SEANCE DU 15 NOVEMBRE 2001


M. le président. « Art. 23 bis . - Le premier alinéa de l'article L. 544-6 du code de la sécurité sociale est ainsi rédigé :
« L'allocation de présence parentale est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel est déposée la demande sous réserve que les conditions d'ouverture de droit soient réunies à cette date. »
L'amendement n° 111, présenté par le Gouvernement, est ainsi libellé :
« I. - Compléter l'article 23 bis par un paragraphe ainsi rédigé :
« ... - Dans la première phrase du quatrième alinéa de l'article L. 122-28-9 du code du travail, les mots : "un mois" sont remplacés par les mots : "quinze jours".
« II. - En conséquence, faire précéder le début de cet article de la mention : "I". »
La parole est à M. le secrétaire d'Etat.
M. Guy Hascoët, secrétaire d'Etat. La création l'année dernière de l'allocation de présence parentale a permis de franchir une étape importante, et même déterminante, puisqu'elle consacre, dans un environnement juridique sécurisé, le droit pour un parent confronté à la maladie grave ou à un handicap de son enfant de cesser ou de réduire momentanément son activité.
Le Gouvernement est très attentif à la mise en place de cette importante réforme, et un certain nombre de constats semblent d'ores et déjà se dégager. La première constatation formulée invite par exemple à une amélioration du dispositif dans différentes directions.
Outre la suppression du délai d'un mois, qui fait désormais l'objet de l'article 23 bis que nous examinons, le Gouvernement vous propose d'alléger les procédures de renouvellement du congé de présence parentale, notamment en ramenant le délai de préavis à quinze jours.
Il s'agit, en effet, d'éviter de pénaliser par des délais trop rigoureux les familles confrontées à la maladie ou au handicap grave d'un enfant.
Je dois vous annoncer que, par ailleurs, au-delà de ces premières mesures d'aménagement, le Gouvernement a décidé de prendre par voie réglementaire les dispositions nécessaires afin d'augmenter sensiblement le montant de l'allocation en le faisant passer à 800 euros, ce qui correspond à l'équivalent du SMIC net, soit 5 240 francs. Il a également décidé de réduire la durée minimum de perception de l'allocation - c'est-à-dire la durée de la période pendant laquelle la personne entend bénéficier de ce dispositif - de quatre à deux mois, ce qui devrait favoriser l'obtention de réponses favorables de la part des employeurs. Enfin, il a décidé de poursuivre l'allégement des procédures administratives liées à ce nouveau droit fondamental.
M. le président. Quel est l'avis de la commission ?
M. Jean-Louis Lorrain, rapporteur. La commission est favorable à cet amendement.
M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Je demande la parole.
M. le président. La parole est à M. le président de la commission des affaires sociales.
M. Nicolas About président de la commission des affaires sociales. Voilà encore un exemple remarquable ! Le dispositif que le Sénat avait proposé était bien plus généreux, puisqu'il soutenait non seulement les parents, mais aussi tous ceux qui accompagnent les malades en fin de vie. A l'époque, je tiens à le dire, c'est le Gouvernement qui y avait fait obstacle en opposant l'article 40 de la Constitution.
M. Alain Gournac. Oui !
M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Le Gouvernement, voulant se racheter ou se refaire une virginité, nous a ensuite proposé un dispositif similaire mais très étriqué, car limité à l'allocation parentale sur la base d'un mois.
Alors qu'il escomptait énormément d'allocataires - une dizaine de milliers -, il ne s'en est trouvé qu'un millier. Aujourd'hui, mal à l'aise, il nous propose donc des adaptations pour tenter d'élargir le champ des bénéficiaires du dispositif.
Une nouvelle fois, je tiens à rappeler que c'est bien du fait du Gouvernement que le dispositif beaucoup plus généreux qu'avait proposé le Sénat n'a pas été retenu.
M. Alain Gournac. Et nous avons perdu de nombreux mois !
M. le président. Je vais mettre aux voix l'amendement n° 111.
M. Jean Chérioux. Je demande la parole pour explication de vote.
M. le président. La parole est à M. Chérioux.
M. Jean Chérioux. Une fois de plus, nous avons eu une démonstration de la dialectique absolument extravagante de nos collègues de gauche : une proposition qui émane de la majorité sénatoriale n'est, quelle qu'en soit la teneur, pas bonne, mais dès que, par une sorte de captation d'héritage, elle est reprise ou par le Gouvernement ou par l'opposition sénatoriale, elle devient une mesure extraordinaire !
Je crois qu'un peu de décence et un minimum d'objectivité seraient nécessaires. Lorsque le Gouvernement nous fait des propositions intéressantes, nous les votons, sans prétendre ensuite qu'elles ne valent rien. L'opposition sénatoriale en revanche ne sait que critiquer nos propositions... pour les reprendre ensuite à son compte. (Protestations sur les travées socialistes ainsi que sur celles du groupe communiste républicain et citoyen.) Prenez garde cependant, les Français sont suffisamment intelligents pour comprendre que vous êtes en train de les duper !
M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. C'est M. Neuwirth qu'il faut remercier, pas le Gouvernement !
M. le président. Je mets aux voix l'amendement n° 111, accepté par la commission.

(L'amendement est adopté.)
M. le président. Je mets aux voix l'article 23 bis , modifié.

(L'article 23 bis est adopté.)

Article additionnel après l'article 23 bis