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JARGOT Paul

Ancien sénateur de l'Isère

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 22 septembre 1974
  • Fin de mandat le 2 octobre 1983 (non réélu)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation
  • Membre du Groupe Communiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

JARGOT (Paul)

Né le 31 mars 1925 à Pont-de-Beauvoisin (Isère)

Décédé le 4 juillet 2003 à Crolles (Isère)

Sénateur de l'Isère de 1974 à 1983

Ancien élève au séminaire de Voreppe et titulaire du baccalauréat, Paul Jargot est nommé professeur à la Maison familiale d'apprentissage rural de Crolles en 1944, et en devient le nouveau directeur deux ans plus tard. Jeune exploitant agricole, il s'occupe également de nombreux organismes professionnels. De 1950 à 1953, il est secrétaire du Centre départemental des jeunes agriculteurs. Puis il fait son entrée au conseil d'administration de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles, fonction qu'il occupe jusqu'en 1960.

Sportif accompli, il participe à la création d'une association de football avec ses amis d'enfance et décide, avec eux, de présenter une liste pour les élections municipales. A peine devenu membre du conseil municipal, le 26 avril 1953, Paul Jargot est élu maire de Crolles le 8 mai 1953, à l'âge de 28 ans. Il conserve ce mandat pendant 33 ans.

A la tête de la commune la plus pauvre du département, en raison des nombreuses crues de l'Isère qui submergent la quasi-totalité des terres cultivables, il lance de grands travaux d'assainissement. « Pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail », il parvient à convaincre les propriétaires terriens d'accepter le remembrement de la plaine de l'Isère. Ainsi met-il en place dans sa commune, avec quarante ans d'avance, le premier Plan d'occupation des sols. Dans le même temps, il participe, avec d'autres élus locaux, à la création de l'une des premières coopérative d'utilisation de matériel agricole, afin que les agriculteurs et exploitants du Grésivaudan puissent bénéficier d'équipements collectifs pour cultiver leurs terres de manière rentable. Soucieux de promouvoir la vocation industrielle de Crolles, en tant que pôle de développement économique de la grande agglomération grenobloise, Paul Jargot ne cesse de s'investir au niveau local. Il est notamment à l'origine de la première Maison des jeunes et de la culture (MJC) en zone rurale, du premier foyer d'éducation populaire, du premier centre de formation pour les élus locaux et de l'un des premiers syndicats de développement intercommunal. En 1970, il adhère au Parti communiste français en raison de son engagement pour la Paix dans le monde.

Parrallèlement à ces responsabilités politiques locales, il occupe un poste de rédacteur à la mairie du Villard-Bonnot et devient, en 1962, conseiller technique et pédagogique au secrétariat d'Etat à la Jeunesse et aux Sports pour l'académie de Grenoble. Il est nommé, de 1968 à 1976, directeur national des MJC. En 1973, il est nommé, à titre exceptionnel, maître assistant associé à l'Institut d'études politiques de Grenoble, par le ministre de l'Education nationale.

Lors d'une conférence de presse organisée à la mairie d'Echirolles, le 3 septembre 1974, le Parti communiste désigne Paul Jargot pour conduire la liste aux prochaines élections sénatoriales, en remplacement de Georges Kioulou, maire d'Echirolles, dont l'état de santé s'est brutalement dégradé. Comme arguments de campagne, Paul Jargot avance la garantie de l'avenir et des revenus des agriculteurs, la défense des petites et moyennes entreprises, le développement des logements sociaux, la réalisation d'une véritable politique de décentralisation ainsi que le renforcement de l'éducation et de la formation professionnelle. Il souligne, enfin, que l'objectif du Parti est « de réaliser l'union du peuple français pour le changement démocratique ».

Le 22 septembre 1974, Paul Jargot devient sénateur de l'Isère : sa liste obtient 942 voix (50,8%) sur les 1854 suffrages exprimés. Il est nommé membre de la commission des finances et vote en faveur de la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse. Il poursuit ses travaux parlementaires en défendant une proposition de loi relative à l'aménagement de l'espace montagnard, et vote en faveur de la loi portant réforme du divorce.

Entre 1976 et 1978, Paul Jargot dépose des propositions de lois variées comme celles qui tendent à rénover la politique forestière du pays, à parvenir au rétablissement de la distillation en franchise de dix litres d'alcool par récoltant, ou à protéger l'épargne populaire en indexant le montant du livret A de caisse d'épargne sur l'augmentation du coût de la vie. Il signe également une proposition de résolution tendant à créer une commission d'enquête parlementaire chargée de vérifier les opérations financières de la société des autoroutes du Rhône-Alpes.

En 1980, Paul Jargot est nommé secrétaire de la commission des finances, puis reconduit à cette fonction en 1982. Au cours de la même année, il participe à la création d'un groupe parlementaire de défense des producteurs de tabac français, dont il devient président, et dépose, à la fin du mois d'octobre, une proposition de loi visant à garantir le caractère de service public du Service d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes. Le 18 novembre 1980, il rejette, avec les élus de l'opposition, le projet de loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes.

Candidat communiste aux élections législatives du 14 juin 1981, dans la 1ère circonscription de Grenoble-Est, il arrive en troisième position derrière le député UDF-PR sortant et la candidate socialiste, en obtenant 11643 voix (20,6%) sur les 56446 suffrages exprimés. De retour au Sénat, il participe à l'examen de deux textes importants : il apporte tout d'abord son soutien à la loi portant abolition de la peine de mort, le 30 septembre 1981, puis se prononce contre le projet de loi Deferre relatif aux droits et aux libertés des communes, des départements et des régions, le 19 novembre 1981. Le 12 mai 1982, il vote en faveur de la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage.

Attaché à la défense et à la promotion du monde agricole, il souligne, dans un discours prononcé à Crémieux lors de la finale régionale du concours de la jeunesse rurale le 27 mars 1983, « l'importance de la femme en milieu rural » et appelle à la chute des barrières dans la liberté et le respect de la femme au sein de la société française.

Au soir du premier tour des élections sénatoriales du 25 septembre 1983, la liste communiste menée par Paul Jargot ne recueille que 558 voix (24,2%) sur les 2305 suffrages exprimés. Elle est mise en balottage par les candidats Boyer, Faure, Cabanel et Descours, de la liste unie UDF-RPR. Le second tour confirme la victoire totale de l'opposition dans le département de l'Isère. A la suite de cette défaite, son mandat parlementaire prend fin le 2 octobre 1983. Pour autant, Paul Jargot n'abandonne pas ses responsabilités politiques : réélu maire de la commune de Crolles, aux élections municipales des 6 et 13 mars 1983, il poursuit sa carrière d'élu local.

Au cours d'une cérémonie, organisée à la mairie de Crolles le 29 juin 2000, le premier secrétaire du Parti communiste, Marie-Georges Buffet le décore des insignes de chevalier de la Légion d'honneur et déclare que l'ancien sénateur « fait partie de ceux dont la vie peut se définir ainsi : pour les autres et avec les autres ». Le lendemain de sa mort, la mairie de Crolles salue la disparition « d'un grand militant associatif qui s'impliqua tout particulièrement dans le mouvement de l'éducation populaire et de l'éducation permanente ».

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Photo de M. Paul JARGOT, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe Communiste
Etat-civil
Né le 31 mars 1925
Décédé le 4 juillet 2003
Profession
Maître assistant associé
Département
Isère