capital qu'en intérêts.

Dans ces conditions, l'encours des prêts accordés à l'Indonésie a pu se développer régulièrement.

Encours des prêts

(en millions de francs)

Pays

au 31/12/90

au 31/12/91

au 31/12/92

au 31/12/93

au 31/12/94

au 31/12/95

au 31/12/96

Indonésie

3.827,7

4.371,2

5.041,3

5.503,8

5.952,6

6.269,6

6.358,6

Il s'est accru de 66 % entre 1990 et 1996 et représente, avec 6,3 milliards de francs, 11,4 % des encours de "prêts du Trésor" aux États étrangers.

LE PROTOCOLE DU 17 JUILLET 1996

Il s'élève à un montant maximum de 247 millions de francs. Les concours qu'il prévoit financeront l'achat de biens et services français relatifs à l'exécution des projets mentionnés en annexe au protocole.

Les concours financiers sont constitués :

- d'un prêt du Trésor français d'un montant maximal de 111,15 millions de francs,

- de crédits bancaires garantis par la compagnie français d'assurance crédit (COFACE) d'un montant maximal de 135,8 millions de francs.

En outre, les crédits bancaires garantis complémentaires pourront être mis à disposition du Gouvernement de la République d'Indonésie pour permettre le financement des primes d'assurance crédit.

Le financement des projets est assuré par l'utilisation conjointe du prêt du Trésor français et des crédits bancaires garantis. La prime d'assurance crédit est à la charge de l'emprunteur.

Chaque contrat de biens et services relatifs à ces projets ouvre un droit de tirage sur le prêt du Trésor français et sur les crédits bancaires garantis d'un montant égal respectivement à 45 % et à 55 % du montant du contrat imputé sur ce protocole. Le prêt du Trésor français sert à financer intégralement le premier acompte qui sera compris entre 10 % et 20 % du montant du contrat, le solde étant financé par utilisation du prêt du Trésor français et des crédits bancaires garantis.

LES MODALITÉS D'UTILISATION DES CONCOURS FINANCIERS SONT LES SUIVANTES :

a) Le prêt du Trésor français a une durée de 31 ans, dont 11 ans de franchise. Le taux d'intérêt est de 0,25 % l'an. Le principal est amortissable en 40 semestrialités égales et successives, la première échéant 138 mois après la fin du trimestre civil au cours duquel les tirages auront été effectués. Les intérêts sont calculés sur le montant restant dû ; ils courent à partir de la date de chaque tirage sur le prêt du Trésor français et sont payés semestriellement.

b) Les crédits bancaires garantis, d'une durée de 10 ans, sont amortissables en 20 semestrialités égales et successives, la première échéant six mois après la livraison des équipements ou l'achèvement des projets.

Le taux d'intérêt sera celui défini par le consensus OCDE pour des crédits de ce type, en vigueur à la date de signature de chaque contrat de biens et services.

Les autorités indonésiennes s'engagent à mettre en place les financements complémentaires à ceux prévus au protocole, nécessaires à la réalisation des projets mentionnés en annexe.

La monnaie de compte et de paiement est le franc français.

Pour bénéficier des concours, les contrats particuliers passés avec les prestataires français devront être conclus au plus tard le 31 décembre 1997 et imputés au plus tard trois mois après cette date.

Aucun tirage sur les financements accordés par le présent protocole ne sera autorisé postérieurement au 30 septembre 2001, cette date pouvant être prorogée en cas de circonstances exceptionnelles, au cas par cas et après accord mutuel par un échange de lettres entre les deux gouvernements.

L'imputation de chaque projet est subordonnée à la conformité du projet aux règles établies par les participants au consensus de l'OCDE.

Les paiements en principal et intérêts liés à l'exécution du protocole sont exemptés par le Gouvernement de la République d'Indonésie de tout impôt et taxe.

UNE FACULTÉ D'ÉVALUATION DES PROJETS EST MÉNAGÉE

Il est prévu que le Gouvernement de la République française pourra faire procéder à ses frais à l'évaluation rétrospective des projets de manière à en apprécier l'impact sur le développement économique de l'Indonésie et que le Gouvernement de la République d'Indonésie soit associé, s'il le souhaite, à la conduite de cette évaluation.

L'annexe au protocole précise les projets susceptibles de bénéficier de ses stipulations :

1. Réhabilitation, d'une série d'émetteurs pour la télévision publique
indonésienne (deuxième phase) 70 MF

2. Sous-stations électriques de 150 Kv dans la province de Sud-Sulawesi
(deuxième phase) 90 MF

3. Réhabilitation du système de pompage des eaux de Djakarta 75 MF

4. Etudes de détail complètes et supervision du projet de barrage de
Peusangan IV (deuxième phase) 12 MF

TOTAL 247 MF

Il est donc regrettable que les protocoles signés en 1996 se traduisent par une telle réduction (-25 %) des moyens publics mis au service de nos relations économiques avec l'Indonésie. Il est d'ailleurs à observer que le second protocole n'a pu être signé que dans la période complémentaire d'exécution du budget.

Il est vrai que les règles du consensus de l'OCDE se sont durcies avec, en particulier, l'exclusion du champ de l'aide publique d'un grand nombre de programmes appelés à être financés par des moyens privés (télécommunications, électricité...).

L'essor des liens économiques avec l'Indonésie peut reposer sur des relations contractées hors protocole et l'importance des protocoles conclus dans le passé n'a pas, à elle seule, assuré le développement de nos relations économiques avec le pays, mais la modestie du "protocole 1996" contraste avec le renouveau affiché de nos ambitions et l'atmosphère de renforcement des échanges avec l'Asie, et l'Indonésie en particulier, qui aura marqué l'année 1996.

2. Des relations culturelles, scientifiques et techniques riches d'initiatives

Notre coopération est régie par l'accord général du 20 septembre 1969 complété par l'accord dans les domaines de la recherche scientifique et du développement technologique du 8 mai 1979.

Avec une enveloppe de 28 millions de francs, dont 20,2 millions de francs de crédits d'intervention en 1996, l'Indonésie est notre deuxième partenaire parmi les pays de l'ASEAN et le 6ème en Asie. L'essentiel de ces crédits bénéficie à la coopération scientifique et technique.

a) La coopération scientifique et technique

Notre action dans ce domaine qui a mobilisé 13,2 millions de francs en 1996 s'est efforcée traditionnellement de suivre les axes prioritaires de développement définis par l'Indonésie et de s'insérer dans les programmes financés par les organismes internationaux (Banque mondiale, Banque Asiatique de développement, Union européenne).

Une de nos priorités est la formation des cadres pour les grandes agences publiques, les ministères techniques et les industries stratégiques (nucléaire, espace, aéronautique). Au total, plus de 3.000 boursiers ont été formés en France dont 500 environ avec un doctorat ou un diplôme d'ingénieur, et ce, sur des financements multilatéraux avec une faible participation financière française. Cette politique de formation a accompagné la percée de certaines entreprises dans les domaines de l'énergie, des transports, des télécommunications ou des travaux publics.

Nous arrivons dans ce domaine après l'Allemagne, mais avant nos autres partenaires européens. Comme eux, nous nous orientons vers une réduction des bourses de longue durée. Il est nécessaire, en outre, d'assurer une sélection plus rigoureuse de ces boursiers, de qualité inégale et un meilleur suivi de nos anciens boursiers en leur offrant notamment des stages de courte durée. Il faut noter l'existence d'un réseau très dense et bien organisé formé par ces anciens boursiers.

 Notre coopération s'appuie également sur la présence d'experts français dans trois ministères techniques financés ou co-financés par le département. Ceux-ci interviennent dans les secteurs suivants :

- partenariat industriel ;

- développement technologique ;

- transports (poste créé début 1995 à la demande du ministre des transports, ancien boursier en France).

Ces experts sont une source précieuse d'informations sur les besoins, les financements, les décideurs et les concurrents.

Les grands domaines de notre coopération scientifique et technique sont les suivants :


· Sciences de la planète
, océanographie, prévention des risques naturels majeurs (sismologie et volcanologie). Nos organismes occupent une place enviée par les chercheurs d'autres pays. Un accord en "Sciences de l'Univers", en cours d'élaboration, devrait regrouper nos actions dans ces trois secteurs.


· Programmes d'infrastructures :

- développement urbain : problèmes de la gestion urbaine, du traitement des eaux et des transports ;

- énergie : cette coopération comprend notamment un programme d'assistance entre EDF et son homologue indonésien pour la formation des cadres. La coopération nucléaire a, de son côté, connu un certain ralentissement ces dernières années.


· Agriculture : nous appuyons la présence importante du CIRAD (18 chercheurs présents) dans les secteurs de l'hévéaculture, du palmier à huile et des ressources forestières.

La coopération concerne également la télédétection avec le CNES et l'aéronautique. Le projet FUSPITEK, Centre de recherche appliquée, destiné à soutenir le développement de l'industrie indonésienne et à en former les cadres a été relancé à la demande de son promoteur, le ministre Bacharuddin Jussuf Habibie.

Dans le domaine de la santé, l'Indonésie a invité notre pays à participer à un programme massif d'éradication de la poliomyélite pour le cinquantenaire de son indépendance. La lutte contre le sida pourrait aussi constituer un secteur nouveau de coopération.

S'agissant des sciences humaines, nos équipes sont présentes depuis de nombreuses années. Cinq programmes de recherches archéologiques bénéficiant d'une subvention globale de 352.000 francs allouée sur l'avis de la commission des fouilles sont conduits avec le concours de l'EFEO, de l'ORSTOM, du Muséum d'histoire naturelle du CNRS.

A signaler une formule nouvelle, la coopération triangulaire en planification familiale, lancée à la demande du président Suharto dans le cadre de sa politique de coopération Sud-Sud. Celle-ci consiste à organiser une formation en Indonésie pour de futurs responsables vietnamiens et laotiens. Ce programme a obtenu un large retentissement médiatique en Indonésie.

La France souhaite également développer une coopération avec l'Indonésie en matière de formation supérieure : outre les programmes interuniversitaires déjà existants, seront lancés en 1996, d'une part, un master de gestion des entreprises et, d'autre part, un institut en génie logiciel pour la formation des ingénieurs.

Enfin, un projet de coopération dans le domaine de la recherche, en liaison avec les centres de recherche des pays de l'ASEAN est en cours d'élaboration, en particulier dans le domaine de la biologie.

b) Une action culturelle dynamique

 Malgré des efforts significatifs, la langue française occupe une place modeste. Elle est enseignée à l'Université de Jakarta, dans des instituts pédagogiques, dans nos quatre centres culturels et nos onze alliances françaises.

Les écoles françaises en Indonésie répondent principalement aux besoins des expatriés.

En Indonésie, un seul établissement relève de l'AEFE, le lycée international français de Jakarta. Il existe par ailleurs deux écoles françaises d'entreprises hors réseau, l'école Total à Balikpapan (72 élèves) et l'école Dumez à Padang (34 élèves) dans l'île de Sumatra.

Créé en 1967, sur l'initiative d'une association de parents d'élèves qui a passé en 1991 une convention dite de participation avec l'AEFE, le lycée international français de Jakarta s'est installé en 1988 dans les locaux qu'il occupe actuellement. Cet établissement scolarise depuis la dernière rentrée scolaire 496 élèves dont 408 français, 88 étrangers et assure un enseignement direct des classes préélémentaires à la classe de terminale.

L'Agence y rémunère 9 expatriés, 2 CSN et, en partie, 16 résidents. Elle a apporté pour 1993-1994 une aide globale de 6.029.697 francs, dont 5.706.897 au titre des rémunérations. Par ailleurs, l'Agence a accordé 22 bourses pour un montant de 278.495 francs.

Le lycée enregistre une progression faible mais régulière des inscrits. Il faut saluer la volonté de la communauté française d'en assurer le développement si possible sur le site actuel.

La coopération linguistique, animée par le BCLE (quatre attachés), s'oriente principalement vers :

- l'enseignement du français de spécialité (hôtellerie notamment, mais aussi secrétariat et administration) ;

- la formation de traducteurs/interprètes ;

- le perfectionnement des professeurs de français et la mise à niveau des futurs boursiers scientifiques.

Les centres culturels et les Alliances françaises participeront également à cette mission.

