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ROUBERT Alex

Ancien sénateur élu(e) par l'Assemblée Nationale
  puis des Alpes-Maritimes

Election

  • Elu le 8 décembre 1946 (élu(e) par l'Assemblée Nationale)
  • Réélu le 7 novembre 1948 (élu(e) par l'Assemblée Nationale)
  • Réélu le 19 juin 1955 (Alpes-Maritimes)
  • Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

ROUBERT (Alexandre, Hyacinthe, Marie, dit Alex)

Né le 12 juin 1901 à La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes)

Décédé le 14 janvier 1980 à La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante

Conseiller de la République puis sénateur des Alpes-Maritimes de 1946 à 1971

Les élections sénatoriales du 26 avril 1959 sont particulièrement disputées dans les Alpes-Maritimes. Neuf des 13 candidats qui sollicitent les suffrages des électeurs siègent ou ont siégé au Parlement. Le sortant Alex Roubert recueille 308 voix sur 895 au 1er tour, puis est confirmé dans son mandat par 446 grands électeurs sur 886. Les autres élus sont Joseph Raybaud et l'ancien garde des Sceaux Emile Hugues. Alex Roubert retrouve le groupe socialiste et la présidence de la Commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation du Sénat après ce succès. Il conserve cette responsabilité jusqu'en 1971.

C'est sur le terrain du respect de la Constitution que le sénateur des Alpes-Maritimes s'oppose volontiers à l'exécutif au début de la Ve République. Il ne juge pas conforme à la lettre de la loi fondamentale que le Gouvernement garde par exemple la liberté d'inscrire, dans les projets de loi de finances annuels, des autorisations de programme correspondant à des crédits supérieurs à ce qui avait été prévu pour les différents chapitres des lois de programmes (séance du 20 juillet 1959). Il est interrogé à plusieurs reprises sur la recevabilité d'amendements d'origine parlementaire, dont l'adoption se traduirait par une augmentation des charges publiques, et leur oppose les dispositions de l'article 40 de la Constitution. Très attentif aux difficultés budgétaires que connaissent nombre de collectivités locales, Alex Roubert demande, le 22 mai 1962, au ministre des affaires culturelles, André Malraux, de retirer de l'ordre du jour du Sénat une proposition de loi de l'élu parisien Bernard Lafay, qui envisageait de rendre « obligatoire et effective la participation des collectivités publiques aux frais d'entretien et de réparation des édifices de leur domaine classés monuments historiques ». Il juge en effet ce texte « dangereux » car il « imposerait aux communes, sans qu'elles puissent en discuter, des charges que certaines ne pourraient supporter ».

L'attention du président de la commission des finances du Sénat n'est pas seulement mobilisée par les questions de technique budgétaire. A l'automne 1960, il s'émeut ainsi, comme ses collègues des Alpes- Maritimes, Joseph Raybaud, et Emile Hugues, ou le sénateur de Seine-et-Oise, Edouard Bonnefous, du projet d'immersion dans la mer Méditerranée de 6 500 fûts de déchets radioactifs provenant de l'usine atomique de Marcoule. La consultation des autres pays européens étant nécessaire avant de procéder à ce que les autorités françaises présentent comme une « expérience », les autorités de l'Euratom ont été conduites à lui donner leur accord, mais uniquement sous réserve que « l'opération ne présente pas de risque de contamination radioactive significatif du point de vue sanitaire des eaux, du sous-sol ou de l'espace aérien d'un autre Etat membre ». Alex Roubert résume avec humour cet avis, en feignant de s'exprimer au nom de l'Euratom devant ses collègues sénateurs : « comme c'est dangereux, faites-le si vous voulez mais de telle façon qu'aucun Etat membre de l'Euratom autre que la France ne puisse à aucun moment être touché par les dangers que vous allez susciter ». Il se fait le porte-parole des élus locaux de la Côte d'Azur, qui craignent que ce projet ruine « l'essor touristique » de la région et invite le Gouvernement à pratiquer cette expérience sur une autre partie du territoire français (séance du 3 novembre 1960). C'est à nouveau en défenseur des intérêts des Alpes-Maritimes qu'il prend la parole lors de la discussion du budget des affaires culturelles pour 1962. Il souligne alors que la qualité des spectacles présentés à Nice a fait « des progrès très considérables [...] ces dernières années, sous l'égide de M. Jean Médecin » mais appelle le Gouvernement à consentir un effort financier supplémentaire en faveur des théâtres et des compagnies théâtrales de province (séance publique du 21 novembre 1961).

Alex Roubert, qui a voté les pouvoirs spéciaux au Gouvernement pour ramener l'ordre en Algérie au lendemain de la semaine des barricades (3 février 1960), emmène la « liste des sénateurs sortants » aux élections sénatoriales du 23 septembre 1962. Il y est réélu dès le 1er tour avec 530 voix sur 871 (60,9%).

