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Rencontre Djibouti, hub économique de la Corne de l'Afrique



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Les financements et instruments financiers à la disposition des entreprises

Stève GENTILI,
Président du Forum francophone des affaires, Président de la BRED-Banque populaire

Je voudrais vous faire part de l'expérience encourageante de notre Groupe et de mon optimisme sur l'avenir d'une finance plus morale.

Créé en 1987, le Forum francophone des affaires (FFA) réunit aujourd'hui des acteurs économiques situés sur tous les continents qui utilisent le français à un titre ou un autre dans leurs relations d'affaires. Ces acteurs estiment que les entités linguistiques et culturelles doivent être préservées. Le FFA est aujourd'hui considéré comme l'un des premiers réseaux d'entreprises international, et réunit des acteurs économiques, des organisations professionnelles et des entreprises appartenant à tous les secteurs d'activité. Nous avons mis en oeuvre une politique de partenariats qui nous permet de travailler en collaboration avec les acteurs institutionnels.

Considérant par ailleurs que l'action économique doit s'étendre au-delà des frontières linguistiques, nous avons également conclu des accords avec les pays lusophones, hispanophones et arabophones. La toute dernière édition des Assises de la francophonie économique, événement que nous organisons, vient de se terminer et a réuni plus de 500 chefs d'entreprises pour débattre de thèmes d'actualité.

Avec l'Organisation internationale de la francophonie, nous assurons par ailleurs la diffusion de la charte éthique des entreprises francophones. Nous participons également au programme « 1 000 stages en entreprises ». En 2009, Djibouti sera notre partenaire.

Présente à Djibouti depuis 2007, la BRED, en tant qu'actionnaire majoritaire de la BCIMR, au côté de la République de Djibouti (actionnaire à 33 %) et de la Banque de développement du Yémen, se félicite de sa position de première banque de Djibouti. En s'installant dans la Corne de l'Afrique, notre Groupe marque son intérêt pour les pays en développement comme relais de croissance. Djibouti est un territoire sur lequel l'histoire a écrit et effacé, puis réécrit un inlassable roman, celui des brassages de relations et de cultures. On se rappellera le mythe de Djibouti qu'ont créé, par leurs écrits, Rimbaud, Londres, Kessel ou encore Monfreid. Avec la réalisation du canal de Suez, projet soutenu par Napoléon III, Djibouti comme la corne de l'Afrique se sont ouverts au commerce international. Par la construction du chemin de fer Djibouti-Ethiopie, née de la volonté commune de la France et du Roi éthiopien pour permettre aux pays de la légendaire Reine de Saba un accès aux autoroutes du commerce international, Djibouti est devenu un carrefour d'échange entre l'Afrique, l'Orient et l'Europe.

Conscient de sa position stratégique et de son environnement de paix et de politiques structurelles favorables, Djibouti a mis en place un dispositif réglementaire offrant aux investisseurs des conditions satisfaisantes et des garanties suffisantes. La parité fixe avec le dollar, la libre circulation des capitaux et des marchandises, la présence d'une zone franche constituent un attrait certain pour ce pays. Des investisseurs comme la BRED ont fait le choix de ce pays francophone comme point d'ancrage de la région Est Afrique.

2007 restera pour notre Groupe l'année de la Corne de l'Afrique. Au niveau régional, par son total de bilan, notre filiale est en effet la plus grande entreprise française dans la Corne de l'Afrique. A travers cette filiale, la BRED participe déjà au développement économique des pays de la région. Notre filiale a préfinancé à hauteur de 6 M € l'interconnexion électrique entre Djibouti et l'Ethiopie, projet qui permettra de desserrer la contrainte énergétique. Avec l'AFD, la BCIMR participe à hauteur de 5 M $ au financement de Djibouti Telecom dans le câble sous-marin reliant l'Inde au Royaume-Uni. Eu égard aux spécificités des pays de cette région, notre filiale, qui représente les deux tiers du marché, assure au milieu des affaires les services de banque de détail et d'opérations de commerce international.

