AVANT-PROPOS
En
présentant le résultat de projections réalisées
à l'aide de modèles macroéconomiques, votre
Délégation entend favoriser la diffusion d'une information sur
des travaux dont le degré de technicité ne facilite guère
l'utilisation. Ce faisant, elle souhaite contribuer à la
compréhension des mécanismes économiques et, par une
exploration du moyen terme, mettre en lumière les questions et
les choix de politique économique.
De même, une assemblée parlementaire ne saurait négliger
les moyens modernes d'analyse et de prévision, par ailleurs
largement utilisés par le Gouvernement.
Cependant, votre Délégation a souvent insisté sur les
limites inhérentes aux exercices de simulation réalisés
à l'aide de modèles économiques. Elle ne prétend
pas ainsi, en présentant ces travaux de projection, décrire une
prévision et, encore moins, une évolution probable
de l'économie française.
Une projection constitue en effet une prolongation du passé et, de ce
fait, une extrapolation des tendances en cours.
Ce souci de prudence doit être rappelé avec une insistance
particulière cette année.
Votre Rapporteur considère tout d'abord que des modifications
notables des comportements des agents économiques, que les
modèles ne peuvent prendre en compte, sont susceptibles de se produire
au cours des prochaines années pour deux raisons1(*) :
- le lancement de l'euro en premier lieu, susceptible de modifier le
fonctionnement du système financier international et les comportements
d'investissement en Europe ;
- le développement des nouvelles techniques de communication et
de traitement de l'information qui pourrait, en Europe, à l'instar des
Etats-Unis depuis le début des années 90, amplifier le nouveau
cycle d'investissement.
Par ailleurs, la crise financière aiguë que vient de
connaître l'économie mondiale jette une ombre sur les
travaux de projection présentés aujourd'hui : quelles seront
les conséquences de cette crise ? Peut-on considérer qu'elle
est terminée ? L'Europe peut-elle rester à l'abri d'un
ralentissement qui affecte pratiquement toutes les autres zones de
l'économie mondiale ?
C'est pour apporter des éléments de réponse à ces
questions, déterminantes pour les perspectives à moyen
terme de l'économie française, que le chapitre I
consacre d'importants développements aux incertitudes sur
l'économie mondiale et à l'analyse de la
conjoncture européenne.





