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19 février 2003 : Algérie ( texte déposé au sénat - première lecture )

 

Ratification de l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre la Communauté européenne et ses États membres, d'une part, et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part

PROJET DE LOI

autorisant la ratification de l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre la Communauté européenne et ses États membres, d'une part, et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part (ensemble six annexes, sept protocoles, un acte final, cinq déclarations communes et neuf déclarations unilatérales),

PRÉSENTÉ

au nom de M. JEAN-PIERRE RAFFARIN,

Premier ministre,

par M. DOMINIQUE DE VILLEPIN,

Ministre des affaires étrangères.

(Renvoyé à la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement).

Traités et conventions.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La signature de l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre la Communauté européenne et ses Etats membres, d'une part, et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part, a eu lieu le 22 avril 2002 à Valence (Espagne). A son entrée en vigueur, l'accord d'association se substituera à l'accord de coopération entre la Communauté européenne et l'Algérie, ainsi qu'à l'accord entre les Etats de la Communauté européenne du charbon et de l'acier et l'Algérie, signés le 26 avril 1976.

L'accord d'association s'inscrit dans le cadre du renforcement de la politique méditerranéenne de l'Union, qui s'est traduit par le lancement, lors de la Conférence de Barcelone en novembre 1995, du partenariat euro-méditerranéen rassemblant les quinze Etats membres de l'Union européenne et douze autres Etats de la Méditerranée.

Dans le contexte de « l'après 11 septembre 2001 », cette politique de coopération et de dialogue doit constituer une priorité de l'action extérieure de l'Union européenne. La conclusion des accords d'association avec les partenaires de la rive Sud de la Méditerranée procède directement de sa mise en oeuvre.

Ce partenariat global avec les pays méditerranéens s'articule autour de trois grands volets : politique et sécurité ; économique et financier ; social, culturel et humain. La négociation d'accords d'association avec chaque partenaire de la rive sud constitue un élément essentiel de ce partenariat dans la perspective, arrêtée à Barcelone, de la création d'une zone de libre-échange euro-méditerranéenne.

Cette nouvelle donne concerne directement neuf des douze partenaires méditerranéens, dans la mesure où la Turquie, Chypre et Malte avaient conclu, dès les années 60 et 70, des accords d'association prévoyant la mise en place d'unions douanières avec la Communauté.

Ces nouveaux accords ne sont pas seulement destinés à remplacer les accords de coopération (dont le champ d'application était limité aux dispositions commerciales et à l'assistance financière), mais aussi à adapter les relations contractuelles euro-méditerranéennes à l'évolution des règles commerciales multilatérales en vigueur depuis le cycle de l'Uruguay (obligation de réciprocité des concessions et de prise en compte du secteur des services, notamment).

Par ailleurs, la perspective d'élargissement de l'Union aux pays d'Europe centrale et orientale rendait urgent un rééquilibrage de la politique extérieure de l'Union vers la Méditerranée.

Enfin, l'entrée en vigueur du traité de Maastricht, qui a notamment instauré une politique étrangère et de sécurité commune, a fait ressortir la nécessité d'étendre les nouveaux accords aux questions politiques - comprenant notamment la référence au respect des droits de l'homme, considéré comme un « élément essentiel » de chaque accord.

A la suite de l'adoption par le Conseil des ministres de l'Union européenne d'un mandat de négociation le 10 juin 1996, la Commission a pu engager les discussions avec les autorités algériennes.

Le processus de négociation s'est étalé sur quatre ans ; les aspects les plus délicats de la négociation ont concerné le démantèlement tarifaire, les dispositions sociales (droits des travailleurs) et surtout les questions de justice et d'affaires intérieures (JAI) pour lesquelles l'Algérie a fait valoir un certain nombre de demandes précises dans le domaine de la délivrance des visas et de la lutte contre le terrorisme. Un compromis sur l'ensemble de ces points a été trouvé début décembre 2001. L'accord a été paraphé le 19 décembre 2001 et a été signé le 22 avril 2002 à Valence, en marge de la conférence ministérielle du partenariat euro-méditerranéen.

*

* *

L'architecture générale de l'accord signé avec l'Algérie est similaire à celle des autres textes euro-méditerranéens précédemment conclus avec la Tunisie, le Maroc, Israël, la Jordanie et l'Egypte. Il s'articule autour des titres répondant aux objectifs suivants :

- établir un dialogue politique régulier ;

- fixer les conditions de la libéralisation progressive des échanges de marchandises ;

- définir les modalités du droit d'établissement et des prestations de service ;

- prévoir les règles de la circulation des capitaux et de concurrence ;

- renforcer la coopération économique ;

- instituer le dialogue en matière sociale et culturelle ;

- encourager la coopération financière ;

- développer la coopération dans le domaine JAI ;

- mettre en place les dispositions institutionnelles permettant la mise en oeuvre de l'accord.

De même que tous les accords conclus par la Communauté avec les Etats tiers, l'accord de Valence dispose en son article 2 que le respect des principes démocratiques et des droits de l'homme constitue un élément essentiel du texte, dont la violation peut aller jusqu'à la suspension de ce dernier.

TITRE Ier (articles 3 à 5) - DIALOGUE POLITIQUE

Un dialogue politique régulier est instauré entre les Parties. Il porte sur tous les sujets présentant un intérêt commun et, plus particulièrement, sur les conditions propres à garantir la paix, la sécurité de la région méditerranéenne et le développement d'un climat de compréhension et de tolérance entre les cultures. Il se déroule au niveau ministériel (principalement dans le cadre du Conseil d'association) et à celui des hauts fonctionnaires.

TITRE II (ARTICLES 6 À 29) - LIBRE CIRCULATION DES MARCHANDISES

L'objectif général est l'établissement d'une zone de libre-échange, dont la réalisation progressive doit s'effectuer au cours d'une période de transition de douze ans au maximum après l'entrée en vigueur de l'accord, en conformité avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

L'Algérie éliminera progressivement les droits sur ses importations de biens industriels et appliquera des droits réduits à ses importations de produits agricoles.

De son côté, la Communauté accorde le régime préférentiel aux exportations algérienne ; il convient cependant de distinguer le régime accordé aux produits industriels (libre accès au marché communautaire) de celui qui s'applique aux produits agricoles (concessions). Pour ces derniers, une clause de « rendez-vous » est prévue. Les deux Parties pourront prendre des mesures de libéralisation de leurs échanges agricoles.

Une clause d'anti-dumping figure également dans l'accord (article 22).

TITRE III (articles 30 à 37) - DROIT D'ÉTABLISSEMENT ET SERVICES

Les Parties conviennent d'élargir le champ d'application de l'accord au droit d'établissement et à la libéralisation des prestations de services, selon des modalités à définir ultérieurement. Les Parties s'engagent à envisager leur coopération dans ce domaine en perspective d'un véritable accord d'intégration économique au sens de l'article V de l'Accord général sur le commerce des services (AGCS).

D'ores et déjà, les Parties réaffirment leurs obligations respectives en vertu de l'AGCS et, notamment, l'octroi du traitement de la nation la plus favorisée.

Titre IV (articles 38 à 46) - CIRCULATION DES CAPITAUX ET AUTRES QUESTIONS ECONOMIQUES

Ce titre prévoit la libéralisation des paiements relatifs à des transactions courantes ainsi que la libre circulation des capitaux concernant les investissements directs.

Des règles de concurrence s'inspirant de celles qui sont en vigueur dans la Communauté (interdiction de toute pratique susceptible d'affecter le jeu de la concurrence : accords entre entreprises, abus de position dominante, aides publiques, monopoles) sont incluses dans l'accord.

Les Parties s'engagent également à protéger, de manière effective, les droits de propriété intellectuelle conformément aux normes internationales en vigueur.

Enfin, elles se fixent pour objectif de libéraliser progressivement et réciproquement les marchés publics.

TITRE V (articles 47 à 66) - COOPÉRATION ÉCONOMIQUE

La coopération économique sera renforcée de manière à accompagner la libéralisation des échanges en général et la mise en place d'un libre-échange industriel avec la Communauté en particulier.

Cette coopération a pour objet de favoriser le rapprochement des économies, le développement des secteurs créateurs d'emplois et l'intégration régionale (notamment intra-maghrébine), tout en tenant compte de la nécessité de préserver l'environnement. Une vaste gamme de domaines de coopération est couverte par cet accord (coopération régionale, coopération scientifique et technologique, environnement, industrie, protection des investissements, normalisation, services financiers, agriculture et pêche, transports, télécommunications et société de l'information, énergie, tourisme, douanes, statistiques, protection des consommateurs).

TITRE VI (articles 67 à 78) - DIALOGUE ET COOPÉRATION SOCIALE ET CULTURELLE

Les Parties conviennent d'instaurer un dialogue sur les questions sociales, comprenant : les conditions de vie et de travail des travailleurs employés légalement, les migrations et l'immigration clandestine, l'égalité de traitement entre ressortissants algériens et communautaires.

En matière culturelle, les Parties s'engagent à promouvoir la mise en place d'une coopération. Les activités de coopération dans ce domaine porteront en particulier sur les programmes en faveur de la conservation du patrimoine, les échanges d'artistes et d'oeuvres d'art, la formation des personnes travaillant dans le domaine de la culture.

TITRE VII (articles 79 à 81) - COOPÉRATION FINANCIÈRE

Les dispositions de ce titre restent générales sur les instruments et les moyens qui seront mis en oeuvre, ceux-ci étant prélevés sur l'enveloppe globale arrêtée pour la Méditerranée par le Conseil européen (5,35 milliards d'euros pour la période 2000-2006) et utilisés dans les conditions fixées par le règlement financier MEDA.

Des domaines d'application prioritaires sont énumérés : facilitation des réformes, mise à niveau des infrastructures économiques, promotion de l'investissement privé et des activités créatrices d'emploi, accompagnement des politiques sociales et prise en compte des conséquences du libre-échange sur l'économie algérienne.

TITRE VIII (articles 82 à 91) - COOPÉRATION EN MATIÈRE DE « JUSTICE ET AFFAIRES INTÉRIEURES »

L'accord avec l'Algérie comporte un titre spécialement consacré aux matières « JAI ».

Celui-ci contient notamment un article sur la réadmission (article 84). Il dispose, en particulier, que l'Algérie accepte de réadmettre tous ses ressortissants illégalement présents sur le territoire d'un Etat membre de l'Union europénne, à la demande de ce dernier. S'agissant de la réadmission des ressortissants de pays tiers, il est prévu qu'elle fasse l'objet d'accords bilatéraux spécifiques, conclus à la demande de l'une ou l'autre des Parties après l'entrée en vigueur de l'accord d'association UE/Algérie.

S'agissant de la circulation des personnes et de la délivrance des visas, il a été convenu que les Parties veilleront « en conformité avec les législations communautaire et nationales en vigueur » (article 83) à un traitement diligent des formalités de délivrance des visas. Il est également prévu la possibilité pour les Parties d'examiner la simplification des procédures de délivrance des visas limitée aux personnes qui participent à la mise en oeuvre de l'accord.

A noter qu'à la différence de la plupart des autres accords d'association euro-méditerranéens en vigueur, l'accord avec l'Algérie prévoit, en son article 90, une coopération dans la lutte contre le terrorisme. Celle-ci consiste notamment, dans le respect des conventions internationales et des législations et réglementations respectives, en des échanges d'informations sur les moyens et méthodes employées par chacune des Parties dans ce domaine comme ceci est déjà le cas dans le cadre de l'accord d'association avec l'Egypte. L'Algérie a en plus demandé et obtenu que soient prévus des échanges d'informations sur « les groupes terroristes et leurs réseaux ».

TITRE IX (articles 92 à 110) - DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES, GÉNÉRALES ET FINALES

Un Conseil d'association, qui arrête ses décisions et formule ses recommandations d'un commun accord entre les parties, se réunit annuellement au niveau ministériel. Un Comité d'association est chargé de la gestion de l'accord au niveau des fonctionnaires.

L'accord comprend enfin des dispositions finales traditionnelles : clauses de dénonciation, de protection des intérêts essentiels de sécurité, territoriale, de non-discrimination et d'arbitrage.

*

* *

Telles sont les principales observations qu'appelle l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre la Communauté européenne et ses Etats membres, d'une part, et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part, qui, comportant des dispositions à caractère législatif, est soumis au Parlement en vertu de l'article 53 de la Constitution.

PROJET DE LOI

Le Premier ministre,

Sur le rapport du ministre des affaires étrangères,

Vu l'article 39 de la Constitution,

Décrète :

Le présent projet de loi autorisant la ratification de l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre la Communauté européenne et ses Etats membres, d'une part, et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part (ensemble six annexes, sept protocoles, un acte final, cinq déclarations communes et neuf déclarations unilatérales), délibéré en Conseil des ministres, après avis du Conseil d'État, sera présenté au Sénat par le ministre des affaires étrangères, qui sera chargé d'en exposer les motifs et d'en soutenir la discussion.

Article unique

Est autorisée la ratification de l'accord euro-méditerranéen établissant une association entre la Communauté européenne et ses Etats membres, d'une part, et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part (ensemble six annexes, sept protocoles, un acte final, cinq déclarations communes et neuf déclarations unilatérales), signé à Valence le 22 avril 2002, et dont le texte est annexé à la présente loi.

