Allez au contenu, Allez à la navigation

PREVOTEAU Maurice

Ancien sénateur de la Marne

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 22 septembre 1974
  • Fin de mandat le 2 octobre 1983 (ne se représente pas)

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires économiques
  • Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

PRÉVOTEAU (Maurice)

Né le 6 novembre 1908 à Bourgogne (Marne)

Décédé le 2 mars 1994 à Bourgogne (Marne)

Sénateur de la Marne de 1974 à 1983

Né le 6 novembre 1908 à Bourgogne, petite village marnais situé à une dizaine de kilomètres au nord-est de Reims, Maurice Prévoteau reste indéfectiblement fidèle à la Champagne et y accomplit l'essentiel de sa carrière politique. Il passe son enfance à proximité du fracas des combats de la Grande Guerre qui ravagent sa commune natale comme beaucoup d'autres dans la Marne. Après avoir étudié au collège Saint-Joseph à Reims, il embrasse la carrière d'agriculteur. Il prend ainsi pleinement part aux grandes mutations agricoles qui bouleversent la Champagne, devenue après la Seconde Guerre mondiale l'une des plus modernes et riches terres agricoles de France grâce aux déboisements, à la mise en place d'un important remembrement et à l'essor de la mécanisation. Maurice Prévoteau s'emploie plus particulièrement à organiser les agriculteurs de sa région : fondateur d'une coopérative de luzerne à Bazancourt, village voisin de Bourgogne, il y crée également une coopérative sucrière. Par la suite, il continue d'exercer d'importantes responsabilités dans ces deux structures.

Ne se contentant pas de jouer un rôle important au sein du milieu agricole champenois, il s'engage dans la vie politique marnaise. Il est ainsi élu conseiller municipal de Bourgogne, son village natal, en mai 1945, avant d'en devenir maire en mai 1953. Réélu à chaque scrutin municipal, il administre cette commune rurale peuplée de quelque six cents âmes jusqu'en 1977. Membre du Mouvement républicain populaire (MRP), il est en outre élu conseiller général du canton de Bourgogne en octobre 1951. Devenu membre du Centre démocrate à partir de 1966, il conserve ce mandat pendant quarante ans. Au Conseil général de la Marne, il est membre de la commission chargée des questions économiques et de l'aménagement rural avant de présider celle chargée de l'éducation à partir de 1970. Succédant à Robert Soudant, Maurice Prévoteau préside ensuite le Conseil général de 1973 à 1982. Conseiller régional de Champagne-Ardenne d'octobre 1973 à octobre 1974, il appartient par ailleurs au conseil d'administration de la fédération nationale des collectivités locales.

Suppléant de Robert Soudant, sénateur de la Marne depuis 1959 qui décide de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat, Maurice Prévoteau se présente aux élections sénatoriales du 22 septembre 1974 : il se porte candidat en deuxième position sur la liste d'union des républicains et démocrates. Cette liste est conduite par Marcel Lemaire, maire de Saint-Thierry et président de la Chambre d'agriculture de la Marne, membre de la Haute assemblée depuis 1948, et compte dans ses rangs le maire d'Ay, Jean Collery, qui siège au Palais du Luxembourg depuis 1970. Elle proclame notamment la nécessité de continuer à oeuvrer en faveur du dynamisme agricole et viticole de la Marne, et de ne pas opposer les ruraux aux citadins : « leurs intérêts sont complémentaires et une ville ne saurait atteindre la prospérité dans un environnement rural appauvri ». Elle remporte les trois sièges sénatoriaux à pourvoir dans la Marne dès le premier tour de scrutin : tandis que Jean Collery et Marcel Lemaire sont aisément reconduits avec respectivement 812 et 781 voix sur 1 255 suffrages exprimés, Maurice Prévoteau est encore plus nettement élu puisqu'il obtient 843 voix. Au Palais du Luxembourg, il rejoint le groupe de l'Union centriste et siège à la commission des affaires économiques de 1974 à 1983. Il est également élu juge suppléant à la Haute Cour de justice à partir de 1980.

Rapporteur pour avis du budget du commerce extérieur de 1976 à 1982, il dresse chaque année le bilan des échanges français. Il s'attache à présenter leurs évolutions géographiques et sectorielles, prenant souvent pour exemple l'agro-alimentaire, domaine qu'il connaît très bien. Partisan du libre-échange, il s'alarme de la concurrence des importations irrégulières en 1977, des lacunes de la commercialisation des produits français en 1978 ou de la faiblesse du commerce français dans le domaine des biens de consommation en 1979. Outre la présentation annuelle de son rapport, Maurice Prévoteau pose une question orale sur l'allègement des formalités à l'exportation en 1979 et intervient sur les marchés à terme réglementés de marchandises en 1982 et 1983. Cet infatigable défenseur et organisateur du monde agricole s'exprime également en séance publique sur le projet de loi d'orientation agricole en 1980, la création d'offices d'intervention dans le secteur agricole en 1982 et la pêche en eau douce et la gestion des ressources piscicoles en 1983. Il rapporte par ailleurs en 1982 la proposition de loi relative à l'indemnisation des victimes de catastrophes naturelles et prend la parole au sujet du tourisme social en 1975 ainsi que de l'inscription des Français établis hors de France sur les listes électorales en 1982.

S'il se prononce contre la loi Veil relative à l'interruption volontaire de grossesse en 1974, il vote en revanche la loi portant réforme du divorce en 1975, la loi Peyrefitte renforçant la sécurité et protégeant la liberté des personnes en 1980, la loi portant abolition de la peine de mort en 1981, la loi Deferre relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions et la loi relative aux prestations de vieillesse, d'invalidité et de veuvage en 1982.

Au terme de son mandat sénatorial, Maurice Prévoteau choisit de ne pas se représenter aux élections du 25 septembre 1983. Il avait déjà cédé, en 1982, son fauteuil de président du Conseil général de la Marne à Albert Vecten. Il continue cependant à siéger à l'assemblée départementale jusqu'en 1991.

L'activité publique de cette figure du monde politique et agricole champenois lui vaut de recevoir de nombreuses distinctions. Chevalier de la Légion d'honneur, de l'ordre national du Mérite et du Mérite social, il est aussi officier du Mérite agricole et des Palmes académiques et titulaire de la médaille d'honneur départementale et communale.

Il s'éteint à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, à Bourgogne, où il n'a cessé de résider.

Afficher le texte

Avertissement : les extraits de tables nominatives et biographies sont issus d'une reconnaissance automatisée des caractères ; merci de nous signaler toute erreur ou coquille.

Photo de M. Maurice PREVOTEAU, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de l'Union Centriste des Démocrates de Progrès
Etat-civil
Né le 6 novembre 1908
Décédé le 2 mars 1994
Profession
Agriculteur
Département
Marne