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DILAIN Claude

Ancien sénateur de la Seine-Saint-Denis

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 25 septembre 2011
  • Fin de mandat le 3 mars 2015 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire du Sénat

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires sociales
  • Membre du Groupe socialiste et apparentés

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

DILAIN (Claude)

Né le 12 août 1948 à Saint-Denis (Seine)

Décédé le 3 mars 2015 à Paris

Sénateur de la Seine-Saint-Denis de 2011 à 2015

Claude Dilain voit le jour le 12 août 1948 à Saint-Denis, dans le quartier populaire du Bel-Air. Fils d'un ouvrier gazier qui parvient à gravir les échelons chez GDF-EDF jusqu'à devenir cadre, il effectue des études de médecine à Paris. En 1978, après l'obtention du doctorat, il ouvre un cabinet de pédiatrie à Clichy-sous-Bois, à l'est du département de la Seine-Saint-Denis. Il est pendant longtemps le seul médecin pédiatre de cette commune déshéritée.

C'est également à Clichy-sous-Bois qu'il s'engage dans la vie publique. Membre du Parti socialiste à partir de 1988, il devient conseiller municipal en 1989 et 1990. Après avoir échoué aux élections cantonales au Raincy en 1992, il se présente aux élections municipales à Clichy-sous-Bois en 1995 à la tête d'une liste d'union de la gauche. Il parvient alors à conquérir la mairie de sa ville d'adoption : il l'emporte au second tour avec 240 voix d'avance sur le sortant de droite Gérard Probert. Réélu dès le premier tour en 2001 et 2008, il administre Clichy-sous-Bois jusqu'en octobre 2011. Tout en continuant à exercer son métier de médecin jusqu'en 2013, il oeuvre sans relâche pour réduire les maux dont souffre cette commune. Il parvient à équilibrer son budget. Il s'emploie aussi à désenclaver une ville pourtant située à seulement quinze kilomètres au nord-est de Paris en obtenant l'arrivée du tramway. Surtout, il lutte inlassablement contre la grande pauvreté et lance un grand plan de rénovation urbaine.

La mort de deux adolescents par électrocution dans un transformateur après une course-poursuite avec des policiers le 27 octobre 2005 qui embrase Clichy-sous-Bois puis gagne les banlieues en France le bouleverse. Constamment présent sur le terrain pendant les trois semaines que durent ces émeutes urbaines, il devient le porte-parole des banlieues déshéritées. Il n'a dès lors de cesse d'alerter les pouvoirs publics sur leurs difficultés. Après avoir publié Chronique d'une proche banlieue en 2006, il écrit une tribune retentissante dans Le Monde en 2010. Il y exprime sa « honte d'être le représentant impuissant de la République française » et interpelle les pouvoirs publics sur les problèmes des « banlieues les plus difficiles ».

Il est par ailleurs élu conseiller général du Raincy en 1998. Il doit cependant céder ce siège en 2004 à l'UMP Ludovic Toro avant de le retrouver en 2011. Également conseiller régional d'Ile-de-France en 1998 et 1999, il vice-préside le Conseil national des villes de 2002 à 2006 et préside l'association des maires Ville et banlieue de France de 2008 à 2011.

Le 25 septembre 2011, il se présente aux élections sénatoriales. Troisième sur la liste de gauche conduite par le maire de Bondy Gilbert Roger qui, avec 842 des 2 006 suffrages exprimés, obtient trois sièges, il est élu sénateur de la Seine-Saint-Denis. Partisan du non-cumul des mandats, il démissionne de son mandat de maire. Il lance du reste en 2012 un appel de parlementaires afin de mettre fin à ce cumul.

Au Palais du Luxembourg, il siège au sein du groupe socialiste. Il est membre des commissions des affaires économiques de 2011 à 2014 puis des affaires sociales à partir de 2014. Élu secrétaire du Sénat en 2014, il est également membre de la délégation sénatoriale à la prospective de 2011 à 2013 ainsi que de la commission sénatoriale pour le contrôle de l'application des lois de 2011 à 2014.

Le logement et la politique de la ville occupent l'essentiel de ses préoccupations au Sénat, dans la continuité de l'action qu'il a menée à Clichy-sous-Bois. Rapporteur pour avis du budget du logement en 2011, il rapporte ensuite celui de l'égalité des territoires, du logement et de la ville en 2012 et 2013 de même que la loi sur l'accès au logement et un urbanisme rénové en 2013. Cette même année, il est rapporteur des projets de loi relatifs à la modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles ainsi qu'à la programmation pour la ville et la cohésion urbaine. Il se fait alors l'avocat d'une meilleure répartition des dépenses et des charges entre les communes de banlieue. Toujours en 2013, il remet un rapport sur les copropriétés dégradées à la ministre du Logement Cécile Duflot. Il avait également cosigné en 2012 avec Gérard Roche un rapport d'information qui mettait en lumière les limites de l'application de la loi ayant institué le droit au logement. Membre de la Commission nationale consultative des gens du voyage, il est rapporteur pour avis en 2013 du texte qui renforce les sanctions prévues dans le cadre de leur accueil et de leur habitat.

Son expertise sur logement et la politique de la ville le conduit également à prendre régulièrement la parole sur ces questions. Il s'exprime notamment en 2012 au cours de la discussion du projet de loi sur la mobilisation du foncier public en faveur du logement. Il siège aussi au sein de différentes instances spécialisées : l'Observatoire national des zones urbaines sensibles, la Commission du programme national de requalification des quartiers anciens dégradés, la Commission nationale chargée de l'examen du respect des obligations de logements sociaux et le Comité de liaison pour l'accessibilité des transports et du cadre bâti. En 2014, il devient président du conseil d'administration de l'Agence nationale de l'habitat.

Son action au Sénat ne se réduit toutefois pas au logement dans les banlieues populaires. Il se soucie aussi de sujets aussi divers que l'exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle, l'industrie automobile, la biologie médicale, le mariage des couples de personnes de même sexe, la délimitation des régions ou la protection de l'enfant. Il vote la loi relative à la création de la Banque publique d'investissement en 2012 et la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles en 2013.

Victime d'un accident cardio-vasculaire qui le plonge dans le coma, il y succombe le 3 mars 2015 à l'hôpital parisien Georges-Pompidou, à l'âge de soixante-six ans. Jusqu'au terme de sa vie, Claude Dilain se sera battu pour les plus faibles. Sa dernière intervention au Palais du Luxembourg le 17 février 2015 concernait en effet l'amélioration de la condition des personnes handicapées : il avait adressé une question à la secrétaire d'État auprès de la ministre des Affaires sociales sur l'accessibilité des établissements scolaires aux élèves bénéficiant de l'aide d'un chien d'assistance. Le 7 mars 2015, un hommage lui est rendu à Clichy-sous-Bois en présence du président de la République François Hollande. Le 14 avril suivant, le président du Sénat Gérard Larcher salue à son tour la mémoire d'un « inlassable défenseur des banlieues et des plus modestes ». Il était chevalier de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite.

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Photo de M. Claude DILAIN, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe socialiste et apparentés
Etat-civil
Né le 12 août 1948
Décédé le 3 mars 2015
Profession
Médecin
Département
Seine-Saint-Denis