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BRINGER Louis

Ancien sénateur de la Lozère

  • IIIème République

    Ancien sénateur de la
    IIIe République

Election

  • Elu du 23 mars 1930 au 9 janvier 1933
  • Devenu Sénateur le 10 janvier 1933
  • Fin de mandat le 31 décembre 1941

Extraits de la table nominative :

1931 , 1932 , 1933 , 1934 , 1935 , 1937 , 1938 , 1939 , 1940

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

BRINGER (Louis), né le 3 août 1872, à Mende (Lozère).

Député de la Lozère de 1919 à 1932. Sénateur de la Lozère de 1932 à 1941.

Fils d'un ouvrier maçon, Louis Bringer eut une enfance difficile dans un foyer affectueux, mais pauvre. Elève de l'école-communale où son application et ses facilités intellectuelles, le firent remarquer de ses maîtres, son père désira, pour lui épargner une vie aussi pénible que la sienne, le voir entrer à l'Ecole des Arts-et-Métiers d'Aix-en-Provence. Ayant passé son écrit avec succès, il ne se présenta pas à l'oral et apprit le métier de tailleur de pierre.

Son apprentissage terminé, son père lui donna cent francs et il partit pour Paris. Ayant payé son billet de chemin de fer 33 francs, c'est avec 67 francs qu'il arriva dans la capitale. Il ne reçut dans sa vie d'autre argent à titre gratuit que celui-là. Il travailla d'abord chez un entrepreneur du quartier de l'Hôtel de Ville, puis, après avoir suivi des cours de stéréotomie, fut embauché dans la maison Dior et Bordesoule comme souffleur, aide-appareilleur. Il compléta sa formation sur divers chantiers de construction et finit par s'acquérir un renom dans le façonnage des calepins et des panneaux, et dans la coupe de pierres. Il avait alors 19 ans.

Il revint à Mende pour seconder son père qui avait créé une petite entreprise. Il dut interrompre cette collaboration pendant un an pour accomplir son service militaire au 158e régiment d'infanterie, à Lyon. Là, il rendit visite à la « mère des compagnons » et par son intermédiaire fut sollicité de donner des cours de stéréotomie le soir, sous réserve d'obtenir quotidiennement la permission de onze heures. Cette permission lui fut refusée par le régiment, mais... lui fut accordée par le Ministre de la Guerre. Rendu à la vie civile, il regagna Mende, où après avoir acheté, grâce à un emprunt, un rouleau compresseur, il obtint par adjudication, la réfection des routes difficiles de la Lozère. Pendant 10 ans, il se consacra à cette tâche, malgré qu'elle ne correspondît pas à sa formation et à ses fins. Il entreprit par la suite divers travaux sur les lignes de chemin de fer de Mende à La Bastide et de Florac à Sainte-Cécile-Dandorge.

Il étendit progressivement son exploitation, jusque là locale, à l'ensemble de la France et fut ainsi chargé du doublement de la ligne de Flers à Foleigny, du balastage, de la pose- et du remplacement des voies de divers autres lignes, notamment de La Mothe à Morceinx et d'Agen à Marmande.

Puis survint la guerre de 1914, et il dut avec les hommes de sa classe se cantonner dans le rôle peu glorieux de garde-voie, qui ne satisfaisait pas son patriotisme, jusqu'au jour où le directeur de l'arsenal de Tarbes, qui avait eu l'occasion, en temps de paix, de le voir à l'oeuvre, vint lui confier la fabrication et la garniture des arçons de selles. Il s'installa fabricant de selles, puis parallèlement, fabricant de cuisines roulantes. Il avait entre temps, été déclaré adjudicataire de l'installation de la gare internationale de la Tour-de-Carol, dont il avait décliné l'offre d'exécution antérieurement.

Sur les instances de l'inspecteur général des Ponts et Chaussées, il mena ce travail à bonne fin, malgré les difficultés de main-d'oeuvre et la pénurie de matériel dûes aux hostilités. Il fut chargé dans le même temps de la réfection du viaduc de Poix et de divers tunnels aux abords de la ligne de feu. Le général Gouraud lui confia ensuite la construction d'un réseau de tranchées sur la montagne de Reims, travaux qu'il exécuta de nuit, sous le feu de l'aviation allemande.

Après la guerre, il fut chargé par la compagnie des chemins de fer du Nord, de la remise en état des lignes détruites pendant les combats.

Comment ces activités si diverses et si absorbantes amenèrent-elles Louis Bringer au Parlement ? C'est M. Daudé-Gleize, sénateur de la Lozère, qui prit l'initiative de lui ouvrir une carrière politique et qui fut à l'origine d'une nouvelle étonnante ascension.

Il se présenta, sur ses instances, aux élections générales législatives du 16 novembre 1919, sur la liste d'Union républicaine et fut élu par 13.257 voix sur 25.024 suffrages exprimés.