Nous disposons d'un véritable réseau à travers l'archipel qui dispense cours de français et documentation sur la France. Il s'agit :

- des centres culturels implantés à Jakarta, Surabaya, Bandung et Yogjakarta ;

- du CEDUST de Jakarta ;

- des onze Alliances françaises réparties sur l'ensemble du territoire. Celles-ci ne bénéficient maintenant d'aucun détaché. Il conviendrait d'en faire des acteurs à part entière de notre réseau culturel et de leur en donner les moyens.

 Les échanges culturels (2,9 millions de francs) sont relativement modestes. Notre pays souffre d'une image imprécise, voire inexistante hors des grandes villes. Ils reposent principalement sur nos centres culturels qui offrent une programmation artistique au rythme d'un spectacle par mois.

Les échanges ont bénéficié en 1992 d'une opération de prestige, Paris-Jakarta, financée par des mécènes indonésiens (expositions, films, concerts). Dans ce cadre, a été menée une intéressante opération de restauration de peintures et estampes de grands maîtres (Soulages, Kandinsky) données à l'Indonésie dans les années 1950. Celle-ci a connu une deuxième phase cette année et permis la formation de restaurateurs indonésiens.

A l'occasion des célébrations du cinquantenaire de l'indépendance, en 1995, des opérations d'envergure ont été conduites : exposition des Trésors du Musée national de Jakarta au Musée Guimet ; spectacle grand public sur la place centrale de Jakarta ; exposition des oeuvres françaises du Musée de la capitale, etc.

 La coopération audiovisuelle bénéficie d'une enveloppe trop limitée (0,8 million de francs).

Notre présence audiovisuelle en Indonésie est au coeur de la réflexion actuelle sur la stratégie audiovisuelle française en Asie. Une remise à plat du dispositif sur cette zone est en cours.

TV5 est diffusée sur ASIATSAT2, qui couvre l'Indonésie, dans un bouquet de programmes européens (comprenant également MCM, chaîne musicale francophone). Cependant, cette diffusion se fait en numérique, rendant obligatoire l'acquisition de décodeurs, ce qui nuit à la vocation de chaîne grand public de TV5.

CFI, déjà diffusée en clair depuis 1993, est passée, au deuxième trimestre 1996, sur le nouveau satellite indonésien Palapa C2M, beaucoup plus puissant que le précédent, ce qui lui permet de transporter, depuis juillet 1996, les émissions de RFI. Or, dans la stratégie audiovisuelle extérieure de la France, CFI, banque d'images, est destinée à être majoritairement cryptée et d'un accès payant.

La France a enfin une action importante en matière d'audiovisuel éducatif. Un cours de français est donné sur la chaîne éducative TPI, avec des programmes élaborés par le BCLE. Le conseiller pédagogique et audiovisuel éducatif, affecté à Jakarta, a d'ailleurs reçu une mission régionale.

Mais, la présence audiovisuelle de la France en Indonésie, reflet de la situation générale en Asie, n'est pas en conformité avec des objectifs réellement ambitieux. Elle doit donc être renforcée.

A cet effet, nous devons d'abord adapter nos programmes à la demande indonésienne. Cette adaptation semble désormais conçue à partir d'une stratégie cohérente.

Celle-ci repose d'abord sur une régionalisation des programmes radiophoniques et télévisuels. RFI a, en septembre 1996, mis en place trois programmes permettant localement des reprises FM à la carte :

une chaîne d'information continue (RFI 1) dont la thématique évoluera dans la journée en fonction des heures de grande écoute par région ;

une chaîne en langues étrangères (RFI 2) découpée en modules d'une demi-heure susceptibles de s'insérer dans la grille de RFI 1 ;

une bande de programmes notamment musicaux (RFI 3).

CFI qui diffuse ses programmes par blocs régionaux (Asie, Proche et Moyen-Orient, Afrique, Europe et à terme Amérique Latine) doit avoir systématiquement recours au doublage ou sous-titrage en langues étrangères.

TV5 dispose d'un signal en Asie qui devrait prochainement faire l'objet d'un décrochage spécifique.

La nouvelle stratégie adoptée repose aussi sur l'amélioration et le renforcement du contenu des programmes, notamment en matière d'information internationale, ainsi que par la réalisation d'études d'audience qui seront harmonisées et généralisées dans le cadre des pôles audiovisuels extérieurs.

Nous devons également multiplier notre offre de programmes.

Cette multiplication doit se faire par la constitution de bouquets radiophoniques et télévisuels satellitaires.

En Asie, depuis mai 1996, TV5 et MCMI sont diffusées en numérique sur Asiasat 2 dans le cadre d'un bouquet européen comportant la Deutsche Welle, la RAI et TRVE; RFI les rejoindra prochainement. En outre, CFI  numérisera son signal sur Intelsat 704 afin de multiplier et de spécialiser les programmes offerts dans la zone et continuera à être diffusée en analogique sur Palapa.

Si des progrès réels sont en cours, on ne peut que partager entièrement l'analyse du rapporteur spécial des crédits de la communication Jean Cluzel sur les causes de l'effacement de l'audiovisuel français en Asie. Sa compétence et son expérience rendent ses récentes observations sur la politique audiovisuelle française en Asie orientate d'un intérêt tout particulier (V. annexe).

Il est urgent de mener une réflexion approfondie sur notre présence audiovisuelle dans cette partie du monde, car notre offre actuelle en direction des pays d'Asie n'est, à l'évidence, pas adaptée aux attentes du public asiatique.

Cette question doit être résolue de façon prioritaire en 1997.

 La présence culturelle de la France dépend aussi de la communauté française en Indonésie et des touristes français qui visitent le pays.

Il est, de ces divers points de vue, remarquable que, si l'Indonésie exerce sur nos compatriotes un attrait touristique indéniable, le nombre de nos ressortissants installés dans le pays reste très modeste.

La communauté française d'Indonésie se caractérise par sa stabilité globale tant en nombre que sur le plan structurel. Elle est comprise entre 2.000 et 2.500 personnes immatriculées.

La communauté, troisième en importance au sein de l'Union européenne derrière la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, mais très en-deçà des communautés japonaise, coréenne et américaine continue de rassembler en grande majorité des expatriés qui résident en Indonésie pendant trois à cinq ans, le plus souvent en famille puisque des facilités scolaires de bonne qualité existent à Jakarta (de la maternelle au baccalauréat inclus), Padang (école Dumez, de la maternelle à la troisième) et à Balikpapan (école Total, même cursus que pour la précédente) et que les conditions matérielles de vie sont convenables.

La répartition géographique de la communauté ne varie guère. L'essentiel réside à Jakarta, des groupes significatifs se trouvant à Bali, Balikpapan, Padang. Mais, il faut noter l'implantation progressive depuis début décembre à Medan (Nord-Sumatra) d'une cinquantaine de familles pour le compte de France-Télécom. Elle a d'ailleurs conduit le ministère à accéder au souhait de réouverture d'une agence consulaire dans cette ville.

Un changement assez significatif concerne l'augmentation non négligeable de Français qui s'installent en Indonésie dans des conditions précaires, sous couvert de visas de tourisme et tentent leur chance dans les affaires hors cadre institutionnel, sans doute incités à l'expatriation par le contexte économique actuel de l'Europe.

Ce groupe, est constitué pour une bonne part de compatriotes sans grande formation professionnelle qui se trouvent fréquemment en situation fragile.

Un certain nombre de Français, venus en Indonésie dans le cadre de "grands contrats" il y a une dizaine d'années et demeurés dans le pays depuis sont dans des situations identiques : leur modeste niveau de qualification les place directement en concurrence avec les nationaux les mieux formés. Il en résulte pour eux des situations souvent précaires et un recours systématique aux aides institutionnelle comme les bourses pour la scolarisation des enfants.

Jusqu'à présent, la solidarité a joué au sein de la communauté en cas de situation d'urgence, par le biais des associations -UFE, ADFE, ASFI- mais la capacité d'action de ces associations a ses limites.

Le nombre de touristes français ayant visité l'Indonésie en 1995 se situe au même niveau (50 à 60.000) que les années passées. Il est cependant impossible d'obtenir une statistique officielle précise.

L'évolution se fait donc lentement vers une communauté française moins "nantie" et davantage sujette aux incidents quotidiens, ce qui n'est évidemment pas sans conséquences pour le travail consulaire.

Pour aider à l'installation des membres de la communauté française arrivant en Indonésie, un bulletin d'informations pratiques, régulièrement remis à jour, est édité depuis la rentrée scolaire 1995.

Une conséquence de la fragilité d'une partie grandissante de la communauté trouve sa traduction dans les demandes d'aide.

Si les Comités consulaires pour la protection et l'action sociale -CCPAS- ne servent qu'une allocation de solidarité et que la régie ne paie à l'heure actuelle qu'une pension, nombre de familles éprouvent des difficultés à régler le montant des frais de scolarité et le nombre de demandes de bourses continue de progresser.

L'entraide joue au sein de la communauté pour les aides ponctuelles ce qui fait que les recours à l'aide de l'Etat continuent de rester l'exception.

Tous les domaines d'activités, à l'exception des visas témoignent d'un maintien ou d'une hausse du volume des affaires.

La mise en application de la procédure Schengen au mois de mai dernier a bien entendu conduit à une sensible diminution du nombre de délivrances de visas par le poste (-42 %) alors que l'intérêt des Indonésiens pour les voyages à destination de l'Europe continue de suivre la croissance observée depuis plusieurs années, ainsi que le confirment les informations recueillies auprès de nos collègues italiens et britanniques.

Il apparaît que le dispositif consulaire en place en Indonésie répond de manière satisfaisante aux nécessités du service et à l'attente des usagers, tant étrangers que français sauf en ce qui concerne les capacités physiques d'accueil du public à Jakarta en raison de l'exiguïté des locaux.

Les effectifs permettent de faire face à la progression observée depuis plusieurs année du nombre de Français installées dans le pays et à l'augmentation correspondante du volume des affaires.

Le système des agences consulaires -5 à l'heure actuelle, une réouverture en cours- et leur implantation dans le pays est à la mesure de la taille de l'Etat-archipel et permet d'éviter de longs et coûteux déplacements à nos compatriotes pour des formalités de base.

B. DES POSITIONS ÉCONOMIQUES QUI DOIVENT ÊTRE AMÉLIORÉES

1. La faiblesse des échanges commerciaux

Le commerce franco-indonésien se caractérise d'abord par la modestie des échanges entre nos deux pays.

La France n'occupe que le neuvième rang dans la hiérarchie des fournisseurs de l'Indonésie et satisfait une faible part de la demande adressée par l'Indonésie à l'extérieur : entre 3 et 2 % selon les années.

Cette situation est la conséquence des positions importantes détenues par les fournisseurs régionaux, le Japon au premier chef - le quart environ des importations indonésiennes étant assuré par ce pays -mais aussi la Corée du sud, Singapour et Taïwan ainsi que l'Australie. Mais elle résulte aussi du dynamisme particulier des exportateurs américain et allemand vers l'Indonésie.

Comme le démontre le tableau ci-dessus le commerce franco-indonésien se caractérise en second lieu par une situation d'équilibre de moyen terme. Si l'on excepte l'année 1992 marquée par des exportations aéronautiques exceptionnelles, le solde des échanges dégage, le plus souvent, un déficit peu significatif et, certaines années, des excédents qui, eux-mêmes, n'affectent pas l'impression d'échanges globalement équilibrés.

La composition des exportations françaises vers l'Indonésie - voir tableau ci-dessous - traduit notre vocation de fournisseur de biens d'équipement professionnel.

Avec 2,6 milliards de francs et 62 % du total de nos exportations, ces produits constituent la seule branche d'activités à entretenir un courant d'échanges atteignant un volume significatif.

Au sein d'une rubrique regroupant des productions variées, le matériel électrique, l'électronique professionnelle et les machines spécialisées représentent l'essentiel des ventes à l'Indonésie.

Les échanges concernant les autres biens atteignent une taille encore très étroite. Seules les exportations de produits chimiques semblent, avec 570 millions de francs en 1994, réellement dynamiques.

En revanche, les autres biens échangés ne représentent que des fractions très modestes du vaste marché intérieur indonésien. Il en va ainsi des ventes de voitures particulières et d'équipements automobiles - 86 millions de francs -, des exportations de biens de consommation non alimentaires - 47 millions de francs de produits pharmaceutiques ; 54 millions de produits phytosanitaires et de parfumerie ; 36 millions de francs de produits para-chimiques industriels - et de produits agro-alimentaires avec 128 millions de francs.

D'un volume également modeste, nos importations en provenance d'Indonésie consacrent cependant les succès obtenus par le pays en matière de diversification de sa production.