Fait à Paris, le 19 février 2003

Signé : JEAN-PIERRE RAFFARIN

Par le Premier ministre :

Le ministre des affaires étrangères,

Signé : DOMINIQUE DE VILLEPIN

    
    

A C C O R D  E U R O - M É D I T E R R A N É E N
établissant une association
entre la Communauté européenne
et ses Etats membres, d'une part,
et la République algérienne
démocratique et populaire,
d'autre part,
ainsi que l'acte final y afférent
(ensemble six annexes et sept protocoles),
signé à Valence le 22 avril 2002

    
    

A C C O R D  E U R O - M É D I T E R R A N É E N
établissant une association
entre la Communauté européenne et ses Etats membres, d'une part,
et la République algérienne démocratique et populaire, d'autre part

    Le Royaume de Belgique,
    Le Royaume de Danemark,
    La République fédérale d'Allemagne,
    La République hellénique,
    Le Royaume d'Espagne,
    La République française,
    L'Irlande,
    La République italienne,
    Le Grand-Duché de Luxembourg,
    Le Royaume des Pays-Bas,
    La République d'Autriche,
    La République portugaise,
    La République de Finlande,
    Le Royaume de Suède,
    Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord,
    Parties contractantes au traité instituant la Communauté européenne, ci-après dénommées les « Etats membres », et
    La Communauté européenne, ci-après dénommée « Communauté »,
    D'une part, et
    La République algérienne démocratique et populaire, ci-après dénommée « Algérie »,
    D'autre part,
    Considérant la proximité et l'interdépendance existant entre la Communauté, ses Etats membres et l'Algérie, fondées sur des liens historiques et des valeurs communes ;
    Considérant que la Communauté, les Etats membres et l'Algérie souhaitent renforcer ces liens et instaurer durablement des relations fondées sur la réciprocité, la solidarité, le partenariat et le co-développement ;
    Considérant l'importance que les parties attachent au respect des principes de la Charte des Nations Unies et, en particulier, au respect des droits de l'Homme et des libertés politiques et économiques qui constituent le fondement même de l'association ;
    Conscients, d'une part, de l'importance de relations se situant dans un cadre global euro-méditerranéen et, d'autre part, de l'objectif d'intégration entre les pays du Maghreb ;
    Désireux de réaliser pleinement les objectifs de leur association par la mise en oeuvre des dispositions pertinentes de cet accord, au bénéfice d'un rapprochement du niveau de développement économique et social de la Communauté et de l'Algérie ;
    Conscients de l'importance du présent Accord, reposant sur la réciprocité des intérêts, les concessions mutuelles, la coopération et sur le dialogue ;
    Désireux d'établir et d'approfondir la concertation politique sur les questions bilatérales et internationales d'intérêt commun ;
    Conscients que le terrorisme et la criminalité organisée internationale constituent une menace pour la réalisation des objectifs du partenariat et la stabilité dans la région ;
    Tenant compte de la volonté de la Communauté d'apporter à l'Algérie un soutien significatif à ses efforts de réforme et d'ajustement au plan économique, ainsi que de développement social ;
    Considérant l'option prise respectivement par la Communauté et l'Algérie en faveur du libre-échange dans le respect des droits et des obligations découlant de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), tel qu'il résulte du cycle d'Uruguay ;
    Désireux d'instaurer une coopération, soutenue par un dialogue régulier, dans les domaines économique, scientifique, technologique, social, culturel, audiovisuel et de l'environnement afin de parvenir à une meilleure compréhension réciproque ;
    Confirmant que les dispositions du présent accord qui relèvent de la troisième partie, titre IV, du traité instituant la Communauté européenne lient le Royaume-Uni et l'Irlande en tant que parties contractantes distinctes et non en qualité d'Etats membres de la Communauté jusqu'à ce que le Royaume-Uni ou l'Irlande (selon le cas) notifie à l'Algérie qu'il est désormais lié en tant que membre de la Communauté, conformément au protocole sur la position du Royaume-Uni et de l'Irlande annexée au traité sur l'Union européenne et au traité instituant la Communauté européenne. Les mêmes dispositions s'appliquent au Danemark, conformément au protocole sur la position du Danemark ;
    Convaincus que le présent Accord constitue un cadre propice à l'épanouissement d'un partenariat qui se base sur l'initiative privée, et qu'il crée un climat favorable à l'essor de leurs relations économiques, commerciales et en matière d'investissement, facteur indispensable au soutien de la restructuration économique et de la modernisation technologique,
    Sont convenus des dispositions qui suivent :

Article  1er

    1.  Il est établi une association entre la Communauté et ses Etats membres, d'une part, et l'Algérie, d'autre part.
    2.  Le présent accord a pour objectifs de :
    -  fournir un cadre approprié au dialogue politique entre les parties afin de permettre le renforcement de leurs relations et de leur coopération dans tous les domaines qu'elles estimeront pertinents ;
    -  développer les échanges, assurer l'essor de relations économiques et sociales équilibrées entre les parties, et fixer les conditions de la libéralisation progressive des échanges de biens, de services et de capitaux ;
    -  favoriser les échanges humains, notamment dans le cadre des procédures administratives ;
    -  encourager l'intégration maghrébine en favorisant les échanges et la coopération au sein de l'ensemble maghrébin et entre celui-ci et la Communauté et ses Etats membres ;
    -  promouvoir la coopération dans les domaines économique, social, culturel et financier.

Article  2

    Le respect des principes démocratiques et des droits fondamentaux de l'homme, tels qu'énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, inspire les politiques internes et internationales des parties et constitue un élément essentiel du présent accord.

TITRE  Ier
DIALOGUE POLITIQUE
Article  3

    1. Un dialogue politique et de sécurité régulier est instauré entre les parties. II permet d'établir entre les partenaires des liens durables de solidarité qui contribueront à la prospérité, à la stabilité et à la sécurité de la région méditerranéenne et développeront un climat de compréhension et de tolérance entre cultures.
    2. Le dialogue et la coopération politiques sont destinés notamment à :
    a)  Faciliter le rapprochement des parties par le développement d'une meilleure compréhension réciproque et par une concertation régulière sur les questions internationales présentant un intérêt mutuel ;
    b)  Permettre à chaque partie de prendre en considération la position et les intérêts de l'autre partie ;
    c)  OEuvrer à la consolidation de la sécurité et de la stabilité dans la région euro-méditerranéenne ;
     d)  Permettre la mise au point d'initiatives communes.

Article  4

    Le dialogue politique porte sur tous les sujets présentant un intérêt commun pour les parties et, plus particulièrement, sur les conditions propres à garantir la paix, la sécurité et le développement régional en appuyant les efforts de coopération.

Article  5

    Le dialogue politique sera établi, à échéances régulières et chaque fois que nécessaire, notamment :
    a)  Au niveau ministériel, principalement dans le cadre du Conseil d'association ;
    b)  Au niveau des hauts fonctionnaires représentant l'Algérie, d'une part, et la présidence du Conseil et la Commission, d'autre part ;
    c)  A travers la pleine utilisation des voies diplomatiques, et notamment les briefings réguliers, les consultations à l'occasion de réunions internationales et les contacts entre représentants diplomatiques dans des pays tiers ;
    d)  En cas de besoin, à travers toute autre modalité susceptible de contribuer à l'intensification et à l'efficacité de ce dialogue.

TITRE  II
LIBRE CIRCULATION DES MARCHANDISES
Article  6

    La Communauté et l'Algérie établissent progressivement une zone de libre-échange pendant une période de transition de douze années au maximum à compter de la date d'entrée en vigueur du présent accord selon les modalités indiquées ci-après et en conformité avec les dispositions de l'accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994 et des autres accords multilatéraux sur le commerce de marchandises annexés à l'accord instituant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dénommés ci-après GATT.

Chapitre  1er
Produits industriels
Article  7

    Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux produits originaires de la Communauté et de l'Algérie relevant des chapitres 25 à 97 de la nomenclature combinée et du tarif douanier algérien, à l'exception des produits énumérés à l'annexe 1.

Article  8

    Les produits originaires de l'Algérie sont admis à l'importation dans la Communauté en exemption de droits de douane et taxes d'effet équivalent.

Article  9

    1. Les droits de douane et taxes d'effet équivalent applicables à l'importation en Algérie aux produits originaires de la Communauté dont la liste figure à l'annexe 2 sont supprimés dès l'entrée en vigueur de l'accord.
    2. Les droits de douanes et taxes d'effet équivalent applicables à l'importation en Algérie aux produits originaires de la Communauté dont la liste figure à l'annexe 3 sont éliminés progressivement selon le calendrier suivant :
    -  deux ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 80 % du droit de base ;
    -  trois ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 70 % du droit de base ;
    -  quatre ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 60 % du droit de base ;
    -  cinq ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 40 % du droit de base ;
    -  six ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 20 % du droit de base ;
    -  sept ans après l'entrée en vigueur du présent accord, les droits restants sont éliminés.
    3. Les droits de douanes et taxes d'effet équivalent applicables à l'importation en Algérie aux produits originaires de la Communauté autres que ceux dont la liste figure aux annexes 2 et 3 sont éliminés progressivement selon le calendrier suivant :
    -  deux ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 90 % du droit de base ;
    -  trois ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 80 % du droit de base ;
    -  quatre ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 70 % du droit de base ;
    -  cinq ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 60 % du droit de base ;
    -  six ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 50 % du droit de base ;
    -  sept ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 40 % du droit de base ;
    -  huit ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 30 % du droit de base ;
    -  neuf ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 20 % du droit de base ;
    -  dix ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 10 % du droit de base ;
    -  onze ans après l'entrée en vigueur du présent accord, chaque droit et chaque taxe est ramené à 5 % du droit de base ;
    -  douze ans après l'entrée en vigueur du présent accord, les droits restants sont éliminés.
    4. En cas de difficultés graves pour un produit donné, le calendrier établi en vertu des paragraphes 2 et 3 peut être révisé d'un commun accord par le Comité d'association, étant entendu que le calendrier pour lequel la révision a été demandée ne peut être prolongé pour le produit concerné au-delà de la période maximale de transition visée à l'article 6. Si le Comité d'association n'a pas pris de décision dans les trente jours suivant la notification de la demande de l'Algérie de réviser le calendrier, celui-ci peut, à titre provisoire, suspendre le calendrier pour une période ne pouvant pas dépasser une année.
    5. Pour chaque produit, le droit de base sur lequel les réductions successives prévues aux paragraphes 2 et 3 doivent être opérées est constitué par le taux visé à l'article 18.

Article  10

    Les dispositions relatives à la suppression des droits de douane à l'importation s'appliquent également aux droits de douane à caractère fiscal.

Article  11

    1. Des mesures exceptionnelles de durée limitée qui dérogent aux dispositions de l'article 9 peuvent être prises par l'Algérie sous forme de droits de douane majorés ou rétablis.
    Ces mesures ne peuvent s'appliquer qu'à des industries naissantes ou à certains secteurs en restructuration ou confrontés à de sérieuses difficultés, surtout lorsque ces difficultés entraînent de graves problèmes sociaux.
    Les droits de douane à l'importation applicables en Algérie à des produits originaires de la Communauté, introduits par ces mesures, ne peuvent excéder 25 % ad valorem et doivent maintenir un élément de préférence pour les produits originaires de la Communauté. La valeur totale des importations des produits soumis à ces mesures ne peut excéder 15 % des importations totales de la Communauté en produits industriels, au cours de la dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles.
    Ces mesures sont appliquées pour une période n'excédant pas cinq ans à moins qu'une durée plus longue ne soit autorisée par le Comité d'association. Elles cessent d'être applicables au plus tard à l'expiration de la période maximale de transition visée à l'article 6.
    De telles mesures ne peuvent être introduites pour un produit s'il s'est écoulé plus de trois ans depuis l'élimination de tous les droits et restrictions quantitatives ou taxes ou mesures d'effet équivalent concernant ledit produit.
    L'Algérie informe le Comité d'association de toute mesure exceptionnelle qu'elle envisage d'adopter et, à la demande de la Communauté, des consultations sont organisées à propos de telles mesures et des secteurs qu'elles visent avant leur mise en application. Lorsqu'elle adopte de telles mesures, l'Algérie présente au Comité d'association le calendrier pour la suppression des droits de douane introduits en vertu du présent article. Ce calendrier prévoit l'élimination progressive de ces droits par tranches annuelles égales à partir, au plus tard, de la fin de la deuxième année après leur introduction. Le Comité d'association peut décider d'un calendrier différent.
    2. Par dérogation aux dispositions du paragraphe l, quatrième alinéa, le Comité d'association peut, pour tenir compte des difficultés liées à la création d'une nouvelle industrie, à titre exceptionnel, autoriser l'Algérie à maintenir les mesures déjà prises en vertu du paragraphe l pour une période maximale de trois ans au-delà de la période de transition visée à l'article 6.

Chapitre  2
Produits agricoles, produits de la pêche
et produits agricoles transformés
Article  12

    Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux produits originaires de la Communauté et de l'Algérie relevant des chapitres 1 à 24 de la nomenclature combinée et du tarif douanier algérien, ainsi qu'aux produits énumérés à l'annexe 1.

Article  13

    La Communauté et l'Algérie mettent en oeuvre de manière progressive une plus grande libéralisation de leurs échanges réciproques de produits agricoles, de produits de la pêche et de produits agricoles transformés présentant un intérêt pour les deux parties.

Article  14

    1. Les produits agricoles originaires d'Algérie qui sont énumérés dans le Protocole no 1 bénéficient à l'importation dans la Communauté des dispositions figurant dans ce Protocole.
    2. Les produits agricoles originaires de la Communauté qui sont énumérés dans le Protocole no 2 bénéficient à l'importation en Algérie des dispositions figurant dans ce Protocole.
    3. Les produits de la pêche originaires d'Algérie qui sont énumérés dans le Protocole no 3 bénéficient à l'importation dans la Communauté des dispositions figurant dans ce Protocole.
    4. Les produits de la pêche originaires de la Communauté qui sont énumérés dans le Protocole no 4 bénéficient à l'importation en Algérie des dispositions figurant dans ce Protocole.
    5. Les échanges de produits agricoles transformés relevant du présent chapitre bénéficient des dispositions figurant au Protocole no 5.

