Séance du 29 octobre 1998
M. le président.
La parole est à M. Legendre.
M. Jacques Legendre.
Monsieur le président, mes chers collègues, ma question s'adresse à M. le
ministre de l'intérieur par intérim, M. Jean-Jack Queyranne.
Depuis le début du mois, dans de très nombreuses régions, notamment dans la
métropole lilloise, les mouvements de grève se multiplient dans les transports
en commun.
L'insécurité et les agressions dont sont régulièrement victimes les agents de
conduite ou les contrôleurs, parfois même les usagers, sont à l'origine de ces
débrayages.
Dix-sept mois d'effets d'annonce, de contre-signaux et de semblants de
propositions du Gouvernement en matière de lutte contre l'insécurité et plus
largement, en matière de politique de la ville, ont pour conséquence cette très
forte montée de la violence dans les zones urbaines.
M. Alain Gournac.
Absolument !
M. Jacques Legendre.
Depuis dix-sept mois, l'augmentation des effectifs de police en banlieue a été
stoppée et l'absence de mesures concrètes facilitant l'intégration dans ces
zones défavorisées alimente cette flambée de violence.
Les forces de police supplémentaires que vous avez promises, monsieur le
ministre, seront-elles des redéploiements ou des postes supplémentaires ? Dans
le premier cas, vous déplacez le problème d'un département à un autre, d'une
zone urbaine à une autre. Dans le second cas, quelle sera la mission de ces
nouvelles forces de police par rapport aux services de sécurité déjà mis en
place par la RATP et la SNCF ?
Quelles mesures allez-vous prendre, monsieur le ministre, pour lutter
efficacement contre cette violence ? Entendez-vous redéfinir les missions, avec
une autorité unique chargée de la sécurité dans les transports en commun ?
(Applaudissements sur les travées du RPR, de l'Union centriste et des
Républicains et Indépendants.)
M. le président.
La parole est à M. le ministre.
M. Jean-Jack Queyranne,
secrétaire d'Etat à l'outre-mer, ministre de l'intérieur par intérim.
Monsieur le sénateur, je partage votre préoccupation quant à la situation dans
les transports en commun et à la nécessaire sécurité qu'il convient d'y
assurer, tant pour les personnels que pour les usagers.
De ce point de vue, sachez que nous avons mis en place des moyens importants,
et ce, tout d'abord dans le cadre de la RATP et de la SNCF. C'est ainsi qu'il
existe à la RATP un service de protection et de sécurité du métro qui regroupe
plus de 400 personnes.
Il nous a été donné à mon collègue, M. Gayssot, et à moi-même l'occasion
d'apprécier la mise en place sur le terrain de ce dispositif à partir d'un
ordinateur central : chaque fois qu'une agression ou un acte de vandalisme se
produit dans le métro ou dans les transports en commun de la RATP,
l'intervention a lieu dans les cinq minutes et permet l'arrestation de 70 % des
auteurs de ces délits.
En ce qui concerne les problèmes qui se posent dans les réseaux de province -
et qui ne sont malheureusement pas limités à Lille - il faut que les casseurs
prennent bien conscience du fait qu'ils seront neutralisés et sanctionnés et
que nous mettrons tout en oeuvre, en liaison avec les organismes des transports
en commun, pour renforcer, d'abord, la présence humaine et, ensuite, le
dispositif policier.
M. Dominique Braye.
Et les 80 % de Mme Guigou ?
M. Jean-Jack Queyranne,
secrétaire d'Etat à l'outre-mer, ministre de l'intérieur par intérim.
C'est la raison pour laquelle, monsieur le sénateur, un certain nombre d'unités
- compagnies républicaines de sécurité et gendarmes mobiles - ont été déployées
dans les grandes villes ainsi que sur les réseaux parisiens ; nous avons en
effet mis en action plus de dix unités.
Sur ce problème de la sécurité dans les transports en commun, je voudrais
également indiquer que le Gouvernement fera voter prochainement une législation
prévoyant, à l'instar du dispositif actuellement existant par rapport aux
personnels de police, des circonstances aggravantes lorsque les agressions sont
commises contre les personnels des sociétés de transport en commun.
Si les difficultés que vous évoquez sont réelles, sachez que notre volonté est
de maintenir les services publics, de garantir la sécurité et de sensibiliser
les jeunes auteurs des agressions dans les transports en commun au fait qu'ils
se pénalisent eux-mêmes : le transport en commun, c'est en effet la ligne de
vie qui permet à leurs quartiers d'être reliés au reste de l'agglomération.
(Applaudissements sur les travées socialistes, ainsi que sur celles du
groupe communiste républicain et citoyen.)
AMÉNAGEMENT DE LA RN 4 à BLÂMONT