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Evolution de l'économie marocaine
Instruments d'appui économiques et financiers

Michel DERRAC
Chef de la Mission économique au Maroc

Plusieurs inflexions positives sont intervenues depuis notre dernière réunion consacrée au Maroc, en mars 2001.

I. Le cadre macroéconomique

Tout d'abord, le cadre macroéconomique marocain est très largement assaini. Il est constaté une diminution continue et accélérée de l'endettement extérieur, qui est désormais inférieur à 42 % du PIB, contre 102 % en 1983. L'inflation n'a pas dépassé 0,6 % en 2001 et semble se stabiliser à environ 2 %, contre quelque 10 % à la fin des années 80. Quant au taux de chômage, il est passé de 14,5 % en 1999 à 10,5 % à la fin du premier semestre 2002. Le déficit budgétaire est contenu à moins de 3 %, en tenant compte des recettes exceptionnelles. La balance des paiements est positive et devrait se stabiliser à un niveau représentant environ 2 % du PIB, notamment grâce aux revenus du tourisme (quelque 2 milliards d'euros par an) et aux transferts des Marocains résidant à l'étranger (RME), qui représentent environ 3 milliards d'euros par an. Il faut enfin souligner le retour de la croissance au Maroc, qui contraste fortement avec les années 1999 et 2000. La croissance hors agriculture se consolide au-dessus de 4 %. L'économie marocaine résiste de mieux en mieux aux sécheresses : en 2000, la croissance du PIB était restée positive, malgré la sécheresse qui avait sévi cette année-là.

 

Il faut en revanche déplorer l'accroissement du déficit budgétaire et la hausse de la dette publique interne, qui atteint près de 50 % du PIB. L'évolution des taux de change pourrait se révéler inquiétante. Les difficultés de la Bourse de Casablanca sont également un sujet de préoccupation. La situation sociale est elle aussi toujours difficile, avec un PIB par habitant encore inférieur à 1 200 euros.

II. L'environnement des affaires

Une série d'avancées de grande ampleur ont marqué les dernières années. De nombreuses sociétés publiques ont été privatisées et d'importantes concessions de service public ont été accordées, dans l'eau et dans les télécommunications (licences GSM, téléphonie fixe). D'autres perspectives s'ouvrent : les ports, les routes, les infrastructures touristiques, l'énergie, l'électricité, le gaz.

 

La modernisation du cadre institutionnel a également été très active depuis 1996 : nouveau Code de Commerce, mise en oeuvre de l'accord franco-marocain de protection et d'encouragement réciproques des investissements, nouveau Code des Douanes, loi sur la concurrence et les prix, loi sur la propriété intellectuelle et industrielle, loi sur les sociétés anonymes, développement des zones franches et des zones industrielles, lancement des centres régionaux d'investissement, etc... Citons également les interventions du Fonds Hassan II, financé en partie par les recettes des privatisations. Plus largement, c'est une nouvelle dynamique de projets qui est à l'oeuvre, que ce soit dans le tourisme, dans les mines, dans le textile, dans les nouvelles technologies. En trois ans, le Maroc a quadruplé ses exportations de composants électroniques, par exemple.

 

Néanmoins, il existe encore des difficultés et des lenteurs : l'insécurité juridique, même si elle recule ; un environnement social conflictuel ; le « parcours du combattant » de l'investisseur...

III. Les aides françaises au secteur privé

Il existe une palette très diversifiée de moyens d'appui, qu'ils soient opérés par la Mission économique, par l'AFD ou d'autres services de l'Etat.

 

S'agissant des instruments de la Mission économique, je citerai l'appui aux fournisseurs français fourni par le FASEP-ETUDE, qui contribue déjà au financement de nombreux projets de modernisation. La Réserve Pays Emergents intervient sur des projets majeurs, à dominante technologique, qui donnent aux acteurs français des positions importantes.

 

Parallèlement, la Mission économique offre également un appui aux PME-PMI marocaines, à travers des prêts bonifiés qui leur permettent d'acheter des biens et services français ou grâce à un fonds de garantie. Ces deux lignes sont dotées chacune de 30 millions d'euros. La ligne de crédit PME-PMI est utilisée à hauteur de 15 millions d'euros, le fonds de garantie à hauteur de 8 millions d'euros. Je citerai également le Fonds Sécheresse : 14 millions d'euros consacrés à la petite et moyenne hydraulique ou à l'eau potable, gérés localement.

 

Au-delà de cette palette d'outils, on peut aussi accélérer l'utilisation de ces instruments en faisant appel à de nouveaux partenaires. J'insisterai tout particulièrement sur le rôle de l'AFD-Proparco, présente depuis dix ans au Maroc. On voit ainsi se former une chaîne complète d'acteurs, depuis les aides d'urgence jusqu'aux garanties et prêts bonifiés, et passant par les interventions en capital-risque.

 

Pour conclure, on ne peut que constater l'évolution positive, depuis dix-huit mois, de la situation économique du Maroc et de l'utilisation de nos outils, qui confirme les atouts structurels du Maroc : visibilité politique, démocratisation, arrimage à l'Europe, volonté d'ouverture, usage du français comme langue de travail, etc., auxquels s'ajoutent les atouts sectoriels qui seront détaillés notamment dans les présentations de l'après-midi.

 

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