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Les gains de performances recherchés sont d'ordre
à la fois quantitatif et qualitatif. Autrement dit, il s'agit de mettre
à la disposition du plus grand nombre de personnes possible davantage
d'informations et de capacités de communication, dans de meilleures
conditions, en allant plus vite et plus loin.
La tendance est double : on assiste à la fois à une augmentation
spectaculaire de la diffusion des médias et à un
allégement des moyens de réception correspondants
(réduction des formats des imprimés, miniaturisation et
portabilité des appareils électroniques, des
téléphones et des ordinateurs), en attendant la personnalisation
de la satisfaction des besoins facilitée par l'interactivité.
De sorte qu'il s'avère légitime de se demander s'il y a une
amélioration corrélée des contenus, autres que les
messages échangés entre particuliers (articles de presse,
programmes radiodiffusés ou télévisés).
Si la réponse à cette question est loin d'être
évidente, il faut accréditer l'idée que la diversification
que l'on vient d'évoquer touchant ce qu'il est possible de transmettre
(musiques, images...) ainsi que l'amélioration de la qualité de
certaines émissions (avec, par exemple, la modulation de
fréquence, pour le son, et les images télévisées
numériques), constituent en soi un indéniable progrès.
Ainsi, c'est l'accroissement des performances des techniques concernées
qui va permettre, en tout cas, l'avènement d'une presse de masse au
XIXe siècle, avec la création en Amérique des
premiers grands quotidiens à faible prix (Le New York Sun et le
New York Herald, fondés en 1833 et 1835 et vendus, à
l'exemplaire, au prix de un cent).
Comme toujours, il est difficile de savoir si le progrès technique est
ici la cause ou la conséquence de l'expression du besoin social nouveau
qui se manifeste. Quoi qu'il en soit, le développement de la presse de
masse coïncide avec la révolution industrielle du
XIXe siècle.
Ses conséquences sont nombreuses :
Récapitulatif des principaux perfectionnements
des techniques d'impression
1796 : Lithographie (1)
1822 : Photogravure (1)
1845 : Presse rotative
1872 : Héliogravure (2)
1884 : Linotype
1904 : Offset (impression sur feuille de zinc) (2)
1954 : Début de la photocomposition (lumitype) (2)
1960 : Premiers traitements de textes par ordinateur
1970 : Début de l'informatisation des imprimeries et des
rédactions. Généralisation de l'offset et de la
photocomposition
(1) Concerne surtout l'illustration.
(2) Textes et images
De leur côté, les performances des médias
électroniques, sous l'effet conjugué des progrès que
connaissent les techniques les plus récentes d'information et de
communication, dont ils sont issus, vont s'accroître, très
rapidement.
Les équipements correspondants incorporent des composants dont certains
connaissent un essor continu et impressionnant. Ainsi en va-t-il des
semi-conducteurs : on citera ainsi la fameuse loi de Moore selon laquelle le
nombre de transistors intégrés dans une puce double environ tous
les 18 mois, qui ne s'est pas trouvée démentie depuis 25 ans.
Ainsi, depuis son invention en 1971, le microprocesseur qui est à
l'informatique, un peu ce que l'imprimerie a été à
l'écrit, connaît une croissance exponentielle. Le nombre de
transistors qu'il contient a été mis au carré en un quart
de siècle et pourrait être compris entre 50 et 100 millions en
l'an 2000. Quant au nombre d'instructions par seconde qu'il est capable
d'effectuer, il aura été multiplié par 10.000 entre 1971
et l'an 2000. En 1971, le premier microprocesseur Intel , le 4004 était
cadencé à une fréquence de 108 Khz, le processeur IBM
comme le processeur Intel auront une fréquence atteignant 1,1 Ghz en
l'an 2000.
Bien que la capacité des mémoires progresse, elle aussi, de
façon exponentielle (on est passé de 1 kilobit, en 1970, à
256 mégabits aujourd'hui), celles-ci restent plus lentes que les
microprocesseurs ; d'où le succès de nouvelles DRAM (9(*)) synchrones (dont le temps de cycle est
calé sur l'horloge du microprocesseur) qui évitent d'abuser des
mémoires " cache " très onéreuses.
