CONCLUSION

La Syrie est aujourd'hui à la croisée des chemins. Son économie est en cours de modernisation, mais doit encore faire l'objet de profondes réformes. Politiquement, la libéralisation du Printemps de Damas doit se poursuivre, sauf à dissuader les investisseurs internationaux de se tourner vers la Syrie.

Consciente de son rôle potentiel de carrefour des cultures au Proche-Orient, fondé sur une histoire millénaire la Syrie s'est engagée dans la voie de l'ouverture, intérieure et extérieure. La France ne ménagera pas ses efforts pour l'encourager et lui apporter le soutien dont elle pourrait avoir besoin.

Le Sénat, au travers de son Groupe sénatorial, a fait le choix, pour sa part, d'une active coopération avec la Syrie.

Parmi les projets en cours, il y a lieu de relever :

- la réalisation du premier portail Internet France-Syrie ;

- l'organisation de deux expositions au Sénat, en 2003 sur Alep, en 2004 sur la peinture syrienne contemporaine ;

- la visite en Syrie, en mars 2003, à l'invitation du ministre syrien du Tourisme, d'une délégation du Groupe sénatorial, accompagnée par des responsables d'entreprises françaises dans le domaine de la culture et du tourisme.

Car l'amitié entre des peuples est faite de mots, certes, mais elle se nourrit d'actes tangibles.

VISITE DE LA DÉLÉGATION SYRIENNE EN DÉCEMBRE 2002
COMPTE RENDU SOMMAIRE

Le Groupe sénatorial d'amitié France-Syrie, présidé par M. Philippe Marini (Oise, UMP), a accueilli une délégation de la Chambre du peuple Syrien du 2 au 7 décembre.

Conduite par M. Ramadan Attyeh, Président de la commission des Finances du Parlement syrien et par M. Basil Dahdouh, Président du Groupe Syrie-France, cette délégation a pu avoir de nombreux entretiens officiels à Paris.

Avec M. Charles Gautier, sénateur de Loire-Atlantique représentant le Groupe Socialiste, la délégation a évoqué la nécessaire solidarité avec le peuple palestinien. Evoquant son action au sein de sa commune, M. Charles Gautier a notamment souligné l'importance de la coopération décentralisée.

Puis, les parlementaires syriens ont participé à une réunion de travail avec le Groupe sénatorial d'amitié France-Syrie au cours de laquelle sont intervenus Mme Paulette Brisepierre ainsi que MM. Hubert Durand-Chastel, François Trucy et Daniel Goulet. Celui-ci s'est notamment interrogé sur l'avenir de la francophonie en Syrie. Il a indiqué que l'ADIFLOR (Association pour la diffusion francophone des livres, ouvrages et revues), association qu'il préside, enverrait dans les prochains jours un important stock de livres français à Damas. La délégation a également eu un entretien avec M. André Dulait, Président de la commission des Affaires étrangères. Parmi les sujets abordés, ont été évoquées les méthodes respectives de travail des Parlements français et syrien, mais aussi la situation internationale.

Après un entretien avec le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, la délégation a été reçue par M. le Président du Sénat. Elle a pu faire valoir sa vive inquiétude face à la politique américaine qui, tout à la fois, empêche tout règlement du conflit israélo-palestinien et risque de mener la région à la guerre.

Avec M. Serge Vinçon, vice-Président du Sénat chargé de la Coopération interparlementaire, les députés syriens ont souligné leur intérêt pour une intensification de la coopération entre le Sénat et la Chambre du peuple.

Lors d'un déjeuner offert par le Groupe sénatorial d'amitié France-Syrie, M. Philippe Marini a pu rappeler les projets de coopération engagés par le Groupe avec la Syrie : réalisation d'un portail Internet franco-syrien, exposition de photographies sur Alep en 2003, sur la peinture syrienne contemporaine en 2004, visite en Syrie en mars 2003, à l'invitation du ministre syrien du Tourisme, avec une délégation de chefs d'entreprises dans les domaines de la culture et du tourisme. Il a souligné la disponibilité du Sénat pour réaliser d'autres opérations de coopération et, en particulier, des échanges de fonctionnaires. M. Philippe Marini a par ailleurs mis en valeur la communion de vues existant entre la Syrie et la France sur les dossiers internationaux. Il a insisté sur le vote par la Syrie de la résolution 1441 du Conseil de Sécurité, adoptée sous l'impulsion de la France, et permettant de contrôler le désarmement de l'Irak dans le cadre de l'ONU.

Après un déjeuner offert par M. Gérard Bapt, Président du Groupe France-Syrie, à l'Assemblée nationale, la délégation a été reçue à la Présidence de la République par le conseiller du chef de l'Etat pour le Proche et le Moyen-Orient. A cette occasion, ont été évoqués les relations franco-syriennes, le conflit israélo-palestinien, la situation en Irak ainsi que l'importance des relations parlementaires franco-syriennes.

A l'occasion de la visite de l'Institut du Monde Arabe, les parlementaires syriens ont été reçus par le Président de l'Institut. M. Denis Bauchard, approuvé par les membres de la délégation a noté l'importance de cet établissement, qui reçoit plus de deux millions de visiteurs par an, dans le contexte international actuel.

Enfin, reçue par le directeur d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères, la délégation syrienne a souligné la qualité des relations franco-syriennes à tous les niveaux. Elle a renouvelé son sentiment d'injustice face à la situation des Palestiniens. Plaidant pour l'élimination de toutes les armes de destruction massive dans la région, elle s'est étonnée que la communauté internationale ne s'inquiète pas de la détention de telles armes par Israël. Les parlementaires syriens se sont aussi interrogés sur les objectifs réels des Etats-Unis face à l'Irak. Enfin, ils ont souligné le rôle de la Chambre du peuple dans le processus de réforme en cours en Syrie.

Après s'être félicité de la densité des relations entre le Parlement syrien et le Sénat et avoir relevé l'importance de ces contacts, le directeur d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient a fait valoir la qualité des relations franco-syriennes. M. Bernard Emié, regrettant l'impasse dans laquelle se trouvait le processus de paix, a rappelé la position de la France face au conflit israélo-palestinien : accord global entre Israël et toutes les parties arabes, reconnaissance d'un Etat palestinien souverain, reconnaissance et sécurité de l'Etat israélien, paix avec la Syrie et le Liban selon le principe « La paix contre la terre ». Il a souligné le rôle du « quartet » international (Etats-Unis, Russie, Nations unies, Union européenne) pour le dénouement progressif du conflit d'ici la mi-2005 et a appelé à désamorcer toute escalade de la violence de part et d'autre.

Les thèmes associés à ce dossier

Page mise à jour le

Partager cette page