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CORNU André

Ancien sénateur des Côtes-du-Nord

Election

  • Elu le 28 avril 1959
  • Réélu le 2 octobre 1962
  • Fin de mandat le 1er octobre 1971 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des affaires culturelles

Fonctions antérieures

  • Ministre

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires culturelles
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Extraits de la table nominative :

Biographie

1889-1940  (Extrait du «Jean Jolly»)
1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

1889-1940

CORNU (ANDRÉ), né le 27 juin 1892 à Gap (Hautes-Alpes).

Député des Côtes-du-Nord de 1932 à 1936.

Sénateur des Côtes-du-Nord depuis le 7 novembre 1948.

Secrétaire d'Etat aux Beaux-arts du 11 août 1951 au 13 juin 1954.

Fils d'un préfet, André Cornu fit ses études secondaires aux lycées de Carcassonne et de Saint-Brieuc et ses études supérieures à la Faculté de droit de Paris.

Il venait de terminer sa licence en droit lorsque éclata la guerre de 1914-1918. Chef d'escadrille de bombardement, sa brillante conduite lui valut d'être décoré de la Croix de guerre.

Entré dans l'administration préfectorale en 1919 en qualité de chef de Cabinet du Préfet de l'Aude, il devint la même année, Sous-Préfet de Castelnaudary, secrétaire général de la Préfecture du Lot-et-Garonne en 1921, chef adjoint du Cabinet du Ministre des Finances (M. de Lasteyrie) en 1923, Sous-Préfet de Brive la même année, Sous-Préfet de Toul en 1924, chef du Cabinet du Ministre de l'Agriculture (M. Jean Durand) en 1925, chef de Cabinet du Ministre de l'Intérieur (M. Jean Durand) en 1926. Il fut nommé Préfet en 1926, puis la même année, directeur au Ministère de l'Intérieur. En 1928, il en devint le secrétaire général.

Il débuta dans la politique comme député de la 2e circonscription de Saint-Brieuc, à la faveur des élections générales des 1er et 8 mai 1932. Il emporta le siège au deuxième tour de scrutin, par 10.553 voix contre 8.610 à M. de Robien, sur 19.582 votants. Inscrit au groupe de la gauche radicale, il siégea à la Commission de l'administration générale, départementale et communale, à celle d'assurance et de prévoyance sociales, à celle des P. T. T. et à celle de l'aéronautique. En 1933 il fut nommé membre du Comité consultatif des entreprises de capitalisation et d'épargne. Il déploya une activité intense, déposant de nombreuses propositions de loi ou de résolution concernant : le vote de la proposition de loi en instance devant le Sénat, concernant la révision des prix des baux à ferme de longue durée (1935), la fixation, pour l'ensemble de la France, au 1er juillet de chaque année, de l'ouverture des vacances scolaires (1933), la protection des légumes (1933), l'hypothèque légale de la femme mariée (1933), l'assainissement des habitations rurales (1933), la contribution des patentes (1933), la taxe de mouture (1934), l'extension aux marchés forains des exonérations accordées aux voitures publiques et aux véhicules de transports en commun (1934), les demandes en réduction des prix des baux commerciaux (1934), la réduction immédiate des prix des baux à ferme (1934), l'attribution de secours aux victimes des calamités publiques (1935), le délai et les formalités de l'appel (1936) ; il rapporta en outre le projet de loi portant ouverture de crédits supplémentaires pour le renforcement du personnel civil nécessaire à la mise en oeuvre du. plan de rénovation de l'armée de l'air (1935) et émit un avis sur le projet de loi portant ouverture de crédits destinés à permettre l'entretien de suppléments d'effectifs, qu'il soutint à la tribune (1935). Ses interventions furent nombreuses. On peut citer celles se rapportant : aux interpellations sur la politique agricole du Gouvernement (1932), au budget de l'agriculture de l'exercice 1933 (1933), à l'amnistie (1933), à la loi de finances de l'exercice 1934 (1934), à la réforme fiscale (1934), aux grands travaux contre le chômage (1934), au budget de l'éducation nationale de l'exercice 1935 (1934), à l'assainissement du marché des vins (1934), au budget de l'Algérie de l'exercice 1935 (1934), au régime des pensions civiles et militaires (1935), à la convention passée entre l'Etat et la Compagnie générale transatlantique (1935), au budget de l'air de l'exercice 1936 (1935), aux interpellations sur la politique agricole du Gouvernement (1936).

