b) L'information

Une information est souhaitable dans trois directions :

Les mères de famille

Quelques conseils pour protéger les enfants contre le saturnisme

- éviter les contacts de la peinture et de la poussière

- tenir les enfants éloignés de la peinture écaillée,

- recouvrir les murs qui ont de la peinture écaillée,

- nettoyer soigneusement les sols avec une serpillière après tous travaux,

- nettoyer régulièrement les appuis et bords de fenêtres à la serpillière humide,

- laver les mains des enfants avant qu'ils ne mangent,

- laver les objets familiers des nourrissons.

- changer l'alimentation des enfants :

- éviter de donner des graisses (fritures, chips) qui facilitent l'absorption du plomb dans l'organisme,

- donner des aliments riches en calcium (lait, fromages) et riches en fer (haricots, légumes verts) qui aident à la protection de l'organisme contre le plomb,

- faire passer un test sanguin aux enfants :

Extrait du formulaire d'information sur le saturnisme distribué aux États-Unis - Une version comparable a été réalisée par la DDASS Ile-de-France.

L'apposition par les services de l'Etat, d'affiches dans les cages d'escaliers des immeubles à risques, présentant un argumentaire de ce type serait un moyen facile et peu coûteux d'améliorer l'information et le dépistage des publics prioritaires. Cet affichage devrait être renouvelé périodiquement.

Les grandes surfaces de bricolage

On a vu que les travaux de rénovation peuvent déclencher des envols de poussières toxiques tout aussi graves que les écailles de peinture. Il existe pourtant des testeurs individuels qui permettent de réaliser un diagnostic sur le plomb dans un logement (vendu 15 F l'unité). Ce système existe aux États-Unis et pourrait être développé en France.

La commercialisation de testeurs de plomb individuels doit être encouragée.

Les médecins

Le dépistage repose quasi exclusivement sur la protection maternelle et infantile. La médecine de ville reste très peu sensibilisée au risque plomb et au risque métaux lourds en général.

Il convient d'adapter les formations en conséquence, soit lors de la formation initiale, soit lors de la formation permanente, et de soutenir ces programmes de formation dans les départements à risques.

c) La prévention

La prévention passe par le dépistage et la réhabilitation. Le dépistage paraît très variable selon les régions, et selon les départements. Relativement développé en Ile-de-France, notamment à Paris et Seine-Saint-Denis, beaucoup moins développé dans les autres grandes cités, comportant de nombreux immeubles anciens. Sans parler des zones rurales, où les difficultés de dépistage sont encore décuplées.

On estime que dans les régions où le dépistage est organisé (à partir de facteurs de risques), le quart des enfants intoxiqués est dépisté.

Pourtant, des progrès sont encore possibles. Le risque saturnique lié aux peintures au plomb paraît être beaucoup plus important et plus localisé que le risque lié à l'absorption d'eau du robinet. Cette localisation est aussi un atout pour l'action.

Tout à l'opposé de l'approche par la norme (approche européenne fixant des seuils limite de contamination par élément traces) entraînant des coûts considérables pour un résultat très incertain, l'approche par le risque est localisée et par conséquent beaucoup moins coûteuse pour une efficacité accrue.

L'évolution des coûts est toujours un exercice difficile. La DRASS Ile-de-France a calculé les coûts des différentes mesures de prévention. Les travaux d'urgence sur les logements présentant un risque de plomb accessible par l'enfant sont estimés entre 1,6 et 6 milliards de francs, en Ile-de-France.

Les travaux de réhabilitation de logements probablement riches en plomb sont estimés entre 32 et 48 milliards de francs.

Le programme de dépistage et de travaux des logements des femmes enceintes est estimé entre 1,4 et 2 milliards de francs.

Les deux premières estimations paraissent surestimées car elles visent une éradication totale du risque plomb alors que le risque majeur concerne les logements habités par des familles avec de très jeunes enfants. Un abattement paraît nécessaire.

Le coût estimé pour les logements à risques majeurs serait selon nos estimations dans une fourchette de 1,6 à 3,1 milliards de francs (pour les travaux palliatifs) et 4,6 à 9,3 milliards de francs (pour des travaux de réhabilitation ). Le coût total en France peut être évalué entre 24 et 46 milliards de francs (voir détails ci-après).

Pour toute action de prévention et/ou de réparation, l'approche ciblée sur des publics et zones à risques doit être systématiquement privilégiée à l'approche globale et uniforme. Ce type d'action suppose bien entendu une parfaite connaissance des situations locales. Loin d'occasionner une dépense supplémentaire, la recherche systématique des situations critiques représente un potentiel d'économie, en permettant des actions ciblées.

Estimation du coût de traitement des logements à risques

en Ile-de-France

Travaux (coût par logement)

Travaux palliatifs (nouvelle peinture sur murs et boiseries)

20.000 F

Travaux de réhabilitation (grattage et décapage des peintures, changements de boiseries...)

60.000 F

Nombre de logements à réhabiliter

Fourchette sur les travaux urgents (source DRASS)

80.000 - 400.000

Nombre de logements suroccupés

80.000

Nombre de logements anciens riches en plomb accessibles

300.000 - 400.000

Fourchette corrigée (calculs OPECST)

Nombre de logements anciens riches en plomb accessibles

300.000 à 400.000

Nombre d'enfants naissant dans des logements riches en plomb accessible :

(soit entre 3 et 5 % des logements)

11.400 à 15.500

Nombre de logements « à risques majeurs » dans lesquels vivent un enfant en bas âge (moins de 6 ans) : 5 fois plus que le nombre de naissances

57.000 à 77.500

Hypothèse sur la rotation des logements à risques majeurs avec enfants : 2

114.000 à 155.000

Fourchette corrigée

80.000 à 155.000

Coût des travaux palliatifs sur logements à risques majeurs

1,6 milliard à 3,1 milliard de francs

Coût des travaux de réhabilitation sur logements à risques majeurs

4,8 milliards - 9,3 milliards de francs

Coût des travaux de réhabilitation de tous les logements riches en plomb (800.000)

48 milliards de francs

Source : calculs OPECST - sur les données du contrat de Plan Etat-Régions - Ile-de-France

Estimation du coût total sur logements à risques en France : coût Paris multiplié par 5, soit entre 24 et 46 milliards de francs

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