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ROGIER Marcel

Ancien sénateur d'Alger

  • IVème République

    Ancien sénateur de la
    IVe République

Election

  • Elu le 8 décembre 1946
  • Réélu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 19 juin 1955
  • Fin de mandat le 31 mai 1959 (Ne se représente pas)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1940-1958

ROGIER (Marcel)

Né le 25 juin 1904 à Alger (Algérie)

Décédé le 3 février 1977 à Vence (Alpes-Maritimes)

Conseiller de la République puis sénateur d'Alger de 1946 à 1958

Marcel Rogier naît le 25 juin 1904 à Alger. Après le lycée, bachelier ès-lettres, il passe avec succès sa licence de droit.

Tout en exerçant comme avocat à la cour d'appel d'Alger, le propriétaire viticulteur s'engage dans la vie politique locale. En octobre 1936, Marcel Rogier est élu conseiller général de la 9ème circonscription d'Alger, et, en janvier 1944, maire de Baba-Hassen (département d'Alger).

En 1945, il est élu vice-président du conseil général d'Alger.

Le 8 décembre 1946, il est élu en tant que représentant du premier collège d'Alger au Conseil de la République. A son arrivée au Palais du Luxembourg, il rejoint le groupe des républicains indépendants qu'il préside en 1947 et 1948.

Il est d'abord nommé à la commission de la défense nationale et à la commission de l'intérieur (administration générale, départementale et commerciale, Algérie) puis participe à de multiples commissions jusqu'en 1958. En 1951, il démissionne de la commission de la défense nationale et est nommé membre de la commission des finances. En 1952, il devient en outre membre de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la mise en oeuvre de la convention de coopération économique européenne et du programme de relèvement européen, de la commission du suffrage universel du contrôle constitutionnel, du règlement et des pétitions, et, en 1953, de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises industrielles nationalisées et des sociétés d'économie mixte.

En 1954, il est élu juré suppléant à la Haute cour de justice. En 1956, il est nommé membre de la section permanente du Conseil supérieur de l'électricité et du gaz. En 1957, il est membre de la commission des boissons et de la commission du travail et de la sécurité sociale.

Le principal sujet d'intérêt de Marcel Rogier est l'Algérie. Dès le début de son mandat, l'avocat rédige des rapports sur différents aspects juridiques relatifs à cette région : création d'un poste de juge d'instruction au tribunal civil d'Oran, compétence des diverses juridictions en Algérie, complément, par des dispositions pénales, de textes applicables en Algérie. Il intervient aussi dans les débats sur le statut organique de l'Algérie, sur la durée des emplois non rétribués de juge de paix dans les départements algériens, ou encore la fixation des circonscriptions électorales pour la désignation des membres de l'Assemblée algérienne.

A partir de 1954, lorsque la situation se tend en Algérie et que les indépendantistes font entendre leur voix par les attentats sanglants de la Toussaint, Marcel Rogier défend avec vigueur l'Algérie française. En 1956, il dénonce l' « illogisme » dont fait preuve, selon lui, le gouvernement français à l'égard du Maroc, de la Tunisie et de l'Algérie. « On se demande comment un gouvernement peut vouloir faire une politique de force en Algérie et la démentir par une politique de faiblesse en Tunisie et au Maroc », déclare-t-il, en faisant allusion à l'indépendance que les deux anciennes colonies françaises viennent d'obtenir en mars. La même année, il dépose une proposition de loi tendant à faire accorder le statut de pupille de la nation aux enfants algériens devenus orphelins depuis le 1er octobre 1954 par suite des tensions.

En janvier 1958, il démonte, à la tribune, les contradictions du nouveau projet de loi-cadre pour l'Algérie qui veut organiser une sorte de fédération algérienne étroitement associée à la France. Marcel Rogier s'oppose notamment aux lois électorales contenues dans ce statut, avec une idée force : il y a un paradoxe à affirmer le principe du collège électoral unique en Algérie tout en affirmant le droit de chaque communauté à une représentation authentique et équitable. Et le sénateur de conclure : « L'idéal profond des Algériens, qu'ils soient Français d'origine ou, je crois pouvoir l'affirmer sans crainte d'être démenti, musulmans, c'est la fraternité complète avec la métropole, c'est l'égalité des droits dans l'égalité des devoirs. »

Sur le terrain, la situation se dégrade tragiquement, mais Marcel Rogier continue de croire à l'Algérie française. Après la journée du 13 mai 1958, à Alger, au cours de laquelle le général Massu canalise au nom de l'armée l'émeute des Français d'Algérie, le sénateur n'hésite pas à lancer, lors de la discussion sur l'attribution de « pouvoirs spéciaux » à l'armée: « Je suis certain, et je l'affirme du haut de cette tribune, que dans l'esprit d'aucun Algérien il n'a jamais été question de sécession. »

Les 2 et 3 juin, il vote pour le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs et en faveur de la révision constitutionnelle. Le général de Gaulle, revenu aux affaires le 29 mai, représente en effet pour lui le « sursaut national » qui donnera, par référendum, des institutions nouvelles à l'Algérie « à l'intérieur desquelles elle aura, comme les autres Français auront, ses représentants » (« L'Algérie a décidé de rester française », France Indépendante, 1er octobre 1958).

Marcel Rogier meurt le 3 février 1977 à l'âge de 72 ans. Il était chevalier de la Légion d'honneur.

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Photo de M. Marcel ROGIER,
Appartenance politique
Groupe des Républicains Indépendants
Etat-civil
Né le 25 juin 1904
Décédé le 3 février 1977
Profession
Avocat
Département
Alger