Inscrit au groupe de la gauche républicaine démocratique, il entra aux Commissions de la marine militaire, des travaux publics, des mines, et du travail. Auteur d'une proposition de loi sur l'organisation du crédit national à la production, il fut chargé de rapports sur les chemins de fer, sur la réforme financière du service des P.T.T., sur un nouveau classement des bureaux de postes, sur l'approbation des conventions de l'Union postale, et émit un avis sur les mines de potasse d'Alsace sous séquestre.

Réélu aux élections générales du 11 mai 1924 sur la liste d'Union républicaine, par 14.625 voix sur 24.972 suffrages exprimés, il ne se fit inscrire à aucun groupe, et appartint aux Commissions des travaux publics et de l'Algérie.

Durant cette période, il fut attaqué par des adversaires politiques qui lui reprochaient d'avoir reçu une indemnité de l'Administration des Ponts et Chaussées pour l'exécution, pendant la guerre, des travaux à la Tour-de-Carol, indemnité qui lui avait été imposée en raison des difficultés de l'heure. Cette attaque se traduisit par une demande de levée de son immunité, qui sur le plan parlementaire n'eut aucune suite, mais qui aboutit à un procès pendant l'intersession. Le jugement lui donna gain de cause, et aux élections générales suivantes qui marquèrent le retour au scrutin uninominal par arrondissement, il fut élu, le 22 avril 1928, dans la circonscription de Mende, par 5.524 voix contre 2.230 à M. Nouet. Inscrit au groupe des députés indépendants, il resta membre des mêmes commissions que sous la précédente législature.

M. Bonnet de Paillerets, sénateur de la Lozère, étant décédé le 30 janvier 1930, Louis Bringer se présenta à l'élection partielle du 23 mars suivant, et fut proclamé élu au troisième tour de scrutin par 198 voix contre 184 à M. de Chambrun. Mais le faible écart des voix entraî na le dépôt à la Haute-Assemblée d'une contestation de cette élection. Après un long et minutieux examen des résultats obtenus par chacun des candidats, l'élection de Louis Bringer fut validée le 2 fé vrier 1932, et il donna sa démission de député le lendemain, 3 février.

Il fut réélu sénateur de la Lozère aux élections du 16 octobre 1932 (reneuvellement du 10 janvier 1933).

Il ne s'inscrivit à aucun groupe, puis adhéra à celui des indépendants de gauche qu'il abandonna pour reprendre sa position initiale. Il appartint à la Commission des travaux publics, à celle du commerce et de l'industrie, à celle des douanes et à celle de la marine. Il fut chargé par ces commissions de divers rapports sur : l'agrandissement du port de Mostaganem (1936); les retraites des employés des lignes secondaires (1937) ; le reclassement des inscrits maritimes (1937) ; la conservation des postes électro-sémaphoriques (1937); la composition du Comité consultatif du tourisme (1938); la constatation des infractions en matière d'extraction de matériaux dans le lit des cours d'eau du domaine public (1939); et émit un avis sur la situation de l'inscription maritime (1938).

Malgré ses activités politiques, il n'abandonna jamais son entreprise de travaux publics, et eut l'occasion d'exécuter d'importants ouvrages au Maroc, en Algérie et en Tunisie.

Après la déclaration de guerre de 1939, il effectua de nombreux travaux de défense aux abords de Charleville, qu'il dut abandonner au moment de l'avance des Allemands, en laissant sur place une grande partie de son matériel.

Après la défaite, sur les instances du Colonel du 7e régiment de génie d'Avignon, il installa pour l'occupant un chantier destiné à l'extraction de minerai de beauxite, ainsi qu'un petit aérodrome, pour pouvoir occuper un personnel militaire français et le mettre à la disposition du pays au moment opportun.

Il put ainsi maintenir en France de nombreux jeunes gens menacés de déportation, qu'il transporta au moment de la débâcle allemande, et par ses propres moyens, aux lieux qui lui étaient signalés pour l'exécution de destruction de voies ferrées.

Ayant voté, le 10 juillet 1940, à Vichy, les pouvoirs constituants au Maréchal Pétain comme la majorité de ses collègues. Il cessa toute activité politique et se fixa à Paris où il est présentement domicilié.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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1940-1958

BRINGER (Louis)

Né le 3 août 1872 à Mende (Lozère)

Décédé le 11 décembre 1961 à Paris

Député de la Lozère de 1919 à 1932

Sénateur de la Lozère de 1932 à 1941

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, pages 768 à 770)

Louis Bringer approuve la réforme constitutionnelle du 10 juillet 1940. Il cesse ensuite toute activité politique, et se retire à Paris, où il meurt en 1961.

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Photo de M. Louis BRINGER, ancien sénateur
Etat-civil
Né le 3 août 1872
Décédé le 11 décembre 1961
Profession
Entrepreneur
Département
Lozère
  • Mis à jour le 24 octobre 2014