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Les défis de l'Afrique face au changement climatique

5 novembre 2015 : Les défis de l'Afrique face au changement climatique ( rapport de groupe interparlementaire d'amitié )

CLÔTURE

M. Philippe LACOSTE, Adjoint à la Représentante spéciale
pour la Conférence des Parties

Dans le cadre de la Conférence Paris Climat, nous devons aboutir collectivement à un accord juridiquement contraignant sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'adaptation au changement climatique. Cet accord traite donc simultanément les causes et les symptômes, car il est nécessaire d'apporter une réponse au changement climatique. Les projets de texte ne sont pas définitifs, et des termes sont susceptibles d'y être ajoutés. Une conférence préparatoire de 80 ministres se réunira dès dimanche dans la « pré-Conférence Paris Climat », avant que nous nous retrouvions du 30 novembre au 11 décembre pour la Conférence des Parties.

Cette conférence n'est pas une conférence de négociateurs, mais une conférence des parties et de l'action. Il est nécessaire d'organiser des financements internationaux et d'apporter des réponses à la question du transfert des technologies, traditionnelles, nouvelles ou futures.

Par ailleurs, les compétences ont également été évoquées plusieurs fois lors de ce colloque. Un bon projet n'a jamais de problèmes de financement. Nous réussirons probablement à obtenir sans difficulté les objectifs de financement de 100 milliards de dollars par an de financement à l'horizon 2020, mais je crains que cet argent ne soit pas distribué à ceux qui en ont besoin. En effet, les mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto ont finalement davantage profité aux grands pays qu'aux pays en développement. C'est une préoccupation des négociateurs. Le « Fonds vert » ne représente qu'une partie des 100 milliards de dollars. Les aides bilatérales et des banques de développement s'y ajoutent. Les PMA ont obtenu qu'une parité soit établie entre l'adaptation et la réduction des émissions et que la priorité soit accordée aux pays les plus vulnérables. L'usage des terres et l'efficacité énergétique sont les secteurs les plus porteurs pour ces projets. Les contributions nationales représentent une sorte de catalogue de projets pour les bailleurs de fonds. Une partie inconditionnelle correspond aux financements des pays sur leurs ressources propres, et une partie conditionnelle est soumise aux financements internationaux.

L'Afrique est motivée, parce qu'elle a des besoins et est vulnérable. Elle est politiquement organisée et s'exprime d'une seule voix. Son point de vue est écouté dans les négociations internationales, où le groupe Afrique représente 53 voix. En outre, le groupe du G77 et de la Chine - qui compte 123 pays - est présidé par l'Afrique du Sud. La conjoncture paraît donc favorable. Soyez certains que la présidence française y sera particulièrement attentive.

M. Jacques LEGENDRE Ancien ministre, Président du groupe interparlementaire d'amitié France-Afrique de l'Ouest

Au Sénat, nous avons voulu que la parole soit donnée à l'Afrique et que ses attentes soient soulignées dans un grand rassemblement mondial, où il serait injuste de contraindre l'Afrique à des efforts, alors qu'elle est beaucoup moins responsable que d'autres des problèmes climatiques que nous rencontrons actuellement. Il est donc légitime de vous entendre et d'entendre les contreparties que l'Afrique est en droit de demander.

L'Afrique est loin de connaître le confort électrique des pays occidentaux. L'objectif consiste à offrir progressivement à tous une qualité de service équivalente. Toutefois, je rappelle que la France a mis des dizaines d'années pour être électrifiée. Les dernières communes ont été électrifiées pendant l'entre-deux-guerres, et des plaques sur des immeubles de Paris indiquent encore « Gaz et électricité à tous les étages », rappelant un passé qui n'est pas si lointain. L'électrification prend du temps parce qu'elle est coûteuse. En outre, il est toujours plus simple de la réaliser pour des populations rassemblées sur un territoire que pour des populations dispersées

Le Sénat est la maison des collectivités territoriales. Les sénateurs issus du monde rural sont souvent mécontents que les réseaux soient surtout au service des grandes villes. Ils veulent que le réseau maille de façon égalitaire l'ensemble du territoire. L'inégalité de l'accès à l'internet est un problème qui préoccupe les sénateurs, car un débit insuffisant est un facteur susceptible de décourager des entreprises de s'installer sur un territoire. Il est donc facile pour les parlementaires de comprendre les problèmes de leurs collègues africains, car ils rencontrent des distorsions similaires et souhaitent également des évolutions. En outre, les parlementaires sont des élus selon le principe démocratique et ont des comptes à rendre à leurs concitoyens.

Le rapporteur budgétaire, présent à ce colloque, indiquera au gouvernement que nous souhaitons mener une politique selon des objectifs clairement affichés.

L'Agence Française de développement a fait des efforts importants pour que ce colloque puisse se tenir avant la Conférence Paris Climat, en réponse au souhait du Président du Sénat, qui s'est déplacé pour inaugurer ce colloque. Nous devrons nous montrer attentifs à ses travaux de la Conférence des Parties et au processus qui la suivra.

Je remercie les personnalités qui ont participé à ce débat, ainsi que les auditeurs. Les sénateurs ne vivent pas dans un monde coupé des réalités, mais retournent chaque semaine dans leurs circonscriptions, où ils rencontrent leurs électeurs. Ces problèmes climatiques et de développement inégal affectent notamment indirectement la ville de Calais située dans ma circonscription, qui reçoit désormais aussi des réfugiés climatiques.

Continuons à dialoguer pour faire avancer les choses !