Aux élections générales des 26 avril et 3 mai 1936, il subit un échec au deuxième tour de scrutin. Il n'obtint que 9.879 voix contre 10.344 à M. Alfred Duault qui lui succéda, sur 20.409 votants.

Il dut attendre la Libération pour poursuivre ses activités politiques. Il se fit élire le 30 septembre 1945 conseiller général des Côtes-du-Nord, et présida l'Assemblée départementale du 16 septembre 1946 au 30 septembre 1947.

Aux élections sénatoriales du 7 novembre 1948, il posa sa candidature dans les Côtes-du-Nord et fut élu au deuxième tour de scrutin par 600 voix sur 1.450 votants. Il conserva son siège au renouvellement du 19 juin 1955 au deuxième tour, par 862 voix sur 1.452 votants, à celui du 19 juin 1955 au deuxième tour, par 862 sur 1.452 votants, à celui du 26 avril 1959, au premier tour par 763 voix sur 1.410 votants, enfin à celui du 23 septembre 1962, par 825 voix sur 1.400 votants.

Le 11 août 1951 il devenait Secrétaire d'Etat aux Beaux-arts dans le deuxième Cabinet René Pleven et le resta dans le Cabinet Edgar Faure du 20 janvier 1952, dans le Cabinet Antoine Pinay du 14 mars 1952, dans le Cabinet René Mayer du 10 janvier 1953, enfin dans le Cabinet Laniel du 2 juillet 1953. Il démissionna le 13 juin 1954 avec la chute du Ministère. En cette qualité, il soutint les budgets successifs de son Secrétariat d'Etat et défendit avec opiniâtreté les intérêts de la Manufacture de Sèvres, du Conservatoire national de musique, des Ecoles départementales, des tapisseries d'Aubusson, des monuments historiques, des théâtres nationaux, etc., et donna tout son coeur à la restauration du Château de Versailles.

Il est membre de l'Association des cadres de l'administration préfectorale, administrateur de la Société d'investissements de Paris et des Pays-Bas, administrateur de la Société des mines de Zellidja, administrateur de la Compagnie française des câbles télégraphiques, administrateur de la Société de l'accumulateur Fulmen et administrateur de la Compagnie sucrière.

Il écrivit dans La France active, revue mensuelle du Parlement (numéro d'avril-mai 1933), une étude sur les Côtes-du-Nord qui eut un grand succès littéraire local.

Il fut directeur de l'hebdomadaire Marianne en 1938.

Au début du mois de juin 1962, il fut élu à l'Académie des Beaux-arts dans la section des membres libres, en remplacement de M. Louis Réau décédé. Il conquit son siège au premier tour de scrutin par 29 voix contre 9 à M. Pierre Bertin.

Il fut Président de la Fédération radicale-socialiste des Côtes-du-Nord et s'affilia en 1958 à l'Union démocratique fondée par M. René Pleven.

Maire d'Erquy (Côtes-du-Nord) M. André Cornu est Commandeur de la Légion d'honneur.

Extrait du « Dictionnaire des Parlementaires français », Jean Jolly (1960/1977)

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1940-1958

CORNU (André)

Né le 27 juin 1892 à Gap (Hautes-Alpes)

Décédé le 5 février 1980 à Cannes (Alpes-Maritimes)

Député des Côtes-du-Nord de 1932 à 1936

Sénateur des Côtes-du-Nord de 1948 à 1958

Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts du 11 août 1951 au 8 mars 1952, puis du 10 janvier 1953 au 19 juin 1954

Secrétaire d'Etat à l'Education nationale du 14 mars 1952 au 8 janvier 1953

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, p. 1137 et 1138).

A la Libération, André Cornu est élu à Pléneuf aux cantonales de septembre 1945 et préside le conseil général des Côtes-du-Nord de septembre 1946 à septembre 1947.

Il se présente alors dans les Côtes-du-Nord aux sénatoriales du 7 novembre 1948, en troisième position de la liste d'Union républicaine, du RGR et du RPF, qui remporte les trois sièges à pourvoir ; lui-même recueille, au deuxième tour, 600 voix sur 1 444 suffrages exprimés.

Membre du groupe du RGR, il siège à la Commission de l'intérieur et à celle de la presse.

