Question de M. HAMEL Emmanuel (Rhône - RPR) publiée le 15/10/1998

M. Emmanuel Hamel attire l'attention de M. le ministre délégué à la coopération et à la francophonie sur l'allocution du délégué général du Québec en France et représentant personnel du Premier ministre du Québec pour la francophonie lors de la table ronde organisée à l'Assemblée nationale le 18 mars 1998, rapportée à la page 10 du numéro 44 (mai 1998) de La lettre du Québec, au cours de laquelle il disait notamment : " Le Premier ministre du Québec rappelait dernièrement que c'est à la francophonie qu'il appartient de faire entrer le français dans le nouveau siècle ". Il lui demande quelle est sa réaction face à ces propos et comment le Gouvernement français assume son devoir de promouvoir " l'entrée du français dans le nouveau siècle " dont nous approchons.

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Réponse du ministère : Coopération publiée le 25/03/1999

Réponse. - Le Gouvernement attache une importance prioritaire à la politique qu'il mène en faveur de la langue française. Celle-ci s'articule en deux volets complémentaires : un soutien actif apporté aux instances multilatérales de la francophonie et une action bilatérale spécifique qui incombe essentiellement au ministère des affaires étrangères. S'agissant de la francophonie multilatérale, le gouvernement français a consacré en 1998 plus de 700 MF au financement du fonctionnement et des programmes des instances, des opérateurs et des acteurs de la francophonie multilatérale. La France contribue à elle seule à hauteur de 65 % de la part du budget des opérateurs multilatéraux de la francophonie financée par les bailleurs de fonds (agence de la francophonie, agence universitaire de la francophonie, université Senghor d'Alexandrie, association internationale des maires et responsables de capitales et métropoles francophones) à l'exception de TV5 à qui la France fournit 84 % de ses ressources, soit 342 MF. Si l'ensemble des actions de la francophonie multilatérale concourent à la promotion du français, deux programmes méritent d'être plus particulièrement soulignés : le plan d'urgence pour le français dans les organisations internationales et le comité francophone des inforoutes qui font partie des mesures nouvelles annoncées à l'initiative du Président de la République lors du sommet de Hanoï. La France est en effet à l'origine du plan d'urgence pour le français dans les organisations internationales dont elle est le principal contributeur. Un comité de pilotage a été mis en place auprès de l'agence de la francophonie et les orientations suivantes lui ont été fixées : prise en charge de postes d'experts associés francophones au sein des organisations internationales, recherche des postes à pourvoir, sélection et suivi des candidats ; formation de jeunes cadres, originaires de pays francophones, à la fonction publique internationale ; aide à la traduction et à l'interprétation pour les organisations internationales non gouvernementales. Quant au comité francophone des inforoutes, il a été créé conformément à la résolution 17 du plan d'action approuvé par le VIIe sommet des chefs d'Etat et de gouvernement francophones (Hanoï, novembre 1997). Il gère un fonds de 40 MF, dont 21,5 MF sont donnés par la France. Sa mission est de permettre la création de serveurs en langue francçaise sur les "autoroutes de l'information". En matière d'audiovisuel, TV5 constitue un opérateur particulièrement significatif pour la promotion de notre langue. 80 millions de foyers reçoivent aujourd'hui cette chaîne sur les cinq continents. Le plan d'entreprise qu'a annoncé son nouveau président et qui sera discuté par la conférence ministérielle du 29 avril prochain devrait contribuer à élargir et fidéliser les différentes audiences de TV5 en renforçant la qualité des programmes autour d'une véritable grille (information, documentaires, fictions). Pour ce qui concerne le volet bilatéral de notre politique de promotion du français, le ministère des affaires étrangères, outre sa politique de coopération audiovisuelle extérieure - on peut citer à ce tite son soutien à RFI - et son action de diffusion de la culture française à l'étranger met en uvre une importante coopération linguistique et éducative qui mobilise près d'un millier d'agents chargés de programmes de soutien à la diffusion de notre langue dans les structures locales. Par ailleurs, un enseignement du français est dispensé à plus de 500 000 étudiants au sein de nos établissements culturels (instituts et alliances françaises). Cet enseignement fait une place croissante à l'utilisation de technologies nouvelles fondées sur l'audiovisuel et l'informatique, notamment pour l'auto-information. Un cours de français devrait être prochainement mis en place sur internet. Par ailleurs, par son propore site internet et par celui de nos postes à l'étranger, le ministère des affaires étrangères contribue grandement à la présence de la langue française sur les inforoutes, voie d'entrée par excellence dans le XXIe siècle.

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