Longtemps marqués par la part importante prise dans les ventes à l'extérieur par les produits énergétiques, les exportations indonésiennes vers la France se composent, pour près de la moitié, des produits des branches "textile-habillement" et "cuirs et chaussures". Industries de main d'oeuvre par excellence, leurs succès à l'exportation sont, avant tout, le reflet de différences de coûts salariaux qui en assurent la compétitivité. Mais ils sont aussi, compte tenu de la concurrence des autres pays exportateurs à faible coût de main d'oeuvre, le signe d'une capacité à satisfaire les exigences de qualité des produits.

L'ampleur relative des importations de produits agro-alimentaires indonésiens mérite d'être notée. Elle contraste avec la faiblesse de nos exportations en ce domaine. Dans ce secteur, le commerce extérieur indonésien se trouve placé sous le contrôle du Bureau national des logistiques (BULOG), créé en 1967 pour assurer la sécurité alimentaire de l'Indonésie.

Malgré les annonces de mesures de déréglementation ou d'abandon de certaines subventions, l'Indonésie mène encore une politique très interventionniste dans le secteur agricole pour maintenir l'autosuffisance alimentaire acquise en 1984.

Le BULOG détient le monopole d'importation et d'exportation d'un certain nombre de denrées dont le riz, le soja, le blé, la farine de blé, le sucre et l'huile alimentaire.

Ses interventions sont destinées à assurer un prix théoriquement rémunérateur aux paysans. Elles sont aussi destinées, en l'absence, en général, de droits de douane, à favoriser la production intérieure. Cet objectif se manifeste avec une particulière acuité pour la filière laitière.

Le contrôle du commerce des produits laitiers

La consommation de lait et de produits laitiers en Indonésie a dépassé le million de tonnes en 1994, en croissance d'environ 5 % par rapport à l'année précédente.

L'amélioration de la production laitière, enjeu stratégique pour le gouvernement indonésien, est un objectif qui résulte d'un constat de dépendance vis-à-vis des importations, des pays limitrophes principalement. L'Etat intervient dans le processus de fabrication des produits laitiers à tous les niveaux. Il maîtrise le flux des importations de matière première en provenance de l'étranger et réglemente les volumes importés.

L'importation d'un certain nombre de produits laitiers tels que le lait liquide entier et en poudre ou les matières premières à base de lait destinées aux industries alimentaires doit suivre une réglementation bien particulière :

- demande préalable auprès du ministère de la santé d'un enregistrement d'importation par un distributeur ;

- celui-ci doit recourir aux services d'une des deux sociétés de commerce désignées par l'Etat (PT Kerta Niaga et PT Pantja Niaga) ;

- demande d'autorisation d'importation de la société de commerce auprès du ministère du commerce ;

- remise par la société de commerce du produit importé à l'entreprise de distribution.

Certains produits comme le fromage, le beurre, le yaourt destinés au marché au détail peuvent être importés directement par les importateurs ayant des licences d'importation du ministère du commerce.

L'importation de beurre est frappée par 30 % de droits de douane. Les droits d'importation des différents autres produits laitiers varient entre 5 % et 40 %.

2. Une part très faible des investissements étrangers en Indonésie

a) Une large ouverture de l'Indonésie aux investissements étrangers

Comme la plupart de ses voisins "pays émergents", l'Indonésie s'ouvre aux investissements étrangers sur un rythme parfois hésitant.

En mai-juin 1994, une nouvelle réglementation a modifié les conditions imposées aux investisseurs étrangers dans le sens d'une libéralisation accrue. Les principales évolutions ont consisté :

- à donner la possibilité à un investisseur étranger de détenir la totalité d'une entreprise, c'est-à-dire d'agir en partenaire indonésien pendant les 15 premières années ;

- à supprimer la condition de retour à la majorité indonésienne après un certain temps si bien que désormais un partenaire étranger pourra rester majoritaire jusqu'à 95 % du capital aussi longtemps qu'il le souhaite ;

- à supprimer la condition du minimum d'investissement fixé autrefois à 1 million de USD et, dans certains cas, à 250.000 USD au profit d'un examen des demandes sur la seule base de critères économiques de faisabilité du projet et de son financement ;

- et à ouvrir à l'investissement étranger des secteurs d'intérêt national tels que les transports maritimes, aériens et ferroviaires, la production, le transport et la distribution d'énergie, la distribution d'eau potable, les télécommunication, les activités portuaires, l'énergie électronucléaire et les mass-média.

L'évolution récente de l'investissement étranger témoigne que les investisseurs étrangers ont su saisir les opportunités nouvelles offertes par l'Indonésie

Les autorisations d'investissement étranger ont connu une très forte croissance en 1994, passant de 8,1 milliards de dollars (pour 329 projets) à 23,7 milliards de dollars (pour 449 projets), soit une progression en valeur de + 192,6 %. C'est le montant le plus élevé jamais enregistré, le précédent record atteint en 1992 n'ayant été que de 10,3 milliards de dollars.

Les principaux secteurs à l'origine de cette évolution ont été :

- la chimie qui a multiplié en l'espace d'un an sa performance par 7 (avec 7,7 milliards de dollars) ;

- l'industrie du papier avec 5,1 milliards de dollars contre seulement 0,2 en 1993 ;

- l'industrie métallurgique de base avec 2,1 milliards de dollars contre 0,2 en 1993 ;

- enfin, la production d'électricité et la distribution d'eau, qui comptent pour 2,4 milliards de dollars en 1994 contre 2,3 en 1993 et n'apparaissaient pas les années précédentes.

Par pays, Hongkong occupait en 1994 le premier rang des investisseurs étrangers avec 6 milliards de dollars, suivi par le Royaume-Uni, (3 milliards) Taiwan (2,4 milliards), la Corée (1,8 milliard), Singapour (1,7 milliard), le Japon (1,6 milliard), et les États-Unis (1 milliard).

A cela, il convient d'ajouter les investissements conjoints émanant d'investisseurs étrangers originaires d'au moins 2 pays différents qui s'élèvent à 5 milliards de dollars.

Les approbations d'investissements étrangers, (hors secteurs de la finance et des hydrocarbures) ont encore fortement progressé en 1995. Ils se sont élevés à 39,9 milliards de dollars (soit 799 projets), soit une croissance de 68,4 % par rapport à 1994.

Caractéristiques des investissements autorisés en 1995

Les principaux secteurs (en milliards USD)

Pétrochimie

Transports

Génération d'électricité et approvisionnement en eau

Industrie du papier

19,3

5,5

3,5

2,5

Les principaux investisseurs en 1995 (en milliards USD)

R.U.

Japon

Australie

U.S.A.

Hongkong

Singapour

Allemagne

6,32

3,79

3,71

2,77

1,76

1,46

1,34

Le tableau ci-dessous récapitule les investissements étrangers autorisés entre 1967 et 1995.

La première place occupée par le Japon s'explique aisément par la proximité du pays et par sa stratégie affirmée de longue date de délocalisations dans la région. Avec les cinq pays qui lui succèdent, 70 % des investissements étrangers en Indonésie trouvent leur provenance. L'investissement étranger en Indonésie est donc fortement concentré même si il est probable qu'un certain nombre d'investissements recensés à partir de Singapour ou de Hongkong sont, en réalité, des investissements réalisés par des entreprises contrôlées en dehors de ces deux Etats.

b) La faiblesse des positions françaises

La part de la France dans l'ensemble des investissements étrangers est plus que modeste : 1,16 % des investissements étrangers en Indonésie.

Avec un peu plus de 60 entreprises implantées et 1 % du stock d'investissements étrangers, la présence française en Indonésie est particulièrement effacée compte tenu du potentiel du marché indonésien. En comparaison, dans les pays voisins de l'ASEAN, la part moyenne de la France dans les investissements directs étrangers, sans être spectaculaire, dépasse le plus souvent 2 %.

En dépit de la continuité et de l'importance de son aide bilatérale (3ème rang, loin derrière le Japon mais juste après l'Allemagne), la France n'occupe que le 14ème rang mondial pour le montant -cumulé- des autorisations données par le BKPM (agence gouvernementale chargée de l'instruction des dossiers d'investissement) depuis 1967. La part de la France doit être comparée à celle de l'Allemagne (3,82 %) ou du Royaume-Uni (15,6 %).

Ces statistiques ne tiennent toutefois pas compte des investissements réalisés dans l'énergie (Total : 1 milliard de dollars) et dans le domaine financier (200 millions de dollars).

Outre ces deux secteurs, la France est surtout représentée par des grands groupes dans des secteurs à forte intensité capitalistique : électricité, chimie, traitement des eaux, BTP... (Alcatel-Alsthom, Schneider, Rhône-Poulenc, l'Oréal, Degrémont, Dumez, SAE, ...)

On observe des implantations nouvelles dans des secteurs diversifiés : BTP (Bouygues), tourisme (Groupe Accor), l'agro-alimentaire (Danone), l'environnement (Lyonnaise des Eaux et Compagnie Générale des Eaux), la chimie (Air Liquide) et le ciment (Lafarge Coppée).

Mais, les entreprises françaises sont encore très peu présentes auprès des grands groupes locaux, financiers et industriels (et notamment les groupes chinois qui constituent plus de 70 % du secteur privé indonésien). Les PME sont également peu nombreuses compte tenu de l'importance des délais nécessaires pour les démarches administratives ou commerciales ainsi que des coûts d'approche rencontrés en Indonésie. Quelques-unes ont cependant bien réussi.

Les perspectives sont pourtant prometteuses : la politique récente de privatisation et l'ouverture aux entreprises étrangères de secteurs-clés comme l'énergie, les télécommunications ou le traitement des eaux constituent autant d'opportunités pour les groupes français, en particulier France Télécom et la Lyonnaise des Eaux qui négocient des investissements représentant plusieurs centaines de millions de francs français.

Quelques réussites acquises

En dépit d'une présence réduite, les investisseurs français occupent des positions significatives dans certains domaines. Il en va ainsi en particulier :

Du tourisme qui est devenu un secteur particulièrement important pour l'Indonésie, devenant, en 1995, le quatrième poste de recettes extérieures avec 5,2 milliards de dollars de revenu, soit une croissance de 9,4 % par rapport à 1994.

En 1995, 162 projets d'investissements, dont 68 % dans l'hôtellerie ont été approuvés par le Bureau des Investissements.

Dans ce contexte, la présence française en Indonésie se développe principalement par le biais du Groupe ACCOR sous les enseignes Novotel, Mercure, Ibis. Présent dans l'archipel par le biais d'un bureau de représentation en 1993, puis d'une société de droit local en 1995, le développement du groupe a été spectaculaire. En effet, ACCOR, qui a entamé cette année la construction de quatre Novotel et trois Ibis et ouvrira cette année un total de onze hôtels, portera sa présence à 28 hôtels fin 1996, pour un total de 5.297 chambres. Ses objectifs atteignent 33 hôtels et plus de 5.000 chambres en 1998. Leur réalisation pourrait être favorisée par les coopérations conclues en Indonésie avec trois partenaires principaux que sont les importants groupes OMETRACO, PSP/DHARMALA et BRASALI, groupe Metropolitan.

De l'électricité, avec, en particulier Electricité de France (EDF) présente en Indonésie depuis une vingtaine d'années qui est jusqu'à présent intervenue comme consultant auprès de PLN, la compagnie nationale d'électricité.

EDF a tout d'abord développé de nombreux projets d'études et de gestion des réseaux électriques. Les principaux contrats ont porté sur les études de faisabilité et d'extension du centre national de télécontrôle et de supervision du réseau haute tension de Java-Bali, et le contrat de planification de l'électrification rurale réalisé au cours de ces trois dernières années.

EDF a également développé une coopération dans le domaine du management et de la gestion. A ce titre, la société a assisté PLN pour améliorer et maîtriser son management stratégique et sa planification financière (Corporate and Financial Planning).

L'ouverture, en juillet 1989, d'un Bureau de représentation à Jakarta pour renforcer les actions du groupe a permis de maintenir l'activité dans le domaine des contrats de consultance et d'ingénierie qui, au cours des cinq dernières années, ont représenté 42 millions de francs de chiffre d'affaires.

