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VASSOR Jacques

Ancien sénateur d'Indre-et-Loire

  • Vème République

    Ancien sénateur de la
    Ve République

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 26 septembre 1965
  • Fin de mandat le 1er octobre 1974 (ne se représente pas)

Fonctions antérieures

  • Député

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
  • Membre du Groupe du Centre Républicain d'Action Rurale et Sociale

Extraits de la table nominative :

Biographie

Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

VASSOR (Jacques)

Né le 1er juillet 1903 à Tours (Indre-et-Loire)

Décédé le 25 décembre 1995 à Tours (Indre-et-Loire)

Député de l'Indre-et-Loire de 1951 à 1958

Sénateur de l'Indre-et-Loire de 1959 à 1974

En 1958, Jacques Vassor, ancien député de l'Indre-et-Loire, décide de ne pas se présenter aux élections législatives du mois de novembre. Il se concentre alors sur ses mandats de maire de Saint-Antoine-du-Rocher et de conseiller général tout en animant la vie syndicale et associative locales en tant que vice-président de la Fédération des exploitants agricoles et président du Centre d'études technique agricole (CETA). Une fois passée

« la bourrasque gaulliste » qu'il avait pressentie, l'agriculteur tourangeau mène à nouveau campagne sur ses terres pour les premières élections sénatoriales du nouveau régime. Le contexte lui est d'ailleurs favorable puisque Michel Debré, conseiller de la République du département, constamment réélu depuis 1948, est appelé auprès du général de Gaulle en qualité de Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Réaffirmant sa pleine indépendance vis-à-vis du Gouvernement ainsi que le caractère paysan de son engagement, Jacques Vassor est élu sénateur de l'Indre-et-Loire le 26 avril 1959, avec 428 voix sur

950 suffrages exprimés. Son programme électoral définit de manière éloquente le sens de son action future au Palais du Luxembourg. Il faut que l'agriculture cesse d'être « le bouc émissaire d'une expansion générale dont elle est exclue ». Foncièrement attaché aux valeurs rurales, c'est en toute logique qu'il renouvelle son adhésion au Centre républicain d'action rurale et sociale (CRARS) - groupe parlementaire qui ne survit qu'à la Haute assemblée. Fervent défenseur de la cause paysanne, il est réélu le 26 septembre 1965, au second tour des élections sénatoriales, avec une confortable majorité de 530 voix sur 1 010 suffrages exprimés.

Les questions agricoles dominent largement les interventions du sénateur en séance. Dès juin 1959, Jacques Vassor exhorte le Gouvernement à prendre des mesures d'urgences pour remédier au malaise paysan qui gronde dans les campagnes françaises. Il ne cesse de dénoncer, chiffres personnels à l'appui de son argumentation, l'injustice faite aux paysans qui, comparés à d'autres professions, voient s'effondrer leur pouvoir d'achat. En ce sens et face à la montée des manifestations paysannes, Jacques Vassor se joint à la proposition de loi de René Blondelle (CRARS) et de Marcel Brégégère (Groupe socialiste) concernant la fixation des prix d'objectifs agricoles déposée le 18 juillet 1961.

De plus en plus agacé par la surdité du pouvoir à l'égard des doléances des parlementaires « paysans », Jacques Vassor s'impose comme l'un des ténors du monde rural au Sénat. Inlassablement jusqu'en 1967, le maire de Saint-Antoine-du-Rocher plaide en faveur d'une fixation des prix afin de résoudre « le problème de la distorsion entre les prix agricoles et les prix industriels » et d'enrayer l'exode rural qui dépeuple les campagnes de ses forces vives. Sous le ministère d'Edgard Pisani, il prône avec virulence « l'alignement immédiat des prix français et des prix moyens européens », et en particulier ceux du blé. Puis, une fois le compromis de Luxembourg obtenu, les interventions du sénateur se limitent à la critique de ce qu'il appelle en 1969 la « parafiscalité agricole » qui entrave le développement des exploitations agricoles et nuit à leur pérennité sociale. À partir de 1972, le sénateur porte son attention sur l'enseignement agricole en demandant que des efforts financiers soient faits et plus précisément dans le secteur de l'élevage bovin alors en crise.

Siégeant à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées durant la totalité de ses deux mandats, Jacques Vassor est très attentif au sort réservé aux rapatriés des colonies françaises d'Afrique du Nord. Après avoir voté pour la loi du 4 février 1960 autorisant le Gouvernement à prendre, en vertu de l'article 38 de la Constitution, certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie, il exprime en octobre 1961 de sérieux doutes quant à la validité du projet de loi d'aide aux Français rapatriés d'outre-mer qu'il trouve imprécis et vague concernant leur éventuelle indemnisation. Sur les questions de défense, Jacques Vassor n'hésite pas à prendre la parole à la tribune pour soutenir ses convictions profondes. Ainsi, lors du débat sur le projet de loi relatif au recrutement en vue de l'accomplissement du service national où il prescrit « un service court pour tous » qui garantira « le principe sacré de l'égalité de tous devant l'appel au service » et, à terme, la cohésion nationale.

Ses votes reflètent l'indépendance du sénateur « paysan ». Épousant les évolutions de la société française, il vote en faveur de la loi portant réforme des régimes matrimoniaux, approuve la loi Neuwirth autorisant la contraception par voie orale et la loi fixant à 18 ans l'âge de la majorité. Européen convaincu, il vote oui au référendum européen d'avril 1972 et apprécie la politique de rapprochement avec la Grande-Bretagne mise en oeuvre par le président Georges Pompidou. Par ailleurs, il marque clairement sa déception face au nouveau découpage administratif du Centre-Ouest de la France en s'abstenant lors du vote du projet de loi portant création et organisation des régions le 5 juillet 1972.

À partir de 1973, Jacques Vassor se rapproche à nouveau de sa Touraine natale et se consacre davantage à sa passion, la recherche agricole. Malgré un revers aux élections cantonales de mars 1970 où il est battu au second tour, il est néanmoins réélu maire de Saint-Antoine-du-Rocher l'année suivante. Tirant peut-être les conclusions de son échec au Conseil général d'Indre-et-Loire, il décide de ne pas se représenter aux élections sénatoriales de septembre 1974. Dans son dernier message à la presse, Jacques Vassor récuse vigoureusement la fatalité de l'exode rural : « la population des campagnes est indispensable à l'équilibre de la Nation ».

En 1978, l'ancien sénateur, alors âgé de 75 ans, renonce à briguer un nouveau mandat municipal et prend définitivement sa retraite dans les années 1980 en cessant son activité céréalière ainsi que l'élevage. Mais le

« gentleman farmer du château du Plessis » demeure profondément attaché à sa terre et entretient pour ses vieux jours une peupleraie de soixante hectares où il pratique des plantations expérimentales. Jusqu'à la fin de sa vie, ce « Jean Rostand des arbres » noircira les pages du Cahier du Plessis qui réunit l'ensemble de ses observations agronomiques depuis 1939.

Jacques Vassor disparaît le jour de Noël 1995. Il était commandeur de l'ordre du Mérite agricole.

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Photo de M. Jacques VASSOR, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe du Centre Républicain d'Action Rurale et Sociale
Etat-civil
Né le 1er juillet 1903
Décédé le 25 décembre 1995
Profession
Agriculteur
Département
Indre-et-Loire