Article  15

    1. Dans un délai de cinq ans à compter de l'entrée en vigueur du présent accord, la Communauté et l'Algérie examineront la situation en vue de fixer les mesures de libéralisation à appliquer par la Communauté et l'Algérie après la sixième année suivant l'entrée en vigueur du présent accord, conformément à l'objectif énoncé à l'article 13.
    2. Sans préjudice des dispositions prévues au paragraphe 1 et en tenant compte des courants d'échange pour les produits agricoles, les produits de la pêche et les produits agricoles transformés entre les parties, ainsi que de la sensibilité particulière de ces produits, la Communauté et l'Algérie examineront au sein du Conseil d'association, produit par produit, et sur une base réciproque, la possibilité de s'accorder de nouvelles concessions.

Article  16

    1. En cas d'établissement d'une réglementation spécifique comme conséquence de la mise en oeuvre de leurs politiques agricoles ou de modification de leurs réglementations existantes ou en cas de modification ou de développement des dispositions concernant la mise en oeuvre de leurs politiques agricoles, la Communauté et l'Algérie peuvent modifier, pour les produits qui en font l'objet, le régime prévu au présent accord.
    2. La partie procédant à cette modification en informe le Comité d'association. A la demande de l'autre partie, le Comité d'association se réunit pour tenir compte, de manière appropriée, des intérêts de ladite partie.
    3. Au cas où la Communauté ou l'Algérie, en application des dispositions du paragraphe l, modifient le régime prévu au présent accord pour les produits agricoles, elles consentent, pour les importations originaires de l'autre partie, un avantage comparable à celui prévu par le présent accord.
    4. La modification du régime prévu par le présent accord fera l'objet, sur demande de l'autre partie contractante, de consultations au sein du Conseil d'association.

Chapitre  3
Dispositions communes
Article  17

    1. Aucun nouveau droit de douane à l'importation ou à l'exportation, ni taxe d'effet équivalent n'est introduit dans les échanges entre la Communauté et l'Algérie et ceux appliqués à l'entrée en vigueur du présent accord ne seront pas augmentés.
    2. Aucune nouvelle restriction quantitative à l'importation ou à l'exportation, ni mesure d'effet équivalent n'est introduite dans les échanges entre la Communauté et l'Algérie.
    3. Les restrictions quantitatives et mesures d'effet équivalent applicables à l'importation ou à l'exportation dans les échanges entre l'Algérie et la Communauté sont supprimées dès l'entrée en vigueur du présent accord.
    4. L'Algérie élimine, au plus tard le 1er janvier 2006, le droit additionnel provisoire appliqué aux produits énumérés à l'annexe 4. Ce droit est réduit de manière linéaire de 12 points par an à compter du 1er janvier 2002.
    Dans le cas où les engagements de l'Algérie au titre de son accession à l'OMC prévoiraient un délai plus court pour l'élimination de ce droit additionnel provisoire, ce délai serait d'application.

Article  18

    1. Pour chaque produit, le droit de base sur lequel les réductions prévues à l'article 9, paragraphes 2 et 3, et à l'article 14 doivent être opérées, est le taux effectivement appliqué à l'égard de la Communauté le 1er janvier 2002.
    2. Dans l'hypothèse d'une adhésion de l'Algérie à l'OMC, les droits applicables aux importations entre les parties seront équivalents au taux consolidé à l'OMC ou à un taux inférieur effectivement appliqué, en vigueur lors de l'adhésion. Si, après l'adhésion à l'OMC, une réduction tarifaire est appliquée erga omnes, le droit réduit est applicable.
    3. Les dispositions du paragraphe 2 sont d'application pour toute réduction tarifaire appliquée erga omnes qui interviendrait après la date de conclusion des négociations.
    4. Les deux parties se communiquent les droits de base qu'elles appliquent respectivement le 1er janvier 2002.

Article  19

    Les produits originaires de l'Algérie ne bénéficient pas à l'importation dans la Communauté d'un régime plus favorable que celui que les Etats membres s'appliquent entre eux.
    Les dispositions du présent accord s'appliquent sans préjudice de celles prévues par le règlement (CEE) no 1911/91 du Conseil du 26 juin 1991, relatif à l'application des dispositions du droit communautaire aux îles Canaries.

Article  20

    1. Les deux parties s'abstiennent de toute mesure ou pratique de nature fiscale interne établissant directement ou indirectement une discrimination entre les produits de l'une des parties et les produits similaires originaires de l'autre partie.
    2. Les produits exportés vers le territoire d'une des parties ne peuvent bénéficier de ristournes d'impositions intérieures indirectes supérieures aux impositions indirectes dont ils ont été frappés directement ou indirectement.

Article  21

    1. Le présent accord ne fait pas obstacle au maintien ou à l'établissement d'unions douanières, de zones de libre-échange ou de régimes de trafic frontalier, dans la mesure où ceux-ci n'ont pas pour effet de modifier le régime des échanges prévu par le présent accord.
    2. Les parties se consultent au sein du Comité d'association en ce qui concerne les accords portant établissement d'unions douanières ou de zones de libre-échange et, le cas échéant, pour tous les problèmes importants liés à leurs politiques respectives d'échanges avec des pays tiers. De telles consultations ont lieu notamment dans l'éventualité de l'adhésion d'un pays tiers à la Communauté, afin d'assurer qu'il est tenu compte des intérêts mutuels de la Communauté et de l'Algérie inscrits dans le présent accord.

Article  22

    Si l'une des parties constate des pratiques de dumping dans ses relations avec l'autre partie au sens de l'article VI du GATT de 1994, elle peut prendre des mesures appropriées à l'encontre de ces pratiques, conformément à l'accord de l'OMC relatif à la mise en oeuvre de l'article VI du GATT de 1994, à la législation interne pertinente et dans les conditions et selon les procédures prévues à l'article 26.

Article  23

    L'accord de l'OMC sur les subventions et les mesures compensatoires est applicable entre les parties.
    Si l'une des parties constate des pratiques de subventions dans ses échanges avec l'autre partie au sens des articles VI et XVI du GATT de 1994, elle peut prendre les mesures appropriées à l'encontre de ces pratiques, conformément à l'accord de l'OMC sur les subventions et les mesures compensatoires et à sa propre législation en la matière.

Article  24

    1. A moins que le présent article n'en dispose autrement, les dispositions de l'article XIX du GATT de 1994 et de l'accord de l'OMC sur les sauvegardes s'appliquent entre les parties.
    2. Chaque partie informera immédiatement le Comité d'association de toute démarche qu'elle engage ou prévoit d'entreprendre en ce qui concerne l'application d'une mesure de sauvegarde. Notamment, chaque partie transmettra, immédiatement ou au plus tard une semaine à l'avance, une communication écrite ad hoc au Comité d'association contenant toutes les informations pertinentes sur :
    -  l'ouverture d'une enquête de sauvegarde ;
    -  les résultats finaux de l'enquête
    Les informations fournies comprendront notamment une explication de la procédure sur la base de laquelle l'enquête sera effectuée et une indication des calendriers pour les auditions et d'autres occasions appropriées pour les parties concernées de présenter leurs points de vue sur la matière.
    En outre, chaque partie transmettra à l'avance une communication écrite au Comité d'association contenant toutes les informations pertinentes sur la décision d'appliquer des mesures de sauvegarde provisoires ; une telle communication doit être reçue au moins une semaine avant l'application de telles mesures.
    3. Au moment de la notification des résultats finaux de l'enquête et avant d'appliquer des mesures de sauvegarde conformément aux dispositions de l'article XIX du GATT de 1994 et de l'accord de l'OMC sur les sauvegardes, la partie ayant l'intention d'appliquer de telles mesures saisira le Comité d'Association pour un examen complet de la situation en vue de chercher une solution mutuellement acceptable.
    4. Afin de trouver une telle solution les parties tiendront immédiatement des consultations au sein du Comité d'association. Si aucun accord sur une solution pour éviter l'application des mesures de sauvegarde n'est trouvé entre les parties dans les trente jours de l'ouverture de telles consultations, la partie entendant appliquer des mesures de sauvegarde peut appliquer les dispositions de l'article XIX du GATT de 1994 et celles de l'accord de l'OMC sur les sauvegardes.
    5. Dans la sélection des mesures de sauvegarde prises conformément au présent article, les parties accorderont la priorité à celles qui causent le moins de perturbations possibles à la réalisation des objectifs du présent accord. De telles mesures ne dépasseront pas ce qui est nécessaire pour remédier aux difficultés qui ont surgi et préserveront le niveau ou la marge de préférence accordés en vertu du présent accord.
    6. La partie ayant l'intention de prendre des mesures de sauvegarde en vertu du présent article offrira à l'autre partie une compensation sous forme d'une libéralisation des échanges à l'égard des importations en provenance de cette dernière ; cette compensation sera pour l'essentiel équivalente aux effets commerciaux défavorables de ces mesures pour l'autre partie à partir de la date d'application de celles-ci. L'offre sera faite avant l'adoption de la mesure de sauvegarde et simultanément à la notification et à la saisine du Comité d'association, conformément au paragraphe 3 du présent article. Si la partie dont le produit est destiné à être l'objet de la mesure de sauvegarde considère l'offre de compensation comme non satisfaisante, les deux parties peuvent s'accorder, dans les consultations mentionnées au paragraphe 3 de cet article, sur d'autres moyens de compensation commerciale.
    7. Si les parties ne trouvent aucun accord sur la compensation dans les trente jours de l'ouverture de telles consultations, la partie dont le produit est l'objet de la mesure de sauvegarde peut prendre des mesures tarifaires compensatoires ayant des effets commerciaux pour l'essentiel équivalents à la mesure de sauvegarde prise en vertu du présent article.

Article  25

    Si le respect des dispositions de l'article 17, paragraphe 3, entraîne :
    i)  la réexportation vers un pays tiers d'un produit qui fait l'objet dans la partie exportatrice de restrictions quantitatives, de droits de douane à l'exportation ou de mesures ou taxes d'effet équivalent ou
    ii)  une pénurie grave, ou un risque en ce sens, d'un produit essentiel pour la partie exportatrice,
et lorsque les situations décrites ci-dessus provoquent ou risquent de provoquer des difficultés majeures pour la partie exportatrice, cette dernière peut prendre les mesures appropriées dans les conditions et selon les procédures prévues à l'article 26. Ces mesures doivent être non discriminatoires et elles doivent être éliminées lorsque les conditions ne justifient plus leur maintien.

Article  26

    1. Si la Communauté ou l'Algérie soumet les importations de produits susceptibles de provoquer des difficultés auxquelles l'article 24 fait référence, à une procédure administrative ayant pour objet de fournir rapidement des informations au sujet de l'évolution des courants commerciaux, elle en informe l'autre partie.
    Dans les cas visés aux articles 22 et 25, avant de prendre les mesures qui y sont prévues ou, dès que possible, dans les cas auxquels s'applique le paragraphe 2, point c, du présent article, la Communauté ou l'Algérie, selon le cas, fournit au Comité d'association toutes les informations utiles en vue de rechercher une solution acceptable pour les deux parties.
    Les mesures qui apportent le moins de perturbations au fonctionnement du présent accord doivent être choisies par priorité.
    2. Pour la mise en oeuvre du paragraphe 1, deuxième alinéa, les dispositions suivantes sont applicables :
    a)  En ce qui concerne l'article 22, la partie exportatrice doit être informée du cas de dumping dès que les autorités de la partie importatrice ont entamé l'enquête. S'il n'a pas été mis fin au dumping au sens de l'article VI du GATT de 1994 ou si aucune autre solution satisfaisante n'a été trouvée dans les trente jours suivant la notification de l'affaire, la partie importatrice peut adopter les mesures appropriées ;
    b)  En ce qui concerne l'article 25, les difficultés provenant des situations visées audit article sont notifiées pour examen au Comité d'association.
    Le Comité d'association peut prendre toute décision utile pour mettre fin aux difficultés. S'il n'a pas été pris de décision dans les trente jours suivant celui où l'affaire lui a été notifiée, la partie exportatrice peut appliquer les mesures appropriées à l'exportation du produit concerné ;
    c)  Lorsque des circonstances exceptionnelles nécessitant une action immédiate rendent l'information ou l'examen préalable impossible, la Communauté ou l'Algérie, selon le cas, peut, dans les situations définies aux articles 22 et 25, appliquer immédiatement les mesures de sauvegarde strictement nécessaires pour faire face à la situation et en informe immédiatement l'autre partie.

Article  27

    Le présent accord ne fait pas obstacle aux interdictions ou restrictions d'importation, d'exportation ou de transit, justifiées par des raisons de moralité publique, d'ordre public, de sécurité publique, de protection de la santé et de la vie des personnes et des animaux ou de préservation des végétaux, de protection des trésors nationaux ayant une valeur artistique, historique ou archéologique ou de protection de la propriété intellectuelle, industrielle et commerciale ni aux réglementations relatives à l'or et à l'argent. Toutefois, ces interdictions ou restrictions ne doivent constituer ni un moyen de discrimination arbitraire ni une restriction déguisée au commerce entre les parties.

Article  28

    La notion de « produits originaires » aux fins de l'application des dispositions du présent titre et les méthodes de coopération administrative y relatives sont définies au protocole no 6.

