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Colloque Moyen-Orient



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II. Quels risques pour les entreprises françaises ?

Marc MURCIA

En tant qu'assureur, je vous présenterai les risques potentiels de la région, divisée à ce titre en trois grands groupes :

· les monarchies pétrolières ;

· l'Iran et le Yémen ;

· l'Irak.

Les pays du CCEAG ont bénéficié de l'effet pétrole, qui leur a permis de se désendetter et d'accumuler de solides avoirs financiers (estimés à 1 550 milliards de dollars), augmentant ainsi leur résistance à un retournement du prix du baril. Ils connaissent par ailleurs une dynamique d'investissements publics et privés porteuse d'espoir pour la diversification de ces économies. En définitive, dans ces pays, les risques restent très modérés.

L'Iran représente un cas de figure plus compliqué. Malgré une situation financière extérieure saine en effet, nous sommes confrontés dans ce pays à des incertitudes politiques, renforcées par un isolement économique et financier. En outre, l'Iran a mis en place un certain nombre de politiques économiques hasardeuses qui non seulement constituent un frein aux investissements mais hypothèquent également son avenir sur le long terme. Ces facteurs rendent l'économie de l'Iran plus vulnérable à une éventuelle baisse du prix du baril et nous contraignent à envisager un risque plus élevé que sur les pétromonarchies du Golfe.

Le Yémen se situe, au niveau du risque, dans une situation proche de l'Iran. Dépendante des revenus pétroliers, son économie est mise en péril par l'épuisement prévu, à l'horizon d'une dizaine d'années, des ressources pétrolières. Par ailleurs, un certain nombre d'ajustements structurels restent indispensables pour éviter l'amplification des déséquilibres macroéconomiques et notamment de la dette.

En Irak enfin, le risque est jugé critique tant il est clair que la situation actuelle fait obstacle au bon fonctionnement des institutions, à la reconstruction et au redémarrage de l'activité.

Le classement OCDE tend à confirmer notre politique de crédit, les pays du CCEAG obtenant une note de 2/7 et l'Irak de 7/7. En ce qui concerne l'Iran en revanche, qui obtient 5/7, je ne serais pas étonné que le classement soit faux. Le Yémen quant à lui est noté 6/7. Il s'agit d'un pays sur lequel nous intervenons au cas par cas.

Les engagements de COFACE pour le compte de l'Etat représentent dans cette région près de 10 % de notre encours total. Trois pays de la région (l'Iran, Oman et le Qatar) figurent parmi les 20 premiers encours. En 2006, cette zone occupait la deuxième place parmi nos contrats garantis. Ces dernières années, nos contrats garantis ont essentiellement concerné les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l'Arabie Saoudite et l'Iran, dans les secteurs des transports, de la défense, de l'énergie, de la métallurgie, de la chimie et de la pétrochimie.

Les risques couverts sur cette zone sont relativement classiques, bien que nous ayons généralement affaire à des acheteurs publics, offrant leur garantie souveraine.

Nous rencontrons également des acheteurs privés. De leur notation dépendent la tarification de la garantie et les sûretés exigées. Le plus souvent, nous intervenons sur cette région au comptant, bien que nous utilisions également des financements classiques.

En outre, nous avons assuré un certain nombre de financements de projets ainsi que des investissements. Enfin, comme sur d'autres pays du monde, nous intervenons en réassurance ou en assurance conjointe avec nos confrères étrangers.

D'une manière générale, nous disposons sur la région d'une expérience de paiement relativement positive même si nous devons gérer un certain nombre de sinistres politiques assez anciens. Nous devons néanmoins rester prudents par rapport aux systèmes juridiques qui ne présentent pas toujours les sécurités requises, notamment au niveau de l'exécution des décisions de justice.

Dans ce contexte, l'Iran constitue un cas particulier. Pour ce pays, nous examinons les opérations au cas par cas et nous les autorisons sous réserve du respect de la réglementation internationale en vigueur. Par ailleurs, nous rencontrons des problèmes récurrents sur des cautions relatives à des contrats anciens, qui tardent à être restituées et, partant, qui peuvent être appelées à tout moment par les Iraniens.

Enfin, alors que les grands pays exportateurs ont adopté un certain nombre de règles communes, nous soupçonnons notre homologue chinois d'utiliser, dans cette région, le crédit-export comme un avantage compétitif.

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