Séance du 10 novembre 1998
M. le président.
La parole est à M. Dufaut, auteur de la question n° 346, adressée à Mme le
ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement.
M. Alain Dufaut.
Ma question, qui s'adresse effectivement à Mme le ministre de l'aménagement du
territoire et de l'environnement, concerne les contrats de plan qui ont été
évoqués à l'instant par M. Raffarin.
Que ce soit au cours de la dernière assemblée générale de l'Union des
conseillers généraux de France, qui s'est tenue le 21 octobre dernier à l'Hôtel
de Ville de Paris, ou à l'occasion du congrès de l'Association des présidents
de conseils généraux, qui s'est tenu les 14 et 15 octobre 1998 à Rouen, de
nombreux intervenants départementaux ont exprimé leur inquiétude et leur
mécontentement au sujet de la fameuse circulaire du 31 juillet 1998 relative
aux prochains contrats de plan Etat-régions qui vont durer six ans - de 2000 à
2006 - circulaire qui a été publiée au
Journal officiel du 13 septembre
dernier.
A la lecture de ce document, il semble en effet que l'institution
départementale soit largement oubliée dans le cadre de la préparation de ces
contrats de plan déclinables en contrats de pays, d'agglomération et de
ville.
De nombreuses initiatives sont d'ailleurs prises pour que les conseils
généraux soient associés à la phase d'élaboration de ces futurs contrats de
plan. D'ores et déjà, les six présidents de conseils généraux de
Provence-Alpes-Côte d'Azur, toutes tendances politiques confondues, se sont
récemment retrouvés à Marseille au côté du président de la région pour évoquer
cette question et aborder de manière concertée les futures négociations.
Compte tenu de la réussite des départements plus de quinze ans après la mise
en oeuvre de la décentralisation, que ce soit notamment en termes d'action
sociale ou d'aménagement du territoire, et alors même que les fréquentes études
d'opinion démontrent la profonde adhésion au département des populations, en
particulier dans les communes de moins de 20 000 habitants, c'est-à-dire dans
les territoires ruraux, il est permis de s'interroger sur cette volonté
manifeste d'absence de prise en compte de la réalité départementale.
Il semblerait préférable d'engager la décentralisation sur le chemin d'une
meilleure définition des domaines de compétence respectifs des différentes
collectivités locales plutôt que de prendre le risque de créer d'autres niveaux
d'administration locale du territoire ou de remettre en cause le principe de
libre initiative des collectivités en faveur d'un regroupement.
Aussi, je souhaite connaître de manière plus précise, aujourd'hui, les
intentions réelles du Gouvernement en la matière et savoir si des mesures
seront mises en oeuvre afin que les départements soient associés véritablement
à la préparation de ces contrats de plan en tant que partenaires à part entière
et non pas seulement comme des commanditaires financiers.
M. le président.
La parole est à M. le ministre.
M. Jean-Claude Gayssot,
ministre de l'équipement, des transports et du logement. Mme la ministre
de l'aménagement du territoire et de l'environnement a pris bonne note de votre
interrogation sur la place qu'occuperont les départements dans la procédure des
contrats de plan Etat-régions.
Actuellement à Buenos-Aires, où elle représente la France à la conférence
internationale sur l'effet de serre, Mme Voynet m'a demandé de bien vouloir
vous apporter les éléments de réponse suivants.
Mme la ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement souhaite
d'abord vous rassurer. Naturellement, les contrats de plan seront au premier
chef l'objet d'un dialogue entre l'Etat et les régions, mais les autres
collectivités seront bien associées à la consultation sur la proposition de
stratégie de l'Etat, comme le prévoit la circulaire du Premier ministre du 31
juillet dernier.
Mme la ministre tient, à cet égard, à souligner que c'est la première fois que
l'Etat prévoit une phase de consultation très en amont des autres partenaires.
Cela devrait donc répondre à la préoccupation exprimée par l'Association des
présidents de conseils généraux et par l'Union des conseils généraux de France,
en regard de l'élaboration de la génération de contrats de plan en cours. Elle
doit d'ailleurs rencontrer très prochainement le président de l'APCG qui sera
accompagné d'une délégation.
Elle précise que les départements pourront naturellement signer les
conventions d'application des contrats de plan. Il s'agit non seulement des
contrats de pays et d'agglomération pour ce qui concerne leurs compétences,
mais également de toutes les conventions qui mettront en oeuvre concrètement le
contenu des contrats de plan Etat-régions et auxquelles les départements
conviennent avec l'Etat et la région de s'associer.
Enfin, au nom du Gouvernement, je puis assurer que les pays et les
agglomérations ne sont pas un niveau de décentralisation supplémentaire ; il
s'agit de l'identification de territoires de projets. Il n'y donc là aucune
remise en cause de la libre initiative des collectivités en faveur d'un
regroupement.
M. Alain Dufaut.
Je demande la parole.
M. le président.
La parole est à M. Dufaut.
M. Alain Dufaut.
Monsieur le ministre, je prends acte de votre déclaration. Il était peut-être
plus simple que ces affirmations soient officialisées de manière plus claire
dans la circulaire du 31 juillet 1998.
Sachez tout de même que nous sommes très vigilants et que nous sommes nombreux
au Parlement, en particulier au Sénat, à penser que les bons échelons
d'aménagement du territoire sont bien évidemment les régions et les
départements et, pour reprendre un terme à la mode à la DATAR, ce sont
certainement les niveaux les plus pertinents pour discuter de l'aménagement du
territoire.
Nous serons donc vigilants et nous veillerons à ce que les acteurs
départementaux occupent toute leur place dans l'élaboration des futurs contrats
de plan Etat-régions.
STATUT DES FAMILLES D'ACCUEIL
D'ADULTES HANDICAPÉS