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ROTINAT Vincent

Ancien sénateur de l'Indre

Election

  • Elu le 8 décembre 1946
  • Réélu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 19 juin 1955
  • Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

ROTINAT (VINCENT), né le 10 juillet 1888 à Briantes (Indre).

Député de l'Indre de 1936 à 1942.

Instituteur, Vincent Rotinat se distingua au cours du premier conflit mondial, et fut décoré de la croix de guerre.

Professeur au collège de La Châtre de 1919 à 1936, il se présenta aux élections législatives de 1932 dans la circonscription de La Châtre sous l'étiquette radicale. Battu d'extrême justesse par Fougère, député depuis 1910, il fut élu au second tour des élections de 1936. Il obtint alors 7.340 voix contre 6.837 à Nastorg (qui l'avait devancé au premier tour) et 1.331 à Chantraine, Fougère ne se représentant pas.

A la Chambre des députés, Rotinat fut membre de la commission des P.T.T., de la commission des pensions civiles et militaires et de la commission de l'armée. Ses interventions portèrent pour l'essentiel sur le sort des anciens combattants et, après la déclaration de guerre, il se préoccupa du bien-être des troupes.

Rotinat vota l'investiture des gouvernements Blum (6 juin 1936) et Daladier (12 avril 1938). Il ne prit pas part au vote qui suivit la constitution du gouvernement Paul Reynaud et vota le 10 juillet 1940 la loi déléguant au maréchal Pétain les pouvoirs constitutionnels.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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1940-1958

ROTINAT (Vincent)

Né le 10 juillet 1888 à Briantes (Indre)

Décédé le 14 mars 1975 à La Châtre (Indre)

Député de l'Indre de 1936 à 1942

Conseiller de la République puis sénateur de l'Indre de 1946 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VIII, p. 2901)

Vincent Rotinat vote, le 10 juillet 1940, en faveur de l'octroi des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Après la seconde guerre mondiale, il est réélu en septembre 1945 conseiller général du canton de Neuvy-Saint-Sépulcre dans l'Indre. En novembre de la même année, il devient vice-président du Conseil général, et, en décembre 1946, les électeurs de l'Indre le portent au Conseil de la République sur la liste radicale-socialiste.

A son arrivée au Palais du Luxembourg, Vincent Rotinat est nommé membre de la commission du règlement, de la commission de la défense nationale - qu'il préside de 1951 à 1958 - et de la commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions. En 1949, il est en outre nommé membre de la commission des pensions (pensions civiles et militaires et des victimes de la guerre et de l'oppression), et, en 1956, de la commission du travail et de la sécurité sociale.

La grande affaire de Vincent Rotinat, c'est la question militaire. Il démarre son mandat en intervenant dans le débat sur la revalorisation de la retraite du combattant, discute de l'appel sous les drapeaux de la classe 1948, s'intéresse à l'ouverture de crédits provisoires pour les dépenses militaires en 1949, et, en 1950, demande au ministre de la Défense nationale comment il entend remplir toutes ses obligations concernant plus particulièrement la sécurité de la métropole et de l'Union française, le maintien de l'ordre dans ces territoires et les engagements internationaux. En 1953, il récidive en interrogeant ce même ministre sur les mesures qu'il compte prendre pour doter la France de l'armée correspondant à sa politique.

En 1955, Vincent Rotinat rend un rapport sur la situation militaire tendue en Algérie. En 1956, alors qu'au Maghreb, le Maroc et la Tunisie viennent d'accéder à l'indépendance, et que le conflit s'intensifie en Algérie, le président de la commission de la défense nationale présente un rapport sur « l'état des problèmes de défense en Afrique noire ». Dans sa conclusion, il met en avant l'importance cruciale d'une ligne politique ferme pour diriger l'action militaire. « Le renforcement de notre effectif militaire est une chose nécessaire et excellente », écrit-il. « Mais tout cela est vain et bon à être jeté aux orties dans la mesure où l'effort militaire ne sera pas soutenu par une politique gouvernementale claire et énergique de l'ensemble des questions de l'Union française. (...) L'exécutant est hors de question : c'est maintenant au politique de comprendre son devoir et de le remplir. »

Vincent Rotinat prend également des initiatives sur le plan législatif. En 1951, il dépose une proposition de résolution pour la création d'une médaille de Corée afin de distinguer le bataillon français de l'ONU combattant dans ce pays. En 1952, il présente un avis sur le développement des crédits affectés aux dépenses de fonctionnement et d'équipement des services militaires pour l'exercice 1952 et, en 1954, dépose une proposition de résolution sur la création d'une commission de coordination pour l'examen des problèmes intéressant l'Indochine.

Les 2 et 3 juin 1958, Vincent Rotinat vote pour le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs et en faveur de la révision constitutionnelle.

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Ve République

ROTINAT (Vincent)

Né le 10 juillet 1888 à Briantes (Indre) Décédé le 14 mars 1975 à La Châtre (Indre)

Député de l'Indre de 1936 à 1942

Sénateur de l'Indre de 1946 à 1971

Représentant l'Indre au Palais du Luxembourg depuis 1946, Vincent Rotinat sollicite un nouveau mandat de sénateur lors des élections du 26 avril 1959. Avec 387 voix sur 716 suffrages exprimés, il est réélu dès le premier tour. Il est reconduit avec une marge encore plus grande lors des élections du 23 septembre 1962, obtenant 521 voix sur 690, dès le premier tour de scrutin. En 1959 comme en 1962, son colistier Roger Morève, maire de Mézières-en-Brenne, est lui aussi élu, confirmant ainsi l'emprise radicale dans le département de l'Indre.

