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VERDEILLE Fernand

Ancien sénateur du Tarn

Election

  • Elu le 26 avril 1959
  • Réélu le 22 septembre 1968
  • Fin de mandat le 19 octobre 1974 (décédé)

Fonctions exercées au cours de ses mandats de sénateur

  • Vice-Président de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale

Situation en fin de mandat

  • Membre de la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale
  • Membre du Groupe socialiste

Extraits de la table nominative :

Biographie

1940-1958  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)
Ve République  (Extrait du Dictionnaire des parlementaires français)

Ve République

VERDEILLE (Fernand)

Né le 26 septembre 1906 à Penne (Tarn)

Décédé le 19 octobre 1974 à Paris

Sénateur du Tarn de 1946 à 1974

Cet ancien instituteur devenu libraire à Albi juste avant guerre, figure locale de la SFIO passée par la Résistance, entre en politique à la Libération en accédant en 1945 à la présidence du Conseil général du Tarn, puis en se faisant élire l'année suivante maire de sa ville natale de Penne et sénateur socialiste du même département (à moins de 40 ans grâce à une dérogation). Constamment réélu au Conseil de la République jusqu'à la fin de la IVe République, Fernand Verdeille continue de siéger au Palais du Luxembourg au sein du groupe socialiste après le changement de régime en étant reconduit dans son mandat dès le premier tour, le 26 avril 1959 (il est réélu en 1968). Il garde de solides assises locales, comme maire de Penne-du-Tarn jusqu'en 1965 puis de Vaour jusqu'à sa disparition, et comme conseiller général du Tarn (élu au premier tour en 1958, 1964 et 1970). Membre du comité directeur de l'Association des maires de France depuis 1955, Fernand Verdeille conserve cet engagement sous la Ve République.

Fernand Verdeille se fait au Sénat le défenseur des communes, percevant ces dernières comme le cadre de base de la démocratie. Il s'oppose sans merci à toutes les initiatives qui selon lui portent atteinte à leur bon fonctionnement. C'est ainsi qu'il combat avec fougue la loi sur le regroupement et les fusions de communes et les mesures aboutissant au transfert de charges au détriment des communes. Passionné de la nature, il oeuvre dès le début des années 1960 pour la protection de l'environnement avant même que ce thème ne devienne à la mode. Désireux de préserver la pureté comme le dynamisme des espaces campagnards, il dénonce le péril commun de la pollution et de l'exode rural. Lors de ses obsèques, le ministre de la Qualité de la Vie, André Jarrot, salue son engagement dans ce domaine. Nommé vice-président en octobre 1959 de la commission des lois constitutionnelles, de la législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale, ancien membre des commissions de la France d'Outre-Mer et de l'Intérieur sous la IVe République, Fernand Verdeille connaît parfaitement les rouages du travail législatif. Il met à profit cette expérience pour intervenir avec efficacité sur ses terrains de prédilection. On le voit ainsi argumenter avec compétence lors des débats budgétaires et des discussions de projets de loi concernant le regroupement des communes rurales, les finances locales, le régime des eaux et leur protection contre la pollution, l'orientation du commerce et de l'artisanat, la création de parcs nationaux, les droits d'usage de la pêche.

Mais Fernand Verdeille se fait surtout connaître de l'hémicycle et du grand public comme spécialiste des problèmes cynégétiques. Grand amateur de chasse qu'il pratique dans les forêts de sa Grésigne natale aux confins des départements du Tarn et de Tarn-et-Garonne, il devient président du groupe parlementaire de la chasse, de la pêche et de la protection de la nature, tout en fréquentant le Conseil supérieur et le Conseil international de la chasse (ainsi que le conseil d'administration des domaines du château de Chambord). Il donne son nom à une loi qui crée les associations communales ou intercommunales de chasse agréées et qu'il perçoit comme la codification du droit de chasse donné au peuple par la Révolution et de la protection de la nature. Cette loi du 10 juillet 1964 régit le droit de chasse dans 9200 communes. Partout où se sont créées ces associations de chasse communales (ACCA), la loi fait obligation aux propriétaires de terrains de moins de 20 hectares (ou 40, voire 60 selon les départements) d'un seul tenant d'ouvrir leurs propriétés aux chasseurs. En cas d'opposition, tout propriétaire (d'ailleurs membre automatiquement de l'ACCA), doit assurer par ses propres moyens la « garderie » de son terrain, sa signalisation et la destruction des nuisibles. La liste des communes et départements régis par cette loi est arrêtée par le ministre de l'Environnement après demande des conseils généraux et des communes. Pendant deux ans, de 1963 à 1964, en commission et séance publique, au cours de nombreuses auditions, le sénateur s'emploie à compléter et à enrichir le texte avant de le faire aboutir. Une fois la loi votée, il faut encore plusieurs années de travail, de visites et de discussions dans les bureaux des administrations centrales pour que les décrets d'application interviennent. Il est vrai que le texte est délicat et trouve vite de nombreux détracteurs parmi les propriétaires privés et les défenseurs des animaux. Paradoxe étonnant, la loi Verdeille (que son inspirateur ne cesse de défendre dans les colonnes du Chasseur français) ne fut jamais appliquée dans le Tarn, faute d'entente entre les associations de chasseurs et les organisations agricoles.

Au Sénat, Fernand Verdeille approuve la loi du 4 février 1960 autorisant le Gouvernement à prendre, par application de l'article 38 de la Constitution, certaines mesures relatives au maintien de l'ordre, à la sauvegarde de l'Etat, à la pacification et à l'administration de l'Algérie. Il vote en faveur de la loi du 13 juillet 1965 portant réforme des régimes matrimoniaux et de la loi dite Neuwirth du 28 décembre 1967 relative à la régulation des naissances. Il s'oppose à la loi du 5 juillet 1972 portant création et organisation des Régions et s'abstient lors du vote de la loi dite Royer du 27 décembre 1973 d'orientation du commerce et de l'artisanat. Il est favorable à la loi du 5 juillet 1974 fixant à 18 ans l'âge de la majorité.

Fernand Verdeille meurt le 19 octobre 1974, durant son mandat sénatorial. Le vice-président, André Méric, prononce son éloge funèbre en louant celui qui, pendant 28 ans, siégea sans discontinuité au Sénat, « apportant avec son accent de rocaille le bon sens, l'expérience et la solidité des hommes fortement enracinés dans la terre de nos provinces ».

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Photo de M. Fernand VERDEILLE, ancien sénateur
Appartenance politique
Membre du Groupe socialiste
Etat-civil
Né le 26 septembre 1906
Décédé le 19 octobre 1974
Profession
Libraire
Département
Tarn