4. Enfin la segmentation en fonction de la taille montre que l'avantage va aux petits...

Les petites compagnies (chiffre d'affaires inférieur à 250 m.usd) sont celles qui enregistrent la croissance la plus rapide de leur activité et qui ont, en moyenne, les meilleurs résultats. En effet, bien qu'elles produisent avec des ratios de charges plus élevés (qui sont ainsi un bon investissement), elles connaissent des rapports sinistres à primes nettement inférieurs (voir le tableau ci-après).

Ce résultat correspond aux analyses déjà citées et menées dans le passé par Swiss Re Economic Research 125( * ) selon lesquelles " les économies d'échelles sont secondaires dans le domaine de l'assurance " (on les observe tout au plus jusqu'à un volume de 400 à 500 millions de dollars). On échoue en effet à mettre en évidence des économies d'échelle, notamment dans le rapport sinistres à primes.

Tableau 42 : Analyse de segmentation du marché dommages américain (compagnies dont CA > 100 millions USD en 1995)

Total tous segments

Segment 1

Segment 2

Segment 3

Segment 4

Segment 5

Segment 6

340

 

Nombre de compagnies

2

20

62

86

80

90

 

Part de marché

en % des primes nettes

17

25,3

21,6

12,2

6,3

4,6

3,6

Total primes nettes

croissance des primes 91-95 1

4,8

1,8

4,7

2,3

5,3

5,0

212

 

en milliards USD 1995

41,7

61,4

52,5

29,6

15,1

11,2

8,3

Fonds propres

croissance des fonds propres 91-95 1

8,3

6,6

11,0

6,6

7,3

12,8

54,1

Liability

part en % des primes totales 2

53,6

54,1

53,0

55,0

54,8

56,5

2,3

 

croissance des primes 91-95 1

5,6

-1,1

3,9

0,9

4,7

3,8

21,8

Property

part en % des primes totales 2

34,3

16,6

20,7

19,0

19,9

20,4

4,4

 

croissance des primes 91-95 1

3,7

3,6

5,5

3,6

6,8

6,3

18,0

Combined lines

part en % des primes totales 2

8,3

25,1

17,8

17,3

18,9

15,9

4,9

 

croissance des primes 91-95 1

4,8

5,3

7,6

- 1,1

3,7

7,4

5,5

Other lines

part en % des primes totales

3,2

3,3

7,9

8,7

5,7

6,4

6,8

 

croissance des primes 91-95 1

-3,3

12,6

2,1

15,6

10,8

2,6

1,32

Solvabilité (primes nettes/Fonds propres)

moyenne 2

1,36

1,33

1,36

1,35

1,19

1,09

7,3

Rentabilité des fonds propes

moyenne 2

5,8

4,7

8,7

9,9

9,1

10,5

5,6

Ratio de marge bénéficiaire

en % de la moyenne des primes 2

4,4

3,8

6,5

7,4

7,7

9,8

 

Ratio de charges d'exploitation

variance

0,38

0,01

0,21

0,29

1,01

0,22

25,01

 

moyenne 2

19,6

25,37

24,87

29,32

28,93

26,9

 

Rapport sinistres à primes

variance

10,11

28,38

8,41

4,87

4,47

3,27

82,67

 

moyenne 2

85,4

85,9

82,0

78,2

76,9

76,7

 

Ratio combiné

variance

10,73

27,44

10,55

3,63

9,55

6,20

109,2

 

moyenne 2

105,5

113,0

108,9

109,0

106,9

105,3

1,5

Taux de distribution

moyenne 2

0,5

1,7

2,0

1,5

1,0

1,8

138,1

Taux de provisonnement

réserves/primes acquises

76,7

171,7

132,6

152,9

146,4

150,3

3,8

Réserves pour sinistres

croissance 91-95 1

5,5

2,9

4,1

3,5

5,2

3,4

 

Commissions conditionnelles (% des charges totales)

moyenne 2

0,1

1,6

1,8

3,0

3,3

2,8

1 Taux de croissance annuel moyen (compound average growth rate) 2. Moyenne de la période 1991-1995

Source : Suisse de Ré, Sigma n° 1/ 1997

Conclusion de Sigma : " Les critères qui pèsent le plus dans la réussite d'une compagnie, tels que la composition du portefeuille, le taux de provision et de solvabilité, sont des instruments de gestion qui dépendent bien plus de la stratégie individuelle et des diverses décisions de la direction que de la taille de l'entreprise elle-même " 126( * ) .

C'est par la spécialisation et la poursuite d'une consolidation bien réfléchie que les grosses compagnies pourront répliquer à la stratégie de contestation des nouveaux compétiteurs.