Article  29

    La nomenclature combinée des marchandises s'applique au classement des marchandises à l'importation dans la Communauté. Le tarif douanier algérien des marchandises s'applique au classement des marchandises à l'importation en Algérie.

TITRE  III
COMMERCE DES SERVICES
Article  30
Engagements réciproques

    1. La Communauté européenne et ses Etats membres étendent à l'Algérie le traitement auquel ils sont tenus au titre de l'article II.1 de l'Accord Général sur le Commerce des Services, ci-après dénommé AGCS.
    2. La Communauté européenne et ses Etats membres accordent aux fournisseurs de services algériens un traitement non moins favorable que celui réservé aux fournisseurs de services similaires conformément à la liste d'engagements spécifiques de la Communauté européenne et de ses Etats membres annexée à l'AGCS.
    3. Le traitement ne s'applique pas aux avantages accordés par l'une des parties en vertu d'un accord du type défini à l'article V de l'AGCS, ni aux mesures prises en application d'un tel accord ni aux autres avantages accordés conformément à la liste d'exemptions de traitement de la nation la plus favorisée annexée par la Communauté européenne et ses Etats membres à l'AGCS.
    4. L'Algérie accorde aux fournisseurs de services de la Communauté européenne et de ses Etats membres un traitement non moins favorable que celui précisé dans les articles 31 à 33.

Article  31
Prestation transfrontalière de services

    En ce qui concerne les services de prestataires communautaires fournis sur le territoire de l'Algérie par des moyens autres qu'une présence commerciale ou la présence de personnes physiques visées aux articles 32 et 33, l'Algérie réserve aux prestataires de services communautaires un traitement non moins favorable que celui accordé aux sociétés de pays tiers.

Article  32
Présence commerciale

    1.  a)   L'Algérie réserve à l'établissement de sociétés communautaires sur son territoire un traitement non moins favorable que celui accordé aux sociétés de pays tiers ;
    b)  L'Algérie réserve aux filiales et succursales de sociétés communautaires établies sur son territoire conformément à sa législation un traitement non moins favorable, en ce qui concerne leur exploitation, que celui accordé à ses propres sociétés ou succursales ou à des filiales ou succursales algériennes de sociétés de pays tiers, si celui-ci est meilleur.
    2. Le traitement visé au paragraphe 1, points a et b, est accordé aux sociétés, filiales et succursales établies en Algérie à la date d'entrée en vigueur du présent accord ainsi qu'aux sociétés, filiales et succursales qui s'y établiront après cette date.

Article  33
Présence temporaire de personnes physiques

    1. Une société de la Communauté ou une société algérienne établie respectivement sur le territoire de l'Algérie ou de la Communauté a le droit d'employer ou de faire employer temporairement par l'une de ses filiales ou succursales, conformément à la législation en vigueur dans le pays d'établissement hôte, des ressortissants des Etats membres de la Communauté et de l'Algérie respectivement, à condition que ces personnes fassent partie du personnel clé défini au paragraphe 2 et qu'elles soient exclusivement employées par ces sociétés, leurs filiales ou leurs succursales. Les permis de séjour et de travail de ces personnes se limitent à la durée de leur engagement.
    2. Le personnel clé de ces sociétés, ci-après dénommées « firmes », est composé de « personnes transférées à l'intérieur de leur entreprise » selon la définition du point c, pour autant que la firme soit une personne morale et que les personnes concernées aient été employées directement par cette firme ou aient été associées au sein de celle-ci (autres que des actionnaires majoritaires) pendant au moins douze mois précédant immédiatement leur transfert. Il s'agit des personnes des catégories suivantes :
    a)  Cadres supérieurs d'une firme dont la fonction principale consiste à diriger la gestion de l'établissement, sous la surveillance ou la direction générales du conseil d'administration ou des actionnaires ou leur équivalent, et notamment à :
    -  diriger l'établissement ou un service ou une subdivision de l'établissement ;
    -  surveiller et contrôler le travail d'autres membres du personnel exerçant des fonctions de surveillance ou de direction ou des fonctions techniques ;
    -  engager et licencier ou recommander l'engagement ou le licenciement de personnel, ou encore l'adoption de mesures concernant celui-ci, en vertu des pouvoirs qui leur sont conférés ;
    b)   Personnes employées par une firme qui possèdent un savoir particulier essentiel pour le service, les équipements de recherche, les technologies ou la gestion de l'établissement ; outre les connaissances spécifiques à l'établissement, ce savoir peut se traduire par un niveau de qualification élevé pour un type de travail ou d'activité nécessitant des connaissances techniques spécifiques, y compris l'appartenance à une profession agréée ;
    c)   « Personnes transférées à l'intérieur de leur entreprise », c'est-à-dire personnes physiques travaillant pour une firme sur le territoire d'une partie et transférées temporairement dans le cadre de l'exercice d'activités économiques sur le territoire de l'autre partie ; la firme concernée doit avoir son établissement principal sur le territoire d'une partie et le transfert doit s'effectuer vers un établissement (filiale, succursale) de cette firme qui exerce réellement des activités économiques similaires sur le territoire de l'autre partie.
    3. L'entrée et la présence temporaire sur les territoires respectifs de l'Algérie et de la Communauté de ressortissants des Etats membres ou de l'Algérie respectivement sont autorisées lorsque ces représentants de sociétés sont cadres supérieurs d'une société au sens du paragraphe 2, point a, et sont chargés de l'établissement d'une société algérienne ou d'une société communautaire respectivement dans la Communauté ou en Algérie, à deux conditions :
    -  ces représentants ne se livrent pas à des ventes directes ou ne fournissent pas eux-mêmes des services ;
    -  la société n'a pas d'autre représentant, bureau, succursale ou filiale respectivement dans un Etat membre de la Communauté ou en Algérie.

Article  34
Transports

    1. Les dispositions des articles 30 à 33 ne s'appliquent pas aux transports aériens, fluviaux, terrestres et au cabotage maritime national, sous réserve des dispositions des paragraphes 2 à 6 du présent article.
    2. Dans le cadre des activités exercées par les compagnies maritimes pour la prestation de services internationaux de transport maritime, y compris ceux de transport intermodal comprenant une partie maritime, chaque partie autorise l'établissement et l'exploitation, sur son territoire, de filiales ou de succursales des compagnies de l'autre partie dans des conditions non moins favorables que celles accordées à ses propres compagnies ou aux filiales ou succursales des compagnies de tout pays tiers, si ces dernières sont plus favorables. Ces activités comprennent, mais ne sont pas limitées à :
    a)  La commercialisation et la vente de services de transport maritime et de services connexes par contact direct avec les clients, de l'offre de prix à l'établissement de la facture, que ces services soient effectués ou offerts directement par le fournisseur de services ou par des fournisseurs de services avec lesquels le vendeur de services a conclu des accords commerciaux permanents ;
    b)  L'achat et l'utilisation, pour leur propre compte ou pour le compte de leurs clients (et la revente à leurs clients), de tous services de transport et de services connexes, y compris les services de transport entrant par quelque mode que ce soit, notamment par voie fluviale, routière et ferroviaire, nécessaires à la fourniture d'un service intégré ;
    c)  La préparation des documents de transport et des documents douaniers ou autres relatifs à l'origine et à la nature des marchandises transportées ;
    d)  La fourniture d'informations commerciales par quelque moyen que ce soit, y compris les systèmes informatisés et les échanges de données électroniques (sous réserve de toutes restrictions non discriminatoires concernant les télécommunications) ;
     e)  La conclusion d'accords commerciaux avec un partenaire local prévoyant, notamment, la participation au capital et le recrutement de personnel local ou de personnel étranger, sous réserve des dispositions du présent accord ;
    f)  La représentation des compagnies, l'organisation des escales et, au besoin, la prise en charge des cargaisons.
    3. En ce qui concerne le transport maritime, les parties s'engagent à appliquer effectivement le principe du libre accès au marché et au trafic international sur une base commerciale.
    Toutefois, les législations de chacune des parties s'appliqueront en ce qui concerne les privilèges et droit du pavillon national dans les domaines du cabotage national, des services de sauvetage, de remorquage et de pilotage.
    Ces dispositions ne portent pas préjudice aux droits et aux obligations découlant de la Convention des Nations unies relative à un code de conduite des conférences maritimes applicable à l'une ou l'autre partie au présent accord. Les compagnies hors conférence sont libres de concurrencer les membres d'une conférence, pour autant qu'elles adhèrent au principe d'une concurrence loyale sur une base commerciale.
    Les parties affirment leur attachement à un environnement de libre concurrence, qui constitue un facteur essentiel du commerce du vrac sec et liquide.
    4. En application des principes définis au paragraphe 3, les parties :
    a)  S'abstiennent d'introduire des dispositions relatives au partage des cargaisons dans leurs futurs accords bilatéraux avec des pays tiers concernant le vrac sec et liquide et le trafic régulier. Toutefois, cela n'exclut pas l'éventualité de telles dispositions concernant le trafic régulier dans les circonstances exceptionnelles où les compagnies maritimes de l'une ou l'autre partie au présent accord n'auraient pas, dans le cas contraire, effectivement la possibilité de participer au trafic en provenance et à destination du pays tiers concerné ;
    b)   Suppriment, dès l'entrée en vigueur du présent accord, toutes les mesures unilatérales ainsi que tous les obstacles administratifs, techniques ou autres qui pourraient constituer une restriction déguisée ou avoir des effets discriminatoires sur la libre prestation des services internationaux de transport maritime.
    5. Chaque partie accorde, entre autres, aux navires destinés au transport de marchandises, de passagers ou des deux, battant pavillon de l'autre partie ou exploités par des ressortissants ou des sociétés de l'autre partie, un traitement non moins favorable que celui réservé à ses propres navires en ce qui concerne l'accès aux ports, aux infrastructures et aux services maritimes auxiliaires de ces ports, la perception des redevances et des taxes en vigueur, l'utilisation des infrastructures douanières, l'attribution des postes et l'usage des infrastructures de transbordement.
    6. Afin d'assurer un développement coordonné des transports entre les parties, adapté à leurs besoins commerciaux, les conditions d'un accès réciproque au marché et de la prestation de services dans les transports aériens, routiers, ferroviaires et fluviaux peuvent faire l'objet, lorsque cela s'avère approprié, d'arrangements spécifiques négociés entre les parties après l'entrée en vigueur du présent accord.

Article  35
Réglementation intérieure

    1. Les dispositions du titre III ne portent pas préjudice à l'application, par chacune des parties, de toutes mesures nécessaires pour empêcher le contournement de sa réglementation concernant l'accès des pays tiers à son marché par les dispositions du présent accord.
    2. Les dispositions du présent titre s'appliquent sous réserve de toutes restrictions justifiées pour des raisons d'ordre public, de sécurité ou de santé publique. Elles ne s'appliquent pas aux activités qui, sur le territoire de l'une ou l'autre partie, sont liées, même occasionnellement, à l'exercice de l'autorité publique.
    3. Les dispositions du présent titre n'empêchent pas l'application, par l'une des parties, de règles particulières concernant l'établissement et l'exploitation, sur son territoire, de succursales de sociétés de l'autre partie non constituées sur son territoire qui sont justifiées par des différences juridiques ou techniques entre ces succursales et celles de sociétés constituées sur son territoire ou, dans le cas des services financiers, par des raisons prudentielles. Cette différence de traitement ne va pas au-delà de ce qui est strictement nécessaire compte tenu de ces différences juridiques ou techniques ou, dans le cas des services financiers, de ces raisons prudentielles.
    4. Nonobstant toutes autres dispositions du présent accord, une partie ne doit pas être empêchée de prendre des mesures prudentielles, notamment dans le but de protéger des investisseurs, des déposants, des preneurs d'assurance ou des personnes bénéficiant d'un droit de garde dû par un fournisseur de services financiers ou de garantir l'intégrité et la stabilité du système financier. Lorsque ces mesures ne respectent pas les dispositions du présent accord, elles ne doivent pas être utilisées pour échapper aux obligations incombant à une partie en application du présent accord.
    5. Aucune disposition du présent accord ne doit avoir pour effet d'obliger une partie à divulguer des informations concernant les affaires et les comptes de clients ou des informations confidentielles en possession d'entités publiques.
    6. Aux fins de la circulation des personnes physiques fournissant un service, aucune disposition du présent accord n'empêche les parties d'appliquer leurs lois et règlements en matière d'admission, de séjour, d'emploi, de conditions de travail, d'établissement des personnes physiques et de prestation de services, pour autant qu'elles ne les appliquent pas d'une manière visant à neutraliser ou à réduire les bénéfices tirés par l'une des parties de dispositions spécifiques du présent accord. Ces dispositions ne portent pas préjudice à l'application du paragraphe 2.

