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La politique spatiale française: bilan et perspectives

 

2. LA PROPULSION, ÉLÉMENT CLÉ DES LANCEURS

I. 2.1. LES MISSIONS SPATIALES ÉVOLUENT

Une concurrence internationale de plus en plus forte et sur-capacitaire s'est mise en place au moment où l'on envisageait un essor des constellations de satellites commerciaux, qui ne s'est pas produit, contraignant l'ensemble des acteurs à rechercher toutes solutions permettant de réduire sensiblement les coûts de lancement et de simplifier les opérations de mise en oeuvre.

Pour parvenir à y répondre deux voies sont explorées :

Améliorer les systèmes consommables

A court ou moyen terme la principale voie utilisée est l'amélioration des systèmes consommables en les rendant plus simples, moins chers et plus fiables, soit en développant de nouveaux lanceurs tels que Atlas 5 et Delta 4 aux Etats-Unis, soit en améliorant les systèmes existants tels que Ariane 5, Proton, Sea-Launch. Les lanceurs classiques sont donc encore en pleine évolution et l'Europe doit, en priorité, renforcer la compétitivité technique et économique d'Ariane 5. Si le marché le justifie, elle prévoit de constituer une gamme et de développer des lanceurs complémentaires en synergie.

Explorer la voie des lanceurs partiellement ou totalement réutilisables

Pour le plus long terme, (10 ans et sans doute plus) il convient de rechercher des concepts de lanceurs partiellement ou totalement réutilisables, adaptés aux marchés et aux missions futures et ayant des performances économiques sensiblement supérieures à celles des lanceurs consommables et de la Navette US actuelle.

Dans ce domaine, tout reste à démontrer. Néanmoins, il faut se garder d'être trop attentiste et de ne pas être préparé à suivre une évolution voire un saut technologique, mais bien être en mesure de réagir sinon de devancer.

Dans tous les cas, qu'il s'agisse de lancements à partir du sol, de changements d'orbites autour de la terre, de maintien à poste de satellites ou d'exploration planétaire :

c'est la propulsion qui détermine une très grande part de l'efficacité technique, économique et opérationnelle de toute mission spatiale.

II. 2.2. UNE DÉPENDANCE FORTE À UN SYSTÈME PUISSANT ET COMPLEXE.

Des conditions extrêmes pour des technologies de pointe

Alors que le succès de la mission dépend d'un comportement nominal du système propulsif, les technologies mises en jeux dans les moteurs fusées à propergols solides ou liquides sont exposées à des conditions de fonctionnement extrêmes : de -250°C à +3500°C, du vide absolu à plusieurs centaines de fois la pression de l'atmosphère, de la nécessité d'accélérer des masses de plusieurs centaines de tonnes à celle de redémarrer, une fois dans l'espace, après plusieurs heures d'apesanteur.

Il faut faire évoluer la propulsion en augmentant la fiabilité

Sous la pression des marchés et des assureurs, les clients des lanceurs imposent une amélioration sensible de la fiabilité. Les évolutions de la propulsion doivent ainsi prendre en compte cette exigence essentielle, tout en augmentant les performances générales des systèmes et en diminuant leur coût. C'est ce dernier point qui est la priorité des travaux en cours, partout dans le monde, mais en particulier en Europe sous l'impulsion des industriels de la propulsion, dont Snecma Moteurs est le chef de file.