Mais, EDF recherche désormais activement des projets d'investissement, le marché indonésien s'affirmant comme un enjeu prioritaire compte tenu de :

- l'importance du pays en termes démographiques (195 millions d'habitants), et de ses besoins de développement du réseau électrique,

- l'expérience et des références d'EDF en Indonésie,

- l'évolution engagée récemment dans le secteur électrique avec l'introduction de producteurs indépendants (IPP) et l'ouverture prochaine du capital de PLN à des investisseurs étrangers.

Dans ces perspectives, PLN et EDF sont devenus "partenaires stratégiques", grâce à la signature en mars 1995 d'un protocole par les présidents des deux sociétés prévoyant une étroite collaboration avec PLN en vue de traduire concrètement ce partenariat par des investissements communs.

Dans ce domaine doit évidemment être souligné tout l'intérêt de suivre attentivement l'évolution d'un projet de centrale nucléaire lancé dans les années 1970 sous l'impulsion de M. Bacharuddin Jussuf Habibie, ministre de la Recherche et de la Technologie.

En 1989, l'Agence Nationale de l'Energie Atomique (BATAN) confie au consultant japonais Newjec une nouvelle étude de faisabilité portant d'une part sur l'étude approfondie du site de Muria et, d'autre part, sur le choix de la technologie, du niveau de puissance et du schéma financier.

Les industriels approchés dans le cadre de cette étude sont : Nuclear Power International (NPI-partenariat, Framatome, Siemens), Westinghouse Electric (Etats-Unis), Atomic Energy of Canada Ltd (AECL) et Mistubishi.

Le rapport du consultant a été remis dans le courant de l'année mais ses conclusions ne sont pas encore publiques.

Cette étude doit aboutir à l'émission d'une consultation avec pour objectif une première centrale en fonctionnement avant l'an 2005, et une part de l'électronucléaire de 10 % de la production (12.500 MWe), en 2010.

La consultation des industriels prévue théoriquement en 1996 devrait en fait être reportée. Le projet se situe dans une perspective moyen terme pour les raisons suivantes :

- d'un point de vue politique, le choix du nucléaire n'est pas définitivement arrêté, et cette option défendue pour l'essentiel par M. Bacharuddin Jussuf Habibie, ne fait pas l'unanimité.


La présence française
dans le secteur des télécommunications indonésien

 L'Indonésie, avec moins de 4 millions de lignes pour 200 millions d'habitants, soit 1,8 ligne téléphonique pour 100 habitants en 1996, reste, pour ce qui concerne les réseaux fixes, l'un des pays de la zone les moins avancés en matière de télécommunications23(*). La volonté gouvernementale - exprimée au travers du plan quinquennal - de construire 5 millions de lignes à l'horizon 1999 et la vigueur de la croissance indonésienne en font donc un secteur à très fort potentiel, ainsi qu'en atteste l'expansion rapide de la téléphonie mobile (450.000 abonnés en 1996).

Les communications mobiles sont assurées par sept opérateurs. Le réseau international repose sur deux compagnies : PT Indosat (entreprise nationale partiellement privatisée en 1994) et PT Satelindo (entreprise à capitaux majoritairement privés où l'allemand Detemobil est présent pour 25 %), fondée en 1993, détiendrait désormais 10 % du marché.

Les liaisons domestiques sont assurées sous l'égide d'un opérateur national prééminent, Telkom, qui a le monopole des appels longue distance. Par ailleurs, quoique cinq de ses sept divisions régionales aient été mises en concession, il conserve l'exclusivité d'exploitation des deux plus importantes (Jakarta -36 % des lignes du pays- et Surabaya). Sur les autres zones, les contrats de concession sont conçus selon le principe d'une exploitation conjointe devant permettre à Telkom de disposer d'un réseau homogène à leur expiration. Cinq consortiums privés, dénommés KSO, composés de groupes indonésiens et d'opérateurs internationaux, se voient dans leurs zones respectives, confier pour quinze ans l'exploitation et l'extension du réseau de communications locales de Telkom. Sur ces zones les KSO sont tenus de construire 2 millions de lignes à l'horizon 1999.

Dans un consortium où l'actionnaire majoritaire est l'important groupe indonésien Astra, France Télécom s'est vu confier la zone de Sumatra où elle est chargée de la construction de 516.000 lignes et de l'exploitation et de la modernisation d'un réseau existant de 700.000 lignes.

  France Télécom est présente en Indonésie depuis 1981. Cette représentation s'est surtout attachée, pendant un certain nombre d'années, à soutenir l'industrie française tout en assistant Telkom dans ses développements. Cela s'est traduit par des accords de coopération dont les principaux thèmes étaient la formation et le transfert de savoir-faire.

Puis l'opérateur français, à travers sa filiale Sofrecom, a remporté en juin 1994 avec System Kable, sur un financement de la Banque Mondiale, face à une forte concurrence, un contrat d'envergure visant à l'informatisation de la gestion d'abonnés, la gestion du réseau téléphonique et la facturation de Telkom. Dans cette affaire, la part de France Télécom atteint 28 millions de dollars. S'agissant d'une opération structurante pour l'entreprise indonésienne, l'opérateur français pourrait être désormais bien placé pour de nouveaux développements. D'ores et déjà une extension sur d'autres zones de Jakarta portant le montant de l'affaire à 40 millions de dollars est envisagée, et à plus long terme, France Télécom se trouverait dans une position favorable pour intervenir sur l'ensemble du réseau dépendant de Telkom.

Dans le cadre des conventions KSO précitées, France Télécom s'est engagée à hauteur de 35 % dans le consortium Pramindo Ikat, pour un montant de 84 millions de dollars, la part de son partenaire principal, Astra s'élevant à 60 %. L'investissement total programmé sur les 4 prochaines années par Pramindo Ikat est de l'ordre de 600 millions de dollars.

France Télécom s'intéresse également au marché de la téléphonie mobile où les autorités indonésiennes doivent accorder prochainement de nouvelles licences dans le domaine des matériels de télécommunication.

 Par ailleurs, le groupe Alcatel est présent depuis 25 ans en Indonésie où il intervient dans la pose de câbles terrestres (Alcatel Contracting) et sous-marins (Surbmarcom) et l'équipement en faisceaux hertzien (Alcatel Telspace). Il a notamment participé au développement du système de téléphonie mobile numérique (GSM) de Satelindo et vient de se voir attribuer, en mars 1997, une commande d'un montant total de l'ordre de 1,3 million de francs pour l'extension de ce réseau GSM.

Enfin, TRT est le principal fournisseur du pays en réseaux de téléphonie rurale (faisceaux hertziens à faible rayon de diffusion).

C. LE RENFORCEMENT DE LA PLACE DE LA FRANCE SUPPOSE UNE ACCENTUATION DES EFFORTS ENTREPRIS

Les développements qui précèdent permettent de s'en convaincre : les positions de la France en Indonésie ne sont pas négligeables. Elles pourraient néanmoins, selon votre rapporteur, être encore améliorées. En effet, à son sens, les actions menées en direction de ce pays gagneraient en impact si elles aboutissaient à conforter trois priorités : la présence sur place de nos entreprises, la qualité des conditions de vie de la communauté française, une politique culturelle davantage conçue en termes d'image de marque et de marché local.

1. Favoriser l'implantation de nos entreprises

Les marchés ouverts par l'Indonésie ne se conquèreront pas à distance dans le confort des bureaux parisiens mais, sur place, dans la touffeur de Jakarta ou des autres grandes villes du pays. De même, l'exploitation de ces marchés ne saurait être l'apanage des seules multinationales françaises ; elle doit aussi s'appuyer sur le dynamisme et la formidable capacité d'adaptation de nos PME. C'est fort de ces deux convictions que votre rapporteur incline à penser qu'un redéploiement du protocole financier et un développement du partenariat avec des entreprises indonésiennes ne pourraient être que fructueux.

a) En redéployant le protocole financier

Dans un contexte de diminution de leurs montants, les aides découlant de l'application du protocole financier apparaissent trop concentrées sur les grandes opérations et les grandes entreprises. Les PME n'ont guère bénéficié du protocole et il faut donc veiller à ce que ces entreprises puissent bénéficier de cette aide efficace.

Il ne s'agit nullement de contester le bien-fondé des projets retenus qui sont particulièrement utiles. Il s'agit seulement de remarquer que nos entreprises de taille mondiale pourraient, en raison du caractère indispensable de ces projets, soumissionner aux appels d'offre financés par les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque mondiale, Banque asiatique de développement) où leur savoir-faire internationalement reconnu leur assurerait des chances raisonnables de l'emporter. En cas de succès, les crédits réservés dans le cadre du protocole seraient alors disponibles pour financer des actions de moindre envergure qui pourraient être portées par nos PME.

Ces deux formes de soutien à la pénétration du marché doivent être complémentaires et non pas exclusives l'une de l'autre. Une stratégie plus favorable aux PME permettrait de renforcer la présence économique française.

b) En développant les partenariats avec des entreprises indonésiennes

Pour une entreprise, il existe deux façons de s'implanter sur le marché indonésien : soit le recours à un agent, soit la création d'une "joint venture" avec une entreprise locale.

Le recours à un agent constitue la forme la moins onéreuse d'implantation. L'agent importe les produits de son mandataire, les commercialise, répond aux appels d'offre, signe les contrats de vente et peut, le cas échéant, se charger du service après-vente. En bref, avec un soutien technique en moyens promotionnels, il assure les fonctions d'intermédiaire qu'une société étrangère ne saurait assurer elle-même en raison de son éloignement.

Ce choix peut être justifié pour une première approche du marché mais il n'est pas de nature à assurer un enracinement durable : les produits ou services rendus de cette manière se trouvent facilement concurrencés par ceux, de même nature, commercialisés par une entreprise implantée sur place.

C'est pourquoi, la recherche d'une association avec une société indonésienne en vue de réaliser sur place une partie des productions qu'il s'agit d'exporter apparaît la plus porteuse d'avenir.

La réforme des règles relatives à l'investissement étranger, opérée il y a deux ans, tend à faciliter des opérations de ce type.

Leur intérêt n'est nullement limité aux seules grandes entreprises. L'exemple de la société Trophy, PME française qui fabrique des appareils de radiographie et dont votre rapporteur a eu l'occasion de visiter l'usine installée dans l'une des zones industrielles du grand Jakarta, est de ce point de vue probant. Ses exportations vers l'ensemble de l'Asie et son chiffre d'affaires global se sont accrus dans des proportions très significatives depuis qu'elle a créé une chaîne de fabrication en Indonésie en partenariat avec un grand groupe local.

2. Veiller à la qualité des conditions de vie de la communauté française

a) Maîtriser les frais "d'écolage"

Les frais "d'écolage" ne pourront guère dépasser les niveaux actuels. Il convient donc que l'Etat assume les responsabilités qui sont les siennes afin de ne pas entraver le développement de la communauté française.

b) Donner au lycée les moyens de se développer

Le lycée français de Jakarta dispose de locaux qui permettent difficilement d'accueillir un plus grand nombre d'élèves. La communauté française recherche très activement des solutions sur le site actuel. Les investissements nécessaires devraient être partiellement pris en charge par l'Etat.

Plus généralement, l'image de la France doit être mise en valeur par des bâtiments dignes de notre pays et c'est dans cet esprit que doit être réglé le problème d'une nouvelle ambassade.

3. Penser davantage la politique culturelle en termes de marché

Toutes nos productions culturelles ne sont pas exportables ni toujours flatteuses pour notre image de marque dans des pays où elles peuvent heurter des traditions religieuses, culturelles ou familiales.

a) Eviter que la diffusion de certains programmes télévisés ternissent une image de marque précieuse

Ainsi qu'il a déjà eu l'occasion de l'exprimer dans son rapport budgétaire, votre rapporteur estime que, dans le domaine télévisuel, une attention toute particulière doit être accordée aux moyens d'améliorer la complémentarité des deux chaînes internationales françaises diffusées en Asie (TV5 et CFI) et d'adapter leur offre de programme à la demande locale. Des informations qu'il est indispensable de donner à Paris peuvent n'avoir pour seul effet, lorsqu'elles sont diffusées à Jakarta, que d'y ternir la perception de la France.

Or, certaines émissions diffusées sur celles de nos chaînes internationales captées en Asie se révèlent indifférentes aux sensibilités locales.