Article  36
Définitions

    Aux fins du présent accord, on entend par :
    a)   « Fournisseur de services » toute personne, physique ou morale, qui fournit un service en provenance du territoire d'une partie et à destination du territoire de l'autre partie, sur le territoire d'une partie à l'intention d'un consommateur de services de l'autre partie, grâce à une présence commerciale (établissement) sur le territoire de l'autre partie et grâce à la présence de personnes physiques d'une partie sur le territoire de l'autre partie ;
    b)   « Société communautaire » ou « société algérienne » respectivement une société constituée en conformité avec la législation d'un Etat membre ou de l'Algérie et ayant son siège statutaire, son administration centrale ou son principal établissement sur le territoire de la Communauté ou de l'Algérie.
    Toutefois, si la société constituée en conformité avec la législation d'un Etat membre ou de l'Algérie, n'a que son siège statutaire sur le territoire de la Communauté ou de l'Algérie, elle est considérée comme une société communautaire ou une société algérienne si son activité a un lien effectif et continu avec l'économie d'un des Etats membres ou de l'Algérie respectivement ;
    c)   « Filiale » d'une société une société effectivement contrôlée par la première ;
    d)   « Succursale » d'une société un établissement n'ayant pas la personnalité juridique qui a l'apparence de la permanence, tel que l'extension d'une société mère, dispose d'une gestion propre et est équipé matériellement pour négocier des affaires avec des tiers de telle sorte que ces derniers, quoique sachant qu'il y aura, si nécessaire, un lien juridique avec la société mère, dont le siège est à l'étranger, ne sont pas tenus de traiter directement avec celle-ci, mais peuvent effectuer des transactions commerciales au lieu de l'établissement constituant l'extension ;
    e)   « Etablissement » le droit pour les sociétés communautaires ou algériennes définies sous b) d'accéder à des activités économiques par la création de filiales et de succursales en Algérie ou dans la Communauté respectivement ;
    f)   « Exploitation » le fait d'exercer des activités économiques ;
    g)   « Activités économiques » les activités à caractère industriel et commercial ainsi que les professions libérales ;
    h)   « Ressortissant d'un Etat membre ou de l'Algérie » une personne physique qui est ressortissante de l'un des Etats membres ou de l'Algérie respectivement.
    En ce qui concerne le transport maritime international, y compris les opérations intermodales comportant un trajet maritime, bénéficient également des dispositions du présent titre les ressortissants des Etats membres ou de l'Algérie établis hors de la Communauté ou de l'Algérie, respectivement, et les compagnies maritimes établies hors de la Communauté ou de l'Algérie et contrôlées par des ressortissants d'un Etat membre ou de l'Algérie, si leurs navires sont immatriculés dans cet Etat membre ou en Algérie conformément à leurs législations respectives.

Article  37
Dispositions générales

    1. Les parties évitent de prendre des mesures ou d'engager des actions rendant les conditions d'établissement et d'exploitation de leurs sociétés plus restrictives qu'elles ne l'étaient le jour précédant la date de signature du présent accord.
    2. Les parties s'engagent à envisager le développement du présent titre dans le sens de la conclusion d'un « accord d'intégration économique » au sens de l'article V de l'AGCS. Pour formuler ses recommandations, le Conseil d'association tient compte de l'expérience acquise dans la mise en oeuvre du traitement de la nation la plus favorisée et des obligations de chaque partie dans le cadre de l'AGCS, et notamment de son article V.
    Lors de cet examen, le Conseil d'association tient également compte des progrès accomplis dans le rapprochement entre les parties des législations applicables aux activités concernées.
    Cet objectif fait l'objet d'un premier examen du Conseil d'association au plus tard cinq ans après l'entrée en vigueur du présent accord.

TITRE  IV
PAIEMENTS, CAPITAUX, CONCURRENCE
ET AUTRES DISPOSITIONS ÉCONOMIQUES
Chapitre  1er
Paiements courants et circulation des capitaux
Article  38

    Sous réserve des dispositions de l'article 40, les parties s'engagent à autoriser, dans une monnaie librement convertible, tous les paiements courants relatifs à des transactions courantes.

Article  39

    1. La Communauté et l'Algérie assurent, à partir de l'entrée en vigueur du présent accord, la libre circulation des capitaux concernant les investissements directs en Algérie, effectués dans des sociétés constituées conformément à la législation en vigueur, ainsi que la liquidation et le rapatriement du produit de ces investissements et de tout bénéfice en découlant.
    2. Les parties se consultent et coopèrent pour la mise en place des conditions nécessaires en vue de faciliter la circulation des capitaux entre la Communauté et l'Algérie et d'aboutir à sa libéralisation complète.

Article  40

    Si un ou plusieurs Etats membres de la Communauté ou l'Algérie rencontrent ou risquent de rencontrer de graves difficultés en matière de balance des paiements, la Communauté ou l'Algérie, selon le cas, peut, conformément aux conditions fixées dans le cadre de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce et aux articles VIII et XIV des statuts du Fonds monétaire international, adopter pour une durée limitée des mesures restrictives sur des transactions courantes, qui ne peuvent excéder la portée strictement indispensable pour remédier à la situation de la balance de paiements. La Communauté ou l'Algérie, selon le cas, en informe immédiatement l'autre partie et lui soumet le plus rapidement possible un calendrier en vue de la suppression de ces mesures.

Chapitre  2
Concurrence et autres questions économiques
Article  41

    1. Sont incompatibles avec le bon fonctionnement du présent accord, dans la mesure où ils sont susceptibles d'affecter les échanges entre la Communauté et l'Algérie :
    a)  Tous les accords entre entreprises, toutes les décisions d'association d'entreprises et toutes les pratiques concertées entre entreprises, qui ont pour objet ou pour effet d'empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence ;
    b)   L'exploitation abusive par une ou plusieurs entreprises d'une position dominante sur :
    -  l'ensemble du territoire de la Communauté ou dans une partie substantielle de celui-ci ;
    -  l'ensemble du territoire de l'Algérie ou dans une partie substantielle de celui-ci.
    2. Les parties procèdent à la coopération administrative dans la mise en oeuvre de leurs législations respectives en matière de concurrence et aux échanges d'informations dans les limites autorisées par le secret professionnel et le secret d'affaires, selon les modalités établies à l'annexe 5 du présent accord.
    3. Si la Communauté ou l'Algérie estime qu'une pratique est incompatible avec le paragraphe 1, et si une telle pratique cause ou menace de causer un préjudice grave à l'autre partie, elle peut prendre les mesures appropriées après consultation du Comité d'association ou trente jours ouvrables après avoir saisi ledit Comité d'association.

Article  42

    Les Etats membres et l'Algérie ajustent progressivement, sans préjudice des engagements pris au GATT, tous les monopoles d'Etat à caractère commercial de manière à garantir que, pour la fin de la cinquième année suivant l'entrée en vigueur du présent accord, il n'existe plus de discrimination en ce qui concerne les conditions d'approvisionnement et de commercialisation des marchandises entre les ressortissants des Etats membres et ceux de l'Algérie. Le Comité d'association sera informé des mesures adoptées pour mettre en oeuvre cet objectif.

Article  43

    En ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles des droits spéciaux ou exclusifs ont été octroyés, le Conseil d'association s'assure qu'à partir de la cinquième année suivant la date d'entrée en vigueur du présent accord aucune mesure perturbant les échanges entre la Communauté et l'Algérie dans une mesure contraire aux intérêts des parties n'est adoptée ou maintenue. Cette disposition ne fait pas obstacle à l'exécution, en droit ou en fait, des tâches particulières assignées à ces entreprises.

Article  44

    1. Les parties assureront une protection adéquate et effective des droits de propriété intellectuelle, industrielle et commerciale en conformité avec les plus hauts standards internationaux, y compris les moyens effectifs de faire valoir de tels droits.
    2. La mise en oeuvre de cet article et de l'annexe 6 sera régulièrement examinée par les parties. En cas de difficultés dans le domaine de la propriété intellectuelle, industrielle et commerciale affectant les échanges commerciaux, des consultations urgentes auront lieu à la demande de l'une ou l'autre partie, afin de parvenir à des solutions mutuellement satisfaisantes.

Article  45

    Les parties s'engagent à prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection de données à caractère personnel afin d'éliminer les obstacles à la libre circulation de telles données entre les parties.

Article  46

    1. Les parties se fixent comme objectif une libéralisation réciproque et progressive des marchés publics.
    2. Le Conseil d'association prend les mesures nécessaires à la mise en oeuvre des dispositions du paragraphe 1.

TITRE  V
COOPÉRATION ÉCONOMIQUE
Article  47
Objectifs

    1. Les parties s'engagent à renforcer leur coopération économique, dans leur intérêt mutuel et dans l'esprit du partenariat qui inspire le présent accord.
    2. La coopération économique a pour objectif de soutenir l'action de l'Algérie, en vue de son développement économique et social durable.
    3. Cette coopération économique se situe dans le cadre des objectifs définis par la Déclaration de Barcelone.

Article  48
Champ d'application

    1. La coopération s'appliquera de façon privilégiée aux domaines d'activité subissant des contraintes et des difficultés internes ou affectés par le processus de libéralisation de l'ensemble de l'économie algérienne et, plus spécialement, par la libéralisation des échanges entre l'Algérie et la Communauté.
    2. De même, la coopération portera en priorité sur les secteurs propres à faciliter le rapprochement des économies algérienne et communautaire, en particulier ceux générateurs de croissance et d'emplois ainsi que le développement des courants d'échanges entre l'Algérie et la Communauté, notamment en favorisant la diversification des exportations algériennes.
    3. La coopération encouragera l'intégration économique intra-maghrébine par la mise en oeuvre de toute mesure susceptible de concourir au développement de ces relations intra-maghrébines.
    4. La coopération prendra comme composante essentielle, dans le cadre de la mise en oeuvre des différents domaines de la coopération économique, la préservation de l'environnement et des équilibres écologiques.
    5. Les parties peuvent déterminer d'un commun accord d'autres domaines de coopération économique.

Article  49
Moyens et modalités

    La coopération économique se réalise à travers, notamment :
    a)  Un dialogue économique régulier entre les deux parties qui couvre tous les domaines de la politique macro-économique ;
    b)   Des échanges d'information et des actions de communication ;
    c)  Des actions de conseil, d'expertise et de formation ;
    d)   L'exécution d'actions conjointes ;
    e)  L'assistance technique, administrative et réglementaire ;
    f)  Des actions de soutien au partenariat et à l'investissement direct par des opérateurs, notamment privés, ainsi qu'aux programmes de privatisation.

Article  50
Coopération régionale

    En vue de permettre au présent accord de développer son plein effet, au regard de la mise en place du partenariat euro-méditerranéen et au niveau maghrébin, les parties s'attachent à favoriser tout type d'action à impact régional ou associant d'autres pays tiers et, portant notamment sur :
    a)  L'intégration économique ;
    b)  Le développement des infrastructures économiques ;
    c)  Le domaine de l'environnement ;
    d)  La recherche scientifique et technologique ;
    e)   L'éducation, l'enseignement et la formation ;
    f)  Le domaine culturel ;
    g)  Les questions douanières ;
    h)  Les institutions régionales et la mise en oeuvre de programmes et de politiques communs ou harmonisés.

Article  51
Coopération scientifique, technique et technologique

    La coopération vise à :
    a)  Favoriser l'établissement de liens permanents entre les communautés scientifiques des deux parties, à travers notamment :
    -  l'accès de l'Algérie aux programmes communautaires de recherche et de développement technologique en conformité avec les dispositions communautaires relatives à la participation des pays tiers à ces programmes ;
    -  la participation de l'Algérie aux réseaux de coopération décentralisée ;
    -  la promotion des synergies entre la formation et la recherche ;
    b)  Renforcer la capacité de recherche de l'Algérie ;
    c)   Stimuler l'innovation technologique, le transfert de technologies nouvelles et de savoir-faire, la mise en oeuvre de projets de recherche et de développement technologique, ainsi que la valorisation des résultats de la recherche scientifique et technique ;
    d)  Encourager toutes les actions visant à créer des synergies d'impact régional.

Article  52
Environnement

    1. Les parties favorisent la coopération dans le domaine de la lutte contre la dégradation de l'environnement, de la maîtrise de la pollution et de l'utilisation rationnelle des ressources naturelles en vue d'assurer un développement durable et de garantir la qualité de l'environnement et la protection de la santé des personnes.
    2. La coopération est centrée en particulier sur :
    -  les questions liées à la désertification ;
    -  la gestion rationnelle des ressources hydrauliques ;
    -  la salinisation ;
    -  l'impact de l'agriculture sur la qualité des sols et des eaux ;
    -  l'utilisation appropriée de l'énergie et des transports ;
    -  l'incidence du développement industriel sur l'environnement en général et sur la sécurité des installations industrielles en particulier ;
    -  la gestion des déchets et particulièrement des déchets toxiques ;
    -  la gestion intégrée des zones sensibles ;
    -  le contrôle et la prévention de la pollution urbaine, industrielle et marine ;
    -  l'utilisation d'instruments avancés de gestion et de surveillance de l'environnement, et notamment l'utilisation des systèmes d'information, y compris statistiques, sur l'environnement ;
    -  l'assistance technique, notamment pour la préservation de la biodiversité.

Article  53
Coopération industrielle

    La coopération vise à :
    a)  Susciter ou soutenir des actions visant à promouvoir en Algérie l'investissement direct et le partenariat industriel ;
    b)  Encourager la coopération directe entre les opérateurs économiques des parties, y compris dans le cadre de l'accès de l'Algérie à des réseaux communautaires de rapprochement des entreprises ou à des réseaux de coopération décentralisée ;
     c)  Soutenir les efforts de modernisation et de restructuration de l'industrie y compris l'industrie agro-alimentaire, entrepris par les secteurs public et privé de l'Algérie ;
    d)   Favoriser le développement des petites et moyennes entreprises ;
    e)  Encourager le développement d'un environnement favorable à l'initiative privée en vue de stimuler et de diversifier les productions destinées aux marchés locaux et d'exportation ;
    f)  Valoriser les ressources humaines et le potentiel industriel de l'Algérie à travers une meilleure exploitation des politiques d'innovation, de recherche et de développement technologique ;
    g)   Accompagner la restructuration du secteur industriel et le programme de mise à niveau, en vue de l'instauration de la zone de libre-échange afin d'améliorer la compétitivité des produits ;
    h)  Contribuer au développement des exportations des produits manufacturés algériens.