Défenseur actif des intérêts de son département par le dépôt notamment de nombreuses propositions de résolution invitant le Gouvernement à lui consacrer différentes aides, il intervient également dans plusieurs textes financiers et budgétaires. Partisan d'un accroissement des initiatives locales, il participe à l'organisation des Etats généraux des communes de France pour le développement des libertés locales.

Elu président de la Commission de l'intérieur en janvier 1951, il est nommé, en août suivant, secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts dans le cabinet Pleven, et reconduit dans ces fonctions dans les cabinets Faure, Mayer et Laniel ; Antoine Pinay le nomme, quant à lui, secrétaire d'Etat à l'Education nationale de mars 1952 à janvier 1953.

Il mène à la tête du secrétariat aux Beaux-Arts une politique dynamique et inventive, qui s'attache à rénover tous les aspects de la vie culturelle. Une de ses premières décisions est de confier la direction du TNP à Jean Vilar; mais il se consacre également à la restauration d'un patrimoine monumental bien délaissé jusque là, dont les châteaux de Vincennes et de Versailles, la basilique Saint-Denis, la cathédrale de Strasbourg. Il crée également la Caisse nationale des lettres, rénove le Conservatoire national de musique, relance l'activité des manufactures de Sèvres et d'Aubusson. Son ascendant sur la classe politique est tel que le parti radical le désigne comme son candidat à l'élection présidentielle de décembre 1953, mais il décide de se retirer avant l'ouverture du scrutin.

Reconduit au conseil général en 1951, maire d'Erquy depuis 1953, André Cornu est facilement réélu le 19 juin 1955, sur la liste d'Union républicaine des indépendants et paysans, patronnée par le RGR, l'UDSR et le parti radical socialiste, qui regroupe les trois sénateurs sortants. Tous trois sont reconduits, André Cornu obtenant, pour sa part, au deuxième tour, 862 voix sur 1438 suffrages exprimés.

Il siège alors à la Commission de l'intérieur, et à la Commission de l'éducation nationale, dont il est le rapporteur pour le projet de loi sur la propriété littéraire et artistique, en 1956. Puis il participe, en 1957 et 1958, comme rapporteur de la Commission de l'intérieur, aux discussions sur le rétablissement de l'ordre en Algérie, et sur les institutions algériennes.

Les 2 et 3 juin 1958, il vote en faveur des pleins-pouvoirs et de la révision constitutionnelle.

Il est réélu aux sénatoriales du 26 avril 1959.

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Ve République

CORNU (André)

Né le 27 juin 1892 à Gap (Hautes-Alpes)

Décédé le 5 février 1980 à Cannes (Alpes-Maritimes)

Député des Côtes-du-Nord de 1932 à 1936

Sénateur des Côtes-du-Nord de 1948 à 1971

Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts du 11 août 1951 au 8 mars 1952, puis du 10 janvier 1953 au 19 juin 1954

Secrétaire d'Etat à l'Education nationale du 14 mars 1952 au 8 janvier 1953

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome III, pp. 1137-1138, et deuxième partie dans le dictionnaire des parlementaires français 1940-1958, tome III, pp. 191-192)

André Cornu sollicite un nouveau mandat de sénateur des Côtes-du-Nord lors des élections du 26 avril 1959. Candidat sur une liste d'Union, il est réélu dès le premier tour avec 743 voix sur 1 410 suffrages exprimés. Il est ensuite de nouveau aisément reconduit le 23 septembre 1962 dès le premier tour, recueillant 825 voix sur 1 387 suffrages exprimés.

Au Sénat, André Cornu s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique. Nommé au sein de la commission des affaires culturelles en mai 1959, il y siége jusqu'en septembre 1971. Il en assure la vice-présidence d'avril 1967 à septembre 1971. Il est par ailleurs juge titulaire à la Haute Cour de Justice de 1959 à 1971.

Ayant particulièrement oeuvré à la restauration de monuments historiques lors de son passage au secrétariat d'Etat aux Beaux-Arts de 1951 à 1953, il continue de suivre de près cette question au Palais du Luxembourg sous la Ve République. Il rapporte ainsi au nom de la commission des affaires culturelles le budget des monuments historiques et des sites dans le cadre de la discussion du projet de loi de finances. Il est également l'auteur de plusieurs rapports concernant les monuments historiques au nom de la commission des affaires culturelles. En 1961, il est le rapporteur de la proposition de loi de Bernard Lafay tendant à rendre obligatoire la participation des collectivités publiques aux frais d'entretien et de réparation des édifices. En 1962 et en 1967, il présente un avis sur les projets de loi de programme relatifs à la restauration de grands monuments historiques.