L'intégration croissante des semi-conducteurs s'accompagne
également d'une miniaturisation elle aussi forte et rapide : ainsi, la
finesse de gravure s'améliore d'environ 12 % par an (on est passé
de 5 microns en 1980, à 0,5 en 1996 ; la limite, en lithographie
optique de 0,1 micron devant être atteinte en 2002).
L'augmentation des performances des semi-conducteurs constitue ainsi un bel
exemple de progression linéaire. Ce phénomène est d'autant
plus remarquable qu'il s'accompagne d'une baisse de prix (pour un
résultat donné) et, le plus souvent, d'une moindre consommation
d'énergie, l'électronique pouvant en effet être
définie comme la science de la maîtrise des faibles courants.
Dans le domaine des transmissions et du stockage des informations, des
améliorations notables sont également enregistrées.
S'agissant des transmissions, des progrès réalisés
découlent soit de l'offre de nouvelles capacités, soit d'une
meilleure utilisation de celles qui existent, soit, enfin, d'une compression
efficace des données à la source.
Il est ainsi possible de mieux répondre par des moyens, on l'a vu, de
plus en plus diversifiés, à des demandes, variées elles
aussi, même si elles tendent généralement vers l'exigence
de débits plus élevés.
Offre de capacités nouvelles, tout d'abord : celles de la fibre optique
paraissent actuellement quasi-illimitées (plusieurs dizaines de terabits
par seconde sur une seule fibre) et permettent d'envisager, dans un futur
proche, des " réseaux gigabit ".
Dans le domaine hertzien, on a cru longtemps que seules les ondes longues
permettaient les communications à grandes distances ; puis les longueurs
d'ondes diminuèrent au fur et à mesure que se
développaient des techniques spécifiques correspondantes.
L'occupation d'espaces jusque-là inexploités a ainsi toujours
été un moyen naturel de rechercher de nouvelles
possibilités de diffusion et de communications. En
général, ce phénomène s'accompagne d'une
montée en fréquences ce qui induit un raccourcissement des
longueurs d'ondes :
n On l'a vu récemment avec l'exploitation des ondes
millimétriques (faisceaux hertziens actuels, systèmes MMDS en
cours d'expérimentation) qui permet, en outre, des débits
relativement élevés (10(*)).
n Cela avait été le cas également en
télévision au moment du passage de la bande VHF
(Fréquences très hautes) à la bande UHF (Fréquences
ultra hautes).
n C'est également ce qui se produit dans le domaine des satellites
(où une relative saturation de la bande C peut conduire à
recourir aux bandes Ku et Ka).
A côté de la création de nouvelles capacités (par
le déploiement de fibres optiques ou par la montée en
fréquences), des solutions existent, qui consistent à mieux
utiliser les ressources existantes : au premier rang desquelles celle qui
permet d'obtenir les résultats les plus impressionnants ayant trait
à la compression de données.
En effet, le nombre de chaînes de télévision transmis par
un répéteur de satellites ou un canal de réseau
câblé peut s'en trouver multiplié par un facteur de 10
à 12 .
Des possibilités moindres (du fait de l'encombrement des ondes), mais
toutefois réelles, existent également dans le domaine hertzien
terrestre. La compression numérique peut y permettre de multiplier les
émissions que les progrès de la directivité et de la
sensibilité des matériels d'émission et de
réception rendent possibles, dans les interstices de la planification
actuelle des fréquences. Plusieurs chaînes numériques
hertziennes terrestres sont ainsi déjà opérationnelles en
Grande-Bretagne.
La compression, qui facilite également l'enregistrement des
données au stade de la production vidéo, correspond à ce
qu'on appelle le codage " de source " (qui tend, dès l'origine,
à éliminer les redondances et à anticiper les mouvements
des images animées à transmettre, afin de réduire la
quantité de données nécessaires).
Des gains de performances ont également été obtenus au
stade suivant qui concerne le codage dit de canal. Des techniques de modulation
(11(*)) plus efficaces permettent,
en effet, de maximiser le ratio bits/hertz, et d'obtenir par conséquent
des débits plus élevés pour une meilleure occupation de la
bande passante.
