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Relations économiques franco-marocaines

Thomas LORNE
Chef du Service commercial de Rabat

La France est un partenaire économique de référence pour le Maroc. Mais la réciproque est également vraie. Je me propose de caractériser cette relation exceptionnelle dans divers domaines.

I. Les échanges commerciaux franco-marocains

Les échanges commerciaux franco-marocains représentent depuis 2000 plus de 5 milliards d'euros. Le Maroc occupe la 17ème place des partenaires commerciaux de la France, mais se trouve parmi les tout premiers partenaires commerciaux hors OCDE.

 

La France est le premier fournisseur du Maroc, avec 2,74 milliards d'euros d'exportations en 2001, soit 24 % des importations marocaines. Il s'agit essentiellement de biens intermédiaires (50 %) et de biens d'équipement (22 %) : tissus, médicaments, produits chimiques, automobiles, appareils hi-fi vidéo.

 

La France est aussi le premier client du Maroc, dont les exportations vers notre pays représentent 2,54 milliards d'euros en 2001, soit 32 % des exportations marocaines. Il serait souhaitable que le Maroc puisse, à l'avenir, diversifier ses débouchés pour soutenir la croissance de ses exportations. Nous importons essentiellement des vêtements et chaussures, des composants électroniques, des fils et câbles, des fruits et légumes frais, des conserves, des phosphates et des engrais. Le secteur le plus dynamique est celui des équipements automobiles.

II. Les investissements

La France est le premier investisseur au Maroc : 3 milliards d'euros en 2001, année exceptionnelle du fait de l'investissement de Vivendi dans Maroc Telecom. la France a su profiter à la fois des mouvements de privatisation et de concession et des mécanismes de conversion de la dette. La politique marocaine devrait se traduire par une augmentation des investissements étrangers au Maroc : la France devrait pouvoir en profiter. Il faut signaler que les investissements sont en train de changer de nature : les entreprises viennent désormais investir dans le capital humain marocain, et par seulement à la recherche d'une main-d'oeuvre bon marché.

 

En retour, les investissements directs étrangers apportent un flux d'environ 150 millions d'euros d'intérêts, de bénéfices ou de dividendes vers la France.

III. Les financements français

La France est le premier partenaire financier du Maroc : 200 millions d'euros d'aide publique au développement (APD) par an en moyenne, soit 46 % de l'APD totale. De surcroît, le taux de décaissement de l'APD française bilatérale atteint 70 %, soit un taux deux fois supérieur à l'APD fournie dans le cadre des programmes européens, comme MEDA.

 

La France est aussi le premier pays d'origine des recettes touristiques, avec 0,6 milliard d'euros par an (25 % des recettes touristiques et 33 % des touristes). La France est aussi le premier pays d'origine des transferts des résidents marocains à l'étranger (RME).

 

Le succès français tient à plusieurs facteurs clés, dont certains évoluent : la proximité entre les deux pays ; la capacité des entreprises françaises à surmonter les obstacles d'un environnement d'affaires globalement difficile ; le volume des financements de l'aide française, qui tend aujourd'hui à diminuer ; les préférences bilatérales, notamment tarifaires, qui tendent à s'éroder au profit d'autres partenaires. Au total, si la France maintient sa place, c'est aussi grâce à l'augmentation de la compétitivité des entreprises françaises.

 

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