Dans ces conditions, il est urgent de mener une réflexion approfondie sur notre présence audiovisuelle dans cette partie du monde et sur les moyens d'y adapter notre offre actuelle. Sur ce point, votre rapporteur serait, quant à lui, favorable au modelage de journaux régionaux façonnés à partir de séquences existantes mais sélectionnées pour prendre en compte les sensibilités et les attentes des auditoires desservis.

b) Savoir adopter une approche commerciale des enjeux

En Indonésie, où vivent près de 200 millions de personnes, les "best sellers" littéraires "tirent" à quelques milliers d'exemplaires. La littérature n'entre pas dans les traditions culturelles indonésiennes en revanche très ouvertes aux arts picturaux. C'est d'ailleurs également la raison pour laquelle la diffusion télévisée d'émissions littéraires dont les Français sont friands n'y suscite guère d'intérêt.

Partant du principe qu'une politique de sensibilisation culturelle doit prendre en compte la spécificité de la demande et pas seulement l'originalité de l'offre, votre rapporteur est partisan de stratégies visant à adapter notre communication aux goûts de ses destinataires étrangers. Le choix, fait en 1995, d'offrir le feu d'artifice commémorant le cinquantenaire de l'indépendance indonésienne constitue en la matière un exemple à suivre. Les images de ce spectacle pyrotechnique prestigieux auquel la France reste associée dans la mémoire collective n'ont-elles pas, depuis, constitué le générique du journal télévisé le plus regardé ?

Or, n'est-il pas meilleure publicité pour les productions industrielles de notre pays que la qualité de son image de marque auprès des décideurs et des citoyens indonésiens ?


· 
De telles observations amènent votre rapporteur à se demander s'il ne serait pas opportun d'étudier la possibilité de fabriquer des produits culturels "à géométrie variable" permettant leur déclinaison en fonction des exigences des marchés extérieurs. Ainsi, dans le domaine cinématographique, les moeurs indonésiennes étant nettement plus tolérantes envers la violence qu'envers l'érotisme, on constate que cela tend à favoriser les productions américaines et à défavoriser les productions françaises.

Les producteurs français ne pourraient-ils pas au vu de cette donnée -très fréquente dans le monde musulman- prévoir, dès l'établissement du plan de tournage, la réalisation sur un mode moins expressif des quelques séquences dont la censure aboutirait à priver le film de sens ? Ainsi, ils pourraient élaborer, à un coût raisonnable, des versions projetables sur des écrans plus pudibonds que ceux d'Occident.


· 
Cette approche par le marché pourrait également s'appliquer à l'enseignement supérieur. Comment ne pas être frappé par le manque de cérémonie avec lequel les diplômes français sont remis à des étudiants étrangers. Quelle différence avec les pratiques anglo-saxonnes dont les souvenirs photographiques parsèment les bureaux et les domiciles des heureux lauréats !

Ne pourrait-on mettre en oeuvre pour les seuls étudiants étrangers -puisque cela n'entre pas dans nos habitudes universitaires- une délivrance solennelle du diplôme par le Président de l'université concernée en présence des amis invités et, bien entendu, d'un photographe ?

CONCLUSION

Après quelques années d'euphorie, les investisseurs internationaux s'interrogent sur la poursuite de la croissance de l'Indonésie au rythme actuel. Des articles incisifs paraissent dans la presse américaine sur la question des droits de l'Homme dans la partie Est de Timor, sur le financement de la campagne du Président Clinton par des banquiers et hommes d'affaires indonésiens, ou sur les risques d'effritement de l'économie indonésienne.

La question fondamentale pour les investisseurs étrangers est cependant la succession du Président Suharto. Les prochaines élections législatives et la réélection quasi certaine du Président Suharto apporteront des indications intéressantes, mais non définitives.

Un consensus semble cependant exister autour de l'idée que personne en Indonésie n'a d'intérêt véritable à des bouleversements économiques qui compromettraient la croissance. L'armée semble être le meilleur garant de la poursuite d'une évolution pacifique et d'une croissance soutenue.

Dans ce contexte, les investisseurs étrangers continuent de considérer qu'investir en Indonésie est un risque acceptable.

L'analyse des hommes d'affaires français n'est pas globalement différente de celle de leurs collègues des autres pays.

Dans ces conditions et, avec toutes les précautions d'usage, il semble raisonnable de conseiller aux entreprises françaises d'investir en Indonésie. Ces investissements doivent être soigneusement préparés et la condition fondamentale du succès est le choix d'un partenaire indonésien de qualité.

Le travail de base des Postes d'expansion et de la Chambre de commerce franco-indonésienne est de conseiller les investisseurs français sur ce choix. C'est à ce partenaire, en effet, qu'il appartiendra d'apporter des financements locaux, mais également de régler les questions fondamentales de relation avec les administrations locales, nationales et les autres groupes industriels.

Un investissement avec un partenaire qui ne serait pas approprié est certainement voué à l'échec.

Du côté français, on peut formuler le voeu que les bonnes relations qui existent entre le Poste et la Chambre de commerce se perpétuent, évitant ainsi les guerres pichrocolines qui existent dans certains pays.

Il est également indispensable d'ouvrir plus largement les financements sur protocole aux PME.

Enfin, l'Etat français doit assurer à la communauté française des conditions de vie normale, ce qui implique un enseignement de qualité à des prix acceptables, une action culturelle conforme aux attentes locales, et une présence audiovisuelle plus vivante et plus dynamique qui pourrait utilement s'inspirer de certains programmes anglo-saxons.

Au total, la France a un rôle important à jouer dans un pays qui est le quatrième du monde par sa population et dont tout laisse à penser qu'il sera au XXIème siècle le premier dragon de l'Islam. C'est certainement cette analyse qui a conduit le Président de la République et le Gouvernement à donner une attention particulière aux relations avec l'Indonésie et à recevoir avec des égards marqués, en novembre dernier, le docteur Bacharuddin Jussuf Habibie.

ANNEXES

ANNEXE 1 : Programme de la mission d'information

ANNEXE 2 : L'Indonésie : présentation géographique

ANNEXE 3 : Données statistiques

ANNEXE 4 : L'Indonésie et son insertion internationale : du régionalisme au mondialisme ?

ANNEXE 5 : Observations sur le marché audiovisuel de l'Asie orientale

ANNEXE 6 : Le secteur des transports en Indonésie

ANNEXE 7 : L'électricité en Indonésie

PROGRAMME DE LA MISSION D'INFORMATION

(23-30 mars 1996)


Samedi 23 mars 1996

-  10 h 30

- Arrivée à l'aéroport de Bandar Seri Begawan, capitale du Bruneï.

- 14 h 30

- Entretien avec M. Henri Bergasse, directeur d'Elf Aquitaine au Bruneï.

- 15 h 30

- Entretien avec M. Maveyraud, directeur de Baiduri Bank.

- 18 h 00

- Visite du parc de loisirs "Jerudong Park".

- 20 h 00

- Dîner à la Résidence avec des représentants de la communauté française.

Dimanche 24 mars 1996

-  9 h 00

- Visite du village sur pilotis de Kampong Ayer.

- 10 h 00

- Visite du musée Regalia du sacre du Sultan.

- 11 h 00

- Entretiens à l'Alliance Française de Bandar Seri Begawan avec MM. Emmanuel Beaufils, CSN, directeur, et Yannick Appriou, enseignant à l'Alliance Française.

- 14 h 00

- Visite du port de commerce de Muara.

- 16 h 00

- Visite de la clinique de Jerudong, sous la conduite du Docteur Jean-Pierre Laporte, médecin radiologue.

- 19 h 00

- Départ de Bandar Seri Begawan.

- 20 h 30

- Arrivée à Jakarta, capitale de l'Indonésie.

Lundi 25 mars 1996

-  9 h 00

- Entretien à l'Ambassade avec M. Maurice Le Coq, Consul-adjoint.

- 10 h 00

- Entretien au Parlement DPR/MPR avec M. Soerjadi, vice-président des Affaires économiques et financières et groupe de travail (Jalan Catot Subroto, Senayan).

- 11 h 00

- Entretien à l'Ambassade avec M. Pierre-Alain Mignon, président U.F.I.

- 11 h 30

- Entretien à l'Ambassade avec Mme Goiraud et M. Mignon.

- 12 h 00

- Entretien à l'Ambassade avec M. Francis Lacroux, président de l'ADFE.

- 13 h 00

- Déjeuner à la Résidence avec des représentants d'entreprises françaises.

- 15 h 30

- Réunion de travail au PEE.

- 17 h 30

- Visite de la chambre de commerce franco-indonésienne (IFCCI) accueil par M. Dambron, vice-président.

- 20 h 00

- Dîner à la Résidence, avec M. Garnier, conseiller culturel, scientifique et de la coopération.

Mardi 26 mars 1996

-  8 h 00

- Départ de la Résidence pour la zone industrielle de Pulo Gadung.

-  9 h 00

- Visite du site de Trophy Rajawali (Esat Jakarta Industrial Park,)

- 10 h 30

- Visite du site d'Indokomas/Cegelec (Kawasan industri Pulo Gadung - Jakarta Timur).

- 13 h 00

- Déjeuner à l'hôtel Mandarin avec M. Maurice Le Coq, consul-adjoint.

- 14 h 30

- Entretien au ministère de la recherche avec le Dr Bacharuddin Jussuf Habibie, ministre de la recherche et de la technologie

- 16 h 30

- Réunion au PEE avec des représentants d'entreprises françaises (BTP, banques, tourisme, eaux, chimie, électricité, telecom, pharmacie, produits de consommation).

- 20 h 00

- Dîner à la Résidence du colonel Jean Rocher, attaché de défense (Jalan H. Saidi V/22 - Cipete - Jakarta Selatan)

Mercredi 27 mars 1996

-  9 h 30

- Réunion de travail avec le service culturel (à l'Ambassade)

- 10 h 00

- Départ pour la visite du lycée.

- 10 h 45 à
11 h 45

- Rencontre avec le comité de direction et visite du lycée
international français (LIF).

- 12 h 30

- Déjeuner chez Mme Dorance, premier conseiller.

- 14 h 30

- Visite du centre culturel français (CCF) de Salemba.

- 15 h 00

- Départ pour la visite du second CCF.

- 15 h 30 à
16 h 00

- Visite du centre culturel français (annexe Wijaya).

- 16 h 30

- Visite du CEDUST et BCLE.

- 17 h 30

- Fin du programme.

- 20 h 00

- Dîner à la Résidence (Visite de M. Martin Bouygues, président)

Jeudi 28 mars 1996

-  7 h 30

- Départ de la Résidence pour l'aéroport.

-  8 h 45

- Départ de Jakarta (vol SG 500).

- 11 h 00

- Arrivée à Medan. Accueil par le protocole : M. Wilkie, représentant de France Télécom et Mme Nuriana, présidente de Parmindo Ikat, M. Nicolas Fargues, CSN Medan et Mme Riana, présidente de l'Alliance française.

- 13 h 00

- Entretien aveec M. Pieter Sibarani, vice-gouverneur (30 Jalan Diponegoro, Medan).

- 13 h 30

- Déjeuner restreint organisé par France Télécom.

- 15 h 30

- Visite du projet France Télécom sur le site de Pramindo.

- 17 h 30

- Visite de l'Allliance française.

- 19 h 30

- Dîner-buffet au Novotel (Soechi-Medan-Sumatra nord).

Vendredi 29 mars 1996

-  8 h 30

- Départ pour la visite du Lac Toba.

Samedi 30 mars 1996

-  6 h 30

- Retour sur Medan.

- 14 h 20

- Départ par vol SG 503.

- 16 h 30

- Arrivée à Jakarta.

- 18 h 50

- Départ par vol AF 157 à destination de Paris.

Dimanche 31 mars 1996

-  6 h 35

- Arrivée à Paris-Roissy.

ANNEXE 2

L'INDONESIE : PRESENTATION GEOGRAPHIQUE

ANNEXE N° 3

DONNÉES STATISTIQUES

PRODUIT INTERIEUR BRUT : 198,900 Milliards de $ (95/96)

PIB/Hab : 1020 $ (95/96)

178,483 Milliards de $ (94/95)

930 $ (94/96)

Répartition du PIB : Primaire : 18 % / Secondaire : 42 % / Tertiaire : 40 % (95/96)

Population : 192,4 Millions (1994) Taux croissance démographique : 1,6 % (95/96)

Taux d'alphabétisation : 77 % (1990) Part population < seuil de pauvreté : 14 % (93/94)

ANNEXE 4

L'INDONÉSIE ET SON INSERTION INTERNATIONALE : DU RÉGIONALISME AU MONDIALISME ?

L'Indonésie est l'un des cinq membres fondateurs de l'ASEAN. Cette insertion dans une association régionale informelle mais vivante a, jusqu'à présent, exercé sur le pays une influence moins économique que politique.

