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Colloque Moyen-Orient



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Une région pleine de promesses

Philippe MARINI
Sénateur, Rapporteur général de la Commission des Finances du Sénat

Avec ma collègue, Christiane Kammermann, Sénateur des Français de l'étranger, je tiens à vous souhaiter la bienvenue au nom du Président du Sénat. C'est pour nous une opportunité extraordinaire que de voir réunis l'ensemble des missions économiques ainsi que de nombreux représentants du monde de l'entreprise. En ce qui me concerne, je viens d'être élu en remplacement Président d'un groupe d'amitié appelé « France - Arabie Saoudite - Pays du Golfe ».

Nous avons donc la charge des relations avec cinq Etats, c'est-à-dire l'ensemble du Conseil de coopération du Golfe, sauf le Koweït, et l'ensemble de la péninsule Arabique, à l'exception du Yémen, des groupes d'amitié spécifiques étant en charge de ces deux pays. En ce qui concerne le Golfe, j'ai été associé à la mission du bureau de la Commission des Finances lancée en mars dernier.

Les enjeux dont il est question aujourd'hui sont tout à fait considérables. Zone contrastée, complexe et conflictuelle, le Golfe est également plein de promesses, ce qui nous amène à observer le comportement d'investisseur de pays bénéficiaires des surliquidités pétrolières. Dès lors, l'intérêt est réciproque. C'est aussi bien celui de nos entreprises dans la zone que celui des relations entre investisseurs du monde proche-oriental et plus spécialement de la péninsule Arabique et du Golfe avec les entreprises et les intérêts économiques européens et français.

Nous sommes dans une nouvelle période, notamment en France où nous entamons, depuis l'élection présidentielle, un nouveau cycle politique. Notre président de la République ne laisse rien au hasard. Il utilise chaque minute disponible de chaque journée. Je me plais notamment à rappeler les rencontres très importantes de ces dernières semaines. Ainsi, le premier président de la zone à avoir été reçu par le nouveau Président de la République française est l'Emir de l'Etat du Qatar. Le 21 juin et le 25 juin, nous avons également eu les visites respectives du Roi Abdallah et du Président du Yémen. La forte implication de la France dans les questions libanaises a été une nouvelle fois démontrée, après la visite du Ministre des Affaires étrangères à Beyrouth, peu de temps après sa prise de fonction, par la visite du Président du Conseil des Ministres libanais au Président de la République le 26 juin.

Au sein de cette zone diverse, chaque Etat dispose de sa propre personnalité, quelle que soit sa dimension. Nous assistons également à des concurrences internes, notamment pour déterminer le centre d'affaires le plus à même de rayonner sur l'ensemble de la zone. Il en résulte une pluralité, ce que nos entreprises doivent prendre en compte dans leurs politiques d'implantation.

Par ailleurs, les interprétations politiquement correctes du contexte régional se heurtent souvent aux réalités de terrain, quels que soient les régimes politiques.

Cette zone vaut tant par son potentiel que par son positionnement à l'égard de ses grands voisins. Si l'Irak reste concerné par nos présents débats, il doit faire l'objet d'une grande prudence.

Serons-nous en mesure, nous Français, d'occuper toute notre place ? La réponse à cette question dépend d'un grand nombre de facteurs. A ce titre, je tiens à souligner toute l'importance des liens que tissent les missions économiques françaises. Notre réseau a trouvé son équilibre avec d'une part, des liens plus forts entre les considérations diplomatiques et économiques, d'autre part, l'intégration plus forte au sein de nos postes diplomatiques, avec en contrepartie, une confiance encore plus grande accordée par nos diplomates aux chefs de mission économiques, aux attachés financiers, à leurs collaborateurs.

Nous avons été passionnés par le sujet de la finance islamique. Nous avons en effet découvert une réalité sociale, des données culturelles ainsi que l'utilisation de concepts d'un autre ordre pour fonder des relations d'affaires, réelles et actuelles. Il s'agit d'une combinaison fascinante que je me suis efforcé de suivre jusqu'à Londres quelques semaines plus tard. J'ai ainsi pu observer comment nos amis britanniques s'employaient à conjuguer ces spécificités et, de manière empirique, de les intégrer à leur propre place financière. Ce n'est pas un hasard si, dans les conclusions que je viens de remettre au nom d'une mission commune d'information du Sénat sur la compétitivité de la France, j'ai ajouté une proposition, visant à faire en sorte que les obstacles juridiques et fiscaux soient identifiés et, autant que possible, éliminés, pour que la place financière française bénéficie des remontées de la finance islamique.

En définitive, ces pays sont extrêmement étranges car ils bénéficient de toutes les capacités de développement mondial donné par les technologies d'aujourd'hui. Ils anticipent sur les technologies de demain et, dans le même temps, ils sont issus de cultures très profondes. Ce sont en effet des pays qui véhiculent des valeurs en même temps que du commerce. Ils sont donc très sensibles aux aspects culturels.

Sur ce plan, la France a déjà remporté quelques succès éclatants, notamment à travers les grands accords d'Abou Dhabi conclus avec les Emirats. Un grand nombre d'actions dans ce sens restent à mener. La formation des esprits « à la française » est en effet en lien avec le développement de cette zone du monde. Naturellement, nous ne pouvons que nous réjouir du fait que le Château de Fontainebleau bénéficie de ces accords culturels.

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