Les questions d'enseignement retiennent également toute son attention. En 1966, il est ainsi nommé membre de la commission de contrôle chargée d'examiner les problèmes d'orientation et de sélection dans le service public de l'enseignement. Surtout, en 1968, c'est lui qui est chargé au Sénat de rapporter le projet de loi d'orientation de l'enseignement supérieur.

Elu breton, André Cornu se préoccupe en 1969 du sort des pensionnés de la marine marchande et de la pollution marine provoquée par l'accident de navires. Parmi ses autres sujets de prédilection figurent  la politique agricole et les infractions en matière de construction d'immeubles.

Mais au Sénat, de 1959 à 1971, André Cornu s'affirme avant tout comme un opposant résolu au général de Gaulle et à sa pratique présidentialiste du pouvoir. Il interpelle ainsi le Premier ministre Michel Debré en novembre 1959 sur une interprétation extensive des pouvoirs du président de la République. S'il vote en février 1960 pour la loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie, il regrette par la suite l'absence d'indemnisation des biens français nationalisés par l'Etat algérien au mépris des accords d'Evian. Il dénonce en outre en 1962 le manque d'objectivité de l'ORTF.

Désireux de manifester son opposition au général de Gaulle, André Cornu annonce en juin 1964 sa candidature pour l'élection présidentielle prévue en décembre 1965. Il doit cependant renoncer en avril 1965 à la suite d'un grave accident d'équitation qui le maintient immobilisé plusieurs mois. En 1969, il soutient la candidature du président du Sénat Alain Poher à la présidence de la République, contre celle du gaulliste Georges Pompidou. Il prend même la tête de son comité de soutien dans les Côtes-du-Nord.

A la tribune du Sénat, André Cornu concentre à deux reprises ses attaques contre le pouvoir gaulliste sur le propre fils du général de Gaulle, le capitaine de vaisseau Philippe de Gaulle. En décembre 1967, il demande que des sanctions disciplinaires soient prises contre lui pour des commentaires politiques prononcés sur le navire de guerre qu'il commandait. A l'occasion de cette intervention, André Cornu dresse le tableau d'un « régime de monarchie absolue », de « pouvoir personnel », dans lequel n'existent « ni Parlement ni Gouvernement ». En avril 1971, il s'en prend une seconde fois à Philippe de Gaulle, dénonçant son intervention lors de la campagne des élections municipales.

Malgré ses critiques récurrentes de la politique gaulliste, il vote en 1965 pour la loi portant réforme des régimes matrimoniaux, puis en 1967 pour la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances.

Après avoir choisi en 1964 de ne pas solliciter un nouveau mandat de conseiller général du canton de Pléneuf (Côtes-du-Nord), André Cornu, membre du comité directeur du parti radical-socialiste depuis décembre 1970, se retire définitivement de la politique en 1971 : il quitte en mars la mairie d'Erquy (Côtes-du-Nord) qu'il dirigeait depuis 1953, puis en septembre de la même année décide de ne pas se représenter aux élections au Sénat. Sa carrière sénatoriale prend ainsi fin après vingt-trois ans de présence ininterrompue au Palais du Luxembourg. Par la suite, inculpé de fraude fiscale en décembre 1971, il est condamné en 1974 à six mois de prison avec sursis.

Il continue de siéger à l'Académie des Beaux-Arts, ayant été élu membre de l'Institut en juin 1962, au fauteuil de Louis Réau, dans la section des membres libres. Il est par ailleurs administrateur de la Compagnie sucrière, de la Société d'investissement de Paris et des Pays-Bas, de la Société des accumulateurs Fulmen, ainsi que de la Société des Mines de Zellidja.

Commandeur de la Légion d'honneur, il publie ses mémoires, Mes Républiques indiscrètes, en 1976.

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Photo de M. André CORNU, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 27 juin 1892
Décédé le 5 février 1980
Profession
Industriel
Département
Côtes-du-Nord