Article  54
Promotion et protection des investissements

    La coopération vise la création d'un climat favorable aux flux d'investissements et se réalise notamment à travers :
    a)   L'établissement de procédures harmonisées et simplifiées, des mécanismes de co-investissement (en particulier entre les petites et moyennes entreprises), ainsi que des dispositifs d'identification et d'information sur les opportunités d'investissements ;
    b)   L'établissement d'un cadre juridique favorisant l'investissement, le cas échéant, par la conclusion, entre l'Algérie et les Etats membres, des accords de protection des investissements et d'accords destinés à éviter la double imposition ;
    c)  L'assistance technique aux actions de promotion et de garantie des investissements nationaux et étrangers.

Article  55
Normalisation et évaluation de la conformité

    La coopération aura pour objectif de réduire les différences en matière de normes et de certification. La coopération se concrétisera notamment par :
    -  un encouragement de l'utilisation des normes européennes et des procédures et techniques d'évaluation de la conformité ;
    -  la mise à niveau des organismes algériens d'évaluation de la conformité et métrologie, ainsi qu'une assistance pour la création des conditions nécessaires en vue de négocier, à terme, des accords de reconnaissance mutuelle dans ces domaines ;
    -  la coopération dans le domaine de la gestion de la qualité ;
    -  une assistance aux structures algériennes chargées de la normalisation, de la qualité et de la propriété intellectuelle, industrielle et commerciale.

Article  56
Rapprochement des législations

    La coopération aura pour objectif le rapprochement de la législation de l'Algérie à la législation de la Communauté dans les domaines couverts par le présent accord.

Article  57
Services financiers

    La coopération aura pour objectif d'améliorer et de développer les services financiers.
    Elle se traduira essentiellement par :
    -  des échanges d'informations sur les réglementations et les pratiques financières ainsi que des actions de formation, notamment par rapport à la création des petites et moyennes entreprises ;
    -  l'appui à la réforme des systèmes bancaire et financier en Algérie, y compris le développement du marché boursier.

Article  58
Agriculture et pêche

    La coopération aura pour objectif la modernisation et la restructuration, là où elle sera nécessaire, des secteurs de l'agriculture, des forêts et de la pêche.
    Elle sera plus particulièrement orientée vers :
    -  le soutien de politiques visant au développement et à la diversification de la production ;
    -  la sécurité alimentaire ;
    -  le développement rural intégré, et notamment l'amélioration des services de base et le développement d'activités économiques associées ;
    -  la promotion d'une agriculture et d'une pêche respectueuse de l'environnement ;
    -  l'évaluation et la gestion rationnelle des ressources naturelles ;
    -  l'établissement de relations plus étroites, à titre volontaire, entre les entreprises, les groupes et les organisations professionnelles et interprofessionnelles représentant l'agriculture, la pêche et l'agro-industrie ;
    -  l'assistance et la formation techniques ;
    -  l'harmonisation des normes et des contrôles phytosanitaires et vétérinaires ;
    -  la coopération entre les régions rurales, l'échange d'expériences et de savoir-faire en matière de développement rural ;
    -  le soutien de la privatisation ;
    -  l'évaluation et la gestion rationnelle des ressources halieutiques ;
    -  le soutien aux programmes de recherche.

Article  59
Transports

    La coopération aura pour objectifs :
    -  le soutien à la restructuration et à la modernisation des transports ;
    -  l'amélioration de la circulation des voyageurs et des marchandises ;
    -  la définition et l'application de normes d'exploitation comparables à celles qui sont appliquées dans la Communauté.
    Les domaines prioritaires de la coopération seront les suivants :
    -  le transport routier, y compris la facilitation progressive des conditions de transit ;
    -  la gestion des chemins de fer des aéroports et des ports ainsi que la coopération entre les organismes nationaux compétents ;
    -  la modernisation des infrastructures routières, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires desservant les principaux axes de communication transeuropéens d'intérêt commun et les routes d'intérêt régional ainsi que les aides à la navigation ;
    -  la rénovation des équipements techniques selon les normes communautaires applicables aux transports routiers et ferroviaires, au transport intermodal, à la conteneurisation et au transbordement ;
    -  l'assistance technique et la formation.

Article  60
Télécommunications et société de l'information

    Les actions de coopération dans ce domaine seront notamment orientées vers :
    -  un dialogue sur les différents aspects de la société de l'information, y compris la politique suivie dans le domaine des télécommunications ;
    -  des échanges d'informations et une assistance technique éventuelle sur la réglementation et normalisation, les tests de conformité et la certification en matière de technologies de l'information et des télécommunications ;
    -  la diffusion de nouvelles technologies de l'information et des télécommunications avancées y compris par satellite, de services et de technologies de l'information ;
    -  la stimulation et la mise en oeuvre de projets conjoints de recherche, de développement technologique ou industriel en matière de nouvelles technologies de l'information, des communications, de télématique et de société de l'information ;
    -  la possibilité pour des organismes algériens de participer à des projets pilotes et des programmes européens selon leurs modalités spécifiques dans les domaines concernés ;
    -  l'interconnexion et l'interopérabilité entre réseaux et services télématiques communautaires et ceux de l'Algérie ;
    -  l'assistance technique à la planification et à la gestion du spectre des fréquences radioélectriques en vue d'une utilisation coordonnée et efficace des radiocommunications dans la région euro-méditerranéenne.

Article  61
Energie et mines

    Les objectifs de la coopération dans le domaine de l'énergie et des mines viseront :
    a)  La mise à niveau institutionnelle, législative et réglementaire pour assurer la régulation des activités et la promotion des investissements ;
    b)  La mise à niveau technique et technologique pour préparer les entreprises énergétiques et des mines aux exigences de l'économie de marché et faire face à la concurrence ;
    c)  Le développement du partenariat, entre les entreprises algériennes et européennes, dans les activités d'exploration, de production, de transformation, de distribution, des services de l'énergie et des mines.
    A ce titre, les domaines prioritaires de la coopération seront les suivants :
    -  l'adaptation du cadre institutionnel, législatif et réglementaire régissant les activités du secteur de l'énergie et des mines aux règles de l'économie de marché par l'assistance technique administrative et réglementaire ;
    -  le soutien aux efforts de restructuration des entreprises publiques du secteur de l'énergie et des mines ;
    -  le développement du partenariat en matière de :
        -  exploration, production et transformation des hydrocarbures ;
        -  production d'électricité ;
        -  distribution des produits pétroliers ;
        -  production d'équipements et services intervenant dans la production des produits énergétiques ;
        -  valorisation et de transformation du potentiel minier ;
    -  le développement du transit de gaz, de pétrole et d'électricité ;
    -  le soutien aux efforts de modernisation et de développement des réseaux énergétiques et de leur interconnexion avec les réseaux de la Communauté européenne ;
    -  la mise en place de bases de données dans les domaines de l'énergie et des mines ;
    -  le soutien et la promotion de l'investissement privé dans les activités du secteur de l'énergie et des mines ;
    -  l'environnement, le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique ;
    -  la promotion du transfert technologique dans le secteur de l'énergie et des mines.

Article  62
Tourisme et artisanat

    La coopération dans ce domaine visera en priorité à :
    -  renforcer l'échange d'information sur les flux et les politiques du tourisme, du thermalisme et de l'artisanat ;
    -  intensifier les actions de formation en gestion et administration hôtelière ainsi que la formation aux autres métiers du tourisme et de l'artisanat ;
    -  stimuler des échanges d'expérience en vue d'assurer le développement équilibré et durable du tourisme ;
    -  encourager le tourisme des jeunes ;
    -  assister l'Algérie pour mettre en valeur son potentiel touristique, thermal et artisanal et pour améliorer l'image de ses produits touristiques ;
    -  soutenir la privatisation.

Article  63
Coopération en matière douanière

    1.  La coopération vise à garantir le respect du régime de libre-échange. Elle porte en priorité sur :
    a)  La simplification des contrôles et des procédures douanières ;
    b)   L'application d'un document administratif unique similaire à celui de la Communauté et la possibilité d'établir un lien entre les systèmes de transit de la Communauté et de l'Algérie.
    Une assistance technique pourrait être fournie si nécessaire.
    2.  Sans préjudice d'autres formes de coopération prévues dans le présent accord et, notamment, pour la lutte contre la drogue et le blanchiment de l'argent, les autorités administratives des Parties contractantes se prêtent une assistance mutuelle selon les dispositions du protocole no 7.

Article  64
Coopération dans le domaine statistique

    Le principal objectif de la coopération dans ce domaine devrait être d'assurer via notamment un rapprochement des méthodologies utilisées par les parties, la comparabilité et l'utilisation des statistiques, entre autres sur le commerce extérieur, les finances publiques et la balance des paiements, la démographie, les migrations, les transports et les communications, et généralement sur tous les domaines couverts par le présent accord. Une assistance technique pourrait être fournie, si nécessaire.

Article  65
Coopération en matière de protection des consommateurs

    1.  Les parties conviennent que la coopération dans ce domaine doit viser la compatibilité de leurs systèmes de protection des consommateurs.
    2.  Cette coopération portera principalement sur les domaines suivants :
    a)   L'échange d'informations concernant les activités législatives et d'experts, notamment entre les représentants des intérêts des consommateurs ;
    b)   L'organisation de séminaires et de stages de formation ;
    c)   L'établissement de systèmes permanents d'information réciproque sur les produits dangereux, c'est-à-dire présentant un risque pour la santé et la sécurité des consommateurs ;
    d)   L'amélioration de l'information fournie aux consommateurs en matière de prix, caractéristiques des produits et des services offerts ;
    e)  Les réformes institutionnelles ;
    f)  La fourniture d'une assistance technique ;
    g)  Le développement des laboratoires algériens d'analyse et d'essai comparatifs et l'assistance dans l'organisation de la mise en place d'un système d'information décentralisé au profit des consommateurs ;
    h)   L'assistance dans l'organisation et la mise en place d'un réseau d'alerte à intégrer au réseau européen.

Article  66

    Eu égard aux caractéristiques propres de l'économie algérienne, les deux parties définissent les modalités et moyens de mise en oeuvre des actions de coopération économique convenues dans le cadre du présent titre, afin de soutenir le processus de modernisation de l'économie algérienne et d'accompagner l'instauration de la zone de libre-échange.
    L'identification et l'évaluation des besoins ainsi que les modalités de mise en oeuvre des actions de coopération économique sont examinées dans le cadre d'un dispositif à mettre en place dans les conditions prévues à l'article 98 du présent accord.
    Dans le cadre du dispositif susvisé, les parties conviendront des actions prioritaires à entreprendre.

TITRE  VI
COOPÉRATION SOCIALE ET CULTURELLE
Chapitre  1er
Dispositions relatives aux travailleurs
Article  67

    1.  Chaque Etat membre accorde aux travailleurs de nationalité algérienne occupés sur son territoire un régime caractérisé par l'absence de toute discrimination fondée sur la nationalité par rapport à ses propres ressortissants, en ce qui concerne les conditions de travail, de rémunération et de licenciement.
    2.  Tout travailleur algérien autorisé à exercer une activité professionnelle salariée sur le territoire d'un Etat membre à titre temporaire bénéficie des dispositions du paragraphe 1 en ce qui concerne les conditions de travail et de rémunération.
    3.  L'Algérie accorde le même régime aux travailleurs ressortissants des Etats membres occupés sur son territoire.

Article  68

    1.  Sous réserve des dispositions des paragraphes suivants, les travailleurs de nationalité algérienne et les membres de leur famille résidant avec eux bénéficient, dans le domaine de la sécurité sociale, d'un régime caractérisé par l'absence de toute discrimination fondée sur la nationalité par rapport aux propres ressortissants des Etats membres dans lesquels ils sont occupés.
    La notion de sécurité sociale couvre les branches de sécurité sociale qui concernent les prestations de maladie et de maternité, les prestations d'invalidité, de vieillesse, de survivants, les prestations d'accident de travail et de maladie professionnelle, les allocations de décès, les prestations de chômage et les prestations familiales.
    Toutefois, cette disposition ne peut avoir pour effet de rendre applicable les autres règles de coordination prévues par la réglementation communautaire basée sur l'article 42 du traité CE, autrement que dans les conditions fixées par l'article 70 du présent accord.
    2.  Ces travailleurs bénéficient de la totalisation des périodes d'assurance, d'emploi ou de résidence accomplies dans les différents Etats membres, pour ce qui concerne les pensions et rentes de vieillesse, d'invalidité et de survie, les prestations familiales, les prestations de maladie et de maternité ainsi que les soins de santé pour eux-mêmes et leur famille résidant à l'intérieur de la Communauté.
    3.  Ces travailleurs bénéficient des prestations familiales pour les membres de leur famille résidant à l'intérieur de la Communauté.
    4.  Ces travailleurs bénéficient du libre transfert vers l'Algérie, aux taux appliqués en vertu de la législation de l'Etat membre ou des Etats membres débiteurs, des pensions et rentes de vieillesse, de survie et d'accident de travail ou de maladie professionnelle, ainsi que d'invalidité, en cas d'accident de travail ou de maladie professionnelle, à l'exception des prestations spéciales à caractère non contributif.
    5.  L'Algérie accorde aux travailleurs ressortissants des Etats membres occupés sur son territoire, ainsi qu'aux membres de leur famille, un régime analogue à celui prévu aux paragraphes 1, 3 et 4.

Article  69

    Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux ressortissants de l'une des parties qui résident ou travaillent légalement sur le territoire du pays d'accueil.

Article  70

    1.  Avant la fin de la première année après l'entrée en vigueur du présent accord, le Conseil d'association arrête les dispositions permettant d'assurer l'application des principes énoncés à l'article 68.
    2.  Le Conseil d'association arrête les modalités d'une coopération administrative assurant les garanties de gestion et de contrôle nécessaires pour l'application des dispositions visées au paragraphe 1.

