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Colloque économique sur le Brésil



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Actes du colloque Sénat-Ubifrance
« Brésil, véritable puissance économique du XXIème siècle»

Jeudi 19 juin 2008
Palais du Luxembourg

Allocutions d'ouverture

 

 

 

 

 

M. Roland du LUART,
Vice-président du Sénat, lit le discours de Christian PONCELET

Monsieur le Président,

Messieurs les ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

Chers collègues,

Le Président du Sénat, M. Christian PONCELET, m'a demandé de le remplacer ce matin car un impératif l'empêche d'ouvrir ce colloque. C'est bien volontiers que je le fais en tant que Président du groupe interparlementaire d'amitié France-Amérique du sud du Sénat.

« Le Sénat est heureux et fier d'accueillir aujourd'hui ce colloque économique sur le Brésil, six ans après celui que nous avions organisé en 2002, dans les semaines qui avaient suivi la première élection du Président LULA DA SILVA.

Que de chemin parcouru depuis lors dans nos relations bilatérales ! Plusieurs repères marquants jalonnent le renforcement régulier de notre dialogue. Je pense en particulier aux visites réciproques des deux chefs d'États, brésilien en France en 2005 et français au Brésil en 2006 ; à l'année du Brésil en France en 2005 ; à la réélection du président brésilien en 2006, en attendant le lancement en 2009 d'une année de la France au Brésil pour laquelle plus de 200 manifestations sont d'ores et déjà programmées.

Avant d'aborder le thème de cette rencontre, permettez-moi de souhaiter la bienvenue et mes meilleurs souhaits de réussite à son Excellence M. José Mauricio BUSTANI, nouvel Ambassadeur du Brésil en France. Il vient tout juste de prendre ses fonctions après avoir été Ambassadeur à Londres pendant 5 ans.

Je tiens également à saluer chaleureusement le nouveau Directeur Général d'Ubifrance, M. Christophe LECOURTIER, dont c'est la première intervention à cette tribune dans le cadre de nos traditionnelles rencontres Sénat - Ubifrance. Comme je l'ai dit plusieurs fois, le Sénat se félicite du partenariat engagé il y a plus de 10 ans avec Ubifrance. Je crois essentiel que le Sénat soit aux côtés des entreprises françaises, y compris des PMI et PME qui souhaitent s'ouvrir à l'international et qu'ensemble nous leur apportions une information concrète, aussi en prise que possible avec les réalités des marchés qu'elles abordent. Bien souvent, nos entrepreneurs et nos investisseurs privés n'ont qu'une connaissance approximative des opportunités d'affaires en dehors de l'Europe, dans des Etats qui, comme le Brésil, peuvent pourtant représenter des partenaires économiques fiables et entreprenants.

Si chacun s'accorde à reconnaître le Brésil comme l'un des grands marchés émergents du XXIème siècle, les décideurs et les investisseurs économiques français ne mesurent pas toujours concrètement l'intérêt qu'ils auraient à s'y installer ou à y développer des participations.

Comment ne pas être plus attentif, plus réactif et finalement plus entreprenant si l'on considère que le Brésil est le cinquième pays du monde en terme de population -186 millions d'habitants en 2006- et en superficie, avec plus de 8,5 millions de km2. Selon les statistiques les plus récentes, ce géant du continent sud américain, dont il occupe 21 % du territoire, est devenu la dixième puissance économique mondiale. C'est aussi, ne l'oublions pas, un voisin limitrophe de la France, puisque nous partageons avec le Brésil plus de 700 kilomètres de frontière commune avec le territoire du département français de la Guyane.

Les spécialistes et les témoins qui vont se succéder à la tribune toute la journée vous démontreront toutes les potentialités du marché brésilien, à la fois destination finale et plateforme d'exportation vers les autres Etats d'Amérique du Sud, en particulier ceux du MERCOSUR.

Je souhaite souligner l'excellence des liens politiques qui unissent le Brésil et la France, car ils forment un arrière-plan très propice au développement de nos échanges économiques et commerciaux. A partir de 1995, la France a ainsi reconnu le Brésil comme son partenaire privilégié en Amérique du Sud et comme un acteur global dans les affaires mondiales. C'est pourquoi elle soutient l'ambition brésilienne d'accéder à un siège permanent au Conseil de sécurité et souhaite inclure ce pays dans un G8 élargi aux grands pays émergents et qui pourrait ainsi devenir le G13.