Au Sénat, Vincent Rotinat siège au sein du groupe de la Gauche démocratique dont il occupe la vice- présidence de 1961 à 1968. A l'occasion de ses mandats, il vote la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie (1960), la loi portant réforme des régimes matrimoniaux (1965), et la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances (1967).

Président de la commission de la défense nationale depuis 1951 au Conseil de la République, Vincent Rotinat est de nouveau désigné en 1959 pour diriger cette commission à laquelle sont désormais rattachées les affaires étrangères et les forces armées. Jusqu'en 1968, date à laquelle il abandonne cette présidence - il continue de siéger au sein de la commission jusqu'en 1971 -, il y consacre toute son activité parlementaire. Il ne néglige aucun sujet et s'intéresse aussi bien aux affaires étrangères qu'aux questions militaires. Ainsi, lors de la discussion annuelle du projet de loi de finances, il formule des observations à la fois sur le budget du ministère des Affaires étrangères et sur celui du ministère des Armées.

Sur le plan extérieur, Vincent Rotinat se montre dans l'ensemble favorable à la politique d'indépendance nationale menée par le général de Gaulle, bien qu'il s'oppose le plus souvent à ce dernier sur les questions intérieures et institutionnelles, et qu'il soutienne la candidature de Jean Lecanuet lors de l'élection présidentielle de 1965. Il intervient régulièrement en séance publique au sujet des principales questions de politique étrangère, à commencer par les ratifications d'accords et de traités internationaux : celui créant une association entre la Communauté économique européenne et la Grèce (1961), celui de l'Elysée, symbole de la réconciliation franco- allemande, qui instaure une coopération entre la France et la République fédérale d'Allemagne (1963), et celui instituant un conseil et une commission uniques des Communautés européennes (1965).

C'est en outre lui qui présente aux sénateurs les rapports d'information sur les missions qu'il a conduites à la tête d'une délégation de la commission des affaires étrangères en Afrique et à Madagascar (1963), en Inde, au Pakistan et en Iran (1964), et en Tchécoslovaquie, en Pologne et en Roumanie (1966). Il est par ailleurs membre de la délégation française qui participe à la session annuelle de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Vincent Rotinat accorde également une attention toute particulière aux questions militaires lorsqu'il préside la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Très marqué par son expérience de combattant de la Grande Guerre, il s'exprime en séance publique sur les sujets militaires les plus divers : la loi de programme relative à certains équipements militaires (1960), la modernisation des armements,

l'accès des Français musulmans à certains grades militaires, la convention avec Israël pour le service militaire des doubles nationaux (1961), le statut des objecteurs de conscience (1963), le service national, la modification de la structure des régions militaires (1965) ou l'évacuation par l'armée française de la base algérienne de Mers el-Kébir (1967). Il s'attache plus particulièrement à défendre la cause des sous-officiers d'active et reproche notamment en 1964 au ministre des Armées, Pierre Messmer, de n'avoir rien entrepris pour améliorer leur condition.

En 1971, âgé de quatre-vingt-trois ans et alors doyen du Sénat, Vincent Rotinat choisit de ne pas se représenter aux élections sénatoriales du 26 septembre. Trente-cinq ans après sa première élection à la Chambre des députés, il se retire donc de la scène parlementaire et quitte le Palais du Luxembourg.

Toutefois, la fin de sa carrière parlementaire n'entraîne pas celle de sa carrière politique locale, à laquelle il a constamment accordé une place primordiale. Jusqu'à son décès, Vincent Rotinat continue en effet de jouer un rôle essentiel dans le département de l'Indre, dont il est une figure politique emblématique depuis les années

1930, et y conserve ses mandats. Maire de Briantes, sa commune natale, depuis 1953, il n'abandonne cette fonction qu'en 1973 mais continue de siéger au conseil municipal. De même, réélu encore au premier tour aux élections cantonales de 1973 dans le canton de Neuvy-Saint-Sépulchre, il préside le Conseil général de l'Indre - à la tête duquel il se trouve depuis 1951 - jusqu'à son décès. C'est à son domicile de La Châtre, que Vincent Rotinat, commandeur de la Légion d'honneur et officier des Palmes académiques, s'éteint à l'âge de quatre- vingt-six ans.

Sources :

- dossier personnel de sénateur (archives du Sénat)

- Jean-Louis Laubry, « Vincent Rotinat, un homme du terroir », in Gilles Le Béguec et Denis Peschanski, Les élites dans la tourmente, Du Front Populaire aux années cinquante, Paris, CNRS Editions, 2000, p. 131-138.

- La Nouvelle République du Centre-Ouest

- Pascal-Raphaël Ambrogi et Jean-Pierre Thomas, Sénateurs, 1891-2001. Dictionnaire des parlementaires de la Gauche démocratique et du Rassemblement démocratique et social européen, Anglet, Atlantica, 2001.

- Who's who in France (plusieurs éditions)

- L'Année politique (plusieurs éditions)

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Photo de M. Vincent ROTINAT,
Appartenance politique
Groupe de la Gauche Démocratique et du Rassemblement des Gauches Républicaines
Etat-civil
Né le 10 juillet 1888
Décédé le 14 mars 1975
Profession
Professeur de collège
Département
Indre