La transformation de l'ASEAN en une zone de libre échange est aujourd'hui programmée mais reste à mener à bien. Elle pourrait être de nature à corriger la diminution des relations de l'Indonésie avec ses partenaires de la zone.

Mais, il ne faut pas négliger la participation de l'Indonésie à d'autres ensembles régionaux. L'Indonésie s'est employée a établir des liens privilégiés avec les grandes puissances du Pacifique, le Japon, bien sûr, mais aussi, à travers l'APEC 24, les Etats-Unis et le Canada.

Dans ce contexte, il fallait que l'Europe ne soit pas absente de la définition en cours des nouveaux équilibres. Le sommet Europe-Asie de mars 1996 a donné une première réponse à l'absence anachronique de relations de haut niveau entre l'Europe et l'Asie.

1. L'association des nations du sud-est asiatique -ASEAN- : une réalité politique plus qu'économique

La région Asie-Pacifique n'est pas un ensemble homogène. Elle est, avant tout, une mosaïque de pays aux cultures, religions, niveaux de développement et régimes politiques différents.

L'intégration régionale y est encore peu développée. Les premières tentatives de regroupement étaient, dans les années soixante, liées à des considérations géostratégiques. C'est dans ce contexte qu'a été créé l'ASEAN, en 1967, à l'initiative de Washington.

Son traité fondateur a été signé à l'occasion du sommet de Bangkok du 8 août 1967, par les chefs d'Etats de l'Indonésie, de la Malaisie, des Philippines, de Singapour et de la Thaïlande. Bruneï a rejoint l'association en 1984, le Vietnam en 1995.

Les pays concernés forment un ensemble hétérogène qui regroupe autant d'habitants -330 millions- que l'Europe.

1. L'ASEAN Pacific Economic Cooperation.

La vocation première de l'ASEAN et son premier succès est politique mais, dès sa création, la dimension économique n'était pas absente puisque la déclaration initiale des chefs d'Etat évoquait la coopération

Celle-ci n'a reçu cependant de réel élan qu'après le sommet de Bali tenu en 1976 un an après la chute de Saïgon.

a) Les projets communs

 Un programme de projets industriels communs, "l'ASEAN Industrial Programme" (AIP), fut d'abord mis en place en 1980. Il s'agissait de lancer cinq projets financés par les Etats à raison de 60 % par le pays hôte et de 10 % par chacun des autres pays membres. Il est remarquable que le Japon ait décidé de soutenir financièrement ces programmes qui ne devaient connaître qu'une réussite partielle. Seuls deux projets ont été menés à bien : la construction de deux usines d'engrais en Malaisie et en Indonésie. Les autres projets ont été abandonnés, les projets d'investissements privés à Singapour sous forme de "joint-venture" avec des industriels japonais essuyant une fin de non-recevoir de la part de l'Indonésie.

 En 1981, était lancé le plan de complémentarité industrielle "ASEAN Industrial Complementation" (AIC), destiné à la mise au point d'une voiture "ASEAN" réalisée à partir d'une spécialisation industrielle des pays. Son instrument essentiel était une réduction des droits de douane sur les composants nécessaires échangés au sein de la zone. Mais, la décision de l'Etat malais de construire une voiture nationale, la Proton Saga, a limité les chances de succès d'un projet qui, depuis l'initiative prise par l'Indonésie de produire une voiture indonésienne -la Timor-, semble avoir vécu.

 Deux ans plus tard, l' "ASEAN Industrial Joint Venture" (AIJV) se traduisait par la mise en place d'un système de concessions tarifaires complexe. Ce traitement préférentiel, après avoir été réservé aux pays de la zone concernés par chaque entreprise jointe, devait être étendu par les autres Etats de l'organisation au terme d'une durée initialement fixée à quatre ans puis portée à huit ans.

La complexité du système a fortement affecté son efficacité. Un peu moins d'une vingtaine d'entreprises jointes avaient été constituées dix ans après le lancement du programme.

b) Le difficile chemin vers une zone de libre-échange

L'essentiel de la dimension économique de l'ASEAN a résidé longtemps dans la coexistence de tarifs douaniers élevés, pratiqués par ses Etats membres, et d'essais d'assouplissement de cette protection douanière au bénéfice exclusif des partenaires.

Le tableau ci-dessous décrit l'évolution des tarifs douaniers pratiqués par les pays de l'association.

En dehors de Singapour, dont l'option libre-échangiste est bien connue et malgré une baisse de la protection tarifaire, les droits de douane sont d'un niveau moyen encore élevé. Ils sont disparates et l'Indonésie se singularise par un niveau de protection douanière apparent relativement bas. Cependant, ce pays pratique des pics tarifaires très élevés : les travaux du GATT ont montré que le taux effectif de protection variait entre 10 et 140 % selon les branches d'activité.

Le renforcement souhaité des liens économiques entre les pays de l'association se heurtait à l'évidence à ces obstacles tarifaires. Les échanges entre les partenaires ne se sont d'ailleurs guère développés depuis la création de l'ASEAN et tournent depuis vingt ans autour de 20 % du commerce extérieur de la zone. Les exportations intra-ASEAN se sont certes accrues à un rythme élevé, 10,1 % par an entre 1981 et 1991, mais pas plus rapide que celui des échanges avec l'extérieur de la zone. En toute hypothèse, la part du commerce réalisé entre les partenaires est de beaucoup inférieure à celle réalisée par les pays de l'Union européenne les uns avec les autres.

Pour corriger ce défaut d'intégration économique régionale, la mise en place d'une zone de libre-échange est vite apparue comme une nécessité. Mais elle s'est heurtée aux intérêts contradictoires de chacun.

Les pays à droits de douane élevés ont redouté les pertes de recettes publiques qui auraient pu résulter d'un désarmement douanier, susceptible de remettre en cause leur stratégie de développement basée sur la substitution de productions nationales aux importations.

De surcroît, la situation particulière de Singapour très ouverte au commerce international a fait craindre à ses partenaires que la ville-Etat ne devienne la base avancée d'une pénétration des productions étrangères.

Les deux tableaux ci-après qui récapitulent les flux bilatéraux d'exportation en 1980 et 1991 respectivement illustrent le bien-fondé de ces inquiétudes.



Ils montrent que les exportations en provenance de Singapour, qui représentaient déjà 35 % des exportations bilatérales en 1980, se sont élevées en 1991 à 39 % de l'ensemble.

Ces tableaux font apprécier l'augmentation très rapide de la part de la Malaisie dans les importations des autres pays de l'association et concomitamment le déclin de celle de l'Indonésie passée en une décennie de 30 à 13 % du total.

Malgré ces obstacles, les accords commerciaux se sont développés.

 En 1977, la proposition indonésienne de préférence tarifaire commerciale devait déboucher sur un accord dénommé "Preferential Trade Agreement" (PTA), qui accordait une marge de préférence aux importations en provenance d'un autre Etat membre figurant sur une liste de produits que chacun avait la responsabilité de présenter.

Malgré une augmentation du taux de la préférence instituée qui est passée de 10 à 50 %, l'effet de cet accord sur le commerce régional est très modeste, les listes présentées comportent en général des biens déjà échangés librement.

 C'est pourquoi, dans un contexte d'intensification des accords commerciaux régionaux (ALENA, grand marché européen) fut élaborée lors du sommet de Singapour de janvier 1992, l'"Asean Free Trade Area" (AFTA) mis en oeuvre à partir du 1er janvier 1993.

Il s'agit - nous l'avons vu - de ramener les droits de douane sur les biens produits à l'intérieur de l'association dans une fourchette de 0 à 5 % à l'horizon 2008. Le calendrier fixé est complexe, certains produits étant justiciables d'un désarmement douanier accéléré : plastiques, textiles, joaillerie, ciment, engrais, cathodes en cuivre, produits en cuir, huile végétale, produits en caoutchouc, pâte à papier, produits chimiques, céramique/verre, électronique, meubles en bois, produits pharmaceutiques.

En outre, chaque Etat s'est vu reconnaître la faculté d'exclure certains produits. C'est ainsi que l'Indonésie a exclu près de 1.800 produits de ses lignes tarifaires.

Les autorités indonésiennes semblent militer en faveur d'un approfondissement de l'AFTA. Mais, elles n'ont pas soutenu, lors de la conférence ministérielle de l'ASEAN des 7 et 8 septembre 1995 à Bandar Seri Begawan (Brunei), la proposition de la présidence brunéïenne à laquelle s'était associé Singapour, visant à avancer au 1er janvier 2000 l'achèvement du désarmement tarifaire. L'Indonésie est, en revanche, favorable à une extension significative du champ d'application de l'AFTA, sous la forme de plusieurs projets : élimination progressive des barrières non tarifaires, inclusion des services, élaboration d'un accord sur la propriété intellectuelle et sur l'investissement, instauration d'un mécanisme de règlement des différends.

En tout état de cause, les difficultés d'application de l'accord restent nombreuses.

Cette situation est paradoxale compte tenu du développement des relations avec les pays extérieurs à l'ASEAN.

2. L'ouverture vers l'extérieur


a) L'Asean Pacific Economic Cooperation (APEC)

Forum de concertation créé en 1989, l'APEC rassemble l'Amérique du nord, le Chili, la plupart des pays asiatiques à l'exception de ceux du sous-continent indien, ainsi que l'Australie et la Nouvelle-Zélande. A l'origine instance informelle de dialogue, l'APEC a changé de nature lors du sommet de Bogor, en Indonésie, le 15 novembre 1994. Sous l'impulsion des Etats-Unis, la présidence indonésienne a fait adopter par les chefs d'Etat et de gouvernement une déclaration ambitieuse, qui fixe un objectif daté de "libre échange ouvert" : 2010 pour les pays industrialisés, 2020 pour les autres. L'ensemble des questions relatives à la mise en oeuvre de cet objectif sont restées ouvertes : champ d'application du processus (agriculture, services), date de départ, critères permettant de répartir les pays entre les deux catégories annoncées, conditions de l'extension des avantages aux pays non membres. La déclaration de Bogor comporte également deux autres volets : un ensemble de "principes non contraignants" pour l'ouverture aux investissements étrangers à l'intérieur de l'APEC, les grandes lignes d'actions de coopération dans les domaines prioritaires que sont le développement des infrastructures et la valorisation des ressources humaines.

Le Japon, qui a assumé la présidence tournante de l'APEC en 1995, a défini une méthodologie pour la mise en oeuvre des engagements de Bogor, à partir du concept de "libéralisation unilatérale concertée", qui consiste à reconnaître à chaque pays le droit de progresser dans l'ouverture commerciale à son rythme propre, sur la base de concessions volontaires unilatérales, tout en acceptant la mise en place de mécanismes de consultation et de suivi permettant aux autres Etats membres d'évaluer ces efforts.

Sur cette base, la présidence a préparé un programme d'action en trois étapes, qui fait l'objet d'un consensus : adoption des principes généraux régissant le processus de libéralisation, présentation des plans d'action nationaux (listes de concessions commerciales) en 1996 sous présidence philippine, et consultations sur ces plans dans la même période ; enfin, mise en oeuvre de ces plans nationaux au 1er janvier 1997 au début de la présidence canadienne.

Des divergences demeurent sur trois sujets difficiles :

la globalité de l'accord, et notamment l'inclusion de l'agriculture dans les plans d'action nationaux. Plusieurs pays d'Asie demandent le droit à un traitement différencié, qui est vigoureusement contesté par les Etats-Unis et l'Australie ;

le rythme du désarmement tarifaire : la présidence propose une accélération de la mise en oeuvre des accords du GATT, à titre d'acompte pour démontrer une volonté commune de progresser sur la voie de la libéralisation. Les Etats-Unis invoquent, pour leur part, les réticences du Congrès américain qui n'est pas prêt à accepter un engagement de ce type. Ils considèrent qu'une telle décision devrait être prise par les pays asiatiques dont les offres dans le cadre du cycle de l'Uruguay sont inférieures à celles des Etats-Unis. Quant à la possibilité d'annoncer de nouvelles réductions tarifaires, l'administration américaine a fait savoir qu'elle préférait attendre les résultats de la réunion ministérielle de l'OMC de Singapour, pour choisir entre un schéma de libéralisation propre à l'APEC et un schéma adopté dans le cadre multilatéral ;

la non-discrimination, l'examen des conditions d'une extension éventuelle des préférences commerciales aux pays non membres étant éventuellement reporté.

