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Actes du colloque SÉNAT - UBIFRANCE

Actes du colloque SÉNAT - UBIFRANCE

« Rencontres Russie 2010 »

Jeudi 21 octobre 2010
Palais du Luxembourg

 

 

 

Tribune des intervenants
salle Clemenceau

Patrice GÉLARD, président du groupe d'amitié France-Russie du Sénat

Christophe LECOURTIER, directeur général d'Ubifrance

 

 

 

Anne-Marie IDRAC, secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur

Elvira NABIULLINA, ministre du Développement économique de la Fédération de Russie

Konstantin ROMODANOVSKII, directeur général du Service fédéral d'immigration de la Russie

Ouverture du colloque

Message de Gérard LARCHER, Président du Sénat

(lu par Patrice GÉLARD, Président du groupe interparlementaire d'amitié France-Russie du Sénat)

En guise de préambule, je vous propose de donne lecture d'une déclaration de M. Gérard Larcher, Président du Sénat, qui n'a malheureusement pas pu être parmi nous aujourd'hui et qui m'a donc chargé de porter sa parole :

« Messieurs les Présidents, Chers collègues, Mesdames et Messieurs,

Le Sénat est heureux d'accueillir cette nouvelle édition des « Rencontres Russie » qui, une fois par an, nous permet de faire un point concret sur les relations économiques et commerciales franco-russes.

Cette journée est d'autant plus utile qu'elle s'inscrit dans le cadre de « l'Année croisée France-Russie 2010 », marquée comme vous le savez par un calendrier dense de manifestations, d'échanges bilatéraux et de visites politiques de haut niveau.

L'ordre du jour très chargé en ce moment ne me permet pas, hélas, d'être des vôtres ce matin, mais je tenais à adresser à toutes et à tous un chaleureux message de bienvenue.

Ce colloque, organisé en partenariat avec Ubifrance, se déroule sous l'égide du groupe d'amitié France-Russie. Je ne crois pas nécessaire de rappeler l'engagement actif de ce groupe - à commencer par son président, le Doyen Patrice Gélard - dans la promotion des relations franco-russes.

La Russie est un partenaire majeur de l'Union européenne, au plan politique comme au plan économique, où les entreprises françaises peuvent profiter d'intéressantes opportunités d'affaires.

Nos interlocuteurs russes nous le disent régulièrement : la Russie ne se résume pas à Moscou ou à Saint-Pétersbourg, et nos regards doivent aussi se porter vers d'autres régions moins visitées de ce pays-continent.

Plusieurs collectivités locales françaises ont déjà franchi le pas de la coopération décentralisée avec des villes ou des régions russes plus lointaines. Je forme le voeu que nos opérateurs économiques participent nombreux à ces relations avec ces provinces orientales.

Je suis certain que les intervenants de cette journée vous feront partager notre enthousiasme pour un pays et un peuple avec lesquels, de longue date, la France entretient des liens privilégiés. Je vous souhaite à tous de fructueux travaux, et une excellente journée au Palais du Luxembourg. »

Christophe LECOURTIER,
Directeur général d'Ubifrance

Je me réjouis de participer à l'ouverture de ces 10èmes rencontres Russie, qui sont pour nous l'occasion de faire le point sur la coopération entre nos deux pays, et je remercie une fois de plus le Sénat de nous accueillir dans ses locaux prestigieux.

Nous organisons ce dixième anniversaire dans des conditions favorables au développement des relations économiques franco-russes. Les exportations ont en effet été multipliées par quatre et les importations par cinq, au cours de la période récente.

Les échanges entre nos deux pays ont crû de 40 % au cours des sept premiers mois de l'année 2010 et la Russie, où nous comptons dorénavant 438 implantations, est devenue la dixième destination pour les échanges que nous effectuons avec l'étranger. Parallèlement, nous concluons avec ce pays des partenariats industriels, dans des domaines aussi divers que le spatial, l'aéronautique ou la télévision numérique.

