Appartenance politique :
Membre du Groupe socialiste
État civil :
Né le 11 février 1900
Décédé le 25 mai 1983
Profession :
Directeur de journal
Département :
Nièvre
Vème République

Ancien sénateur de la Ve République


Travaux parlementaires

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

LHOSPIED (Jean)

Né le 11 février 1900 à Pougues-les-Eaux (Nièvre)

Décédé le 25 mai 1983 à Nevers (Nièvre)

Sénateur de la Nièvre de 1967 à 1974

Jean Lhospied est issu d'une famille modeste installée dans l'Ouest du département de la Nièvre. Elève à l'Ecole normale de Varzy, il devient instituteur. Comme pour beaucoup d'hommes de sa génération, la Seconde guerre mondiale modifie le cours de son existence. Mobilisé de septembre 1939 à juillet 1940 à la base aérienne d'Istres comme sergent pilote, il rejoint ensuite les rangs de la Résistance. Adhérant depuis déjà de nombreuses années à la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO), il participe à l'implantation dans la Nièvre du mouvement « Libération-Nord ». Son fils unique, arrêté par la gestapo à Paris en 1942, est déporté dans un camp d'internement où il décède. Au début de 1943, Jean Lhospied fonde dans la clandestinité le journal La Nièvre Libre. A la Libération, celui-ci devient Le Journal du Centre et s'affirme comme le principal journal nivernais, profitant de l'interdiction qui frappe le quotidien Paris-Centre pour son soutien affiché au gouvernement de Vichy et à la politique de collaboration. Dès son origine, Le Journal du Centre se présente comme un journal de gauche. Tandis que l'écrivain Charles Exbrayat en devient, après 1945, le rédacteur en chef, Lhospied en est le directeur jusqu'en 1970. Ce dernier est élu, en 1955, vice-président directeur du bureau de la commission paritaire de la carte des journalistes et, en 1960, vice-président de l'office national de sondage et d'étude de presse (ONSEC). Alors que la diffusion du Journal du Centre s'étend et atteint, en 1967, les 47 000 exemplaires, son fondateur décide de s'engager dans la bataille électorale.

Membre de la commission administrative fédérale de la SFIO, il se présente le 11 juin 1967 à une élection sénatoriale partielle organisée suite à l'élection du sénateur socialiste Daniel Benoist à l'Assemblée nationale. Soutenu par la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), l'organisation créée en décembre 1965 sous l'impulsion de François Mitterrand, Lhospied a comme concurrents principaux, en l'absence de candidat de l'Union pour la nouvelle République (UNR), le maire communiste de Saint-Léger-des-Vignes, Pierre Perronnet, et l'ancien sénateur de la Nièvre de 1946 à 1965, inscrit au groupe de la Gauche démocratique, Jacques Gadoin. Sur les 715 suffrages exprimés, Lhospied en recueille 281 et Gadoin 219. Arrivé en quatrième position, le candidat communiste appelle, au nom de l'union de la gauche et des accords passés le 20 décembre 1966 entre la FGDS et le PCF, à voter pour Lhospied. Bénéficiant de ce report, ce dernier l'emporte au second tour par 380 voix et reçoit les félicitations de François Mitterrand.

Inscrit au Groupe socialiste du Sénat, le nouveau sénateur de la Nièvre siège à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Au nom de celle-ci, il rapporte en 1972 et 1973 cinq projets de loi importants dont celui autorisant l'approbation de la charte sociale européenne, signée à Turin le 18 octobre 1961, sous l'égide du Conseil de l'Europe.

Toujours directeur du Journal du Centre à son arrivée au palais du Luxembourg, Jean Lhospied est reconnu au sein du Groupe socialiste comme un spécialiste des questions d'information. Après la fin du mandat, en 1971, du sénateur des Bouches-du-Rhône Roger Carcassonne, il est le plus souvent choisi pour présenter la position du groupe dans l'hémicycle sur ce thème. Aussi intervient-il presque chaque année lors de la discussion du volet « office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) et information » du budget. Avec une grande constance, il défend les intérêts de la presse d'information et notamment les tarifs préférentiels qui lui sont accordés dans certains domaines. A partir du début des années 1970, il manifeste ses inquiétudes face au phénomène de concentration des entreprises de presse. Jean Lhospied est également très critique vis-à-vis du fonctionnement de l'ORTF et notamment de son financement. Dénonçant l'augmentation de la redevance qui frappe tous les foyers, y compris les plus modestes, il dresse à chacune de ses interventions de véritables réquisitoires contre la publicité qui envahit les programmes et dont la qualité n'est pas digne, à ses yeux, d'un service public. Lors de la discussion du projet de loi portant statut de la radiodiffusion-télévision publique le 27 juin 1972, il conclut son intervention en livrant sa vision de l'ORTF : « Nous qui voulons que chaque Français soit considéré non comme un producteur et un consommateur, mais comme un citoyen, qui voulons que la radiodiffusion-télévision ne soit pas au service du Gouvernement et des monopoles capitalistes, mais au service de la Nation, nous ne pouvons pas accepter tel quel un tel projet. »

Le sénateur de la Nièvre utilise également la tribune parlementaire pour relayer les inquiétudes qui se manifestent dans sa circonscription, que ce soit dans le domaine industriel ou éducatif. Ainsi en mars 1968, il interroge oralement le ministre des Armées pour connaître l'avenir de l'établissement de constructions navales de Guérigny, en soulignant « l'absurdité » de la notion de rentabilité dans les entreprises travaillant pour la défense nationale. En juin 1971, il prend la parole pour appeler l'attention du ministre de l'Education nationale sur les problèmes de recrutement à l'occasion de la prochaine rentrée de l'école normale mixte de Nevers.

Enfin lors des grands scrutins de la période, Jean Lhospied vote pour la loi Neuwirth relative à la régulation des naissances (1967) et pour la loi fixant à 18 ans l'âge de la majorité (1974). A l'inverse, il vote contre la loi portant création et organisation des régions (1972) et s'abstient lors du vote de la loi Royer d'orientation du commerce et de l'artisanat (1973).

Il décide de ne pas se représenter aux élections sénatoriales de 1974, mais continue à s'impliquer dans la vie politique locale, à Nevers, où il est conseiller municipal depuis les élections de mars 1971.

Jean Lhospied était médaillé de la Résistance, chevalier de la Légion d'honneur et des Palmes académiques.

Elu le 11 juin 1967
Fin de mandat le 1er octobre 1974 (ne se représente pas)

Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
Membre du Groupe socialiste

Extrait de la table nominative

Résumé de l'ensemble des travaux parlementaires
de Jean LHOSPIED

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