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SÉANCE DU 4 MARS 1997




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RAPPEL AU RÈGLEMENT

Mme Hélène Luc. Je demande la parole pour un rappel au règlement.
M. le président. La parole est à Mme Luc.
Mme Hélène Luc. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, mon intervention se fonde sur l'article 36 de notre règlement.
Le Parlement de la France ne peut ignorer les décisions extrêmement graves prises par la direction de Renault concernant, d'une part, la fermeture de l'usine de Vilvorde, en Belgique, et le licenciement de ce fait de 3 100 salariés, et, d'autre part, l'annonce de près de 3 000 licenciements en France même.
Nous sommes bien loin des promesses d'une Europe sociale avancées par les partisans du traité de Maastricht. C'est l'Europe de l'ultralibéralisme qui apparaît au grand jour à Vilvorde.
La précipitation pour la mise en place de la monnaie unique masque mal la priorité absolue qui est donnée par la Commission de Bruxelles à la finance, contre l'emploi, contre l'homme. La volonté de fermer l'usine de Vilvorde relève d'une stratégie économique qui privilégie en effet la recherche du profit au détriment de l'épanouissement des populations européennes.
La décision de Renault, entreprise récemment privatisée mais dont l'actionnaire majoritaire demeure l'Etat, accompagne les décisions européennes qui dirigent l'argent vers la spéculation et non pas vers la production.
C'est le choix de donner la primauté au secteur privé sur le public, à la libre concurrence sur la coopération qui est à l'origine de cette situation.
Pour notre part, nous proposons avec force la renationalisation de l'entreprise Renault pour permettre aux pouvoirs publics de peser sur les décisions.
M. Hubert Falco. Le Crédit lyonnais, le GAN et compagnie... On va combler les déficits !
Mme Hélène Luc. Comment croire que le Gouvernement n'a pas été informé au préalable de cette mesure inique qui, si elle était appliquée, jetterait dans le malheur des milliers de nouvelles familles ? Qui sont ces technocrates acquis à la loi de l'argent qui décident aussi froidement de l'avenir de milliers d'individus ?
Heureusement, nous nous en félicitons vivement, la réaction des salariés et de l'opinion publique dans toute l'Europe est à la hauteur de l'enjeu.
Les salariés n'acceptent plus d'être des pions déshumanisés sur l'échiquier du capitalisme.
Nous soutenons sans réserve les multiples initiatives sans frontières qui sont prises,...
M. Hubert Falco. Monsieur le président, ce n'est pas la séance des questions d'actualité !
M. Ivan Renar. Un peu de patience !
Mme Hélène Luc. ... à commencer par l'organisation d'une grève d'une heure le 7 mars sur différents sites européens. C'est cela la véritable Europe ! (Murmures sur les travées du RPR.)
L'émotion est grande chez les travailleurs, leurs familles, la population. Je le ressens particulièrement dans ma ville de Choisy-le-Roi, où des emplois sont menacés et où, je vous l'assure, l'angoisse grandit, comme le ressentent aussi mes amis Michelle Demessine et Ivan Renar, à Douai et à Maubeuge, Robert Pagès, à Cléon et Sandouville, Guy Fischer - sans même parler de Flins - à Vénissieux.
Ils n'acceptent pas le déclin industriel imposé par les grands argentiers européens, d'autant que dans le même temps, à Douai, on demande aux ouvriers de faire des heures supplémentaires ! C'est inadmissible.
Renault doit choisir la voie du développement et de la modernité, symbolisée par la Mégane Scenic - dont la production n'est d'ailleurs pas assurée au niveau nécessaire - car, quant à nous, nous sommes fiers, nous le réaffirmons comme nous l'avons fait lors du débat sur la privatisation, de la production Renault, qui est et doit rester le fleuron de l'automobile française.
Or, la voie du développement implique l'arrêt immédiat du « plan de casse » annoncé. Il appartient au Gouvernement français d'agir en ce sens.
Notre groupe, conjointement avec les députés communistes, exige donc que soit organisé d'urgence, aujourd'hui même, un débat à l'Assemblée nationale et au Sénat sur la situation de Renault, et, avec mon ami Alain Boquet, nous avons demandé une entrevue immédiate au Premier ministre.
Vous l'aurez compris, nous faisons nôtre le beau titre de l'Humanité d'aujourd'hui : « Renault de tous les pays, unissez-vous ! » (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain et citoyen.)
M. le président. Je vous ferai respectueusement remarquer, madame Luc, que votre intervention n'a pas grand rapport avec le règlement ! (Sourires sur les travées de l'Union centriste, des Républicains et Indépendants et du RPR.)
Mme Hélène Luc. Mais si !
M. Ivan Renar. Cela concerne la vie des gens de notre pays !
Mme Hélène Luc. Oui ! Et vendredi, nous serons à Bruxelles !

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