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TAILHADES Edgar

Ancien sénateur du Gard

Election

  • Elu le 7 novembre 1948
  • Réélu le 19 juin 1955
  • Fin de mandat le 26 avril 1959 (Elu(e) sénateur de la cinquième République)

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

TAILHADES (Edgar)

Né le 12 janvier 1904 à Riols (Hérault)

Décédé le 23 juin 1986 à Nîmes (Gard)

Sénateur du Gard de 1948 à 1986

Edgar Tailhades aura accompli, sous les IVe et Ve Républiques, de 1948 à sa mort en 1986, cinq mandats de sénateur. Il a battu dans le Gard le record de longévité au Parlement. Aux élections sénatoriales du 26 avril 1959, les premières de la Ve République, il est élu au premier tour sur la liste d'Union Républicaine qu'il conduit associé à Suzanne Crémieux. Aux élections suivantes, en septembre 1962, ils mènent des listes séparées, lui pour les socialistes et elle pour les radicaux et ne sont élus qu'au second tour. En septembre 1971, ils sont à nouveau inscrits sur une liste commune (intitulée Liste démocrate et socialiste) ; Edgar Tailhadès est élu dès le premier tour. En septembre 1980, il est élu au second tour alors qu'il ne se présentait qu'en troisième position sur la liste socialiste derrière Gilbert Baumet et André Rouvière, élus pour leur part dès le premier tour.

Membre du groupe socialiste du Sénat, il siège à la commission des affaires culturelles de 1959 à 1971, puis à la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du règlement et d'administration générale, dont il sera vice-président à partir de 1983.

Edgar Tailhades est un sénateur très actif aussi bien en commission qu'en séance publique. Dans ses nombreuses interventions, les réformes éducatives et juridiques constituent ses sujets de préoccupations privilégiés.

Fils d'un surveillant général au lycée de garçons de Nîmes, il se spécialise en effet dans les questions scolaires : en 1962, il intervient en tant que rapporteur pour avis au nom de la commission des affaires culturelles sur le développement d'équipement scolaire, universitaire et sportif dans le cadre du 4e plan de développement économique et social. En 1966, il est également membre de la commission de contrôle chargée d'examiner les problèmes d'orientation et de sélection dans le service public de l'enseignement. En 1968, il est rapporteur pour la commission des affaires culturelles sur les enseignements préscolaire, élémentaire et du second degré. Il multiplie les interventions et attire à plusieurs reprises l'attention du ministre de l'Education nationale sur l'insuffisance des crédits, sur les conséquences négatives des réductions de postes d'enseignants, ainsi que sur le retard de la réforme de l'enseignement supérieur. De manière générale, il proteste régulièrement contre les baisses des moyens des services publics.

Parallèlement à ses activités politiques, il poursuit une brillante carrière d'avocat à la Cour d'appel de Nîmes. En 1965 et 1966, il est bâtonnier de l'ordre des avocats de Nîmes. Il met fin à son activité professionnelle en 1975, mais continue à s'intéresser au droit pénal et aux institutions judiciaires dans le cadre sénatorial : au cours de la seule année 1975, il dépose plusieurs rapports sur l'indemnisation des victimes d'infraction, les modifications du droit pénal en matière de répression du proxénétisme, le statut de la magistrature... Son intérêt ne se dément pas par la suite, et il reste très actif dans les domaines de l'indemnisation des victimes d'infractions, de la réforme des professions judiciaires, de la prévention et de la répression des viols, et de la réforme du concours de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM). Ses interventions en séance sont nombreuses : il n'hésite pas à se prononcer contre la Cour de sûreté de l'Etat et à dénoncer l'insuffisance de crédits dans le domaine judiciaire. Ses travaux et ses prises de parole en séance sont remarqués et, à partir de 1983, il est nommé juge titulaire de la Haute Cour de Justice. Du 29 décembre 1983 à juin 1984, il est également chargé d'une mission temporaire auprès du ministre de la Justice Robert Badinter pour mener une étude sur le fonctionnement de l'institution judiciaire. Il remet son rapport sur « la modernisation de l'Institution judiciaire en France » au début de l'année 1985.

Parallèlement à son mandat national, il reste impliqué dans la vie politique de sa région. En mars 1959, il est réélu maire de Nîmes. De 1974 à 1983, il préside le Conseil régional du Languedoc-Roussillon. En juin 1979, il se présente sur une liste conjointe du Parti socialiste et du Mouvement des radicaux de gauche (MRG) aux élections européennes dans sa région. Il évoque à plusieurs reprises les questions locales dans le cadre sénatorial, et souligne régulièrement la détresse de la population des régions minières du nord de l'Hérault. En 1974, il suggère au ministre de l'Industrie d'envisager, face à la crise pétrolière, le recours au bassin houiller des Cévennes. Il défend également les viticulteurs de sa région qui doivent faire face à la concurrence des vins italiens importés à meilleur marché. Il soutient les demandes d'indemnisation des habitants sinistrés par les inondations. Il cherche également à promouvoir le développement économique de sa région en prenant part au débat sur la modernisation du canal du Midi, en soulignant l'importance de la recherche agronomique et en rappelant la nécessité de construire un nouvel hôpital à Nîmes.

Il est cosignataire de plusieurs propositions de loi : sur le contrôle aérien, le 8 mai férié, les discriminations sexistes, la retraite des anciens combattants d'Afrique du Nord, l'organisation régionale du tourisme, la réforme du code électoral. En 1960, il vote la loi autorisant le Gouvernement à prendre, par application de l'article 38 de la Constitution, certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie. En revanche, il se prononce contre la loi portant création et organisation des régions en 1972, et s'abstient de voter l'année suivante la loi d'orientation du commerce et de l'artisanat. En 1981, il est favorable à l'abolition de la peine de mort. En 1982, il s'abstient lors du vote de la loi relative aux droits et libertés de communes, des départements et des régions, mais vote pour la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage.

Le parcours d'Edgar Tailhades est marqué par l'éclectisme des sujets abordés. Elu à l'Académie de Nîmes depuis 1952, il préside l'institution en 1970 et ses nombreuses communications témoignent de sa profonde culture et d'une grande curiosité intellectuelle. Son intérêt pour l'énergie et le tourisme le conduit, en 1982, à représenter le Sénat au sein du comité permanent du Conseil supérieur de l'électricité et du gaz et, en 1983, à siéger au conseil d'administration de l'Agence nationale pour l'information touristique.

Mitterrandiste, candidat à deux reprises à la présidence du Sénat, il est battu par le centriste Alain Poher. Il décède en cours de mandat le 23 juin 1986 à l'âge de 82 ans. Lors de son éloge funèbre, son ancien adversaire politique dépeint un homme à l'« éloquence sobre, mais convaincante, consciencieux dans l'analyse des dossiers, généreux dans l'approche des sujets qui faisaient toujours leur part aux plus humbles et aux plus malchanceux, tolérant, car il savait que la justice doit être marquée par l'humanisme ».

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Photo de M. Edgar TAILHADES,
Appartenance politique
Groupe Socialiste
Etat-civil
Né le 12 janvier 1904
Décédé le 23 juin 1986
Profession
Avocat
Département
Gard