Les autorités indonésiennes soutiennent les positions américaines sur la libéralisation des échanges, en partie parce qu'elles bénéficient d'une échéance lointaine (2020). Elles ne partagent pas les réticences américaines sur l'application des préférences commerciales APEC : elles estiment avoir donné l'exemple, en publiant en mai dernier un plan ambitieux de libéralisation des importations d'application erga omnes. En revanche, elles ne montrent aucun enthousiasme pour une accélération de la mise en oeuvre des accords du cycle d'Uruguay.

Cependant, au cours des négociations multilatérales auxquelles celui-ci a donné lieu, l'Indonésie a fait des efforts substantiels en matière tarifaire en réduisant de 37 % à 15 % les droits sur un certain nombre de produits industriels.

A cette occasion, l'Indonésie a revendiqué un allégement des disciplines pesant sur les pays asiatiques en matière d'antidumping et a freiné sérieusement les capacités d'exercice des prestataires financiers étrangers.

Il est à noter que l'Indonésie est opposée à l'examen par l'OMC du lien entre commerce et normes sociales.

b) La rencontre euro-asiatique : l'Asia Europe Meeting (ASEM)

L'ASEAN est liée à l'Union européenne par un accord de coopération signé le 7 mars 1980 pour cinq ans renouvelable par périodes de deux ans depuis 1985.

Par ailleurs, l'aide de l'Union aux pays de l'ASEAN est importante. De 1976 à 1991, la Communauté et ses Etats membres ont apporté aux pays de l'ASEAN près de 7 milliards de dollars d'aide publique au développement, un chiffre certes très inférieur à l'aide du Japon (17 milliards de dollars), mais néanmoins deux fois plus élevé que l'aide américaine (3,7 milliards de dollars à l'ASEAN sur la même période).

S'agissant de l'aide récente de la Communauté (hors aides bilatérales des Etats membres), le montant des nouveaux engagements en matière d'aide aux pays de l'ASEAN (Vietnam compris) a été de 107 millions d'écus en 1994 et 115 millions d'écus en 1995, soit le tiers de l'aide technique communautaire à l'Asie. Il s'agit pour l'essentiel de projets d'appui au développement rural, mais aussi de coopération économique ou de formation. Les principaux bénéficiaires en sont l'Indonésie, les Philippines et, désormais, le Vietnam.

Pour tenir compte des évolutions intervenues dans les pays de l'ASEAN, les ministres ont décidé lors de la conférence de Karlsruhe, en septembre 1994, de promouvoir, en matière économique et commerciale, un dialogue ouvert sur les questions d'intérêt mutuel (accès au marché, propriété intellectuelle, barrières non tarifaires), et de mettre l'accent, en matière de coopération au développement, sur la lutte contre la pauvreté, l'éducation, l'environnement, la lutte contre le SIDA, ainsi que de développer les échanges culturels.

L'Union est le troisième marché de l'ASEAN (15,5 % de ses exportations), derrière les Etats-Unis (20,2 %) et le Japon (17 %) et son troisième fournisseur (13,7 % des importations de l'ASEAN), derrière le Japon (23 %) et les Etats-Unis (13,9 %).

Mais, malgré ces liens étroits, l'Europe et le sud-est asiatique avaient jusqu'à présent peu dialogué.

. La genèse du sommet :

Le projet de sommet entre l'Europe et l'Asie au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement (dénommé "rencontre euro-asiatique") résulte d'une initiative du Premier ministre de Singapour, M. Goh Chok Tong, lancée lors de sa visite en France en octobre 1994.

Les autorités singapouriennes, estimaient à juste titre que face aux relations institutionnelles entre l'Asie et l'Amérique du nord dans le cadre de l'APEC et aux rapports traditionnellement étroits entre l'Europe et les Etats-Unis, il existait un vide entre l'Europe et l'Asie, aucune des procédures de dialogue existantes ne conduisant à des résultats de grande ampleur. La France et l'Union européenne ont apporté un soutien sans réserve à cette initiative, qualifiée par le Conseil de "signal politique de première importance".

L'Union européenne souhaitait que la rencontre parvienne à des conclusions opérationnelles, manifestant la volonté commune de travailler ensemble, sur des sujets en nombre limité, en particulier l'accès au marché, l'investissement, la coopération et les ressources humaines.

Les autorités indonésiennes, de leur côté, souhaitait que la rencontre représente une première étape dans un processus de rapprochement durable entre l'Europe et l'Asie. Elles étaient réservées quant à une participation future de l'Inde aux rencontres euro-asiatiques. Son inclusion devrait entraîner, selon elles, celle des autres Etats du sous-continent indien, et changer la nature de l'ASEM, en particulier son identité "Asie de l'Est". Les autorités indonésiennes souhaitaient mettre l'accent sur les questions économiques.

. Les résultats du sommet :

Le sommet s'est tenu à Bangkok les 1er et 2 mars 1996 réunissant face aux partenaires européens, les sept membres de l'ASEAN, la Corée du Sud, la Chine et le Japon. Il a permis de rompre avec l'absence de relations au plus haut niveau entre les deux continents en instaurant un dialogue dont l'approfondissement a fait l'objet d'un calendrier formalisé.

Tous les points de contentieux n'ont pas été aplanis, qu'il s'agisse de la question des droits de l'Homme ou des conflits commerciaux, mais le sommet a constitué une "première" utile suivie d'une rencontre à Paris les 14 et 15 octobre dernier entre hommes d'affaires des deux régions.

Symboliquement important, ce rapprochement euro-asiatique demande encore à déboucher sur des résultats concrets qui traduiraient l'amélioration de l'équilibre des relations internationales des deux continents.

ANNEXE N° 5

OBSERVATIONS SUR LE MARCHÉ AUDIOVISUEL DE L'ASIE ORIENTALE

Extrait des observations effectuées par M. Jean Cluzel, rapporteur spécial des crédits de la communication, à l'issue d'une mission audiovisuelle en Asie Orientale


Un constat

Le marché audiovisuel de l'Asie orientale constitue -pour notre pays- l'un des enjeux les plus importants des prochaines années. Or, l'audiovisuel français est, dans cette région, dramatiquement absent
.

Les obstacles

1)
Le premier tient à la concurrence très efficace des opérateurs anglo-saxons qui sont de rang international. Ils sont partout présents, même dans des pays qui dénoncent l'impérialisme culturel américain.

2) D'autres obstacles sont liés à la demande. Il s'agit, d'abord, de la langue. Celle de la communication et des affaires est, dans ces pays, incontestablement, l'anglais. Contrairement à une idée répandue, elle n'est cependant parlée ou comprise que par une minorité de personnes, qui l'utilisent avant tout pour le commerce. Le français est très peu utilisé. De plus, les programmes des chaînes nationales en Asie orientale sont avant tout nationaux. La plupart de ces pays ont même adopté une législation imposant aux diffuseurs - dans les licences autorisant l'émission - un quota d'oeuvres nationales, mais cette contrainte est, la plupart du temps, superflue.

3) Ensuite, il n'est pas facile d'être présent sur ce marché audiovisuel, pour des raisons soit économiques, soit politiques. Quand ils existent, les accords bilatéraux entre diffuseurs français et diffuseurs nationaux demeurent difficiles à appliquer. Cela rend rend nécessaire la présence physique et continue de représentants (persévérants) des opérateurs audiovisuels sur les marchés convoités.

4)
Il faut enfin tenir compte du contexte politique qui n'est pas toujours favorable à la diffusion directe de programmes, à la coproduction ou au développement des échanges. Il est donc illusoire, même à moyen terme, de tenter une diffusion directe de TV5, ou d'un bouquet de programmes européens, sur certains marchés.

Les suggestions

1) Les télévisions d'Asie orientale et d'Asie du sud-est sont en croissance très rapide et sont à la recherche d'un troisième fournisseur qui ne soit ni les États-Unis, ni le Japon. La France devrait savoir profiter de cette opportunité.

2)
Nous pourrions faire prendre conscience aux télévisions publiques asiatiques -  en perte de vitesse - de l'atout que représente la diversité culturelle (secteur public en compétition avec le secteur privé) et de la nécessité de défendre (comme la France) leur identité culturelle et nationale par l'audiovisuel.

3) Même si la France est peu présente dans cette zone, les professionnels français de l'audiovisuel, peu nombreux, sont néanmoins très actifs. Le soutien de leurs initiatives est assuré par un dispositif institutionnel important, dense et de qualité, grâce notamment aux attachés audiovisuels des services culturels de nos ambassades. Des initiatives pourraient donc être prises afin de renforcer notre présence en Asie : une adaptation de notre offre audiovisuelle (I), une meilleure "visibilité" de l'audiovisuel français (II), une réorientation des aides publiques à l'audiovisuel au bénéfice de l'exportation (III), une réorganisation de notre stratégie audiovisuelle en Asie (IV).

(I) Il faut, tout d'abord, porter notre effort sur l'amélioration des contenus autant que se préoccuper des "tuyaux" qui les diffuseront. Il nous faudrait par conséquent adapter notre offre aux spécificités des marchés asiatiques.

a) Il faudrait tout d'abord dépasser l'obstacle de la langue. Les diffuseurs présents dans cette région devraient utiliser trois vecteurs linguistiques selon la nature de l'émission : le français, l'anglais, et la langue locale.

b) Il serait indispensable que nos opérateurs (TV5 et CFI) connaissent mieux leur audience afin d'affiner leur stratégie de programmation en fonction du public visé et des résultats à obtenir.

c) Notre offre audiovisuelle devrait être regroupée et plus cohérente. Le distinguo entre CFI et TV5, entre la chaîne française et la chaîne francophone, entre la banque d'images et la diffusion directe, est souvent difficile à comprendre pour les opérateurs étrangers. En outre, sur le terrain, la logique TV5-diffusion directe / CFI-diffusion numérique n'est pas toujours respectée.

d) L'offre audiovisuelle devrait être adaptée au marché international.

Notre action audiovisuelle extérieure devrait donc être au moins régionalisée, sans pour autant se limiter à une stratégie panasiatique. Or, la France est encore très en retard par rapport à un objectif qui devrait constituer une priorité absolue, comme le Conseil audiovisuel extérieur de la France de 1994 l'avait décidé.

(II) Pour développer la présence audiovisuelle française, il manque à l'évidence une pièce dans le dispositif de notre action audiovisuelle extérieure. Au sein de la chaîne francophone TV5 et de la banque de programmes CFI, il existe une place pour un module de journaux télévisés internationaux en multidiffusion qui ponctueraient la diffusion de ces chaînes.

L'Asie orientale pourrait constituer le banc d'essai de cette nouvelle formule.

Compte tenu de la situation de nos finances publiques, celle-ci ne devrait pas être financée par le budget de l'Etat, ni par la redevance.

Ce journal télévisé international pourrait être réalisé pour moitié à partir des images provenant de toutes les chaînes publiques et privées françaises, et le cas échéant d'Euronews. Cette partie aurait pour mission de faire le point de l'actualité en France et en Europe. Ce journal pourrait également être réalisé pour moitié par les correspondants locaux des chaînes publiques et privées françaises afin de faire part du point de vue français sur l'actualité nationale et régionale en Asie.

Le rapprochement entre les opérateurs de l'action audiovisuelle extérieure et France Télévision, grâce à la création du holding "TéléFI" (Télévision France Internationale) pourrait fortement contribuer à accroître les synergies entre audiovisuel public national et audiovisuel public international.

(III) Les sociétés dont les programmes audiovisuels s'exportent devraient bénéficier en priorité des aides à la production. Même si le marché audiovisuel asiatique n'est pas encore rentable (une fiction ou un documentaire se négocie en effet parfois à 10.000, 5.000, voire 2.500 francs...), nous ne pouvons nous permettre d'être absents. En refusant de vendre des productions amorties financièrement, les sociétés françaises de production manquent l'occasion de s'implanter sur un marché pourtant prometteur et, en tous cas, indispensable à la présence de la France, maintenant, certes, mais, encore plus, au siècle prochain.

La présentation de programmes audiovisuels français devrait être conçue dans une optique globale et l'audiovisuel devrait constituer un élément de stratégie économique nationale.

(IV) Il faut, enfin et surtout, choisir des priorités.

La France ne peut, sur le plan audiovisuel, être partout présente dans le monde. Notre pays doit donc faire des choix entre les différentes parties du monde.

