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2. UN POTENTIEL ÉCONOMIQUE INDÉNIABLE

L'investissement européen et français dans l'économie serbe semble assez viable. L'alignement de la législation sur les normes communautaires s'effectue à un rythme régulier et satisfaisant. Une résolution du Parlement serbe adoptée en avril 2005 rend obligatoire cette harmonisation. L'agroalimentaire, l'industrie lourde et les services sont les domaines clés de l'investissement. La qualité et la technicité de la main d'oeuvre ne sont plus à démontrer, la Serbie pouvant en outre être perçue comme une porte d'entrée vers le marché russe.

On notera en outre une relative indépendance entre les questions économiques et le débat politique, les mouvements électoraux ne peuvent donc se traduire par une modification de la structure économique en partie libérale qui se met en place. Au delà du déséquilibre de sa balance des paiements, la croissance de la Serbie étroite (8 %) comme la progression du revenu annuel moyen (1.000 dollars en 2000 et 2.800 en 2005) soulignent le dynamisme du pays, qui tend à bénéficier des délocalisations de Hongrie ou de Pologne, désormais soumises à la réglementation européenne en matière sociale et environnementale.

La France est le cinquième fournisseur de la Serbie-et-Monténégro (onzième en 2001), sa part de marché atteignant 3,7 %. La participation économique française est à mettre au compte des biens d'équipement alors que la livraison de biens de consommation est en net recul. Au sein de l'Union Européenne, la France figure au troisième rang derrière l'Allemagne (13,9 % de part de marché) et l'Italie (10 %). Les biens d'équipement vendus sont liés aux secteurs mécanique, électrique et automobile. Les biens de consommation non alimentaires français sont concurrencés par les produits fournis par les pays à main d'oeuvre bon marché (Chine), adaptés au niveau de vie du pays. Les exportations en direction de la France sont principalement constitués de produits agro-alimentaires transformés (fruits rouges), biens d'équipement, notamment automobiles (pneumatiques TIGAR et TRAYAL, pièces détachées JUCITINVEST livrées à PSA).

La présence de tous les bailleurs de fonds internationaux sur place est une garantie quant à la sécurité de l'investissement. Le développement des infrastructures, la concession de services publics, la distribution et l'agroalimentaire sont parmi les secteurs porteurs pour les entreprises internationales. Les problèmes juridiques, absence de droit de la concurrence ou de loi anti-trusts, devraient se résorber assez rapidement tant la perspective européenne agit comme levier. Toute stratégie de développement doit néanmoins prendre en compte cet aspect ainsi que la force d'une dizaine de conglomérats puissants (dont celui de la famille KARIC), régulateurs officieux du marché.

Le groupe d'amitié appelle de ses voeux la création d'une véritable Chambre de commerce franco-serbe destinée à faciliter l'investissement dans ce petit pays d'avenir. Les efforts faits en ce sens par l'Italie, qui se traduiront par l'organisation d'une exposition commerciale italienne en octobre 2005, doivent inciter la Mission économique de l'Ambassade de France sur place à pousser plus loin ce projet, actuellement réduit à l'état de club informel sans visibilité. Manifestation de liens économiques, la chambre doit également permettre de conforter nos liens politiques, à l'image de la relation qui tend à unir les gouvernements serbe et italien.