Le président socialiste de la commission des finances livre sa conception du contrôle parlementaire sur le budget de la Nation à l'occasion de la séance du 30 janvier 1963 en affirmant qu'il ne saurait se réduire à un contrôle comptable. Il précise que « le rôle de la commission des finances n'est pas de vérifier si les additions sont justes ou si les crédits inscrits comportent un zéro de trop ou de moins », mais bien de s'assurer que « les crédits attribués l'année précédente ont été correctement dépensés » et que « la politique promise a été parfaitement suivie ». Ce contrôle excède nettement les questions de pure « technique » : « il ne peut ?au contraire? être exercé sans une incursion plus ou moins prononcée dans le domaine de la politique ». Alex Roubert prend la parole à l'issue de la discussion sur la 2e partie de la loi de finances pour 1963 pour souhaiter qu'à l'avenir « les débats budgétaires [...] ne se déroulent pas en l'absence des ministres responsables ». Depuis que le président du Sénat Gaston Monnerville s'est opposé avec vigueur à l'élection du président de la République au suffrage universel direct, à l'automne 1962, les relations entre la Haute assemblée et l'exécutif se sont en effet dégradées. Les ministres assistent certes aux travaux des commissions du Sénat lorsqu'y sont examinés des textes qui intéressent leur portefeuille, mais ils désertent les séances publiques du Sénat à partir de la fin 1962. Cette situation, qui voit un secrétaire d'Etat - Robert Boulin, chargé des relations avec le Parlement en février 1963 par exemple - représenter le Gouvernement pendant l'ensemble des débats sur le projet de loi de finances, ne laisse pas d'indigner une majorité de sénateurs.

Le sénateur des Alpes-Maritimes prend position dans le débat, récurrent dans les années 1960-1970, sur les problèmes de l'information. La discussion du nouveau statut de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) lui permet de dire son inquiétude sur la situation des radios publiques. Il croit pouvoir remarquer que « tout se passe comme si on avait eu la volonté délibérée de favoriser les postes périphériques » au détriment de l'ORTF. Il s'empresse du reste d'ajouter que les postes périphériques « relèvent du Gouvernement d'une façon à peu près directe par la Société financière de radiodiffusion (SOFIRAD) » ou « par les organismes de publicité qui sont liés à l'Etat » (séance du 11 juin 1964). Quelques mois plus tard et alors que s'achève la première partie de la discussion du budget pour 1965, Alex Roubert s'étonne de certains commentaires de « la radio-télévision », « soulignant que le Sénat a mis en pièces le projet du Gouvernement ». Il note en effet que « trente fascicules de dépenses civiles ont été adoptées conformes sur un total de trente- quatre ». Le Sénat n'a en effet rejeté « que » le titre III du budget de l'agriculture, le budget des affaires algériennes, modifié le titre VI du budget de la construction et rejeté les crédits destinés à la force de frappe. A cette occasion, Alex Roubert met à nouveau l'accent sur la possibilité, pour le Parlement, de prendre des positions « politiques » et non strictement « comptables » lors de l'examen du budget (séance du 26 novembre 1964).

Défenseur convaincu des prérogatives du Sénat, Alex Roubert dénonce souvent l'attitude d'un Gouvernement qui montre peu de considération pour la Chambre haute. Il approuve néanmoins la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965) ainsi que la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967). Comme l'ensemble de ses camarades socialistes, il prend position en faveur du « non » pour le référendum portant sur la réforme du Sénat et la régionalisation, au printemps 1969.

A l'été 1969, le sénateur des Alpes-Maritimes est mis en cause par une partie de la presse dans le dossier du krach de la banque Martinon, à Nice. Affecté peut-être par cette affaire ou désireux de se consacrer à son mandat de maire de La Colle-sur-Loup, Alex Roubert ne se représente pas aux élections sénatoriales du 26 septembre 1971. La mort du radical Emile Hugues en 1966, le retrait d'Alex Roubert et l'échec du sortant Paul Massa aux élections sénatoriales du 26 septembre 1971 valent comme symboles du déclin de la gauche dans les Alpes-Maritimes. Modéré à la fin des années 1930, le département avait ensuite connu une très forte poussée des gauches à la Libération, avant que modérés et gaullistes n'entament une « reconquête » du département sous la Ve République.

C'est dans son village natal qu'Alex Roubert s'éteint à l'âge de 78 ans.

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Photo de M. Alex ROUBERT,
Appartenance politique
Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 12 juin 1901
Décédé le 14 janvier 1980
Profession
Avocat
Département
Alpes-Maritimes