Article  71

    Les dispositions arrêtées par le Conseil d'association conformément à l'article 70 ne portent pas atteinte aux droits et obligations découlant des accords bilatéraux liant l'Algérie et les Etats membres, dans la mesure où ceux-ci prévoient en faveur des ressortissants algériens ou des ressortissants des Etats membres un régime plus favorable.

Chapitre  2
Dialogue dans le domaine social
Article  72

    1.  Il est instauré entre les parties un dialogue régulier portant sur tout sujet du domaine social qui présente un intérêt pour elles.
    2.  Il est l'instrument de la recherche des voies et conditions des progrès à réaliser pour la circulation des travailleurs, l'égalité de traitement et l'intégration sociale des ressortissants algériens et communautaires résidant légalement sur les territoires des Etats hôtes.
    3.  Le dialogue porte notamment sur tous les problèmes relatifs :
    a)  Aux conditions de vie et de travail des travailleurs et personnes à charge ;
    b)  Aux migrations ;
    c)  A l'immigration clandestine et aux conditions de retour des personnes en situation irrégulière au regard de la législation relative au séjour et à l'établissement applicable dans l'Etat hôte ;
    d)  Aux actions et programmes favorisant l'égalité de traitement entre les ressortissants algériens et communautaires, la connaissance mutuelle des cultures et civilisations, le développement de la tolérance et l'abolition des discriminations.

Article  73

    Le dialogue dans le domaine social prend place aux niveaux et selon des modalités identiques à ceux prévus au titre Ier du présent accord, qui peut également lui servir de cadre.

Chapitre  3
Actions de coopération en matière sociale
Article  74

    1.  Les parties reconnaissent l'importance du développement social qui doit aller de pair avec le développement économique. Elles donnent en particulier la priorité au respect des droits sociaux fondamentaux.
    2.  Afin de consolider la coopération dans le domaine social entre les parties, des actions et programmes portant sur tout thème d'intérêt pour elles seront mis en place.
    Les actions suivantes revêtent à ce sujet un caractère prioritaire :
    a)  Favoriser l'amélioration des conditions de vie, la création d'emplois et le développement de la formation notamment dans les zones d'émigration ;
    b)  La réinsertion des personnes rapatriées en raison du caractère illégal de leur situation au regard de la législation de l'Etat considéré ;
    c)   L'investissement productif ou la création d'entreprises en Algérie par des travailleurs algériens légalement installés dans la Communauté ;
    d)  La promotion du rôle de la femme dans le processus de développement économique et social, notamment à travers l'éducation et les médias et ce, dans le cadre de la politique algérienne en la matière ;
    e)  L'appui aux programmes algériens de planning familial et de protection de la mère et de l'enfant ;
    f)   L'amélioration du système de protection sociale et du secteur de la santé ;
    g)  La mise en oeuvre et le financement de programmes d'échanges et de loisirs en faveur de groupes mixtes de jeunes d'origine européenne et algérienne, résidant dans les Etats membres, en vue de promouvoir la connaissance mutuelle des civilisations et favoriser la tolérance ;
    h)   L'amélioration des conditions de vie dans les zones défavorisées ;
     i)  La promotion du dialogue socioprofessionnel ;
    j)  La promotion du respect des droits de l'homme dans le cadre socioprofessionnel ;
    k)  La contribution au développement du secteur de l'habitat, notamment en ce qui concerne le logement social ;
    l)   L'atténuation des conséquences négatives résultant d'un ajustement des structures économiques et sociales ;
    m)   L'amélioration du système de formation professionnelle.

Article  75

    Les actions de coopération peuvent être réalisées en coordination avec les Etats membres et les organisations internationales compétentes.

Article  76

    Un groupe de travail est créé par le Conseil d'association avant la fin de la première année suivant la date de l'entrée en vigueur du présent accord. Il est chargé de l'évaluation permanente et régulière de la mise en oeuvre des dispositions des chapitres Ier à III.

Chapitre  4
Coopération en matière culturelle et d'éducation
Article  77

    Compte tenu des actions bilatérales des Etats membres, le présent accord aura pour objectif de promouvoir l'échange d'informations et la coopération culturelle.
    Une meilleure connaissance et une meilleure compréhension réciproques des cultures respectives seront recherchées.
    Une attention particulière devra être accordée à la promotion d'activités conjointes dans divers domaines, dont la presse et l'audiovisuel, et à l'encouragement des échanges de jeunes.
    Cette coopération pourrait couvrir les domaines suivants :
    -  traductions littéraires ;
    -  conservation et restauration de sites et de monuments historiques et culturels ;
    -  formation des personnes travaillant dans le domaine de la culture ;
    -  échanges d'artistes et d'oeuvres d'art ;
    -  organisation de manifestations culturelles ;
    -  sensibilisation mutuelle et diffusion d'informations sur les manifestations culturelles importantes ;
    -  encouragement de la coopération dans le domaine audiovisuel, notamment la formation et la coproduction ;
    -  diffusion de revues et d'ouvrages en matière littéraire, technique et scientifique.

Article  78

    La coopération en matière d'éducation et de formation vise à :
    a)  Contribuer à l'amélioration du système éducatif et de la formation, dont la formation professionnelle ;
    b)   Encourager plus particulièrement l'accès de la population féminine à l'éducation, y compris à l'enseignement technique et supérieur et à la formation professionnelle ;
    c)   Développer le niveau d'expertise des cadres des secteurs public et privé ;
    d)  Encourager l'établissement de liens durables entre organismes spécialisés des parties destinés à la mise en commun et aux échanges d'expériences et de moyens.

TITRE  VII
COOPÉRATION FINANCIÈRE
Article  79

    Dans le but de contribuer pleinement à la réalisation des objectifs du présent accord, une coopération financière sera mise en oeuvre en faveur de l'Algérie selon les modalités et avec les moyens financiers appropriés.
    Ces modalités sont arrêtées d'un commun accord entre les parties au moyen des instruments les plus appropriés à partir de l'entrée en vigueur du présent accord.
    Les domaines d'application de cette coopération, outre les thèmes relevant des titres V et VI du présent accord, sont plus particulièrement :
    -  la facilitation des réformes visant la modernisation de l'économie, y compris le développement rural ;
    -  la mise à niveau des infrastructures économiques ;
    -  la promotion de l'investissement privé et des activités créatrices d'emplois ;
    -  la prise en compte des conséquences sur l'économie algérienne de la mise en place progressive d'une zone de libre-échange, notamment sous l'angle de la mise à niveau et de la reconversion de l'industrie ;
    -  l'accompagnement des politiques mises en oeuvre dans les secteurs sociaux.

Article  80

    Dans le cadre des instruments communautaires destinés à appuyer les programmes d'ajustement structurel dans les pays méditerranéens, en vue du rétablissement des grands équilibres financiers et la création d'un environnement économique propice à l'accélération de la croissance et à l'amélioration du bien-être de la population algérienne, et en coordination étroite avec les autres contributeurs, en particulier les institutions financières internationales, la Communauté et l'Algérie veilleront à adapter les instruments propres à accompagner les politiques de développement et ceux visant à la libéralisation de l'économie algérienne.

Article  81

    En vue d'assurer une approche coordonnée des problèmes macro-économiques et financiers exceptionnels qui pourraient résulter de la mise en oeuvre progressive des dispositions du présent accord, les parties accorderont une attention particulière au suivi de l'évolution des échanges commerciaux et des relations financières entre la Communauté et l'Algérie dans le cadre du dialogue économique régulier instauré en vertu du titre V.

TITRE  VIII
COOPÉRATION DANS LE DOMAINE
DE LA JUSTICE ET DES AFFAIRES INTÉRIEURES
Article  82
Renforcement des institutions et de l'Etat de droit

    Dans leur coopération dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, les parties attacheront une importance particulière au renforcement des institutions dans les domaines de l'application du droit et le fonctionnement de la justice. Cela inclut la consolidation de l'Etat de droit.
    Dans ce cadre, les parties veilleront, également, au respect des droits des nationaux des deux parties sans aucune discrimination sur le territoire de l'autre partie.
    Les dispositions du présent article ne visent pas les différences de traitement fondées sur la nationalité.

Article  83
Circulation des personnes

    Soucieuses de faciliter la circulation des personnes entre les parties, celles-ci veilleront, en conformité avec les législations communautaire et nationales en vigueur, à une application et à un traitement diligents des formalités de délivrance des visas et conviennent d'examiner, dans le cadre de leur compétence, la simplification et l'accélération des procédures de délivrance des visas aux personnes participant à la mise en oeuvre du présent accord. Le Comité d'association examinera périodiquement la mise en oeuvre du présent article.

Article  84
Coopération dans le domaine de la prévention
et contrôle de l'immigration illégale, réadmission

    1.  Les parties réaffirment l'importance qu'elles attachent à développer une coopération mutuelle et bénéfique portant sur l'échange d'informations sur les flux d'immigration illégale et décident de coopérer afin de prévenir et de contrôler l'immigration illégale. A cette fin :
    -  l'Algérie, d'une part, et chaque Etat membre de la Communauté, d'autre part, acceptent de réadmettre leurs ressortissants présents illégalement sur le territoire de l'autre partie, après accomplissement des procédures d'identification nécessaires ;
    -  l'Algérie et les Etats membres de la Communauté fourniront à leurs ressortissants les documents d'identité nécessaires à cette fin.
    2.  Les parties, soucieuses de faciliter la circulation et le séjour de leurs ressortissants en situation régulière, conviennent de négocier, à la demande d'une partie, en vue de conclure des accords de lutte contre l'immigration illégale ainsi que des accords de réadmission. Ces derniers accords couvriront, si cela est jugé nécessaire par l'une des parties, la réadmission de ressortissants d'autres pays en provenance directe du territoire de l'une des parties. Les modalités pratiques de mise en oeuvre de ces accords seront définies, le cas échéant, par les parties dans le cadre de ces accords mêmes ou de protocoles de mise en oeuvre de ces accords.
    3.  Le Conseil d'association examine les autres efforts conjoints susceptibles d'être déployés en vue de prévenir et de contrôler l'immigration illégale, y compris la détection de faux documents.

Article  85
Coopération en matière juridique et judiciaire

    1.  Les parties conviennent que la coopération dans les domaines juridique et judiciaire est essentielle et représente un complément nécessaire aux autres coopérations prévues dans le présent accord.
    2.  Cette coopération peut inclure, le cas échéant, la négociation d'accords dans ces domaines.
    3.  La coopération judiciaire civile portera notamment sur :
    -  le renforcement de l'assistance mutuelle pour la coopération dans le traitement des différends ou d'affaires à caractère civil, commercial ou familial ;
    -  l'échange d'expérience en matière de gestion et d'amélioration de l'administration de la justice civile.
    4.  La coopération judiciaire pénale portera sur :
    -  le renforcement des dispositifs existants en matière d'assistance mutuelle ou d'extradition ;
    -  le développement des échanges, notamment, en matière de pratique de la coopération judiciaire pénale, de protection des droits et libertés individuelles, de lutte contre le crime organisé et d'amélioration de l'efficacité de la justice pénale.
    5.  Cette coopération inclura notamment la mise en place de cycles de formation spécialisée.

Article  86
Prévention et lutte contre la criminalité organisée

    1.  Les parties conviennent de coopérer afin de prévenir et de combattre la criminalité organisée, notamment dans les domaines du trafic de personnes ; de l'exploitation à des fins sexuelles ; du trafic illicite de produits prohibés, contrefaits ou piratés et de transactions illégales concernant notamment les déchets industriels ou du matériel radioactif ; de la corruption ; du trafic de voitures volées ; du trafic d'armes à feu et des explosifs ; de la criminalité informatique ; et du trafic de biens culturels.
    Les parties coopéreront étroitement afin de mettre en place les dispositifs et les normes appropriés.
    2.  La coopération technique et administrative dans ce domaine pourra inclure la formation, et le renforcement de l'efficacité des autorités et de structures chargées de combattre et de prévenir la criminalité et la formulation de mesures de prévention du crime.

Article  87
Lutte contre le blanchiment de l'argent

    1.  Les parties conviennent de la nécessité d'oeuvrer et de coopérer afin d'empêcher l'utilisation de leurs systèmes financiers au blanchiment de capitaux provenant d'activités criminelles en général et du trafic illicite de la drogue en particulier.
    2.  La coopération dans ce domaine comporte notamment une assistance administrative et technique en vue d'adopter et de mettre en oeuvre des normes appropriées de lutte contre le blanchiment de l'argent, comparables à celles adoptées en la matière par la Communauté et les instances internationales actives dans ce domaine, et en particulier le groupe d'action financière internationale (GAFI).
    3.  La coopération visera :
    a)  La formation d'agents des services chargés de la prévention, de la détection et de la lutte contre le blanchiment de l'argent ainsi que des agents du corps judiciaire ;
    b)  Un soutien approprié à la création d'institutions spécialisées en la matière et au renforcement de celles déjà existantes.

Article  88
Lutte contre le racisme et la xénophobie

    Les parties conviennent de prendre les mesures appropriées en vue de prévenir et de combattre toutes les formes et manifestations de discrimination fondée sur la race, l'origine ethnique et la religion, notamment dans les domaines de l'éducation, de l'emploi, de la formation et du logement. A cette fin, des actions d'information et de sensibilisation seront développées.
    Dans ce cadre, les parties veillent notamment à ce que des procédures judiciaires et/ou administratives soient accessibles à toutes les personnes qui s'estiment lésées par les discriminations mentionnées ci-dessus.
    Les dispositions du présent article ne visent pas les différences de traitement fondées sur la nationalité.