Nos deux pays ont aussi lancé conjointement plusieurs programmes internationaux de premier ordre, comme par exemple en 2006 le programme UNITAID, qui vise à ouvrir l'accès aux médicaments à un grand nombre de pays défavorisés. Ces liens étroits entre le Brésil et la France reposent avant tout sur un ensemble de valeurs partagées, parmi lesquelles notamment la promotion des principes démocratiques et des droits de l'homme, le renforcement du droit international et du multilatéralisme, le développement de la justice sociale, la non-prolifération des armes de destruction massive sans oublier la protection de l'environnement et de la diversité culturelle. Rien d'étonnant dès lors que ce partenariat politique privilégié avec le Brésil se traduise par des visites régulières au plus haut niveau qui, bien entendu, concourent aussi au développement de nos relations d'affaires. Les entretiens du 5 juin entre Monsieur Bernard KOUCHNER et son homologue brésilien, Monsieur Celso AMORIM, en fournissent un exemple d'actualité. Pour m'en tenir aux échanges parlementaires récents, j'évoquerai notamment les missions effectuées en septembre 2007 par la commission des affaires économiques du Sénat et tout dernièrement par celle de la commission des finances en avril 2008 sur lesquelles la chaîne parlementaire Public Sénat a réalisé dernièrement un très intéressant documentaire.

Aujourd'hui, ces excellentes relations ne doivent pas se limiter aux responsables politiques et aux décideurs publics : les décideurs privés, les entreprises et les opérateurs économiques français doivent prendre le relais et se positionner sur un marché où la concurrence risque de devenir rapidement très forte.

Avec les conseils éclairés d'Ubifrance, je suis convaincu que le savoir-faire de nos entreprises, grandes et petites, pourra s'exprimer pleinement dans ce pays ami. Je souhaite à tous un excellent colloque et de fructueux travaux, en espérant que vous garderez de votre passage au Sénat un bon souvenir qui vous incitera à y revenir. »

M. Bruno DURIEUX
Président du Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur de France

Monsieur le Président, Monsieur l'Ambassadeur, Monsieur le Directeur Général, Mesdames et Messieurs, j'interviens ici comme Président du Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur. Cette organisation est particulièrement active sur l'ensemble des problèmes du commerce extérieur, notamment sur les grandes zones d'exportation et en particulier sur le Brésil. Je voudrais remercier Christophe LECOURTIER de m'avoir convié à dire quelques mots pour l'ouverture de ce colloque consacré au Brésil.

Les Conseillers du commerce extérieur ne sont pas des académiques de la pensée économique internationale et des théoriciens du commerce extérieur. Nous sommes des praticiens et vous avez, avec les réseaux des 4 000 conseillers du commerce extérieur, des hommes et des femmes d'entreprises, sur le terrain, qui apportent un soutien à l'exportation complémentaire à celui de notre «  navire - amiral » d'Ubifrance.

Ce colloque aura un prolongement en novembre prochain au Brésil, à Sao Paulo et à Rio, au cours de 3 ou 4 journées dont les premières sont organisées par Ubifrance avec notre concours et les dernières par nous-mêmes. Il s'agira d'un forum régional puisque nous élargirons à l'ensemble de l'Amérique Latine et du cône sud les travaux entamés sur le Brésil.

Vous aurez tout à l'heure la présentation par notre collègue M. Charles-Henry CHENUT des opérations que nous allons mener en novembre prochain à Rio. Nous sommes déjà associés dans des « road shows » puisque nous avons souhaité apporter notre concours pour, de façon concrète et opérationnelle, susciter l'intérêt des PME pour le marché brésilien et avoir la délégation la plus importante possible afin de découvrir le marché brésilien et les marchés d'Amérique latine. Nous souhaitons également apporter une expertise très concrète aux entreprises intéressées par le marché brésilien à travers des rencontres dans des villes de province avec les conseillers du commerce extérieur. Nous vous proposerons également à Rio une rencontre qui élargira au-delà du Brésil à l'ensemble de la région les contacts possibles, les analyses et les échanges sur les perspectives économiques dans ces pays. Vous aurez aussi l'occasion, puisque nous réalisons cette opération avec le Quai d'Orsay, de rencontrer les Ambassadeurs et responsables français de la zone.

Je voudrais également rappeler très rapidement dans cette introduction un élément important. Quand une délégation d'entreprises se rend sur un marché étranger aussi stratégique que le Brésil, le retour est essentiel. Après les rencontres avec des interlocuteurs, un suivi effectif doit se mettre en place. Les conseillers du commerce extérieur que je représente ici organisent des opérations de parrainage, permettant un accompagnement en amont ou en aval d'un contact local. Cette mission de parrainage est maintenant au coeur des missions des conseillers du commerce extérieur. Quand vous, PME, irez découvrir ces marchés, les 1 600 conseillers du commerce extérieur seront là pour vous aider depuis la France. Ils seront présents également pour vous aider sur place avec le soutien des missions économiques. 2 400 conseillers du commerce extérieur dans le monde mènent ces opérations de parrainage essentielles. En outre, dans le cas du « follow-up » ou suivi, nous nous tenons à votre entière disposition.

