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Loi du 16 juin 1881 relative aux titres de capacité exigés pour l'enseignement primaire : extraits du rapport

«  Les congréganistes ne peuvent échapper à ce dilemme : ou la lettre d'obédience n'est conférée qu'à des institutrices capables, et alors elles ont tout intérêt à démontrer leur capacité et à confondre les préventions dont elles sont l'objet en subissant avec succès les épreuves de l'examen ; ou leur refus de se présenter à l'examen ne serait qu'un aveu d'ignorance, et alors de quel droit se plaindraient-elles d'être écartées de l'enseignement ?(...)

L'autre objection, qui est, nous l'avons dit, une objection de fait, s'appuie précisément sur le grand nombre des adjoints et des adjointes non brevetés. Ceux qui la formulent supposent que ce personnel considérable ne pourra conquérir le brevet et ils s'effrayent du vide immense que laissera sa disparition, sans que l'Etat ait les moyens de le combler (...) Comment admettre que des maîtres et des maîtresses, qui doivent s'être assimilé par une pratique plus ou moins longues les éléments des connaissances qu'ils prétendent enseigner à leurs élèves, ne pourront pas, en une ou deux années de préparation, se mettre en mesure de subir l'examen ?(...)

La vérité est donc que les exigences du brevet simple sont assez modestes pour être accessibles à toute personne qui enseigne déjà dans une école et qui aura en outre un délai de deux ans pour se préparer. Echouer jusqu'au bout, dans de semblables conditions, ou, ce qui serait pis encore, renoncer même avant l'épreuve, ce serait prouver qu'on était ignorant et qu'on était même incapable d'apprendre ce qu'on avait la prétention d'enseigner aux autres. Une telle preuve autoriserait à considérer ces incurables de l'ignorance comme des non-valeurs, dont la disparition ne laisserait, on en conviendra, ni regret ni vide dans l'enseignement. »