Notre banque est la seule à disposer d'un réseau d'agences tant dans la capitale qu'à l'intérieur du pays. Le total de crédits distribués s'élève à fin septembre 2008 à 118 M $. Enfin, pour faciliter le financement de certaines activités, la Banque a mis en place un partenariat afin de partager le risque de crédit aux entreprises avec l'AFD. Face aux risques de catastrophes naturelles, un crédit « sinistres » a été mis en place pour permettre aux clients de disposer d'une réserve financière à des conditions dérogatoires et dans un délai record. A l'image de la BRED, notre filiale se caractérise par la variété de ses métiers et la diversité des cultures de son personnel. L'expérience de la Corne de l'Afrique a été concluante tant en termes de résultats que de croissance.

La crise financière ne remet pas en cause notre développement à l'international. L'économie mondiale a d'ailleurs un besoin vital de la finance de marché. C'est le comportement des usagers de la finance qui doit être plus moral. La finance pourrait même sortir renforcée de cette crise, j'en suis convaincu, par l'adoption de nouveaux modèles. A court terme, l'important déficit du budget américain contribuera à entretenir la nervosité des marchés. Les Etats-Unis auront moins de latitude financière pour faire face à de nouvelles crises économiques et géopolitiques. Dans ce contexte d'environnement économique aléatoire, nous continuerons à renforcer notre efficacité opérationnelle, notre dynamisme et notre créativité. Nous poursuivrons notre recherche de relais de croissance à l'international. Pour preuve, la BRED a décidé de créer une banque au Laos, mais ceci est une autre histoire.

Michel JACQUIER,
Directeur général délégué de l'AFD (Agence française de développement)

L'aide publique au développement est un défi en perpétuelle évolution. Aujourd'hui, le mandat de l'Agence peut se caractériser par trois idées :

· conserver au coeur du mandat les objectifs de développement du millénaire ;

· favoriser la croissance économique en parallèle (les objectifs du millénaire en constituant d'ailleurs les conditions) ;

· contribuer à la préservation d'un certain nombre de biens publics mondiaux (lutte contre le réchauffement, biodiversité, lutte contre les maladies, ...).

Nous avons à disposition toute une série d'outils financiers, depuis le don jusqu'à la prise de garanties, en partenariat avec l'ensemble des acteurs. Les interventions de l'AFD représentent 4 Mds € par an, dont 3,2 Mds € à l'Afrique, en particulier en Afrique subsaharienne.

Notre première action est de travailler en partenariat avec les autorités locales sur l'environnement du secteur privé (formation, ...). Quant au financement, nous intervenons à travers PROPARCO, filiale de l'AFD dédiée au financement du secteur privé ou à travers l'Agence elle-même, pour monter un partenariat avec des entreprises privées pour servir des intérêts généraux. Nous sommes également présents sur le financement du secteur public marchand.

Le Président Sarkozy au Cap en février 2008 a annoncé une initiative de promotion des actions de la France pour le soutien au secteur privé en Afrique. Cette initiative portée par l'AFD repose sur trois piliers :

· le doublement des actions du Groupe de l'AFD vers le secteur privé

Le capital de PROPARCO a été triplé, ce qui permettra de développer une activité plus importante. PROPARCO pourra en outre s'adosser sur le bilan de l'Agence afin d'accroître la dimension des projets. L'objectif est d'atteindre 2 Mds € d'actions dans les cinq prochaines années.

· le développement de l'activité fonds propres

Nous avons le sentiment que nous devrions aller plus loin, et intervenir sur des « zones frontières » qui peuvent être géographiques ou thématiques, en particulier sur des secteurs plus difficiles (santé, éducation, énergies nouvelles). Nous pourrions être directement présents en matière d'interventions en fonds propres, ou, à travers des financements de fonds de garanties, pousser ces fonds vers ce type de thématiques.

