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Le Cambodge à l'entrée du 21e siècle

 

B. UNE COOPÉRATION FRANÇAISE CIBLÉE ET DYNAMIQUE

Lors de son séjour à Phnom Penh, la délégation du groupe d'amitié a tenu à visiter plusieurs lieux et établissements témoignant de la coopération française au Cambodge. Ces visites ont permis de mesurer l'engagement des personnels en faveur de la formation des jeunes cambodgiens et de l'apprentissage de la francophonie.

1. Le Centre culturel français

Le Centre Culturel Français (CCF) de Phnom Penh, créé en 1992 après la signature des accords de Paris, est la structure d'appui de la politique de coopération culturelle de la France au Cambodge, au sens où celle-ci englobe, à la fois, son action linguistique et ses échanges artistiques. Ses compétences et champs d'intervention couvrent les domaines culturels et artistiques, ainsi que les domaines linguistique, éducatif, et de promotion du français. Le centre de Phnom Penh dispose de deux annexes à Siem Reap et Battambang.

L'établissement compte 150 employés, dont 75 enseignants sur les trois sites, et dispose d'un budget annuel de près de 2 millions d'euros22(*).

Le Centre Culturel Français organise chaque année cinq grands évènements : les Nuits D'Angkor, Tini-Tinou (semaine du cirque), Lire en Fête, la Fête de la Musique et la Semaine de la Francophonie. Le CCF programme également tout au long de l'année des expositions et diverses manifestations. Le public peut assister chaque mois à une nouvelle exposition, une représentation théâtrale, une rencontre littéraire, un concert ou encore à une conférence.

Le CCF, disposant de la seule salle de cinéma bien équipée de la ville de Phnom Penh, programme régulièrement des oeuvres cinématographiques : fictions, comédies, documentaires, français et internationaux. Sont organisés également des séances hebdomadaires dédiées à la jeunesse et aux films classiques, des séances en plein air, ainsi que 3 festivals annuels : CinéMékong, le Festival du film Européen et le Festival du film de réfugié. Le centre dispose d'un studio d'enregistrement avec ingénieur du son, équipé de matériel et de logiciels professionnels.

Le CCF reçoit chaque année un large public désireux d'apprendre le français ou de certifier leurs connaissances acquises. Il dispense des cours de français général et des cours de français spécialisés répondant à des besoins de communication d'entreprise. Le centre accueille ainsi 5.500 étudiants chaque année. Les cours sont dispensés par des professeurs spécialistes de la langue française langue étrangère. Toutes les salles de cours sont équipées de matériel audiovisuel et les élèves bénéficient en plus de la possibilité de profiter des services offerts par une médiathèque moderne et récemment agrandie23(*). Il héberge enfin les studios de Radio France Internationale (RFI) et de TV5.

Quel soutien pour la francophonie au Cambodge ?

Le Cambodge est un pays jeune, dans un contexte régional marqué par la prééminence de l'anglais. La logique d'un enseignement francophone de masse n'est donc pas appropriée, comme le souligne le document-cadre de partenariat France-Cambodge pour la période 2006-2010. Cependant, le positionnement du français comme langue d'enseignement supérieur doit être renforcé et soutenu.

En effet il existe quatre cursus universitaires francophones qui sont la santé et la médecine, les sciences de l'ingénieur, le droit et l'économie, l'archéologie et les formations à la restauration d'Angkor.

Il apparaît très important de poursuivre cette construction cohérente entre l'enseignement du français, les filières universitaires francophones et la stratégie de coopération française, ciblée sur les métiers de la santé, le droit et la préservation du patrimoine, à laquelle il faut ajouter désormais la formation audiovisuelle du centre Bophana.

Pour ces filières universitaires, les classes bilingues franco-khmères créées en 199424(*), et qui accueillent 3.000 élèves, servent de « vivier ». L'agence universitaire de la francophonie (AUF)25(*) a cédé en 2006 aux autorités cambodgiennes la gestion des classes bilingues. Il importe que cette transition soit accompagnée afin que le financement et le dynamisme de ces classes soient maintenus.

Comme le centre culturel français le souligne, le Cambodge connaît une pénurie de professeurs de français, ce qui empêche le centre d'accueillir un très grand nombre d'étudiants. Grâce aux jeunes générations, un renouvellement des cadres devrait être engagé, qui garantisse la pérennité de la présence francophone au Cambodge.

* 22 A noter que le CCF est engagé dans une politique de restructuration, visant à équilibrer son budget par un meilleur contrôle des coûts et une amélioration de l'autofinancement, pour compenser une forte baisse de sa subvention de fonctionnement. Les tarifs des cours de langue ont ainsi été revus à la hausse.

* 23 A noter la présente dans l'enceinte du CCF d'une librairie française privée qui contribue très utilement à la diffusion de notre langue.

* 24 Le projet "Classes bilingues" a été mis en oeuvre au Viêt-nam, au Laos et au Cambodge depuis 1994 avec le concours des partenaires francophones. Lors de la conférence-bilan des dix ans du projet, tenue en janvier 2005 à Hanoi, les parties concernées ont jugé ce programme "positif" et souhaité le développer après la clôture de la convention-cadre du programme en fin 2005. Le Viêt-nam compte aujourd'hui 648 classes bilingues réparties dans 110 écoles et regroupant 17 000 élèves. En 2004-2005, il y avait une centaine de classes bilingues au Cambodge et elles regroupaient quelque 3 000 élèves, dont 88% d'entre eux sont en province. Le Laos comptait également une centaine de classes bilingues qui accueillaient plus de 2 000 élèves.

* 25 Les huit établissements cambodgiens membres de l'AUF sont l'Académie Royale du Cambodge, l'Ecole royale d'administration, l'Institut de Technologie du Cambodge, l'Université Royale d'Agriculture, l'Université Royale des Beaux-Arts, l'Université royale de droit et de sciences économiques, l'université royale de Phnom Penh, l'université des sciences de la Santé.