Article  89
Lutte contre la drogue et la toxicomanie

    1.  La coopération vise à :
    a)   Améliorer l'efficacité des politiques et mesures d'application pour prévenir et combattre la culture, la production, l'offre, la consommation et le trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes ;
    b)  Eliminer la consommation illicite de ces produits.
    2.  Les parties définissent ensemble, conformément à leur législation respective, les stratégies et les méthodes de coopération appropriées pour atteindre ces objectifs. Leurs actions, lorsqu'elles ne sont pas conjointes, font l'objet de consultations et d'une coordination étroite.
    Peuvent participer aux actions les institutions publiques et privées compétentes, les organisations internationales en collaboration avec le Gouvernement de l'Algérie et les instances concernées de la Communauté et de ses Etats membres.
    3.  La coopération est réalisée en particulier à travers les domaines suivants :
    a)  La création ou l'extension d'institutions socio-sanitaires et de centres d'information pour le traitement et la réinsertion des toxicomanes ;
    b)  La mise en oeuvre de projets de prévention, d'information, de formation et de recherche épidémiologique ;
     c)  L'établissement de normes afférentes à la prévention du détournement des précurseurs et des autres substances essentielles utilisées pour la fabrication illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, qui soient équivalentes à celles adoptées par la Communauté et les instances internationales concernées ;
    d)  Le soutien à la création de services spécialisés dans la lutte contre le trafic illicite de drogues.
    4.  Les deux parties favoriseront la coopération régionale et sous-régionale.

Article  90
Lutte contre le terrorisme

    Les parties, dans le respect des conventions internationales dont elles sont parties et de leurs législations et réglementations respectives, conviennent de coopérer en vue de prévenir et réprimer les actes de terrorisme :
    -  dans le cadre de la mise en oeuvre intégrale de la résolution 1373 du Conseil de sécurité et des autres résolutions pertinentes ;
    -  par un échange d'informations sur les groupes terroristes et leurs réseaux de soutien conformément au droit international et national ;
    -  par un échange d'expériences sur les moyens et méthodes pour lutter contre le terrorisme, ainsi que dans les domaines techniques et de la formation.

Article  91
Lutte contre la corruption

    l.  Les parties conviennent de coopérer, en se basant sur les instruments juridiques internationaux existants en la matière, pour lutter contre les actes de corruption dans les transactions commerciales internationales :
    -  en prenant les mesures efficaces et concrètes contre toutes les formes de corruption, pots de vin et pratiques illicites de toute nature dans les transactions commerciales internationales commis par des particuliers ou des personnes morales ;
    -  en se prêtant assistance mutuelle dans les enquêtes pénales relatives à des actes de corruption.
    2.  La coopération visera également l'assistance technique dans le domaine de la formation des agents et magistrats chargés de la prévention et la lutte contre la corruption et le soutien aux initiatives visant à l'organisation de la lutte contre cette forme de criminalité.

TITRE  IX
DISPOSITIONS INSTITUTIONNELLES,
GÉNÉRALES ET FINALES
Article  92

    Il est institué un Conseil d'association qui se réunit au niveau ministériel, autant que possible une fois par an, à l'initiative de son président dans les conditions prévues par son règlement intérieur. Il examine les problèmes importants se posant dans le cadre de l'accord ainsi que toutes autres questions bilatérales ou internationales d'intérêt commun.

Article  93

    1.  Le Conseil d'association est composé, d'une part, de membres du Conseil de l'Union européenne et de membres de la Commission des Communautés européennes et, d'autre part, de membres du Gouvernement de l'Algérie.
    2.  Les membres du Conseil d'association peuvent se faire représenter dans les conditions qui seront prévues dans son règlement intérieur.
    3.  Le Conseil d'association arrête son règlement intérieur.
    4.  La présidence du Conseil d'association est exercée à tour de rôle par un membre du Conseil de l'Union européenne et un membre du Gouvernement de l'Algérie selon les modalités à prévoir dans le règlement intérieur.

Article  94

    Pour la réalisation des objectifs fixés par le présent accord, et dans les cas prévus par celui-ci, le Conseil d'association dispose d'un pouvoir de décision.
    Les décisions prises sont obligatoires pour les parties, qui sont tenues de prendre les mesures que nécessite leur exécution. Le Conseil d'association peut également formuler toutes recommandations utiles.
    Il arrête ses décisions et formule ses recommandations d'un commun accord entre les parties.

Article  95

    1.  Il est institué un Comité d'association qui est chargé de la gestion du présent accord sous réserve des compétences attribuées au Conseil d'association.
    2.  Le Conseil d'association peut déléguer au Comité d'association tout ou partie de ses compétences.

Article  96

    1.  Le Comité d'association qui se réunit au niveau des fonctionnaires est composé, d'une part, de représentants des membres du Conseil de l'Union européenne et de la Commission des Communautés européennes et, d'autre part, de représentants de l'Algérie.
    2.  Le Comité d'association arrête son règlement intérieur.
    3.  Le Comité d'association se réunit dans la Communauté ou en Algérie.

Article  97

    Le Comité d'association dispose d'un pouvoir de décision pour la gestion du présent accord, ainsi que dans les domaines où le Conseil d'association lui a délégué ses compétences.
    Les décisions sont arrêtées d'un commun accord entre les parties et elles sont obligatoires pour les parties qui sont tenues de prendre les mesures que nécessite leur exécution.

Article  98

    Le Conseil d'association peut décider de constituer tout groupe de travail ou organe nécessaire à la mise en oeuvre du présent accord.

Article  99

    Le Conseil d'association prend toute mesure utile pour faciliter la coopération et les contacts entre le Parlement européen et les institutions parlementaires de l'Algérie, ainsi qu'entre le Comité économique et social de la Communauté et l'institution homologue en Algérie.

Article  100

    1.  Chaque partie peut saisir le Conseil d'association de tout différend relatif à l'application et à l'interprétation du présent accord.
    2.  Le Conseil d'association peut régler le différend par voie de décision.
    3.  Chaque partie est tenue de prendre les mesures nécessaires pour assurer l'application de la décision visée au paragraphe 2.
    4.  Au cas où il n'est pas possible de régler le différend conformément au paragraphe 2, chaque partie peut notifier la désignation d'un arbitre à l'autre partie, qui est alors tenue de désigner un deuxième arbitre dans un délai de deux mois. Aux fins de l'application de cette procédure, la Communauté et les Etats membres sont considérés comme une seule partie au différend.
    Le Conseil d'association désigne un troisième arbitre.
    Les décisions des arbitres sont prises à la majorité.
    Chaque partie au différend est tenue de prendre les mesures requises pour l'application de la décision des arbitres.

Article  101

    Aucune disposition du présent accord n'empêche une Partie contractante de prendre les mesures :
    a)  Qu'elle estime nécessaires en vue de prévenir la divulgation d'informations contraires aux intérêts essentiels de sa sécurité ;
    b)   Relatives à la production ou au commerce d'armes, de munitions ou de matériel de guerre ou à la recherche, au développement ou à la production nécessaires pour assurer sa défense, dès lors que ces mesures n'altèrent pas les conditions de concurrence pour les produits non destinés à des fins spécifiquement militaires ;
    c)  Qu'elle estime essentielles pour assurer sa sécurité en cas de troubles internes graves susceptibles de porter atteinte à la paix publique, en cas de guerre ou de grave tension internationale menaçant de déboucher sur un conflit armé ou afin de satisfaire à des obligations qu'elle a acceptées en vue d'assurer le maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Article  102

    Dans les domaines couverts par le présent accord et sans préjudice de toute disposition particulière y figurant :
    -  le régime appliqué par l'Algérie à l'égard de la Communauté ne peut donner lieu à aucune discrimination entre les Etats membres, leurs ressortissants ou leurs sociétés ;
    -  le régime appliqué par la Communauté à l'égard de l'Algérie ne peut donner lieu à aucune discrimination entre les ressortissants algériens ou ses sociétés.

Article  103

    Aucune disposition du présent accord n'aura pour effet :
    -  d'étendre les avantages accordés par une partie dans le domaine fiscal dans tout accord ou arrangement international par lequel est liée cette partie ;
    -  d'empêcher l'adoption ou l'application par une partie de toute mesure destinée à éviter la fraude ou l'évasion fiscale ;
    -  de faire obstacle au droit d'une partie d'appliquer les dispositions pertinentes de sa législation fiscale aux contribuables ne se trouvant pas dans une situation identique, notamment en ce qui concerne leur lieu de résidence.

Article  104

    1.  Les parties prennent toute mesure générale ou particulière nécessaire à l'accomplissement de leurs obligations en vertu du présent accord. Elles veillent à ce que les objectifs fixés par le présent accord soient atteints.
    2.  Si une partie considère que l'autre partie n'a pas rempli l'une des obligations que lui impose le présent accord, elle peut prendre des mesures appropriées. Auparavant elle doit, sauf cas d'urgence spéciale, fournir au Conseil d'association toutes les informations pertinentes nécessaires à un examen approfondi de la situation en vue de rechercher une solution acceptable par les parties.
    Le choix doit porter par priorité sur les mesures qui perturbent le moins le fonctionnement du présent accord. Ces mesures sont notifiées immédiatement au Conseil d'association et font l'objet de consultations au sein de celui-ci à la demande de l'autre partie.

Article  105

    Les protocoles nos 1 à 7, ainsi que les annexes nos 1 à 6, font partie intégrante du présent accord.

Article  106

    Aux fins du présent accord, le terme « parties » signifie, d'une part, la Communauté, ou les Etats membres, ou la Communauté et ses Etats membres, conformément à leurs compétences respectives, et l'Algérie, d'autre part.

Article  107

    Le présent accord est conclu pour une durée illimitée.
    Chacune des parties peut dénoncer le présent accord en notifiant son intention à l'autre partie. Le présent accord cesse d'être applicable six mois après cette notification.

Article  108

    Le présent accord s'applique d'une part au territoire où le traité instituant la Communauté européenne est d'application et dans les conditions prévues par ledit traité, et d'autre part au territoire de l'Algérie.

Article  109

    Le présent accord est rédigé en double exemplaire en langues allemande, anglaise, danoise, espagnole, finnoise, française, grecque, italienne, néerlandaise, portugaise, suédoise et arabe, chacun de ces textes faisant également foi.

Article  110

    1.  Le présent accord est approuvé par les Parties contractantes selon les procédures qui leur sont propres.
    Le présent accord entre en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la date à laquelle les Parties contractantes se notifient l'accomplissement des procédures visées au premier alinéa.
    2.  Dès son entrée en vigueur, le présent accord remplace l'Accord de coopération entre la Communauté économique européenne et la République algérienne démocratique et populaire, ainsi que l'Accord entre les Etats membres de la Communauté européenne du charbon et de l'acier et la République algérienne démocratique et populaire, signés à Alger le 26 avril 1976.
    Hecho en Valencia, et veintidôs de abril del dos mil dos.
    Udfærdiget i Valencia den toogtyvende april to tusind og to.
    Geschehen zu Valencia am zweiundzwanzigsten April zweitausendundzwei.
    9Egin« sth Balenuia, stiz «ikosi dyo Apilioy dyo xiliad«z dyo.
    Done at Valencia on the twenty-second day of April in the year two thousand and two.
    Fait à Valence, le vingt-deux avril deux mille deux.
    Fatto a Valenza, addi' ventidue aprile duemiladue.
    Gedaan te Valencia, de tweeëntwintigste april tweeduizendtwee.
    Feito em Valência, em vinge e dois de Abril de dois mil e dois.
    Tehty Valenciassa kahdentenakymmenentenâtoisena pàivànà huhtikuuta vuonna kaksituhattakaksi.
    Som skedde i Valencia den tjugoandra april tjugohundratvà.

Pour le Royaume de Belgique,
Voor het Koninkrijk België,
Für das Königreich Belgien,
          

    Cette signature engage également la Communauté française, la Communauté flamande, la Communauté germanophone, la Région wallonne, la Région flamande et la Région de Bruxelles-Capitale.
    Deze handtekening verbindt eveneens de Vlaamse Gemeenschap, de Franse Gemeenschap, de Duitstalige Gemeenschap, het Vlaamse Gewest, en het Brussels Hoofdstedelijk Gewest.
    Diese Unterschrift bindet zugleich die Deutschsprachige Gemeinschaft, die Flämische Region und die Region Brüssel-Hauptstadt.

På Kongeriget Danmarks vegne,
          
Für die Bundesrepublik Deutschland,
          
Gia th Ellhnikh Dhmokratia,
          
Por el Reino de España,
          
Pour la République française,
          
Thar cheann Na hÉireann,
For Ireland,
          
Per la Repubblica italiana,
          
Pour le Grand-Duché de Luxembourg,
          
Voor het Koninkrjk der Nederlanden,
          
Für die Republik Österreich,
          
Pela Repùblica Portuguesa,
          
Suomen tasavallan puolesta,
För Republiken Finland,
          
För Konungariket Sverige,
          
For the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland,
          
Por la Comunidad Europea,
For Det Europæiske Fællesskab,
Für die Europäische Gemeinschaft,
Gia thn Eyrvpaikh Koinothta
,
For the European Community,
Pour la Communauté européenne,
Per la Comunità europea,
Voor de Europese Gemeenschap,
Pela Comunidade Europeia,
Euroopan yhteisön puolesta,
På Europeiska gemenskapens vägnar,
          

(cf. note 1)

NOTE (S) :

(1) TCA . - Imprimerie des Journaux officiels, Paris