L'Asie a, jusqu'à présent, été moins bien traitée, par notre action audiovisuelle extérieure, que l'Afrique. Or, le poids économique et politique de l'Asie est bien supérieur à celui de l'Afrique... Pouvons-nous encore nous permettre une politique de l'offre généreuse sans souci de l'audience ? A l'évidence, la situation de la France en cette fin de siècle impose d'assurer le meilleur usage de l'action audiovisuelle extérieure.

Mais la France ne peut, sur le plan audiovisuel, être présente partout en Asie : il nous faut définir des priorités et une stratégie.
Ces choix font encore défaut. Il semble nécessaire d'affirmer des priorités et de concentrer l'action audiovisuelle extérieure sur les pays qui compteront le plus au siècle prochain.

a) Le fait d'accorder des crédits importants de l'action audiovisuelle extérieure en faveur du Vietnam au détriment du reste de l'Asie semble une première erreur.

b) Le fait de ne pas affirmer de priorité entre les pays d'Asie constitue une seconde erreur.

Il faudrait, au contraire, hiérarchiser nos priorités et que ce choix soit proposé à un prochain Conseil audiovisuel extérieur de la France afin de faire respecter cette stratégie par les opérateurs audiovisuels publics. On pourrait distinguer :

  Les pays qui représentent un intérêt prioritaire pour l'action audiovisuelle extérieure. Ces pays seraient, dans l'ordre décroissant, le Japon, Taïwan, la Corée du Sud, Hong Kong et Singapour. Ils devraient bénéficier de toute l'attention des opérateurs publics et les postes d'attachés audiovisuels pourraient recevoir des moyens accrus, par un redéploiement interne.

  Les pays émergents, sur le plan audiovisuel, pour lesquels une action de veille active devrait être menée : cette action ne rend pas nécessaire la présence d'attachés audiovisuels et/ou de représentants des opérateurs publics, mais elle justifie des crédits pour des actions ponctuelles de promotion de l'audiovisuel français. Il s'agit de la Chine, des Philippines, de la Thaïlande, de la Malaisie et de l'Indonésie.

  Les autres pays, qui présentent un moindre intérêt pour le moyen terme, au titre de l'action audiovisuelle extérieure, ne devraient plus faire l'objet de crédits ouverts à ce chapitre.

Une conclusion

Il n'y a pas d'action diplomatique - surtout lorsqu'il s'agit du secteur de l'audiovisuel - sans acceptation de l'autre et des produits des pays avec qui l'on veut contracter. La carte de la réciprocité doit donc être jouée ; par exemple, en invitant nos partenaires d'Asie orientale à créer des chaînes thématiques, diffusées à partir de la France, et proposées au reste de l'Europe.

C'est pour cela également que le rapprochement entre le pôle international de l'audiovisuel public et son pôle national doit constituer une priorité.

ANNEXE N° 6

LE SECTEUR DES TRANSPORTS EN INDONÉSIE

Les infrastructures de transports existantes sont, d'une façon générale, sous-dimensionnées par rapport aux besoins du pays et constituent souvent une entrave au développement de l'activité économique. Les besoins en infrastructures nouvelles considérés prioritaires dans le cadre du plan quinquennal 1994/99 sont estimés à plus de 12 milliards USD. A titre d'exemple, le seul programme de construction de 770 km d'autoroutes à péage est estimé à 2,2 milliards USD.

On estime que les fonds publics ne peuvent assurer que 30 % du financement de ces projets. Cette faible disponibilité des ressources publiques contraint les autorités à proposer certains projets d'infrastructures en concession au secteur privé. Cette politique est déjà une réalité pour les sections d'autoroutes, et est amenée à se développer pour les projets de transport en commun urbains et ferroviaires. En outre, les crédits d'aide publique au développement ont largement contribué à la construction de nouveaux aéroports modernes et adaptés aux développement rapide du transport aérien. La France a financé la construction de l'aéroport international de Jakarta dans les années 80 et le Japon celle de l'aéroport de Bali. Les projets de construction à venir sont l'aéroport d'Ujung Pandang (Sud Sulawesi) sur protocole français, et les aéroports de Manado (Nord Sulawesi) et Ambon (Moluques) sur financement Banque asiatique de développement.

Les principaux projets par secteur actuellement recensés sont les suivants :

- aéroports : outre les projets mentionnés ci-dessus, neuf projets de construction de nouveaux aéroports ou de modernisation d'infrastructures existantes sont prioritaires (dont ceux de Surabaya et de Medan) pour un total de plus de un milliard de dollars ;

- transport ferroviaire : la société nationale de chemins de fer Perumka privilégie la rénovation des deux axes nord-sud à Java avec le doublement des sections à voie unique et le remplacement d'appareils de voie et de systèmes de signalisation. Une étude pour un TGV reliant Jakarta et Surabaya est actuellement en cours par des consultants français ;

- transports publics urbains : outre le projet de métro de Jakarta dont les études de conception ont été attribuées à un consortium germano-japonais, des équipements en matière de transport en commun semblent indispensables dans les grandes villes du pays (Sarabaya, Medan, Bandung, Yogyakarta). Ces projets sont envisagés par les autorités sous forme de concessions partielles au secteur privé ;

- ports et navires : plusieurs projets de "terminaux containers" existent (port de Jakarta, île de Batam...), mais les priorités sont à moyen terme concentrées sur les navires porte-containers et les infrastructures de transport de charbon.

ANNEXE N° 7

L'ÉLECTRICITÉ EN INDONÉSIE

L'opérateur national d'électricité PLN assure la production, le transport et la distribution de l'électricité. En 1995, la production totale d'électricité a été de 51.000 Gwh, pour une capacité installée de 13.600 MW, dont 10.100 MW sur Java-Bali et 2.000 sur l'île de Sumatra. A cette production PLN. Il faut ajouter une production indépendante (IPP) destinée essentiellement à l'alimentation de complexes industriels, de capacité totale 5.900 MW (dont 4.800 sur Java-Bali). La capacité installée PLN se répartit comme suit : thermique charbon 35 %, cycle combiné 25 %, hydraulique 16 %, gaz 7 % et géothermique 1 %.

En 1994, la clientèle de PLN ne s'élevait qu'à un peu plus de quinze millions d'abonnés pour une consommation totale de 40.000 Gwh, se répartissant de la façon suivante :

 

Ménages

Industries

Commerce

Public, collectif

Nombre d'abonnés

94

0,5

3

2,5

Consommation

34

50

10

6

Statistiques PLN - Chiffres en %

 
 
 
 

Le plan quinquennal 1994/1999 prévoit une croissance de la demande d'électricité de plus de 15 %/an, qui sera assurée par une augmentation de la capacité installée de 10.000 MW. Le réseau de transport haute tension (500 Kv, 275 Kv et 150 Kv) serait doublé au cours de la même période, passant de 12.500 km à près de 23.000 km et le réseau de distribution (70 et 20 Kv) augmenté de quelque 330.000 km (105.000 km aujourd'hui). Ces objectifs particulièrement ambitieux et considérés par certains professionnels comme excessifs, représentent plus de 3 milliards de dollars d'investissements par an pendant cinq ans.

Les ressources financières propres de l'opérateur national et les allocations budgétaires de l'Etat étant insuffisantes pour financer ces infrastructures indispensables au développement de l'économie du pays, PLN a lancé depuis trois ans une politique d'émission d'obligations sur le marché national. L'ouverture de son capital à des intérêts privés pourrait également se réaliser dès 1997, ouvrant la voie à de nouvelles sources de financement. La participation du secteur privé aux projets de génération électrique devrait également s'accélérer. Les autorités estiment que près de 20 % de l'augmentation de la capacité de production pourrait se réaliser sous cette forme. Par ailleurs, il n'est pas exclu que dans un avenir proche, le secteur privé soit également invité à investir dans le réseau de transport et de distribution.

Il y a à l'évidence de considérables opportunités pour la France.

Les sociétés exportatrices doivent impérativement s'adapter à ce nouvel environnement, soit en investissant directement dans un projet comme l'ont fait General Electric, Siemens et PowerGen dans deux projets de centrales à Paiton à Java-Est, soit en soumissionnant à la fourniture d'équipements auprès des consortiums d'investisseurs privés. Les exportateurs doivent cependant intégrer le fait que PLN continuera de jouer un rôle déterminant en matière de normes et de spécifications techniques.




1 Bien que 80 % des terres de l'archipel soient constituées par 5 îles : Kalimantan (28 %), Sumatra (25 %), Irian Jaya (Nouvelle-Guinée occidentale : 22 %), Célèbes (10 %) et Java (6 %).

2 Le pays situé de part et d'autre de l'Equateur connaît un climat chaud et humide toute l'année.

3 Source : Indonésie, Bertrand Dorléans, les éditions du CFCE, 1996.

4 Le Golkar (parti officiel), 67 % des suffrages exprimés aux élections de juin 1992 (contre 73 % en 1987) ; le PPP (longtemps porte-parole des musulmans), 17 % des voix en 1992 ; le PDI (surtout composé de chrétiens et de nationalistes, il était dirigé jusqu'en juin 1996 par la fille aînée de l'ancien président Soekarno) a été avec 15 % des voix, le parti qui a le plus progressé aux dernières élections (+ 9 sièges).

5 Selon certaines estimations, l'invasion de 1975, les opérations de pacification menées par les forces armées indonésiennes, les exécutions et la famine qui en est résultée à la fin des années 70 auraient coûté la vie de près d'un tiers des Timorais de l'Est (sur 660.000 habitants environ, à l'époque).

6 Qui a effectué son premier pélerinage à la Mecque en 1991.

7 Pour plus de précisions sur ce point, voir annexe 4 : "L'Indonésie et son insertion internationale : du régionalisme au mondialisme"

8 Asian Pacific Economic Cooperation créé en 1989 à l'initiative de l'Australie et des Etats-Unis, il rassemble 18 pays, à savoir ceux d'Amérique du Nord, le Chili, la plupart des pays asiatiques à l'exception de ceux du sous-continent indien, ainsi que l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

9 Sept pays d'Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie, Singapour, Thaïlande, Philippines, Bruneï et Viet Nam) couvrant 3,8 millions de km² regroupant 407 millions d'habitants et dont le taux de croissance moyen est de 7 %.

10 Les Philippines sont membres de l'ASEAN.

11 Qui a occupé l'archipel durant la dernière guerre mondiale.

12 Dont la faible capitalisation des entreprises du secteur ne permet pas encore la pleine exploitation.

13 Si elle ne découvre pas de nouveaux gisements commercialement rentables, ce qui n'est pas impossible puisque seuls 36 des 60 bassins sédimentaires du pays ont été à ce jour explorés, et si elle ne parvient pas à diversifier sa propre consommation d'énergie très vorace en produits pétroliers.

14 96,2 millions d'habitants en 1960, 192,5 millions en 1995, 254 millions prévus en 2020.

15 20 % de la population se partageant 56,7 % du PNB, 40 % en obtenant 32 % et 40 % le solde, soit 11,7 %.

16 La consommation des ménages a progressé de près de 9 % en 1995 après avoir crû de 7,5 % en 1994 et de 5,8 % en 1993.

17 Elles ont entraîné une spectaculaire progression des demandes d'investissement en provenance de l'étranger : 40 milliards de dollars en 1995, 23,7  en 1994 contre 8,1 milliards en 1993 et 10,3 en 1992.

18 AFTA : Asean Pacific Trade Area créée par le sommet de Singapour et mise en place depuis le 1er janvier 1993. Elle est le cadre dans lequel doit s'organiser la suppression d'ici 2003 des barrières douanières entre les membres de l'ASEAN.

19 Plus de 50 % d'entre elles concernent 5 secteurs (bois, textile, produits alimentaires, appareils électroniques assemblés, produits de la mer), où les valeurs ajoutées par la main d'oeuvre locale sont faibles et reposent sur des avantages comparatifs (matières premières locales et travail bon marché) à la porté des autres pays de la région.

20 Il est vrai que si cette dette, principalement libellée en yens, continue de croître sous l'effet de l'appréciation de la monnaie japonaise, elle poursuit sa baisse en proportion du PIB ( 52 % en 1995, contre 55 % en 1994 et 57 % en 1993) et son service est stable à 30 % des exportations de biens et services.

21 Dont dépend 50 % du financement de l'économie.

22 Qui n'est à chaque délivrance accordé que pour une durée limitée.

23 Ce même ratio est de 6,5 en Thaïlande et de 13 en Malaisie.



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