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La politique spatiale française: bilan et perspectives

 

E. GÉODÉSIE SPATIALE

De nombreux domaines de la géophysique bénéficient de l'apport des données spatiales et en particulier, l'étude des champs magnétiques et de gravité de la Terre, la tectonique et plus généralement toutes les disciplines qui réclament la mesure et/ou la cartographie des déplacements locaux, régionaux ou globaux.

Concernant l'étude du champ magnétique, la France a contribué à la mission danoise Oersted qui a été lancée en février 1999, par la fourniture d'un magnétomètre scalaire. La communauté nationale (UBO, IPGP, CETP) a commencé à exploiter ces données. Notons que des missions telles que Champ (satellite allemand) ou SAC-C (satellite argentin), dont les lancements sont prévus en 2000, permettront d'assurer une certaine continuité (ainsi qu'un recouvrement) des mesures du champ magnétique de la Terre depuis l'espace. Grâce à l'ensemble de ces missions, la communauté scientifique, notamment française, pourra calculer des modèles précis du champ magnétique et de ses variations temporelles.

Ce n'est que depuis les années 1960 et les mesures de suivi des satellites artificiels que l'on a pu appréhender les grandes irrégularités du champ de gravité terrestre et calculer des modèles globaux, tels que les modèles de la série Grim. Une nouvelle génération de modèles est attendue pour les prochaines années grâce à la mission Champ, dont le lancement est prévu pour mai 2000 et qui embarque l'accéléromètre français Star, construit par l'ONERA et fourni par le CNES. Puis, en 2001, la mission Grace permettra de calculer les variations temporelles du champ de gravité sur les grandes échelles spatiales. Au-delà, la première mission cadre du programme Earth Explorer de l'ESA, Goce (prévue pour 2004) permettra de décrire avec une précision inégalée le géoïde terrestre (surface équipotentielle du champ de gravité) sur les petites échelles spatiales.

Embarqué sur les satellites SPOT 2, 3 et 4 et Topex/Poseidon, le système Doris est exploité continûment depuis 1990. Doris sera aussi embarqué sur les mini-satellites altimétriques Jason qui succéderont à Topex/Poseidon, sur la mission Envisat de l'ESA, sur SPOT 5 et sur les futures missions d'observation de la Terre. Grâce au système Doris, les variations de la position du géocentre ainsi que les mouvements crustaux verticaux des sites équipés de marégraphes ont été mesurés par les équipes de GRGS avec une précision millimétrique et contribuent à améliorer la mesure altimétrique.

La qualité des résultats obtenus avec Doris conduit l'IERS (International Earth Rotation Service) à décider en 1996 d'utiliser Doris conjointement aux autres systèmes déjà éprouvés (laser, GPS, VLBI) pour la réalisation du référentiel terrestre et la mesure routinière de la rotation de la Terre, et a également entraîné la proposition de la communauté internationale lors de l'assemblée générale de l'UGGI (Union Géodésique et Géophysique Internationale) en juillet 1999, de créer l'IDS (International Doris Service) à l'instar de l'IGS (International GPS Service), l'ILRS (International Laser Ranging Service) et de l'IVS (International VLBI Service). NIDS est actuellement en phase de préparation (Expérience Pilote Doris).