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Le Cambodge à l'entrée du 21e siècle

 

II. UNE FORTE ASSISTANCE INTERNATIONALE, DONT UNE COOPÉRATION FRANÇAISE CIBLÉE ET DYNAMIQUE

A. UNE FORTE ASSISTANCE INTERNATIONALE

1. Le Cambodge, un pays largement « sous assistance ».

Malgré la croissance de ces dernières années, malgré les promesses de ressources pétrolières, le Cambodge est un pays qui ne peut subvenir seul à un certain nombre de besoins fondamentaux.

L'Etat est indigent, qui prélève moins de 11% du PIB. Les recettes fiscales et douanières sont mal gérées, les fonctionnaires peu payés et les missions de service public ne peuvent être remplies correctement.

Aussi, la coopération internationale se concentre-t-elle sur le secteur public et le renforcement de l'Etat de droit, même si des efforts resteraient à accomplir pour favoriser l'investissement privé et la réforme agraire (consolidation des droits de propriété paysans).

Les données chiffrées sur l'aide au Cambodge sont cependant difficiles à synthétiser, car disparates et peu comparables. En 2006, l'encours de l'aide représentait environ 2,5 milliards de dollars pour 489 projets financés par 22 bailleurs. Pour une année, l'encours s'élève en moyenne à 600 millions d'euros.

Ainsi, les engagements de donateurs, hors Chine, se sont montés pour 2006 à 601 millions de dollars :

- les donateurs multilatéraux (Banque asiatique, agences ONU, banque mondiale) versent 200 millions de dollars.

- les donateurs européens (Etats + commission européenne) versent 155 millions de dollars.

- les autres donateurs bilatéraux versent 247 millions de dollars.

Avec 38 millions de dollars d'aide pour 2006, la France serait le 3ème donateur bilatéral, après le Japon (115 millions de dollars), et les Etats-Unis (62 millions de dollars) et avant l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède (respectivement 28 millions de dollars, 25 millions de dollars et 21 millions de dollars). Le Japon se concentre sur la bonne gouvernance, la santé et les infrastructures. Les Etats-Unis se concentrent sur la santé (60 % de l'aide), et un appui à la bonne gouvernance par des subventions aux ONG, mais pourraient se réorienter vers des enjeux liés au pétrole (transparence des contrats d'exploitation, lutte contre la corruption). Le projet de l'Union européenne pour 2007-2013 est la réduction durable de la pauvreté, les secteurs prioritaires étant l'éducation de base, la bonne gouvernance et les droits de l'homme.

2. Le rôle croissant de la Chine

Comme l'avait déjà laissé voir l'accueil solennel réservé au président Jiang Zemin en octobre 2000, la volonté du Cambodge de développer les relations avec la Chine (où le Roi-Père fait de longs et fréquents séjours) a été manifestée avec éclat lors de la visite du Premier Ministre Wen Jiabao en avril 2006. A cette occasion a été annoncé un ensemble de mesures d'aide totalisant 600 millions de dollars (construction notamment de deux ponts sur le Mékong et le Tonlé Bassac et d'une centrale hydroélectrique), et qui ne sont pas assorties des conditionnalités en usage chez les autres bailleurs.

La Chine, qui a soutenu les Khmers Rouges et dont le Premier Ministre Hun Sen avait déclaré qu'elle était « à la source de tous les maux du Cambodge », est aujourd'hui l'un de ses premiers partenaires économiques et souhaite encre accroître cette présence.

La Chine pratique la politique de la « chaise vide » aux réunions de bailleurs internationaux, et si le chiffre d'aide de 600 millions d'euros pour 2006, soit l'équivalent de toute l'aide internationale, est contesté (il couvrirait des actions allant au-delà d'une seule année), d'une manière générale, la Chine intervient par des aides publiques mais aussi des investissements privés et joue un rôle croissant dans l'éducation (formation en Chine du Sud).