Je terminerai en remerciant nos amis de la commission Amérique Latine, Pierre TOME et Charles-Henri CHENUT, ainsi que Marie-Danielle BEYSSON, engagée sur les opérations de recrutement des PME, et vous dire que nos 4 000 conseillers sont à votre disposition pour vous aider, sur le Brésil notamment.

M. Christophe LECOURTIER
Directeur Général Ubifrance

Monsieur le Président, Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les Ministres,

Quel est le sens de cette journée qui nous réunit aujourd'hui, équipes des missions économiques et équipes d'Ubifrance ? D'autres diront mieux que moi les enjeux liés au Brésil et l'avenir qui s'y prépare aujourd'hui. Les chiffres montrent que la France participe de cette dynamique et en bénéficie, même s'il faut relativiser les chiffres assez flatteurs de 20 % d'augmentation de nos exportations en 2007 : la part de l'aéronautique est très importante et nos parts de marché ont tendance à stagner voire à régresser légèrement. De plus, nos échanges économiques ne peuvent se limiter aux échanges commerciaux car le Brésil est un pays où nous avons beaucoup investi, notion dont il faut tenir compte.

Pourtant, dans le paysage complexe de l'économie mondiale pour les PME, force est de reconnaître que le Brésil souffre encore d'une image incertaine et d'une notoriété économique que nous jugeons insuffisante. Le Brésil est le vingtième client de la France, avec un peu moins de 1 % de nos importations, ce qui est encore très peu. L'enjeu est ici crucial. Il y a quelques semaines, nous avons organisé au Brésil une réunion très intéressante avec les responsables commerciaux des ambassades des principaux pays européens et de l'OCDE, Etats-Unis, Canada, Japon. Pour ces pays, le Brésil figure sur le podium des pays prioritaires et ils y consacrent les moyens financiers et humains nécessaires. Ce n'est pas encore du tout le cas pour la France et s'il y a un message à retenir de cette journée, c'est que nous devons tous collectivement faire du Brésil un pays prioritaire pour les PME françaises. Ubifrance doit les informer sur les opportunités et a l'ambition de mettre à profit l'année de la France au Brésil.

Dès la fin 2008, nous allons engager un plan commercial sans précédent, avec un nombre deux fois supérieur de manifestations à celles habituellement organisées. Ces manifestations se déclineront en 40 opérations sectorielles ciblées, pavillons France sur l'ensemble des salons importants du Brésil, missions de découverte, rencontres d'acheteurs, présentations de produits. Elles concerneront des secteurs à potentiel où la France est compétitive, depuis l'aéronautique, le spatial, le nautique jusqu'à l'hôtellerie, le tourisme, les cosmétiques, soit l'ensemble de la chaîne de la production et de l'offre françaises. Sur l'ensemble de ces manifestations, nous chercherons à décliner certains fils rouges : « créativité - innovation - technologie - efficacité ».

Nous souhaitons développer l'image de la France, pour montrer au Brésil et aux autres pays que notre pays ne se résume pas à des musées et à des traditions. C'est aussi une économie qui gagne, innove, et est largement compétitive avec les économies mondiales actuelles les plus pointues.

Nous allons engager en France et au Brésil à partir de 2009 une campagne de communication avec le concours de tous ceux qui voudront nous apporter leur aide et leur vision du pays comme les Chambres de Commerce. Notre premier objectif est de faire passer ce message à nos PME : « Le Brésil c'est possible, vous devez y aller et nous vous en donnons les moyens ». Le deuxième est d'annoncer aux Brésiliens que la France arrive, avec des habits nouveaux, ceux d'un pays développé et ambitieux pour sa relation économique avec le Brésil.

Le forum dont a parlé le Ministre DURIEUX, à Sao Paulo et dans plusieurs États du Brésil au mois de novembre 2008, constituera réellement le coup d'envoi de cette année économique de la France au Brésil. Il sera suivi par le colloque CCEF. Des « tournées de mobilisation » -pour ne pas dire « road shows »- ont commencé en province dans toutes les villes de France. Fin 2008, se tiendront le forum et le colloque CCEF, véritable feu d'artifice initial de l'année économique de la France au Brésil. Ensuite, tout au long de 2009, 40 manifestations scanderont la présence française au Brésil.

J'espère que les personnes présentes aujourd'hui repartiront avec la volonté de participer à cette aventure et de jouer pleinement leur rôle. Nous sommes finalement réunis ici pour faciliter la vie aux entreprises. Cependant, il leur incombe de faire de l'année de la France au Brésil une réalité économique. Nous comptons beaucoup sur vous. Merci.

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