Allez au contenu, Allez à la navigation

Attitude de la France face à la crise tunisienne

13 ème législature

Question écrite n° 16921 de M. Marcel Rainaud (Aude - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 27/01/2011 - page 177

M. Marcel Rainaud interroge M. le Premier ministre sur l'attitude de la France au cours des évènements particulièrement graves de la crise tunisienne.

En effet, outre l'aspect tardif de la première déclaration officielle, certaines prises de position ministérielles ont été pour le moins inadaptées à la réalité de la situation et à la gravité des évènements.

Ainsi la diplomatie française a-t-elle donné l'impression de ne pas prendre la réelle mesure de ce soulèvement du peuple tunisien.

Il lui demande de l'informer de la façon dont il entend à la fois tirer les leçons de ces atermoiements de notre diplomatie et faire entendre une autre position de la France, dans l'accompagnement vers la mise en œuvre d'une réelle démocratie en Tunisie.

Transmise au Ministère des affaires étrangères et européennes



Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes

publiée dans le JO Sénat du 25/08/2011 - page 2177

La révolution tunisienne fut à la fois une surprise et une leçon de modestie pour tous. Le jour où le jeune Mohamed Bouazizi s'est immolé par le feu, le 17 décembre 2010, personne ne pouvait prévoir que cet acte de désespoir allait être à l'origine d'un mouvement de fond dans le pays aboutissant à la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier 2011 et à une onde de choc dans tout le monde arabe. Les leçons de la révolution tunisienne et, plus largement, de la ferveur qui touche actuellement l'ensemble du monde arabe ont été tirées. Les autorités françaises ont pris le parti de changer leur regard sur cette région du monde. Parce qu'elles souhaitent voir s'établir sereinement une démocratie durable en Tunisie, elles approfondiront désormais les contacts avec tous les acteurs politiques, y compris les mouvements islamiques, qui respectent les règles du jeu démocratique et renoncent clairement à l'usage de la violence. Comme toutes les démocraties occidentales, la France, privilégiant la nécessité de stabilité régionale, a pu montrer une indulgence excessive à l'égard de régimes autoritaires. Notre pays ne doit plus désormais s'autoriser la moindre complaisance avec les régimes qui oppriment leur peuple. Cette ligne de conduite a été clairement affirmée par le ministre d'État dans son discours de clôture du colloque organisé par le ministère des affaires étrangères et européennes à l'Institut du monde arabe le 16 avril, auquel participaient des acteurs des différentes révolutions arabes. Dans cet esprit, la France se tient résolument aux côtés du peuple tunisien. Elle a proposé son aide aux autorités tunisiennes pour leur faire partager son expérience et son expertise en matière de droit constitutionnel, de libertés publiques ou encore de liberté de la presse. Elle a annoncé une aide d'un montant de 350 M€ pour la période 2011-2012 sur financement de l'Agence française de développement. Ces aides serviront à accompagner les projets correspondant aux priorités du gouvernement tunisien, à savoir principalement l'emploi et la formation, l'aide aux régions défavorisées et l'appui au secteur financier. Elle a aussi mobilisé ses partenaires du G 8 pour aider les pays de la rive sud de la Méditerranée à travers le partenariat de Deauville dans lequel la Tunisie a naturellement toute sa place.