· les garanties

L'outil ARIZ nous permet de garantir des crédits bancaires, et de réaliser des activités de fonds propres faites en faveur du secteur privé. Nous avons la volonté de constituer un portefeuille de l'ordre de 750 M € de garanties. Nous souhaiterions également élargir les conditions d'intervention de notre outil de garantie en mettant en place des systèmes de garanties de portefeuille afin d'inciter les banques à se diriger sur des clientèles plus morcelées, en garantissant la totalité de leurs interventions. L'objectif serait d'élever le plafond de garanties par projet à 2 M €.

Ces initiatives devraient permettre en Afrique, et à Djibouti, de multiplier les leviers d'action.

Ibrahim HAMADOU HASSAN,
Administrateur de la République de Djibouti, Directeur général adjoint de la Banque pour le Commerce et l'Industrie - Mer Rouge

Le secteur bancaire à Djibouti est un des secteurs les plus sains. Il représente 5 % du PIB, et 400 personnes dont 200 pour la BCIMR. Il bénéficie de la politique monétaire et du rôle assuré par la Banque de Djibouti. La convertibilité de la monnaie est d'ailleurs valable depuis 1949. Djibouti est par ailleurs une place financière sur-liquide, et le secteur tire profit de l'interconnexion en matière de télécommunications.

La BCIMR, dont la structure capitalistique est proprement régionale, est la première banque à Djibouti, et épaule ses clients dans l'ensemble des pays du COMESA. La BCIMR dispose d'un personnel très qualifié, même si certains secteurs d'activités de Djibouti connaissent encore des difficultés à cet égard. Notre système informatique est fiable (saisie à Djibouti et à Paris). Notre banque est par ailleurs leader dans le domaine de la monétique, et a participé à de nombreux grands projets. La BCIMR vous attend à Djibouti, terre de rencontres et d'échanges.

Yves RONSIN,
Direction Afrique, secteur des entreprises, Crédit Agricole

La BIMR est une banque présente à Djibouti depuis 1908. De par cette longue histoire, la BIMR connaît bien ses clients et les acteurs économiques du pays. La BIMR est ainsi la seule de notre réseau à être autorisée à travailler dans le secteur de l'informel (dossiers pour des particuliers sans compte bancaire). La BIMR dispose de 3 agences, bientôt 4. Les produits proposés sont classiques. Les crédits les plus usuels sont réalisés pour 3 à 5 ans. Depuis l'acquisition d'Indosuez par le Groupe Crédit agricole, on assiste cependant à un repositionnement plus généraliste : la clientèle de particuliers se développe ainsi progressivement. L'adossement au Groupe donne à la BIMR accès à 70 pays dans le monde où le Crédit agricole est directement présent, et impose une grande exigence en termes de procédures. Il permet le soutien des lignes métiers spécialisées. Enfin, il est ainsi possible d'engager des montants de crédits plus importants. La BIMR a une part de marché de 40 % sur les dépôts clientèle et les crédits, et est leader sur les engagements par signature.

La crise financière n'a pas d'impact direct sur l'activité de notre filiale. Les banques sont excédentaires en liquidités. La BIMR ne se refinance ni auprès de confrères ni auprès de la maison mère.

Aurélie CARIA,
Chef de service Soutiens publics, Ubifrance

L'aide SIDEX (Soutien individualisé à la démarche export) d'Ubifrance à destination des PME-TPE a essentiellement deux finalités :

· la prospection de nouveaux marchés.

Dans le cadre d'une mission de prospection individuelle, l'aide consiste en une prise en charge à hauteur de 30 % du billet d'avion international, ainsi que d'un forfait journalier par personne de 150 euros et 50 euros de frais de déplacement en France. Cette aide est limitée à une personne par entreprise.

· La finalisation d'un contrat

Cette aide devient plus importante en cas de finalisation d'un contrat. Elle se porte à hauteur de 50 % du billet d'avion international pour deux personnes, et comprend également le forfait journalier évoqué.

Cette aide est particulièrement souple, une entreprise pouvant déposer un dossier jusqu'à sept jours avant son départ à l'étranger.

Je vous invite à consulter le site internet d'Ubifrance qui vous permettra d'obtenir davantage d'informations, les coordonnées des responsables, et de connaître les autres aides proposées.

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