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ROMAINE Eugène

Ancien sénateur de la Creuse

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 23 septembre 1962
  • Réélu le 26 septembre 1971
  • Fin de mandat le 1er octobre 1980 (ne se représente pas)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Secrétaire du Sénat

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe de la Gauche Démocratique

Travaux parlementaires

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

ROMAINE (Eugène)

Né le 13 juillet 1905 à Archignat (Allier)

Décédé le 29 juillet 1983 à Soumans (Creuse)

Sénateur de la Creuse de 1959 à 1980

Eugène Romaine naît dans une famille d'agriculteurs. Orphelin de père, il devient officiellement pupille de la Nation le 10 janvier 1919. Il interrompt ses études et se destine au monde du commerce et des affaires. Il s'installe comme minotier à Soumans, dans la Creuse, à moins de 20 kilomètres de sa commune natale, en 1928. Eugène Romaine met également au point un concasseur de grains. Mobilisé en septembre 1939, il est renvoyé à ses foyers après la défaite. Il devient conseiller municipal de Soumans en mai 1945. En octobre 1947, il est élu maire de cette commune, puis conseiller général du canton de Boussac en 1953. Eugène Romaine préside le conseil d'administration de la Chambre des métiers de la Creuse dans les années 50.

Il figure en 2e position sur la liste soutenue par la Fédération radicale-socialiste de la Creuse aux élections sénatoriales du 26 avril 1959. 161 grands électeurs sur 579 apportent leur soutien au maire de Soumans au 1er tour. Lors du scrutin décisif, le report des voix modérées ou de celles de la liste « d'entente socialiste, travailliste et démocratique » de l'ancien député de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), Anselme Florand, permettent à Eugène Romaine d'être élu sénateur de la Creuse. Il obtient 283 voix sur 582. Cette majorité relative suffit à assurer son succès. Si Paul Pauly, président du Conseil général, rassemble 310 suffrages sur son nom, la réélection de l'autre sortant socialiste, Gaston Chazette, n'est en effet souhaitée que par 260 grands électeurs.

Eugène Romaine s'inscrit au groupe de la Gauche démocratique du Sénat. Il siège à la commission des affaires culturelles de mai à octobre 1959, puis la commission des affaires économiques et du Plan jusqu'en 1963. Au Palais du Luxembourg, il fait figure de défenseur infatigable de ces régions du centre de la France que le géographe Jean-François Gravier a désignées comme un « désert français ». Eugène Romaine utilise souvent cette expression dans ses discours et en appelle à la solidarité nationale pour permettre au Limousin, à l'Auvergne ou au Berry de rompre avec la fatalité de l'exode rural et de l'appauvrissement. Rapporteur pour avis du budget consacré à la réparation des dommages causés par les inondations de 1960, il souhaite que cette catastrophe « serve de point de départ à un renouveau régional » et insiste sur la nécessité d'indemniser « plus particulièrement [...] les catégories [...] qui n'ont pas bénéficié de secours dans le cadre de la solidarité professionnelle » (1er décembre 1960). Alors que la SNCF envisage de réformer sa tarification des marchandises, le sénateur de la Creuse exprime son inquiétude face à des mesures qui « semblent plonger un peu plus les régions du Centre dans ce qu'on peut appeler le désert français ». Il observe que l'augmentation des tarifs au départ des départements concernés les rendra encore moins compétitifs qu'auparavant (11 juillet 1961).

Le conseiller général de Boussac invite le Gouvernement à mettre fin à l'instabilité des cours de la viande de porc (18 juillet 1961). Se présentant comme le « défenseur des petites communes et départements sous-équipés », il s'élève contre le fait que des « projets inférieurs à 150 000 francs » ne puissent être financés au titre du programme triennal de travaux d'urbanisme. Il note qu'en « l'absence de subventions, la Caisse des dépôts et consignations refuse les prêts nécessaires », ce qui empêche les collectivités locales de taille modeste de construire des cimetières, de rénover des mairies ou de s'équiper en éclairage public (26 novembre 1961). Le sénateur de la Creuse accorde les pouvoirs spéciaux au gouvernement de Michel Debré pour ramener l'ordre en Algérie après la semaine des barricades (3 février 1960).

Eugène Romaine est confirmé dans son mandat sénatorial au premier tour des élections du 23 septembre 1962, grâce au soutien de 337 grands électeurs sur 578. Le président du Conseil général Paul Pauly doit, lui, attendre un second tour pour être réélu.

Le maire de Soumans siège à la commission des affaires sociales du Sénat de 1963 à 1977. Le 8 février 1963, il évoque devant ses collègues le problème des travaux d'adduction d'eau dans les campagnes françaises, en appelle « à la solidarité nationale » et souhaite la mise en place d'une « péréquation » effective en la matière. Il explique une partie des problèmes du « désert français » par « la surtaxation des individus », « qui atteint son niveau de saturation » et se conjugue à « une diminution inquiétante des investissements publics » (20 novembre 1964). Il se désole du sous-équipement français en maisons de retraite, en hospices et en médecins, en particulier en milieu rural (23 novembre 1964). Il est rapporteur du projet de loi relatif à la résiliation des contrats d'assurance maladie faisant double emploi avec le régime des exploitants agricoles en juin 1967, puis du texte relatif à la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle en décembre 1968.

Toujours soucieux du problème d'aménagement du territoire, il préconise de « développer simultanément les] divers éléments constitutifs du potentiel touristique français » sans se « limiter à quelques opérations pilotes fort onéreuses » comme l'aménagement du littoral languedocien. L'essor du tourisme populaire commande, selon lui, de réaliser les travaux d'adduction d'eau nécessaires pour créer des gîtes ruraux ou implanter des campings (séance du 2 décembre 1970). Eugène Romaine approuve la réforme des régimes matrimoniaux (11 mai 1965) comme la légalisation de la contraception médicamenteuse (5 décembre 1967).

Il est réélu sénateur de la Creuse au premier tour de scrutin le 26 septembre 1971, avec 306 voix sur 539. Eugène Romaine est rapporteur du projet de loi créant une prime de mobilité pour les jeunes en décembre 1972. Membre d'une mission sénatoriale sur les problèmes sanitaires du territoire des Afars et des Issas, il en résume les observations dans un rapport d'information à l'été 1975. En octobre 1977, il rejoint la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Sa dernière intervention au Sénat est consacrée à la diminution de la subvention pour l'électrification rurale (28 novembre 1978). Il s'exprime en faveur de la création des régions (29 juin 1972), de l'abaissement de la majorité à 18 ans (28 juin 1974), de la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (19 décembre 1974) et du divorce par consentement mutuel (18 juin 1975).

Eugène Romaine ne se représente pas aux élections sénatoriales en 1980. Ayant déjà quitté la mairie de Soumans en 1977, il ne conserve que son mandat de conseiller général.

Il meurt peu après avoir fêté son 78e anniversaire.

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Photo de M. Eugène ROMAINE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe de la Gauche Démocratique
Etat-civil
Né le 13 juillet 1905
Décédé le 29 juillet 1983
Profession
Minotier
Département
Creuse