Dans ce contexte particulièrement propice à la coopération économique et commerciale entre nos deux pays, marqué notamment par l'année croisée, Ubifrance s'efforce d'être au diapason et de mettre en oeuvre des actions concrètes à destination des entreprises françaises. 800 d'entre elles vont ainsi découvrir la Russie, grâce aux actions que nous mettons en oeuvre. Nous venons notamment d'organiser à Moscou, du 6 au 9 octobre, une exposition intitulée « L'Art de vivre à la française », laquelle a réuni 170 entreprises dans le secteur du design et de l'ameublement d'intérieur. Le deuxième grand rendez-vous que nous organisons se tiendra les 27 et 28 octobre, à Moscou également, et sera dédié aux vins et spiritueux. Enfin, un forum d'affaires multisectoriel sera organisé par nos soins, toujours dans la capitale russe, du 8 au 9 décembre 2010, et coïncidera avec la rencontre entre nos deux premiers ministres, prévue à cette même date.

Pour finir, je souhaiterais vous rappeler que les équipes d'Ubifrance, composées d'une trentaine de personnes réparties entre Moscou, Saint-Pétersbourg et Ekaterinbourg sont à votre disposition pour entretenir la dynamique que je viens d'évoquer. N'hésitez donc pas à vous adresser à elles.

Patrice GÉLARD,
Président du Groupe interparlementaire d'amitié France-Russie du Sénat

Le groupe interparlementaire d'amitié France-Russie, qui est l'un des plus importants du Sénat puisqu'il compte 70 sénateurs environ, s'est rendu à Moscou il y a une dizaine de jours et a bénéficié d'un accueil particulièrement chaleureux. Les relations franco-russes sont en effet au beau fixe, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir.

Dans le cadre de l'année croisée France-Russie, notre groupe d'amitié s'était fixé trois objectifs.

Nous souhaitions notamment remédier au problème des visas, qui contrarie la liberté de circulation entre nos deux pays. La Russie est en effet un pays européen et nous estimons que l'exigence des visas devrait être supprimée. Une telle décision relève toutefois de l'ensemble des membres de l'espace Schengen qu'il nous faut préalablement convaincre. La situation progresse néanmoins et j'espère que les visas touristiques au moins pourront prochainement être supprimés.

Notre groupe d'amitié s'était également fixé pour objectif de parvenir à la signature d'une convention franco-russe sur le droit de la famille, compte tenu du nombre croissant des couples mixtes. Si une solution a été trouvée pour l'adoption, le problème reste actuellement entier en cas de divorce et de litige pour la garde des enfants. Nous avons toutefois bon espoir que cette question soit résolue d'ici à la fin de l'année.

Notre groupe souhaite par ailleurs promouvoir l'enseignement de la langue russe en France, lequel décline inexorablement. A l'exception de cette année où un poste d'agrégé de russe a été ouvert au concours, nous n'avions recruté aucun professeur dans cette discipline au cours des trois années précédentes. Aucun poste n'a été ouvert non plus à l'École normale pour les slavisants, au cours de la période récente. Cette situation est inacceptable et nous devons par conséquent nous battre pour promouvoir l'enseignement de cette langue et de cette civilisation dans notre pays.

A cet égard, nous avons notamment le projet de favoriser la création, en France et en Russie, de deux établissements totalement bilingues. Nous souhaitons également conforter et développer le lycée français à Moscou et favoriser, de manière plus globale, l'enseignement du français en Russie.

Nous nous réjouissons par ailleurs du développement de la coopération décentralisée, à laquelle le président du Conseil de la Fédération de Russie, M. Mironov, est particulièrement attaché, et qui a pris avec succès la relève des anciens jumelages, au cours de la période récente. Nous devons en effet promouvoir les échanges avec les collectivités territoriales mais également avec les chambres d'agriculture et d'industrie, les hôpitaux et les universités, afin de conclure des partenariats tous azimuts avec nos amis russes.