De son côté, l'occupation des voies des réseaux filaires
peut, être optimisée par des techniques performantes de
multiplexage et de transport (organisation des trames numériques) ainsi
que par voie logicielle (notion de circuit virtuel...).
A l'avenir, les techniques ATM, en conjuguant les meilleurs effets des
commutations de paquets et de circuits, et en raccourcissant la taille des
cellules numériques de base, permettront de transporter, dans le
même réseau, tout type de données correspondant à
toute sorte de débits, des plus faibles (téléphone), aux
plus élevés (vidéo, calculs informatisés...).
S'agissant, enfin, du stockage ou de l'enregistrement des informations, des
progrès spectaculaires ont également été
effectués.
Qu'on en juge :
Depuis son invention en 1956, le disque dur des ordinateurs a sans cesse vu ses
capacités de stockage augmenter, tandis que baissaient ses dimensions et
son prix.
n En quarante ans, la quantité d'informations qu'il peut
enregistrer a ainsi été multipliée par 600, passant de
5 millions à 10 milliards d'octets.
n Sa densité, imprimée en bits par pouce carré,
s'est accrue encore bien davantage, à tel point qu'il sera bientôt
intégré, par exemple, dans un radiotéléphone.
n Dans le même temps, son prix chutait de 50.000 francs à
2 francs l'unité d'information.
n L'équivalent de 1,6 million de pages tiennent ainsi aujourd'hui dans
le volume d'une cassette audio alors qu'il fallait, à l'origine, 50
plateaux de 60 cm de diamètre pour stocker seulement 2.500 pages.
n En outre, la vitesse de rotation des disques et surtout le débit
d'information transmis (passant de 1 à 18 millions d'octets par
seconde entre 1989 et 1997), ont également considérablement
progressé.
- Quant au futur DVD, sa capacité maximale (4 couches sur 2 faces)
devrait correspondre à 18 Giga octets, (soit neuf heures de vidéo
de qualité MPEG2 alors que les 650 millions d'octets des CD actuels
permettent de n'en visionner que 72 minutes)
Sur le plan qualitatif, les améliorations portent sur le son et sur
l'image ; de nouvelles possibilités sont par ailleurs offertes à
l'usager :
n Le perfectionnement de la qualité du son, grâce à
la modulation de fréquence (12(*)), en
radiodiffusion, puis à la
stéréophonie et à la numérisation des
enregistrements (CD) et des transmissions (DAB, son stéréo NICAM
en télévision) ;
n Le progrès de la qualité de l'image, avec
l'introduction de la couleur, les recherches relatives à la haute
définition (qui n'a peut-être pas dit son dernier mot) et les
effets de la numérisation des transmissions (moindre dégradation,
nouveau format 16 :9).
n Enfin, de nouvelles possibilités sont offertes aux utilisateurs qui
bénéficient d'un plus grand choix de programmes ainsi que
d'avantages liés à l'interactivité (passage d'une
télévision au menu à une télévision à
la carte, accès à de nouveaux services de communication ou
à caractère transactionnel, jeux, etc...).
Dans cet ensemble de performances, les progrès réalisés
dans le domaine de la compression ont joué un rôle
déterminant. Ils ont permis de maîtriser le flot impressionnant de
données afférent au traitement d'images animées, ouvrant
ainsi la voie à l'informatique multimédia et à la
généralisation du numérique, désormais
étendu à la transmission, dans le domaine de la communication
audiovisuelle.
Or, le numérique importe à la fois à l'amélioration
quantitative (nombre de programmes et de services) et qualitative (images et
son, interactivité) des moyens d'information et de communication.
Cependant, force est de reconnaître que les performances techniques
venant d'être décrites se sont accompagnées de certaines
défaillances : qu'il s'agisse de la lente mise au point des
écrans plats, en passe d'aboutir maintenant très prochainement
avec les techniques à plasma ; des échecs essuyés par des
expériences de télévision interactive en raison de
coûts trop élevés ou d'une complexité logicielle
excessive, etc.
Malgré tout, ces performances techniques n'en demeurent pas moins
impressionnantes et permettent l'amorce de mouvements de convergence importants.
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